La droite deviendrait-elle libérale ?

Le maire de Cannes dénonce l’étatisme français qui gangrène la société et souhaiterait remettre l’État à sa place.

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David Lisnard by Jean Francois Fournier(CC BY-NC 2.0)

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La droite deviendrait-elle libérale ?

Publié le 20 novembre 2020
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Par Olivier Maurice.

Une tribune de plusieurs pages, parue dans un quotidien national, écrite par le maire d’une ville de plus de 50 000 habitants, qui tire à boulet rouge sur l’obésité de l’administration et des services publics et dont la conclusion résumée de façon concise est : « Il faut remettre l’État à sa place »…

Non, ce n’est pas un mirage. Ce n’est pas une poussée délirante de votre subconscient submergé par les ravages de l’exposition excessive aux chaines d’infos en continu et aux discours officiels.

C’est le vice-président de l’association des maires de France qui lance cet avertissement au gouvernement, en commençant par cette phrase que l’on se plaît à lire et à relire encore, tant nous n’avions jamais pensé, même dans nos rêves les plus fous, la voir un jour être écrite dans un pilier de la presse écrite française.

« La route de la servitude est pavée de bonnes intentions étatistes »

Passons vite au second paragraphe, qui explique brièvement qu’au lieu de faire relire en classe certaines publications, on ferait mieux de faire lire Tocqueville, Bastiat ou Aron, puis au suivant qui fustige « l’État nounou qui infantilise les individus, entrave les initiatives et enkyste la société » (sic) … puis au suivant, puis à la suite… et ça continue, encore et encore…

Disons simplement deux mots : enfin et encore !

Appeler les choses par leur vrai nom

Enfin, parce que cela fait maintenant bien trop longtemps que le mot libéral est devenu un gros mot.

Cela fait trop longtemps que la mystification est devenue la vérité officielle, comme l’illustre très bien cette platitude trouvée dans le flot attendu d’insultes qui se sont déversées dans les commentaires laissés par les sempiternels internautes je-sais-tout :

« L’art de tout mélanger. Depuis la crise des années 1970, ce n’est pas l’étatisme qui a gagné du terrain dans les pays industriels avancés mais le libéralisme avec la globalisation. C’est écrit dans tous les manuels d’économie mais cela semble avoir échappé à l’auteur. »

Histoire de remettre rapidement les pendules à l’heure, quiconque pensant qu’un pays où depuis 60 ans la part des finances publiques en pourcentage du PIB augmente chaque année (à trois exceptions près), dont le Code civil compte 3270 pages et le Code du travail 3878… a été envahi par le libéralisme et non par l’étatisme, a soit besoin d’arrêter immédiatement, soit de passer définitivement à quelque chose de beaucoup plus fort.

Nommer la maladie

Parce que, n’en déplaise aux petits malins qui depuis des années font régner sur ce pays la censure et l’ignorance à base de désinformation et de manipulation, le monstre hideux qui est en train de tous nous anéantir, de pourrir nos vies, celle de nos enfants, de nos petits-enfants, ce n’est ni le Grand Méchant Capital, ni le Grand Méchant Remplacement.

Ce ne sont pas non plus les pestes de toutes les couleurs : brune, rouge, noire, jaune, verte, pas plus que les illuminatis reptiliens, l’effondrement climato-apocalyptique ou les virus zombies.

Ce cancer, c’est l’étatisme généralisé et sa cohorte de comorbidités :

  • L’État-providence : le mensonge selon lequel l’État pourrait tout.
  • Le socialisme : la pensée magique selon laquelle tout le monde pourrait vivre au dépens des autres.
  • Le communisme : la dépossession lente mais sûre de toute propriété privée.
  • Le totalitarisme : l’arrogance de prétendre que l’État sait mieux que vous ce qui est bien pour vous.
  • L’autoritarisme : l’interdiction de croire, de dire ou de faire autre chose que ce que l’on a décidé pour vous.

Et bien sûr la politique : l’art de diviser pour mieux régner et pour s’en mettre plein les poches au passage.

Il est plus que vital et plus qu’urgent de remettre l’État à sa place.

Droite libérale

L’auteur de cette tribune à la lecture jouissive pour tout libéral, le maire de Cannes, n’est pas le seul élu de terrain de droite à tenter un coming out. Les maires LR de Reims, Châteauroux et Charleville-Mézières viennent quant à eux de signer une tribune appelant à la dépénalisation du cannabis.

On se souvient également de la mini fronde menée par le maire de Chalon-sur-Saône qui avaient tenté de s’opposer à la fermeture des petits commerces, entrainant avec lui les maires de Brive, de Beaune, de Valence ou de Colmar.

Mais ces initiatives semblent pour l’instant encore bien isolées, les quelques ténors de la droite s’étant découvert une vocation libérale ou ayant tenté de s’orienter dans cette direction dans le sillage de l’aventure malheureuse de François Fillon sont quant à eux pour l’instant bien silencieux.

Tout cela semble malheureusement bien insuffisant pour démentir la blague qui circule en dehors de l’Hexagone : la France est tellement étatisée, tellement socialiste, voire carrément soviétisée qu’il n’y aurait plus dans ce pays que deux partis de gauche, dont l’un s’appellerait la droite.

L’héritage du CNR et de Bonaparte

Cette droite française n’arrive décidément pas à se détacher de ce qu’elle croit être les fondations de son électorat et souffre depuis 40 ans du complexe de l’héritier. Elle ne parvient toujours pas à se positionner en dehors de l’ombre que lui fait sa caricature qui pousse à l’extrême le conservatisme d’une France fantasmagorique et d’images d’Epinal :

  • Le sauveur victorieux faisant vibrer la fibre nationaliste dans des discours conquérants.
  • L’État-nation regroupant toutes les disparités locales dans une béate fraternité républicaine.
  • La nostalgie d’un âge d’or mélangeant pêle-mêle réalité historique et romantisme bucolique.
  • L’utopie du rassemblement nécessaire pour contrer la peur de l’envahisseur.

Dans sa grande majorité, elle est restée bloquée en août 1914. Pire, elle continue même à croire que l’alliance contre nature avec les communistes à l’issue de la Seconde Guerre mondiale allait un jour fonctionner et lui permettre de gommer enfin les boucheries et les défaites pour recréer le monde d’avant, celui du Grand Meaulnes, de la Guerre des Boutons et Du côté de chez Swann.

Paradoxe terrifiant pour un courant politique qui se veut la voix du pragmatisme et du réalisme que de tenter désespérément d’inverser la course inévitable du temps.

À droite aussi, le piège de l’étatisme

Pour sortir de cette impasse, la droite doit réussir à s’extraire du piège dans lequel elle est tombée il y a 40 ans et qui focalise le débat sur deux sujets : la souveraineté (la question européenne) et la citoyenneté (la question migratoire).

Il faut pour cela qu’elle réalise que ces questions sont des problèmes entièrement étatiques et politiciens et qu’elles gênent en tout premier lieu la secte de l’Obèse et surtout ses gourous.

L’Europe est avant tout une question de marge de manœuvre fixée à l’État français et d’étendue du pouvoir de ces dirigeants. Que cherchons-nous avec ce débat, à part augmenter encore plus la possibilité pour les politiciens et les fonctionnaires de dépenser, taxer, s’endetter, légiférer ou parader ?

L’immigration est clairement une question de coût de l’État-providence et de l’avenir de l’entreprise d’uniformisation et de républicanisation publique, gratuite, laïque et obligatoire de la société.

Les questions de sécurité intérieure et extérieure, de menace terroriste, d’indépendance économique ou monétaire qui découlent de ces deux questions, sont devenues de véritables problèmes car les fonctions régaliennes de l’État ont été détournées pour faire des forces de sécurité et de la justice des esclaves de l’entreprise de mise sous tutelle de l’ensemble de la population.

Comment les policiers, les personnels judiciaires et même les militaires, pourraient-ils convenablement gérer la sécurité, la justice et l’indépendance de la France, alors que leurs priorités ont été détournées pour en faire les gardiens de la mise en œuvre des politiques publiques de l’État-providence, relégués au rôle de distributeur de sanctions et de vigiles protégeant la machine bureaucratique et administrative ?

Libéralisme et libertarianisme

Il sera très difficile de voir une alternative libérale émerger à droite tant qu’elle ne parviendra pas à élever le débat et à sortir du concours de virilité.

La meilleure chose qui pourrait lui arriver serait l’émergence d’une force politique libérale radicale, même extrêmement minoritaire, pourvu qu’elle soit suffisamment visible et organisée pour troubler le débat.

Ce serait d’ailleurs un énorme service rendu pour le pays, qui sortirait ainsi d’un débat consanguin qui tourne depuis 40 ans autour d’une seule question : comment dépenser encore plus d’argent des contribuables ? Il y a fort à parier que les médias  seraient ravis d’avoir enfin des sujets originaux à présenter pour accroître leur audience.

Il est vraiment urgent de sortir de ce monologue à plusieurs voix qui nous entraine vers l’abîme, avant que l’imagination débordante de quelques-uns ne nous sorte des idées encore plus délirantes que le remplacement des centrales nucléaires par des vélos ou que la mise en prison des victimes pour les protéger des délinquants.

Alors rêvons ensemble de la prochaine tribune dans les pages d’un grand quotidien, ou pourquoi pas, dans une interview au journal télévisé de 20 heures, qui évoquerait la légalisation du port d’arme, de la privatisation des forces de police, du remplacement du Code civil par la jurisprudence, de la privatisation de l’ensemble des espaces publics actuels, de la mise en place d’un fédéralisme contractuel, de l’abolition du monopole monétaire, de la privatisation totale de la protection sociale comme de toutes les autres activités économiques exercées par l’administration publique : éducation, santé, retraite, transports, voirie… de la disparition du statut de fonctionnaire ou encore de la suppression de la limite de responsabilité pour les élus et les entrepreneurs…

Ce pays n’est pas foutu, mais il va falloir le réveiller, afin que cesse cet état d’hypnose qui l’a transformé en marionnette, heureuse et consentante de creuser le trou dans lequel il s’enfonce un peu plus chaque jour.

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  • Problème: l’Etat a un coup de pions d’avance, et a pris le soin de placer une partie non négligeable de la population directement sous les mamelles de Maman. Qui ne se soulèveront jamais.

    La France va s’enfoncer, s’enfoncer dans la vase, je le crains. D’autant que tout ce qui, de près ou de loin, ressemble à un libéral veut dire pour le Français « taxer encore plus les pauvres pour donner aux riches » , donc vous pouvez oublier. Nous sommes tous de futurs cubains 🙂

    • Peut être pas cubains, mais Castr-istes sûrement…

    • Oui l’Etat nourrit beaucoup de monde et les élus font pour la plupart un complexe de supériorité par rapport aux électeurs. Quand ils sont aux manettes ils veulent s’occuper de tout parce que eux savent le bien, le bon, le mieux.
      Le politique Français nouveau, celui qui laisserait le pays se débrouiller dans un cadre de sécurité et de justice, n’est pas pour demain.

    • Attendez que le sein soit sec. La révolte sera carabinée.
      Tous aux abris à ce moment.

  • Quelques politiques seraient (presque) libéraux. Mais la haute fonction publique? Car c’est elle qui détient réellement le pouvoir. Question à deux balles: un énarque pourrait-il devenir (un peu) libéral?

    • Autant demander à un renard d’épargner une poule !

    • La tendance perverse aurait été repérée au concours d’entrée et le déviant rejeté. Pour ça, et même si ça n’est que pour ça, ils sont très efficaces.

    • « un énarque pourrait-il devenir (un peu) libéral? »

      Cela dépend de ce que vous appelez énarque:
      étymologiquement c’est un diplômé de l’ENA qui est au pouvoir.

      Beaucoup d’anciens de l’ENA ne sont pas au pouvoir, certains sont dans l’opposition, d’autres n’ont pas de pulsion étatiste et j’en connais même qui sont horresco referens libéraux.
      Il me semble qu’il y a même un clochard (pris d’une crise de lucidité?).

    • un énarque pourrait-il devenir (un peu) libéral?

      Non, exclu par nature. C’est l’eau et le feu… 🙁

      • Lisez quand même Xavier de Lesquen, « Etat de choc, un pays sans fonctionnaires » (comparaison France Nouvelle Zélande sur ce plan). Enarque et Conseiller d’Etat… Espoir !?

  • Le jour où la droite se prononcera en faveur de la libéralisation du cannabis, de la fin des misères faites aux prostitué(e)s, en faveur de la GPA, etc. je commencerai à croire à son libéralisme.
    Vous savez, le fameux résumé : le couple gay qui défend son champ de cannabis avec une arme…
    Pour l’heure, sa position me semble plus être anti-macroniste qu’anti-étatiste, même si le pensum du maire de Cannes sonne juste.

    • Ou de la fin du monopole de la CNAM ..

    • Votre truc pouvait être juste… mais « en faveur de la GPA », ben là c’est plus libéral. Juste laisser les gens qui veulent faire un truc le faire et en assumer les conséquences, oui. En faveur de ? Ben non, c’est pas libéral. Du tout…

    • y’a pas des sujets plus importants à traiter? parce que là franchement c’est pas un porte étendard du libéralisme que vous incarnez mais un joueur à la petite semaine…pays champion du monde des prélèvements obligatoires, des couches administratives par région et du nombre de fonctionnaires par habitant..

  • A mon avis la France ne reviendra au libéralisme que par la faillite totale. C’est à dire que l’austérité budgétaire viendra non pas par choix mais par la force des choses.

    https://www.contrepoints.org/2012/10/07/99711-la-rigueur-aura-lieu-quon-le-veuille-ou-non

  • Si l’état fait faillite, le pays pourrait s’enfoncer dans la guerre civile. Il y aurait alors des règlements de comptes et une nouvelle société pourrait émerger.

  • Diantre… L’auteur nous dit qu’un pays où le PIB par habitant a plus que triplé en 60 ans n’est pas libéral ?
    Sinon notons comment il dénigre les personnes qui ont le malheur de ne pas être de son avis… C’est malheureusement de plus en plus fréquent.. l’insulte avant la Raison.

    • Vacuité argumentaire… Vous nous aviez habitué à mieux.
      Par contre question dénigrement, vous êtes tjrs au top. 🙂

      Au fait, l’URSS a vu sont PIB par capita multiplié par 3 de 1940 à 1990 (cf lien). C’est donc un pays libéral si on suit votre raisonnement et vos critères pour déterminer si un pays est libéral ou pas?

      https://commons.wikimedia.org/wiki/File:GDP_per_capita_URSS.png

      • Bonjour Cyde. Pouvez-vous me dire où vous voyez du dénigrement dans mon commentaire ? Non bien sûr que vous ne pouvez pas, vu qu’il n’y en a pas.
        Vous vous méprenez par de l’exprès (c’est une expression) sur mon commentaire : il est dit ad nauseamn que le socialisme conduit systématiquement à la pauvreté et que la France s’enfonce dans le socialisme (sans l’avoir jamais quitté), or, au vu de cet unique critère, c’est faux. (Vous mettez « mes critères » au pluriel, c’est une erreur).
        Mais il est heureux que, par votre commentaire, vous reconnaissiez que le libéralisme n’est le seul moyen d’accroitre la richesse nationale ni qu’une grande richesse nationale n’est pas la garantie d’un enrichissement de l’ensemble des citoyens.

        • « l’insulte avant la Raison » Je pense qu’on peut appeler ça dénigrer.

          Ce n’est pas tout ou rien. La France est plus libérale et moins étatiste ou socialiste que ne l’était URSS ou que ne l’est le Vénézuéla.
          Le socialisme n’empêche pas forcément le développement économique, il peut aussi juste le freiner.
          Le développement économique provient pour beaucoup de la technologie, de l’amélioration des organisations, de l’accumulation de capitaux dans des moyens de production, etc.
          L’étatisme et le socialisme sont des boulets plus ou moins lourd pour l’économie.

          • Critiquer son dénigrement est du dénigrement ? Eh ben… votre dénigromètre a dû exploser quand vous avez lu « les sempiternels internautes je-sais-tout », « a soit besoin d’arrêter immédiatement, soit de passer définitivement à quelque chose de beaucoup plus fort. », « petits malins qui depuis des années font régner sur ce pays la censure et l’ignorance à base de désinformation et de manipulation »… A moins que l’auteur ne puisse bénéficier d’une clémence spéciale de votre part…
            Sinon, pour le reste de votre commentaire, vous avez évidemment parfaitement raison.. en tant que Wallon et libéral, je vois bien le poids handicapant du socialisme, clientélisme et autres tares étatiques.

            • Je ne suis pas par principe contre le dénigrement, surtout quand je le trouve fondé et c’est le cas dans les exemples que vous citez de l’article.
              Je comprends qu’on puisse trouver ça trop violent mais je pense que les gens qui dénoncent un problème de libéralisme en France ne font qu’attiser l’étatisme autour d’eux alors que c’est justement l’étatisme le problème principal.
              Et l’étatisme français étant, et de plus en plus, tyrannique, totalitaire, injuste, paupérisant, corrupteur et au final foncièrement criminel, insulter ses défenseurs me semble vraiment anodin à coté du mal qu’ils font.
              Et aussi très excusable, car le fait de voir presque tout le monde autour de nous soutenir cette horreur, en plus en fondant ce soutient sur des préjugés et une morale qui est en contradiction avec ce qu’elle prétend, qu’on soit si impuissant face à ça et, en ce qui me concerne, sans espoir pour l’avenir tend à créer une rage et une frustration qui pousse à des propos violents.
              ça n’est pas constructif, mais ça soulage un peu.

              • J’apprécie votre franchise mais se laisser tenter par cette voie, c’est la Force Obscure : les débats d’idées sont remplacés par des échanges de noms d’oiseaux, les piques mesquines répondent aux accusations mensongères.. (c’est l’histoire de ma vie sur CP… snif.. je suis faible face aux provocations). L’étatisme français, rampant, malsain et indéniable, n’a pas de visée totalitaire je pense.. mais une visée étatiste tout simplement.. point de profonde idéologie, juste une infantilisation, un paternalisme dégoulinant comme du caramel mou, plus personne se blesse mais plus personne ne peut bouger.

                • L’étatisme français, rampant, malsain et indéniable, n’a pas de visée totalitaire je pense..

                  Ouh là là … ❗

                • @Lépine :

                  Je suis d’accord avec vous : il n’y a sans doute pas de calcul, les influences, la faiblesse et le désir de vouloir plaire au plus grand nombre suffisent amplement.

                  Mais vous devriez relire Locke et le Traité du Gouvernement Civil et méditer sur l’état de guerre et l’état de nature.

                  A votre avis, est-ce que les partisans de l’Etat actuel pensent se situer face à une société où règne la libre coopération, où plutôt face à une société où seule la contrainte et la force fonctionnent ?

                  Je pense que ce serait une très grave erreur de croire que l’on peut s’opposer à des gens persuadés qu’il faut en toute circonstance user de la force et de la violence sans à minima utiliser leur vocabulaire pour se faire entendre et leur indiquer que l’on est prêt à se battre sur le même terrain pour leur faire comprendre qu’ils faut qu’ils arrêtent.

                  Du moins j’en fait le pari et j’assume totalement ces libertés rhétoriques 🙂

                  Merci de me lire.

                  Amitiés,
                  Olivier

                  • Merci d’avoir pris le temps de me répondre. Ce que vous dites sur « je fais un peu pareil que celui qui prône et violence » est problématique… c’est parfois renier ses fondements même, c’est dire « pas de libertés pour les ennemis de la liberté, c’est faire des exceptions au principe de non agression, c’est faire ce que tout sytème politique révolutionnaire a fait : faire de la coercition (ou menacer) en promettant des lendemains qui chantent. C’est comme les mouvements anti-système qui rentrent en politique pour combattre leurs ennemis dans le système… Au final, êtes-vous alors si différents ?
                    Je n’ai pas souvent des réponses toutes faites, plutôt des interrogations, et si je dois les résumer sur ce thème, ce serait : « comment faire la « révolution libérale » sans devenir un système étatique comme un autre ? ».
                    Je n’aurai pas le temps de lire Locke avant un petit moment, désolé (suis en retard de lecture…).

            • en tant que Wallon et libéral

              Wallon et lilibéral, certainement o)

        • Pouvez-vous me dire où vous voyez du dénigrement dans mon commentaire ? Non bien sûr que vous ne pouvez pas, vu qu’il n’y en a pas.

          Si nécessaire, je vous prête mes lunettes. Un télescope au besoin :mrgreen:

          C’est pas de vous ça, Les Pines Sinon notons comment il dénigre les personnes qui ont le malheur de ne pas être de son avis

        • il est dit ad nauseamn que le socialisme conduit systématiquement à la pauvreté

          je vous conseille d’aller visiter le Venezuela : les plus grandes réserves de pétrole au monde, les carburants doivent être importés, la plus grande criminalité au monde, des coupures d’électricité de plusieurs heures tous les jours.

          Je vous conseille de visiter la Corée du Nord : on y meurt de famine. Les dirigeants se procurent des bons produits américains avec de la fausse monnaie pendant que le reste de la population doit se contenter de racines trouvées ça et là.

          Je vous conseille de visiter l’Argentine. Il y a un siècle, c’était un des pays les plus riches au monde. Il est en défaut de paiement pour la deuxième fois depuis trente ans.

          Je vous conseille enfin de visiter la France. 1100 milliards d’impôts pour avoir 300 000 SDF, 15 millions de pauvres (moins de 1000 euros/mois), avec bientôt des coupures d’électricité, une agriculture qui va vite devenir exsangue avec 30 à 40 % des restaurants qui vont être en faillite.

          Je continue ??

          Il n’y a qu’un seul moyen de créer de la richesse : elle repose sur l’échange librement consenti.

    • L’évolution du PIB, de la productivité ou de n’importe quel autre indicateur économique ne fait pas le libéralisme.

      Des pays illibéraux, voire des dictatures, peuvent parfaitement montrer les signes d’une bonne santé économique… pendant un temps – car en général ça ne dure pas, faute de récompense à l’innovation technologique et faute de « way of life » conforme aux voeux intimes des citoyens.

      Toutes proportions gardées, vous faites la même erreur que les « libéraux conservateurs » pour qui le libéralisme commence et s’arrête avec l’économie libérale.

    • @Lépine
      Bonsoir,
      Vous avez mal lu :
      « Histoire de remettre rapidement les pendules à l’heure, quiconque pensant qu’un pays où depuis 60 ans la part des finances publiques en pourcentage du PIB augmente chaque année (à trois exceptions près), »
      Il n’est pas question de PIB par habitant dans cette phrase, mais du PIB du pays. Ce qui a augmenté dans ce PIB, est les « finances publiques », finances qui n’enrichissent que les politiciens et leurs copains.
      La part des dépenses publiques dans le PIB de la France était de 35% en 1960. Cette part est de 57% actuellement.
      Le triplement du PIB par habitant s’est fait en dépit de l’augmentation de la part prélevée par l’Etat sur les richesses créées.
      En euro constants, le PIB de la France est passé de 126,1 milliards en 1970, à 2427 milliards en 2019. Votre triplement, j’ai trouvé d’où vous le tenez : https://perspective.usherbrooke.ca/bilan/tend/FRA/fr/NY.GDP.PCAP.KD.html
      PIB par habitant 1960 : $12744 (dont 30% de prélèvements obligatoires soient : $3823,2)
      PIB par habitant 2018 : $43670 (dont 45% de prélèvements obligatoires, soient : $19651).
      Vous aurez noté que l’Etat prend 5 fois plus aux habitants qu’il y a 60 ans quand ces habitants gagnent 3 fois plus qu’il y a 60 ans. Voyez-vous toujours du libéralisme là-dedans ? Pour ma part non, car celui qui se gave le plus est le parasite pachydermique.

    • -17. Pouvez mieux faire. Persévérez 🙂

  • c’est vrai: enfin et surtout ENCORE. Rappelons que Georges Pompidou, il y a 50 ans, disait à son administration: » arrêtez d’emmerder les Français » ….De plus en plus d’actualité.
    Quant aux codes, que l’auteur aille aussi voir le code général des impôts, il en attrapera des sueurs froides. Et je vous invite à aller voir le site Légifrance et à compter le nombre de codes: 75. OUI, 75 codes, chacun avec plusieurs centaines, voire plusieurs milliers de pages, pour nous ceinturer, nous contraindre et, au final, nous infantiliser.

    • @jaja64
      Bonsoir,
      Les Codes, j’en avais compté 70 il y a deux ans. J’en ai donc loupé.

      • « au final, nous infantiliser »
        Quand je vois les comportements des adolescents dans les cours de récréation, je me dis que ce n’est pas une bonne idée, l’infantilisation.

  • La question elle est vite répondue : NON.

  • Vive le maire de Cannes qui veut faire lire Toqueville, Bastiat et Aron à l’école.
    Le libéralisme n’est donc pas mort en France.

  • Qu’à fait de libéral le maire de Cannes dans sa commune ?

  • Dans la série The Crown, on y voit Margaret Thatcher (très mal interprétée à mon goût) expliquer le pourquoi de son action et n’hésitant pas à virer les collègues trop enclins aux compromis et à l’inaction (pas de vagues).
    Le portrait n’est certes pas très reluisant (fallait il s’attendre à autre chose?) mais le message libéral est là.

    • Reste qu’en France, pour se faire une idée de Thatcher, on écoute encore le chanteur Renaud…
      Bon, bien sûr, la chanson s’achève sur
      « Et comme réverbère quotidien
      Je m’offrirai Madame Thatcher »
      …mais c’est seulement après s’être changé en chien, si tant est qu’il ne l’aie pas déjà été.

    • Le rôle est mal écrit, et injiste envers Maggie (ahhh Maggie… I miss you so much…) mais l’interprétation elle même par Gillian Anderson est au contraire excellente. Ca tranche avec la nullité de l’interprétation de Meryl Streep. G.A a au contraire sû rendre les intonations et le language corporel de Maggie avec maestria. C’est pas de sa faute si les sovietiques du Politbüro de Netflix ont écrit un rôle qui ne lui rend pas du tout justice, insistant sur les débuts de son mandat et ses conséquences immediates et passant sous silence sa tres grande reussite par la suite.

  • Je viens de lire son truc dans le figaro, et ça m’a requinqué, boudiou !

    Lire un truc comme ça en dehors de Contrepoints, on n’en a pas souvent l’occasion.

    Si ça peut être le début du commencement du début de la fin, je prend…

    • Ca sera malheureusement une simple anomalie vite oubliée, comme la victoire d’un Français en F1, tous les 25 ans…

      • la droite mongaullienne n’a jamais été libéral. Qui a créé le commissariat général au plan en 1946 ?

        Même Madelin, aux affaires, a prouvé qu’il était libéral quand ça l’arrangeait en refusant l’application des directives européennes sur les assurances sociales.

    • Et pour une fois ce superbe article du Figaro (15 Nov) est en libre accès gratuit sans abonnement!

  • Merci pour cet article. Par contre c’est dommage de ne pas avoir donné une seule fois le nom du maire en question: David Lisnard.

  • >Il sera très difficile de voir une alternative libérale émerger à droite

    Le petit parti divers droite Objectif France oeuvre justement pour cela. Ces gens semblent de bonne volonté et les plus proches d’un libéralisme à la Française.

    • Une alternative libérale qui émergerait à droite (ou à gauche) ne serait pas… libérale !
      Elle ne saurait émerger qu’en dehors de ce dipole. En dehors d’une gauche illibérale sur le plan économique et en dehors d’une droite illibérale sur le plan sociétal.

    •  » à la Française  » ?

      Méfiance, le pillard n’est pas loin…

  • On crève de trop d’administration, des technocrates, des énarques qui décident de tout du fond de leurs bureaux parisiens, la province pour ces bobos n’est à considérer que pour y passer des loisirs ou des vacances et encore il faut surtout pas le chant du coq ou le meuglement de la vache ne viennent pas les déranger durant leur villégiature à la campagne!!!

    • Les maires veulent surtout avoir les coudées franches pour pouvoir pourrir la vie de leurs administrés sans interférence des organisme centraux. En dehors des confinements, ce sont bien les maires qui pourrissent la vie des commerçants dont ils viennent de découvrir l’utilité non pour les clients mais pour leur réélection.

  • Je rejoins l’opinion de Mitch, il n’y aura pas de révolution libérale au sens tatchérien du terme, c’est à dire par une voie pacifique, démocratique et progressive. C’est bien la faillite de l’Etat qui nous obligera au libéralisme, ce libéralisme du chaos, où chacun lutte pour sa survie et n’attend rien des autres.

    • Votre définition du libéralisme est pour le moins iconoclaste :-). En tant que libéral, je ne me retrouve pas dans ce que vous dites. Là, vous ne parles même pas d’ultra-libéralisme (cadeau) mais d’anarcap ou de libertarisme. Faut pas tout mélanger.

    • @pirouette
      Bonjour,
      « libéralisme du chaos, où chacun lutte pour sa survie et n’attend rien des autres. »
      Ce vous avec défini comme « libéralisme du chaos », est ce qui se produit lors d’un effondrement et n’a rien à voir avec le libéralisme.
      Le libéralisme repose sur les droits fondamentaux ainsi que leur respect et application. Dans un ordre chaotique, il n’y a plus de politicien, de police, de Justice, de pouvoir, donc il n’y a plus de droits [ce n’est pas qu’on en ait réellement actuellement !]

  • Ce qui se nomme droite appelle à veauter socialiste Macron&co, ce sont donc des socialistes administratif, qui ne lâcheront rien avant de se prendre le mur ! Ne plus se laisser berner par leurs discours… Voter contre, nous n’avons rien à perdre, nous les Français…

    • @Normandie
      Bonjour,
       » Voter contre, »
      … revient à donner une voix pour un autre.
      Si aucun candidat ne correspond à mes choix, je ne vais pas voter contre le candidat le plus éloigné de mes critères en donnant une voix à un autre qui ne leur correspond pas non plus. C’est l’essence du vote blanc => aucun des candidats ne me correspond. Certes, il n’est plus pris en compte.

  • la mise en prison des victimes pour les protéger des délinquants

    Mais on y court à grand pas. À force d’inverser le sens des mots, on inverse la réalité.
    Un monde de fous.

  • La privatisation des forces de police? Certainement pas, car les domaines régaliens relèvent de l’Etat… à condition que la démocratie fonctionne.
    Ce n’est pas parce que cette dernière est quasi anéantie par des mesures liberticides qu’il faut la passer aux oubliettes…
    D’ailleurs, privatiser les forces de police… qui vous dit que le le « privé » agira dans le sens de votre intérêt, et de l’intérét de la collectivité que l’on appelle nation? Est-ce cette dernière qu’il faut saborder?

    • Je me sens plus en sécurité dans un centre commercial avec deux vigiles à l’entrée que devant la gare avec 10 flics en train de contrôler des attestations de sortie.

    • @La petite bête
      Bonjour,
      « La privatisation des forces de police ? Certainement pas, car les domaines régaliens relèvent de l’Etat… à condition que la démocratie fonctionne. »
      La seule raison de l’existence de l’impôt est le financement de la force publique et de son administration. Le rôle de cette force publique est la garantie des droits fondamentaux. Ces deux points sont définis dans l’article 12 de la DDHC.
      La police privée peut tout à fait coexister avec une police régalienne publique. Quand il y a monopole de la « sécurité » par l’Etat, la police privée ne peut pas exister.

      « qui vous dit que le le « privé » agira dans le sens de votre intérêt, »
      1) l’intérêt du privé est de satisfaire le client qui paie,
      2) parce que si on n’est pas satisfait du service privé, on peut en changer et faire de la pub gratuite négative au dit service :
      3) du coup, on fait marcher la concurrence :
      contrairement au public ;
      4) Avez-vous déjà demandé à votre commissariat local de vous envoyer une escorte de protection personnelle ? Non, moi non plus d’ailleurs. Pour bénéficier d’une telle protection, il faut être politicien, ou que le ministère de l’Intérieur vous déclare effectivement en grand danger (Charb, Zineb el Razoui, et quelques autres.) :
      5) le président lui-même s’est constitué une petite garde personnelle malgré la protection policière haut-de-gamme dont il bénéficie et que nous finançons.

      De tout façon, cela dépend de plusieurs facteurs dont ceux du cadre de la légitime défense – très restreinte – et des moyens d’assurer cette dernière personnellement – qui sont interdits. Une police privée, sans Justice judiciaire fonctionnelle, ne servirait à rien… pour les citoyens.

  • « Il y a fort à parier que les médias seraient ravis d’avoir enfin des sujets originaux à présenter pour accroître leur audience ».
    Est ce de l’ironie? Pour les médias, leur audience n’est que secondaire, en effet ce n’est pas de là que vient la majeure partie de leur revenus.
    Risquer 80% de son revenu pour augmenter les 20% restants? Il faut être fou ou vraiment désespéré.

  • Cet article nous met au centre du problème: la démagogie qui est au coeur du fonctionnement de la V ème république avec son président tout puissant guérisseur d’écrouelles, mais en fait roi fainéant qui ne prépare qu’une chose: sa réélection.
    Nous arrivons au bout du parcours.

  • Lisez quand même Xavier de Lesquen, « Etat de choc, un pays sans fonctionnaires » (comparaison France Nouvelle Zélande sur ce plan). Enarque et Conseiller d’Etat… Espoir !?

    • Désolé, mal placé, ceci concernait la question « un énarque pourrait-il devenir (un peu) libéral? », et c’est sûr que c’est pas gagné.

  • « du remplacement du Code civil par la jurisprudence » ???
    Vous êtes pas bien vous ???? C’est la porte ouverte à l’absolutisme de la mafia des juges rouges !!! Aucune égalité des droits, des peines à « tête du client » !!! une telle idée n’a rien à voir avec le Libéralisme, mais tout à voir avec l’anarchisme ou la dictature des juges !!!
    Le Libérale souhaite des lois claires et simples. L’opposé de la « jurisprudence » !

  • Les commentaires sont fermés.

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