La réforme de la fiscalité indispensable au renouveau de notre industrie

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Les pays dont le pouvoir d’achat annuel moyen est le plus élevé sont ceux dont les prélèvements obligatoires sont les plus faibles.

Par Claude Goudron.

À toujours répéter aux Français que ce n’est pas le moment, la France a un véritable problème avec une réforme de la fiscalité d’entreprise qui devient d’une urgence absolue !

Ce n’est jamais le moment car il y a toujours une élection en vue, et le passage au quinquennat n’a pas arrangé les choses.

Pour y remédier, les gouvernements successifs ont dans un premier temps augmenté les charges et les impôts sur les entreprises. Parvenus à l’overdose ils se sont rabattus sur un endettement aujourd’hui supérieur à 120 % du PIB et ont fini par vendre une partie du patrimoine français : en 10 ans il est passé de 796 milliards d’euros à 167 milliards aujourd’hui.

La France doit s’aligner sur les pays performants

Les pays dont le pouvoir d’achat annuel moyen est le plus élevé sont ceux dont les prélèvements obligatoires sont les plus faibles.

Suisse
Pouvoir d’achat                       41 998 euros
Prélèvements obligatoires                               28 %

États-Unis
Pouvoir d’achat                         41 470 euros
Prélèvements obligatoires                               25 %

Allemagne
Pouvoir d’achat                         22 383 euros
Prélèvements obligatoires                                38 %

France
Pouvoir d’achat                         19 404 euros
Prélèvements obligatoires                               47 %

Cette comparaison démontre que la richesse d’un pays est inversement proportionnelle aux prélèvements obligatoires.

Il faut donc impérativement baisser les prélèvements obligatoires en dessous de 40 % dans un premier temps et les faire évoluer autour de 35 %. C’est sur les charges des entreprises que l’effort maximum et le plus rapide doit être fait en les divisant par deux.

Une réforme de la fiscalité gagnante à terme

C’est prioritairement sur l’industrie que cette baisse doit intervenir. En 20 ans la part de l’industrie dans le PIB est passée de 23 à 11 %, avec comme conséquence la perte de deux millions d’emplois.

Ce triste résultat est principalement dû à une ponction en taxes et impôts directs deux fois plus élevée que chez nos voisins qui ont su maintenir à flot, voire augmenter leur puissance industrielle.

En divisant par deux ces prélèvements le pays retrouvera sa compétitivité, créera à terme deux fois plus d’emplois et conservera donc les mêmes rentrées fiscales.

Ces deux millions d’emplois industriels retrouvés généreront au minimum un million d’emplois dans les entreprises de service, et compenseront ceux qui auront été supprimés dans l’administration.

Le chômage en dessous de 5 % génèrera des économies significatives pour Pôle emploi, soit environ 50 milliards d’euros, permettant de diminuer là encore les charges des entreprises.

Réforme de la fiscalité et période de transition

Le plein emploi ne sera pas atteint immédiatement.

Au moins deux années seront nécessaires pour engranger les premiers résultats, cinq années pour 50 % des résultats et peut-être dix ans pour que le pays retrouve la place qu’il n’aurait pas dû perdre.

Pour que ce ce résultat soit atteint, la diminution des charges doit être immédiate. D’un montant d’environ 150 milliards d’euros, elle devra être compensée tout d’abord par une baisse drastique des dépenses de gestion de l’État de l’ordre de 20 milliards mais aussi du « pognon de dingue » des dépenses sociales, soit 50 milliards.

Jusqu’aux premiers effets attendus, il faudra une augmentation de la TVA passant à 25 % et si besoin un emprunt de restructuration que l’Europe devra accorder en contrepartie, cette fois-ci réelle et pertinente, des réformes promises et jamais tenues.

Croire que l’on peut effacer 40 ans de laxisme sans mesures contraignantes serait  irréaliste, nos amis Allemands l’ont fait au début des années 2000 et ont montré la voie.

Réforme de la fiscalité : retrouver des marges de manœuvre

Que ce soit l’Allemagne avec un plan de soutien à ses entreprises trois fois plus important qu’en France, que ce soit les États-Unis avec un plan de relance faisant fantasmer tous les politiciens de gauche, c’est grâce à la puissance de leur industrie que ces pays ont pu mieux appréhender cette crise. Si le Président américain peut augmenter la pression fiscale sur les grandes entreprises et les gros revenus c’est parce qu’il part de très bas : avec 25 % de prélèvements obligatoires, il peut monter à 30 % voire davantage tout en restant nettement inférieur aux taux français !

Si des réformes avaient été faites au bon moment nous serions beaucoup plus sereins et le pays ne serait pas au bord de l’effondrement !

Une lourde responsabilité

Les conséquences néfastes de la pandémie ne sont pas terminées, la France est au bord du gouffre et nos gouvernants ont beau claironner que tout va très bien, le pays est très loin d’être sorti d’affaire, une faillite n’étant pas à exclure. Ce risque a d’ailleurs été évoqué par certains militaires dans une tribune parue récemment.

Si la France s’écroule, elle entraînera un grand nombre de pays européens, ce qui signifiera la fin du beau rêve de la construction européenne qui, malgré le dénigrement de certains, a jusqu’ici maintenu l’économie française la tête hors de l’eau.

Conclusion

L’exception française consiste finalement à faire comme tout le monde mais avec 15 ans de retard !

Ces 15 années sont passées, commençons immédiatement une campagne d’explications et agissons pour que le prochain Président intègre ces réformes dans son programme.

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