Et si le nouveau plan Hercule était un bon projet pour EDF et la France ?

Le nouveau projet Hercule prévoyant de séparer le nucléaire et l’hydroélectricité des énergies renouvelables intermittentes (EnRI) a peut-être des avantages cachés pour l’intérêt général des Français… et pour EDF !

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Manif contre Hercule26 BY Force Ouvrière(CC BY-NC 2.0)

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Et si le nouveau plan Hercule était un bon projet pour EDF et la France ?

Publié le 25 avril 2021
- A +

Par Michel Gay.

Comme souvent en politique, l’hypocrisie domine dans les déclarations. Celle du ministre de l’Économie Bruno Le Maire le 23 avril 2021 n’y déroge pas. Il vante « en même temps » les EnRI et le nucléaire qui bénéficieraient tous les deux du plan « Hercule » (récemment débaptisé mais pas encore renommé) de réorganisation d’EDF.

Le véritable coût de l’électricité

Mais pour une fois il semblerait que ce plan gouvernemental initié par Emmanuel Macron alors qu’il était ministre de l’Économie soit dans l’intérêt général des Français.

En effet, il s’agirait :

  • de séparer le bon grain (nucléaire, hydraulique et réseau d’électricité) de l’ivraie (éolien et photovoltaïque) afin que la France récupère son autonomie de décision et se débarrasse de la tutelle trop pesante de la Commission européenne dans le domaine énergétique ;
  • d’éviter d’entraîner le nucléaire dans la faillite prévisible des EnRI lorsque les subventions, qui ne sont pas éternelles, baisseront. Au Canada, les éoliennes sont ferraillées au fur et à mesure de la diminution des subventions qui ne durent que 10 ans…

Le coût de production de l’électricité nucléaire dépend principalement du taux d’intérêt des emprunts pendant la longue phase de construction et d’exploitation des réacteurs nucléaires.

Mais si l’État propriétaire garantit ces prêts, alors ces taux seront plus faibles et le coût du nucléaire baissera au profit des consommateurs français.

Aujourd’hui, des dizaines de milliards d’euros de subventions de l’État sont fléchés vers l’éolien et le solaire et ne peuvent plus être investis ailleurs. Le privé semble mieux placé pour ces investissements déclarés rentables par les tenants de ces EnRI… tant que les subventions coulent à flot.

Mais cette rentabilité ne durera peut-être pas longtemps…

Le scandale est aussi celui du prix de vente de l’électricité nucléaire d’EDF à ses concurrents… qui ne produisent rien. Mais ils profitent de 25 % de la production d’électricité nucléaire grâce à l’Accès régulé à l’électricité nucléaire historique (ARENH) qu’il serait bon de supprimer. Ce que le plan Hercule permettrait de réaliser.

Limiter les privilèges des EnRI privées

Les avantages actuels donnés au privé pour favoriser les ruineuses EnRI doivent être limités sur deux points :

  • cesser de donner la priorité d’accès au réseau à l’électricité produite par les éoliennes et les panneaux photovoltaïques ;
  • soumettre les prix d’achat de l’électricité issue des EnRI aux contraintes du marché en supprimant les subventions et les « compléments de rémunération ».

En effet, étant subventionnées, le prix de vente des EnRI est faible. Elles se placent donc en tête dans l’ordre des coûts croissants, sauf quand les prix du marché sont négatifs. Les producteurs éoliens et photovoltaïques ont alors intérêt à arrêter leurs machines pour ne pas payer les consommateurs !

Dans ce projet Hercule (l’ancien ou le nouveau), le diable réside probablement dans les détails.

De bonnes raisons au projet Hercule ?

Mais il se pourrait qu’il y ait de bonnes raisons (masquées pour le moment) de séparer les EnRI qui sont les habits écologiques, ou l’alibi écologique, du gouvernement, et le nucléaire qui est le pilier de la production autonome nationale d’électricité.

Cette séparation renforcerait la stabilité financière de ce dernier, redonnerait une autonomie de décision à la France vis-à-vis de la Commission européenne, et éviterait de l’entrainer à payer la future faillite prévisible des EnRI du secteur privé lorsque les subventions publiques cesseront.

 

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  • Vous croyez sincèrement que une fois hercule adopté, le gouvernement mettra un terme au « subventionnisme abusif » ?
    J’aimerai bien, mais j’ai de sérieux doutes!

    • Si l’Etat peut reprendre un peu de liberté face à l’Europe Oui ! sachant que les Verts commencent à se calmer sur le nucléaire.

    • La comptabilité nationale fourre dans le même sac énergie d’origine « nucléaire » et énergies renouvelables intermittentes. Or, le nucléaire a fait très largement ses preuves et les ENRI non ! Une entreprise qui s’acharne à expérimenter une « invention » non rentable crève et un État non. Bizarre ! L’État expérimente toujours à nos frais et ces expériences risquent toujours d’aboutir dans les portefeuilles de certains concurrents qui sauront si ça marche ou pas (à nos frais). Décidément, le capitalisme d’État français est problématique, ce qui veut pas dire qu’il ne doit en aucun cas exister (Ah les Énarques ! mais trop facile de taper tout le temps sur eux, car ce n’est pas eux qui ont le pouvoir de décision au final ; ce rôle étant dévolu aux idéologies politiques).

  • @M. Michel Gay
    Il manque une 3ème condition à vos conditions pour établir une saine concurrence entre nucléaire et énergies intermittentes : arrêter d’utiliser le nucléaire (et l’hydraulique le cas échéant) pour compenser quasi gratuitement les fluctuations aléatoires de leur production !
    Il est normal que le nucléaire, énergie « pilotable », s’adapte aux fluctuations de consommation de ses clients.
    Il n’est pas juste qu’on lui impose de compenser celle des énergies intermittentes, cela le pénalise inutilement et c’est clairement de la distorsion de concurrence !

  • Puissiez vous être dans le vrai !

    Mais sait on jamais ? Sur un malentendu ça peut marcher…

  • Pourvu qu’il nous préserve du désastre financier de l’EPR….

  • Il semblerait donc que les seules bonnes décisions de ce gouvernement de bras cassés soient le fait d’un gros malentendu.
    Ce n’est d’ailleurs pas illogique, puisque d’une façon générale les décisions partant d’une bonne intention se terminent régulièrement en catastrophes. La réciproque serait donc -parfois- vraie?

  • Oui mais si Hercule recule… on poiroite ?

  • En France, pour admettre qu’un calcul est (volontairement) faux, il faut rebaptiser un projet.

    Je suppose que c’est un « principe de précaution » pour protéger ceux qui ont validé l’ancien projet.

    Qu’attend-on pour renommer le Covid ?

  • Je crains qu’avec Hercule nous revenions au «  en même temps ».

  • La rentabilité et l’efficacité du nucléaire ne se discute pas , elle a été établi sur 45 ans de 1974 a L’arrêt de Fessenheim encore en état de marche. Les résultats d’EDF et le prix du KWh pour chaque français l’a démontré. Des décisions crapuleuses de démantèlement d’EDF , la vente d’électricité a perte a des entreprises bidons qui ne produisent que de la facturation et marge plus sur le Kwh que le concepteur et producteur, conduit notre pays dans le mur. Les écolos débiles sont complices des techno-parasites de Bruxelles.

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