Covid-19 : prétexte opportuniste pour des mesures absurdes

À l’accroissement du poids de la sphère publique, désormais des politiques de plus en plus absurdes justifiées par une pandémie de moins en moins anxiogène pour les Français.

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Covid-19 : prétexte opportuniste pour des mesures absurdes

Publié le 10 avril 2021
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Par Jonathan Frickert.

C’est une bien étrange piste cyclable que nous prépare la maire de Paris et probable future candidate à l’élection présidentielle Anne Hidalgo.

Affublée de son habile mais très commercial intitulé, la « coronapiste », située avenue de la République, qui relie la place éponyme au cimetière du Père-Lachaise, devrait voir ses travaux débuter d’ici quelques mois.

Si elle n’étonne guère par son esthétique, la coronapiste impressionne par sa justification. Adjoint en charge des transports à la mairie de Paris, David Belliard a ainsi estimé que cette construction répondait à un impératif sanitaire : permettre aux de se mouvoir dans la capitale et ainsi d’éviter aux Parisiens la contrainte des transports en commun en pleine pandémie.

En somme, cette coronapiste n’est rien d’autre qu’une piste cyclable temporaire, comme les 48 kilomètres déjà en place dans la capitale.

Quoique, la municipalité est si fière de sa nouvelle création que la coronapiste devrait être pérennisée à la rentrée et que plusieurs autres sont à l’étude.

L’association de la créativité de la mairie de Paris et de la crise sanitaire montre particulièrement bien en quoi cette dernière est devenue le joker privilégié de certains politiques pour justifier tout, mais surtout n’importe quoi.

Covid-19 : un an d’absurdité

En matière d’absurdité fondée sur la crise sanitaire liée à la Covid-19 , l’année écoulée fut faste. Outre l’arbitraire distinction entre commerces essentiels et non essentiels, qui ne fait que rappeler la funeste époque des tickets de rationnement, c’est bien la fermeture des bars et des restaurants qui interroge et fait peser sur le pays une atmosphère qui rappelle la prohibition pratiquée aux États-Unis durant les années 1920 et ce d’autant plus dans une actualité marquée par la polémique sur les restaurants clandestins.

La fin de la convivialité

Mais la dernière interdiction Covid-19 farfelue en date n’est autre que l’interdiction de la consommation d’alcool sur la voie publique, dernière tentative selon Jean Castex le 1er avril dernier « prévenir tout rassemblement et tenter de limiter la circulation de l’épidémie de coronavirus. »

Qu’il s’agisse de la plage montpelliéraine ou du canal Saint-Martin, les espaces hier propices à la détente sont désormais interdits aux personnes consommant de l’alcool.

La mesure ne fait aucune distinction entre les alcools faibles ou forts. Une simple bière sera sanctionnée de la même manière qu’une bouteille de whisky.

Plus problématique encore : aucune distinction n’est opérée entre les alcools achetés en grande surface ou dans des restaurants déjà grandement touchés par les restrictions de la crise Covid-19. Les restaurateurs ne sont pas au bout de leur surprise, puisqu’en plus d’avoir dû fermer leurs salles il y a 6 mois, ils ont désormais l’interdiction de vendre de l’alcool. Interrogé par Le Figaro, Franck Trouet, délégué général du Groupe national des Indépendants hôtellerie et restauration pour l’Île-de-France dénonce une distorsion de concurrence, un restaurant ne pouvant pas vendre de bouteille d’alcool fermée, à l’inverse de l’épicerie du coin.

À ces interdictions s’en ajoute une troisième : la possibilité pour les préfets d’interdire l’accès à tout lieu public afin d’éviter les rassemblements, y compris les rassemblements en extérieurs, pourtant très peu vecteurs de contamination

Des mesures qui interrogent légitimement sur leur opportunité dans la lutte contre la pandémie.

Covid-19 : des mesures injustifiées

Pour répondre, l’étude Comcor menée par l’institut Pasteur et publiée début mars donne plusieurs pistes.

Selon l’étude, 45 % des plus de 77 000 sondés savent où et par qui ils ont été contaminés. L’énoncé des ces lieux n’a rien d’étonnant : il s’agit de lieux fermés, très peu aérés et où les gestes barrières ne sont pas respectés.

L’étude montre que dès lors que les gestes barrières sont respectés, les lieux publics ne sont pas des lieux de contamination. Exit donc la fermeture des commerces – essentiels ou non – et des lieux de cultes, fermés durant les deux premiers confinements, dès lors que les gestes barrières sont correctement respectés.

L’institut Pasteur rappelle toutefois que les enfants scolarisés, les bars et les restaurants constituent des lieux exposant à des risques de surcontamination, du fait qu’ils sont des lieux fermés.

Compte tenu du retour des beaux jours, on voit mal pourquoi la réouverture des terrasses est aussi peu envisagée, celle-ci pouvant permettre de donner un peu d’oxygène au secteur de la restauration. L’expérience de l’été 2020 et la pression que ces mesures font peser sur le secteur seraient de sérieux arguments en faveur d’une réouverture plus rapide que ce que prévoit aujourd’hui le gouvernement.

Ainsi, et si les auteurs alertent sur le fait que ces résultats pourraient être remis en cause par les variants, il est difficile dans ces conditions de ne pas conclure que bon nombre de mesures mises en place sont purement esthétiques.

La crise de la Covid-19 comme moyen

Historiquement, les crises ont toujours été un moyen de justifier l’accroissement du poids de la sphère publique. Qu’elles soient militaires, économiques ou sanitaires, ces moments ont un effet de cliquet sur le poids de l’État. La pandémie justifierait toutes les restrictions, y compris les plus absurdes, comme hier le risque terroriste justifiait la surveillance de masse, avant-hier la crise de 1929 justifiait l’État-providence moderne et, le jour d’avant, la Guerre de Cent ans justifiait la levée de l’impôt.

À cet accroissement du poids de la sphère publique tristement connue s’ajoute donc aujourd’hui des politiques de plus en plus absurdes justifiées par une pandémie de moins en moins anxiogène pour les Français.

Reste ainsi à espérer que la mairie de Paris ne tentera pas d’imiter Londres en érigeant à son tour une statue de Sainte Greta en nous expliquant qu’elle repousse la Covid comme le fer à cheval repousse le mauvais sort…

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  • Alors en effet, telle l’ihistoire du sapin de Noel, la majeure partie des gens pesant admettre qu’un maire fasse à peu près ce qui veut, ce qui fait rigoler ce sont les « raisons  » données à tous ces lubies.. et les objectifs.. au minimun « planétaire »..

  • Il y avait la folle du poitou, maintenant on a l’espagnole qui se sent pousser un destin national, si cela marche à paris je doute fort qu’elle en vienne à passer le 1er, si sa candidature est réelle ou juste pour exister. maintenant concernant les mesures complètement débiles, ce gouvernement de bras cassés cherchent à voir jusqu’où il peut aller, donc c’est la surenchère dans la « connerie » mais gaffe à la longue l’élastique finira bien par casser. on a vu les 405€ pour la petite famille avec son rosé entourée par une bande de dangereux malfaiteurs, mais par contre l’histoire des dîners clandestins , apparemment connu un peu partout des initiés finira elle en eau de boudin, circulez y a rien à voir

    • Même si les guignols du dîner clandestin avaient été verbalisés, ils auraient fait sauter les amendes en douce dans un grand silence médiatique.

  • « La doctrine du choc »… Le pouvoir utilise une catastrophe, naturelle ou créée par l’homme, pour imposer des mesures qui ne seraient jamais acceptées en temps normal. Les pistes cyclables de Mme Hidalgo, peintes et bétonnées en 48 heures, en sont un exemple à petite échelle. Plus largement, c’est l’instauration d’une société sous camisole sanitaire, qui n’est pas prête de se relâcher.
    Comme pour les autres chocs de l’époque moderne, ce « choc sanitaire » voit la création d’une industrie « ad hoc ». Le 11 septembre a ainsi permis l’émergence d’une industrie de la sécurité et de l’anti-terrorisme, qui fleurit encore aujourd’hui. Les marchands de masques, de tests, de vaccins, les prestataires de télétravail et de services dématérialisés, pour qui le Covid est l’affaire du siècle, n’accepteront pas facilement le retour à « la vie d’avant ».

  • Tout a fait d accord avec vous monsieur lenormand et comme Macron est imperméable à l humain et à l humanisme il se peut qu un jour la peur change de camp
    J y crois peu mais

  • Oui le covid est un beau prétexte que nos zélites ne lâcheront pas de sitôt… L’opportunité est trop belle d’imposer des contrôles et restrictions en tout genre, cautionnés par une partie de la population. Le covid a fait mieux que le terrorisme, c’est le plus beau cadeau que les gouvernants pouvaient espérer.
    Pourquoi, dès lors, faire retomber la pression ?

  • Pour un gauchisto-escrologiste : un cheval malade coûte une fortune !

  • Les idioties du gvt se suivent et se ressemblent, il ne semble pas ue cela puisse maintenant s’arrêter. On n’a peine commencé à vacciner qu’on commande la version 2 des vaccins ce qui signifie que cela ne peut plus s’arrêter. Magnifique opération sur l’astra, on menace d’arrêter les exportations et paf on lui trouve des problemes. Nouveau venu, le johnson, paf, des problèmes… C’est sans fin.

  • Nul doute que la consommation d’alcool sur la voie publique sera interdite pour de bon, comme l’était l’interdiction de détenir une arme sous le régime de Vichy. Fuyons ce pays gouverné par des dégénérés.

  • La presence de chiens traquant le cannabis a aussi pour but de freiner l’épidémie. Oh wait !!

  • Bravo au gouvernement en matière de sécurité du territoire. Comme il n’y a aucune répression possible et effective des agressions physiques, cambriolages, homejackings, vols divers etc… Il suffisait de transformer le fait de se réunir pour dîner en délit majeur pour pouvoir envoyer la police, mitraillettes au poing arrêter les dangereux impétrants et ainsi afficher des statistiques positives

  • Et la nouveauté : il est interdit de courir à plus de 10km de chez soi, sauf si c’est au sein d’un club d’athlétisme, auquel cas il est possible de dépasser cette limite (car au sein d’un ERP, comprendre établissement sportif). Content de m’être barré en Suisse, tiens.

    • En Suisse c’est mieux? Il semble que kes mesures liberticides y fleurissent aussi avec encore mojns de raisons puisque les hôpitaux ne sont pas surchargés? Qu’en est-il exactement?

      • En Suisse, restaurants et bars sont fermés, mais c’est tout (et déjà beaucoup! On a tué la liberté de commercer).
        Surtout pas, non, de privation de liberté de circuler.
        J’ai connu trois mois de confinement strict en mars 2020 en France, les flics partout, les verbalisations de kayaks, l’attestation pour se déplacer et le sentiment d’être en sursis quand on se promène, plus jamais. Avec les flics défendant les barrages de GJ, c’est la seconde fois que l’on a empiété sur la liberté de circuler. Que sera la prochaine fois : les blocages des comptes pour éviter le bank run ? Tout peut arriver, et lorsque l’on voyage, on se rend compte que les pays démocratiques un jour peuvent ne plus l’être le lendemain. Je pense – honnêtement et avec regrets, que la France n’est plus. Je suis migrant en Suisse, certes, mais heureux d’y retrouver la naïveté de mon adolescence. Comme les nombreux russes qui vivent ici.

    • Je pratique comme activité de loisirs le vol en planeur, et notre fédération sportive nous a pondu, en préambule d’un document listant les mesures sanitaires applicables à notre sport la recommandation suivante:
      « Chaque pilote doit s’assurer de la compatibilité de son vol avec les mesures complémentaires qui pourraient être prises par les préfets. »
      En gros, vous devez avoir suivi une formation en science divinatoire selon la méthode éprouvée de Mme SOLEIL pour savoir quelles mesures « complémentaires » POURRAIENT être prises par le préfet pendant que vous vous envoyez en l’air!
      Liens :
      Activités d’aviation générale dans le cadre des mesures pour faire face à l’épidémie de covid-19
      Site de Legifrance.gouv.fr – Décret n° 2020-1310 du 29 octobre 2020 prescrivant les mesures générales nécessaires pour faire face à l’épidémie de Covid-19 dans le cadre de l’état d’urgence sanitaire

      https://www.legifrance.gouv.fr/jorf/id/JORFTEXT000042475143

      Attention, c’est copieux chez Légifrance, pour ceux qui espèrent encore passer entre les gouttes: renoncez!!
      CPEF

      • Et comme nul n’est censé ignorer la loi: je vous souhaite une bonne lecture et bien du courage. Prévoyez un thermos de café fort, c’est horriblement soporifique comme lecture!

  • Dans le même genre l’absurdité, il est interdit aux agences immobilières de faire visiter un bien, sauf si c’est pour l’achat d’une résidence principale. Et vous devez aérer le bien pendant 15 minutes entre chaque visite. Je n’ai pas vu que l’on aere les rames de métro 15 mn à chaque station?

  • Quand je discute avec mes collègues et d’autres personnes, j’ai la sale impression que le coronavirus va être permanent, le port du masque aussi, et les Ausweiss aussi.
    La normalité sera d’être coincé chez soi, de n’en sortir que pour les motifs déclarés légitimes par l’Etat et de ne surtout pas avoir de vie sociale, de liens sociaux… de vie en somme. Bref, l’avènement de l’Homme nouveau, docile, corvéable et tondable à merci.

    • Il ne manquerait plus que le ministère de l’économie nous prévoit ses magasins, restau et bars « covidproof » garantis…

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