Les écolos : médiatiquement majoritaires, politiquement minoritaires

La surexposition médiatique écolo est inversement proportionnelle à son poids électoral réel.

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Les écolos : médiatiquement majoritaires, politiquement minoritaires

Publié le 16 avril 2021
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Par Frédéric Mas.

Un élu municipal EELV a refusé une subvention à un club de bateaux à voile au nom de la lutte contre la pollution à Vincennes. Chaque semaine, l’actualité politique charrie son lot de décisions absurdes poussées par l’idéologie écologiste partout en France. Certaines sont assez insignifiantes, d’autres beaucoup moins.

Parfois on se scandalise. C’est le cas quand la mairie de Strasbourg met 2,5 millions de subventions pour la construction d’une mosquée intégriste aux mains de la Confédération islamique du Milî Gorus.

Parfois, on se gausse. Ici, on refuse une subvention sur une erreur d’appréciation grossière : M. Bernier-Gravat avait confondu bateaux à voile et bateaux à moteur.

Surexposition médiatique des écolos

Dans tous les cas, l’écologie est au centre du spectacle médiatique. Tout le monde est attentif aux manœuvres du groupuscule EELV, que l’ensemble du spectre politique considère comme d’avant-garde. On en vient à penser, comme le fait Nassim Nicholas Taleb, que c’est parce que le programme écologique est à la fois le plus radical et le plus intolérant qu’il a fini au centre de l’attention.

L’historien Pierre Vermeren revient dans son dernier essai L’impasse de la métropolisation (Gallimard) sur cet intérêt démesuré pour l’écologie politique. Il provient de la place qu’ont pris les métropoles dans l’imaginaire national et la fabrication de la décision publique par nos élites sociales :

« … Seule une fraction des élites, à la fois urbaine et politisée, nourrie par un anticonsumérisme d’essence catholique ou d’extrême gauche -parfois conjoint- porte l’écologie politique. »

Mouvement élitaire qui a pris son envol grâce à la campagne mondiale orchestrée autour de Greta Thunberg, l’écologie a également été poussée par les autorités et la classe politique après le mouvement des Gilets jaunes en 2019 :

« Avec le soutien des pouvoirs publics, des militants politiques ont encadré des milliers de jeunes français résidant au cœur des métropoles, afin qu’ils manifestent, au nom de leur génération, contre les excès de la destruction de la nature et l’hyperconsumérisme qui frappent la planète depuis les années 1970. Mais cette surexposition ne peut dissimuler son artificialité. »

Les écolos en minorité politique

La surexposition médiatique écolo est pourtant inversement proportionnelle à son poids électoral réel. La chambre d’écho des éditocrates a pu a ainsi transformer les municipales de 2020 en « vague verte » emportant plusieurs métropoles (Grenoble, Marseille, Lyon, Strasbourg, Bordeaux) sur son passage.

Une note de la Fondation pour l’innovation politique a vite remis les pendules à l’heure, observant que le scrutin a surtout été la victoire historique de l’abstention, y compris au sein des métropoles pourtant perçues comme terres de prédilection des écolos :

« En 2020, avec environ 20 points de plus qu’en 2014, tant au premier tour qu’au second tour, l’abstention au niveau national est pourtant largement restée à l’écart des centres d’intérêt de l’immédiat après-scrutin, dont les écologistes et tout particulièrement EELV ont été aussitôt déclarés grands vainqueurs. Pendant quelques jours, on a pu avoir le sentiment qu’ils étaient devenus la première force politique du pays. S’il est attendu qu’une telle interprétation soit portée par EELV, d’autant plus que ce parti est auréolé de la prise de quelques villes importantes, la thèse d’une « vague », rapportée à une si faible participation, n’est pas recevable. »

La grande majorité des communes en France reste dirigée par des coalitions de droite et par la gauche socialiste, et cela sans révolution majeure depuis 2008. Mais là encore, on surexpose la vie publique des grandes villes, et on oublie tout le reste, c’est-à-dire les trois quarts du pays.

Politique de reconnaissance

Observer à la loupe les initiatives écolos les plus insignifiantes revient donc à se placer au cœur des débats politiques internes au bloc élitaire urbain, en ignorant tout le reste. Sont totalement passés sous silence ou méprisés les millions de Français chassés des villes par le prix de l’immobilier ou qui aspirent à vivre dans des maisons individuelles plutôt que des immeubles.

Sont ignorés les problèmes de transports, d’emplois, de bon fonctionnement des services publics sur l’ensemble du territoire une fois sorti de la douzaine de métropoles qui quadrillent le pays.

Sont ignorés les ratés de la nouvelle économie encouragée par les politiques publiques depuis au moins le début des années 1980, qui se traduit aujourd’hui par l’absolue dépendance économique et politique de la périphérie à l’endroit des centres urbains, principaux vecteurs de richesses et de croissance.

Du manque de reconnaissance naît le populisme politique qui vise les élites sociales. Parfois ce manque de reconnaissance se transforme aussi en colère bien réelle, comme ce fut le cas avec le mouvement des Gilets jaunes. Pourtant aujourd’hui, rien n’a véritablement changé.

On prête toujours autant d’attention aux écolos et on néglige ce qui se trame au-delà du périphérique parisien. La centralisation sur laquelle s’appuient les métropoles n’est donc pas seulement politique : elle est aussi culturelle.

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  • Le problème, tout comme aux USA, ce sont les media qui ont abandonné toute déontologie, informer le public, pour au contraire le tromper avec leur activisme écolo-gauchiste!

    • je ne crois pas c’ets la stupéfiante absence de pluralité.. j’ai du mal à pense qu’il n’existe pas un lectorat ou une clientèle ..pour un autre point de vue..

      • Ils existent, mais les journalistes et les entreprises médiatiques ne veulent pas travailler pour ce lectorat qu’ils méprisent et haïssent. Si leurs revenus dépendaient de leur lectorat, ils s’en préoccuperaient sans doute mais aujourd’hui les vente des journaux sont pour plus de la moitié à des administrations publiques (où de bons fonctionnaires de gauche, anonymes mais tout puissants) décident de l’allocation des fonds « d’achats de presse » colossaux. C’est ces gens que les médias veulent avant tout séduire. Des gens qui n’ont jamais rien produit de leur vie, n’ont jamais mis les pieds hors des « métropoles », ont été (dé)formés à Science-(pi)Po et l’ENA…

        • c’est le même creuset, le même club : supprimons leur toute subvention.

        • oui mais attendez est média qui le souhaite..

          le subventionnement politique? faux argumentent tout journal qi met en avant le fait de ne pas en recevoir gagne mon respect..

          on un constat les médias jouent un rôle dans les choix politiques, il donnent une vision biaisée de l’opinion publique.. mais qui l’ignore? plus d’audience pour desmédias pesant autrement et qui serait capable de renverser la table..sur laquelle dine ce petit monde coopté? assoc / politique/ journaliste /monde académique..

          • tout come pour une offre politique « anti écolo » il semble y avoir un marché pour les médias non conformistes..
            lisez donc les commentaires sur les articles de green washing.. j’en ai lu un sur thomas pesquet …

            se foutre de l’hypocrisie écolo devrait être un boulevard!

          • oui mais attendez est média qui le souhaite..

            le subventionnement politique? faux argument , tout journal qui met en avant le fait de ne pas en recevoir gagne mon respect..

            on un constat, les médias jouent un rôle dans les décisions politiques, ils donnent une vision biaisée de l’opinion publique.. mais qui l’ignore? plus d’audience pour des médias pensant autrement et qui seraient capables de renverser la table..sur laquelle dine ce petit monde coopté? assoc / politique/ journaliste /monde académique semble possible..

  • Dans une large mesure la démocratie a réussi à protéger les minorités d’un trop grand pouvoir que pourrait avoir la majorité.
    Mais rien n’a été pensé pour protéger la majorité de minorités agissantes.
    Ce sera le défi du XXI siècle.

    • Vous avez déjà vu des minorités opprimées par une majorité et défendues par la démocratie, vous ? Ca serait contradictoire puisque cette démocratie c’est le pouvoir du plus grand nombre (le peuple), forcément contre les autres (les minorités). La démocratie, c’est le pire système… à l’exception de tous les autres (qui ont été essayé). C’est « deux loups et un moutons qui votent pour savoir qui sera le dîner… alors que la liberté c’est un mouton bien armé qui dit aux loups d’aller se faire voir ».

      Tant qu’on restera sur la « démocratie » comme mythe de l’organisation idéale, on sera en route vers la servitude. Tocqueville l’avait bien expliqué, ce n’est jamais que la dictatures de la majorité.

    • non ce n’est pas la démocratie .. ce sont les démocratie libérale où le mot qui importe est libérale. et une tyrannie libérale ferait le job…

      les démocraties sont en général une horreur pour les minorités…

      si un gouvernement estime qu’il doit protéger une minorité , donc un groupe…on a un problème avec la « saine égalité des citoyens devant la loi…
      la protection des minorités doit découler naturellement de la garantie de sécurité pour tous les citoyens honnêtes.

      et l’antisméitimes, le racisme, la haine des autres monte en silence … car vous comprenez « ils ont plus de droits que les autres

  • les subventions diverses et variées sont un MOYEN de faire baisser les émissions..mais pas là où elles finissent mais chez ceux qui payent..parce que que se faire taxer pour payer des conneries n’incite pas à créer de la richesse et à bosser..

  • La centralisation sur laquelle s’appuient les métropoles…

  • Que dirai-je de plus ? Les média me fatigue avec leur radotage écolo à cent sous, surtout que la publicité s’y met aussi. C’est une super intoxication mentale digne d’un régime totalitaire.
    Le pire, c’est que pour de sordides raisons, les politiques marchent à fond dans cette démagogie.
    Que j’aimerai que la presse analyse un peu plus les infos plutôt que rabâcher certains articles préfabriqués. La démission des journalistes de Science et Vie est là pour le démontrer. Si même cette revue scientifique, qui était de très bon niveau, perd sa crédibilité, à qui faire confiance ? A Mme Irma qui à mon avis est plus crédible.

    • Complètement d’accord notamment pour la pub : je vais finir par exploser la prochaine Renault Zoe que je vois tellement leur pub matraquée est énervante. Et personne pour reconnaître qu’au final, cette bagnole est un carnage écologique (au sens science pas idéologie) à elle seule.

    • Même les entrepreneurs invités sur les plateaux télés s’y mettent. Toujours « l’urgence climatique » (ou la solution de la vaccination pour résoudre l’épidémie) à la bouche pour leurs stratégies de développement

  • C’est une séquence ahurissante !
    Donc je ne sais pas ce qui est le plus grave. La méconnaissance du dossier du premier élu EELV à s’exprimer, ou la bêtise de la seconde élue qui, venant à son secours, au lieu de reconnaître l’erreur, s’enferre dans une réponse surréaliste…
    Errare humanum est, perseverare diabolicum !
    Je pense que tout ceci est révélateur de ce qu’est ce parti EELV. Un parti nullissime sur le plan technologique – un comble quand il prétend dicter notre avenir technique – et incapable de reconnaître ses erreurs. Un parti qui se contente de ressasser des obsessions décroissantistes (un coup le nucléaire, un coup les 4×4, ou le diesel, ou le linky…) ça commence à bien faire !

    • Pour ma part, j’ai refusé le compteur Linky, malgré le chantage à la facturation des relevés et je viens d’acheter un 4×4 V8 de 500cv, uniquement pour fair ch…er les écolos (et me faire plaisir).

  • Comme répétait l’un de mes directeurs régionaux dans l’industrie pharma : « peu importe que l’on parle de toi en bien ou en mal, l’essentiel est que l’on parle de toi ».
    J’ai la nette impression que les pastèques sont dans cette démarche, ils se foutent de ce que les gens pensent d’eux, ce qui importe, c’est leur surexposition médiatique. Et cela fonctionne car dans mon entourage pro, j’en connais qui ont déclaré s’être converti au vote « vert » suite à ce battage médiatique, en arrivant même à penser que tout cela était exagéré et qu’il fallait bien faire quelque chose pour la planète. Bon, je dois ajouter que ce sont des admirateurs d’Hulot !

  • L’éco-fascisme. On désigne ainsi une doctrine totalitaire dont le but très présentable serait de sauver la planète. La France a souscrit. Reste seulement à l’appliquer. Ainsi dans un futur plus ou moins proche, on imagine un gouvernement global usant enfin sagement de la force politique pour réduire à 500 millions d’habitants la population terrestre maxima tolérable selon le commandant Cousteau, sans généralement préciser le moyen de faire disparaître humainement les 7 milliards en excédent, ni comment les choisir. Sauf dans le cas unique d’Hitler, le maître à penser rigoureux mais malchanceux et regretté de nos escrolos et de nos végans d’aujourd’hui. Avec l’idée d’un retour au niveau de vie d’Adam et Eve et après s’être débarrassé dans la joie de toutes les ignobles réalisations scientifiques de prix Nobel. Y compris les éoliennes et leur électricité devenues inutiles dans les grottes, comme dans le bon vieux temps, sans même le retour à la bougie ou à la traction animale, à cause du CO2 des crottes polluantes. Une vie toute simple, poussant irrésistiblement aux sacrifices humains, aux suicides protecteurs des survivants et au cannibalisme, trois vertus particulièrement bien adaptées à la réalisation du nettoyage ethnique propre, volontariste et ayant l’envergure jugée nécessaire. Le seul problème non encore résolu sans faire appel à un horrible moyen scientifique, anti-douleurs, social, antinaturel…est l’élimination des décédés. Les « survivalistes » n’auront même pas besoin de bunker anti-nucléaire dans leur habitation comme les Suisses aujourd’hui …

    • et je vais vous réponde écologiquement ..exagération… mais bien sur je ne vais pas vous dire où..
      car qualitativement… tout se défend eu égard à ce que disent les écolos…..trop nombreux…consomme trop…

  • Au lieu de se préoccuper des ces ecolos naïfs incompétents voir pire, occupons nous des autres, le danger ce sont tous ces politicards corrompus menteurs et vicieux qui ont poussé les ecolos au devant de la scène pour continuer à œuvrer dans l’ombre.

  • N’oublions pas l’excuse avancée par l’élu : « J’avais bossé mes partiels, un peu moins mes dossiers ». Un choix remarquable de priorités…

    • là c’est de la bêtise, rien à travailler !
      toutefois, le principe des subventions publiques aux associations est à bannir !

    • Bah, comment des gens normaux, actifs, peuvent être aussi conseillers municipaux, c’est impossible, quand je bossais j’avais très peu de temps à consacrer au reste. Et un jeune, c’est totalement farfelu.

  • EELV est pire que la gauche actuelle…..ils allaient ses défauts avec une incompétence qui va tuer les derniers joyaux du pays. Songez y dans l’isoloir sinon il ne vous restera que vos larmes….

  • Les commentaires sont fermés.

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