Troisième confinement, un choix qui serait fatal pour le pays

OPINION : l’acceptabilité d’un troisième confinement sera minime après cette année extrêmement difficile pour bon nombre de Français. Le point de vue du sénateur Philippe Folliot, président de l’Alliance centriste.

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Troisième confinement, un choix qui serait fatal pour le pays

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 18 février 2021
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Par Philippe Folliot1

Si un troisième reconfinement a été écarté par l’exécutif, la situation reste pour l’heure fragile. Les derniers chiffres relativement stables de l’évolution de l’épidémie nous prouvent que nous avons eu raison de faire confiance aux Français et que nous devons tout faire pour poursuivre dans ce sens, tant il est vrai que nos concitoyens sont éprouvés, lassés, voire véritablement en souffrance vis-à-vis de cette crise sanitaire dont l’issue est sans cesse reportée depuis près d’un an.

Le vaccin nous offre certes un espoir de sortie, cependant la durée de la campagne de vaccination en cours est incompressible. Organisation matérielle et humaine, logistique et transport des doses, mobilisation de la population parfois sceptique : tout cela demande du temps. Aussi devons-nous continuer nos efforts pour épargner nos hôpitaux et nos soignants, et prendre soin de la santé de tous, en particulier des plus fragiles.

Acceptabilité minime

C’est pourquoi je pense que l’acceptabilité d’un troisième confinement sera minime après cette année extrêmement difficile pour bon nombre de Français.

Je pense aux jeunes, aux étudiants, qui souffrent de l’enseignement à distance, de la solitude et de moyens financiers rendus plus restreints par la crise, car nombreux sont les jobs étudiants qui ne peuvent reprendre à cause de la situation.

À cet âge où se fondent les amitiés les plus solides, où naissent les premiers amours et où les premiers jalons vers la vie professionnelle sont jetés, exiger de s’enfermer une fois de plus dans un logement souvent exigu aurait des conséquences psychologiques majeures, pour le présent et pour l’avenir, qu’aucun de nous n’est encore capable de mesurer.

Je pense également aux artisans, commerçants, restaurateurs, PME, aux acteurs de la culture, du sport, de la vie associative…, qui ont dû suspendre leur activité, momentanément ou sans limite de durée annoncée, et qui sont durement touchés par les conséquences économiques de la crise. Pour certains, ces efforts ont déjà coûté la vie de leur entreprise.

Beaucoup d’autres sont dans l’incertitude des lendemains, dont ils ne sont pas sûrs qu’ils s’en remettront. Alors que les déficits se creusent de manière abyssale, que le différentiel de croissance avec nos principaux partenaires économiques augmente, nous assistons, tétanisés, à l’affaiblissement économique de notre pays qui fait que le « quoi qu’il en coûte » pourrait bien se fracasser sur le mur des réalités financières !

Le drame humain

Sur le plan humain, ce sont aussi tous ces drames intrafamiliaux, aggravés par la promiscuité, que nous devons éviter à tout prix : je pense avant tout aux femmes et aux enfants victimes de violences. Je pense aussi à ces couples séparés contraints de vivre sous le même toit, etc.

Songeons en outre à tous ces foyers ruraux, éloignés de tout, dont les membres souffrent d’autant plus de l’isolement, de la solitude pour certains, que les commerces sont éloignés et fermés, que les services publics sont restreints et de plus en plus dématérialisés, alors même que le seul accès à internet dans ces zones est déjà une lourde problématique en soi.

Il faut saluer ici le travail formidable des maires, élus locaux et agents qui répondent aux besoins concrets de leurs administrés, en particulier dans ces villages sans commerce de proximité, ni pharmacie. Face à la situation d’angoisse que cette pandémie provoque pour les administrés les plus fragiles ou isolés, parfois sans aucun moyen de se déplacer, la mobilisation des équipes municipales est dans la plupart du temps la seule solution pour apaiser un peu les tensions.

Dans ces municipalités, il existe d’ailleurs, selon moi, un danger majeur de démocratie lié aux mesures sanitaires. En effet, dans les petites communes,  beaucoup de maires et d’adjoints, non-retraités, exercent une profession en dehors de leur fonction, qui les contraint à l’exercer, en temps normal, au-delà de l’horaire du couvre-feu.

J’ai alerté le Premier ministre de l’impossibilité pour ces élus locaux de mener correctement leur mission dans ces conditions, et surtout de faire remonter les requêtes de leurs administrés aux échelons supérieurs. Il a répondu à cette lettre avec intérêt et célérité, assurant que toutes les missions menées durant les horaires du couvre-feu étaient considérées comme relevant d’une activité professionnelle et qu’elles faisaient bien partie des exceptions à celui-ci.

C’est un signal extrêmement positif de sa part, car il en va de la relation de confiance entre élus et populations, mais aussi de l’égalité entre citadins et ruraux en matière de citoyenneté.

L’apparition de nouveaux variants parfois plus contagieux ou plus dangereux nous plonge encore un peu plus dans l’incertitude, dans le doute sur la suite à venir. À nous, personnels politiques, de ne pas aggraver la situation en ne jouant pas aux druides, aux voyants, et encore moins aux prédicateurs. Faisons ce pourquoi nous avons été élus : évaluons la situation, débattons démocratiquement et tranchons sur les recommandations à faire. C’est pourquoi je pense que de nombreuses mesures alternatives, intermédiaires, peuvent et doivent être tentées.

Renforcer la confiance accordée aux Français

Cela passera peut-être par une territorialisation de celles-ci – le couvre-feu, comme je l’ai dit, n’est guère adapté à la vie rurale – mais aussi par un maintien et même un renforcement de la confiance accordée aux Français.

Reconnaissons-le : les appels à la désobéissance civile n’ont pas pris dans notre pays comme c’est le cas chez certains de nos voisins. Je suis persuadé que le civisme des Français a encore de la ressource et qu’en nous appuyant sur lui, nous pourrons, sinon l’éviter totalement, du moins repousser au maximum la menace d’un nouveau confinement.

Le troisième confinement, si nous ne pouvons y échapper, devra être l’ultime recours, pour mobiliser les dernières forces et les jeter dans la bataille au moment où nous serons sûrs de l’emporter sur le virus ; non une mesure de passage avant une nouvelle, mais une mesure de fin. Cela seul pourra le faire accepter aux Français à bout de souffle.

La lutte contre la covid-19 est comme un marathon : lancer son accélération finale avant le dernier kilomètre ne sert à rien, si ce n’est à s’épuiser, alors que la vue de la ligne d’arrivée, elle, galvanise et donne le courage d’aller puiser encore plus profond en soi. Nous ne sommes pas parvenus à ce dernier kilomètre, aussi ménageons-nous, ménageons les corps, les esprits et les consciences, et quand le moment viendra, je sais que nous répondrons tous présents.

 

  1. Philippe Folliot est sénateur du Tarn, membre de la commission des affaires étrangères, de la défense et des forces armées. Il est le président du parti l’Alliance Centriste.
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  • « Les derniers chiffres relativement stables de l’évolution de l’épidémie nous prouvent que nous avons eu raison de faire confiance aux Français  » je ne comprends pas la signification de ce genre de phrase…

    avant « on » ne faisait pas confiance aux français… et le français que je connais le mieux , tu sais ce qu’il te dis? il en a RIEN à cirer que tu lui fasses confiance ou pas…RIEN…

    zut de zut..

    toujours la même question quelle est la justifications précise d’une situation d’urgence sanitaire?????

    si on décortique tousles discours..les gens essaient d’ahbillier leur conviction et leur jugement des habits de la rationalité…il n’y en a PAS…

    et d’une certaine façon c’est pour ça qu’on vote…ou qu’on a des représentant élus..parce que la vie en collectivité requiert des règles pour être pacifiée ou juste gérable..

    les opinions des gens sur l’épidémies sont très divers allant de la trouille la plus profonde au rien à cirer le plus total.. et les deux opinions sont valides..
    alors faites pas chier… tu mets ta limitation de vitesse à 82,5 à l’heure..et tu ne nous emmerde pas en expliquant pourquoi c’est formidable…et à 83 je suis irresponsable et à 82 je suis un bon citoyen.. on a compris…

    arrêtez de justifier l’injustifiable!!!

    « fatal pour le pays »… parce le pays peut « mourir »…

  • Article d’une perversité stupéfiante : l’auteur explique longuement en quoi un troisième confinement serait fatal et inacceptable, pour finir par en faire la promotion comme inévitable avec l’affirmation que « quand le moment viendra (de ce troisième confinement), nous répondrons tous présents ». C’est de la pensée magique.

  • Le troisième confinement nous y sommes et il est pire que les deux premiers…C’est le supplice de la goutte …chinois….!!! il aurait mieux valu tout stopper trois semaines que louvoyer avec 300 morts par jour..Les vacances sans top de déplacements sont des cocottes minute qui dès la rentrée vont être payées très chères…Surtout que derrière rien est en place…vaccin ,dépistage cohérent , traçage et isolement…pathétique

  • N’ayant pas de prime abord intégré la « qualité » de l’auteur, je me suis dit dès les premières lignes que cet article avait un petit fumet « gouvernemental »!
    Et effectivement, après vérification : bingo! un sénateur!
    Je me suis fait exactement les mêmes réflexions que Jacques Lemière, que le français n’en a rien à cirer, quand on voit l’utilité du Sénat ( et même la frilosité) dans les décisions qui impactent la vie des français. Mais bon, président de l’alliance centriste, c’est ni gauche ni droite, ni blanc ni noir, tout gris et flou!
    Avec des politiques à l’esprit aussi confus, on n’est pas sortis d’affaire!

  • « Je suis persuadé que le civisme des Français a encore de la ressource et qu’en nous appuyant sur lui »… et sur des prunes à 135€, ça marchera beaucoup mieux!
    Comme disait Al Capone, « on obtient beaucoup plus de choses avec un mot gentil et un revolver qu’avec un mot gentil tout seul! »
    CQFD/CPEF

  • Les sénateurs ne votent pas les lois (ce sont les parlementaires qui le font), leurs requêtes ne servent à rien.

  • « Les derniers chiffres relativement stables de l’évolution de l’épidémie nous prouvent que nous avons eu raison de faire confiance aux Français »

    Et bien j’ espère que vous aurez de la suite dans cette idée, pour absolument tout le reste.

  • Un Sénateur devrait tout de même se renseigner : cette épidémie est bien moins dangereuse que ne l’a été l’épidémie de grippe de 2017, dont personne ne s’est soucié. Les différentes mesures prises par le gouvernement depuis un an n’ont jamais fait la preuve de leur efficacité sanitaire, par contre elles ont fait la preuve de leur nocivité économique. Le Sénat devrait réclamer la fin immédiate de toutes les mesures d’exception.

  • On dirait un tract électoral

  • Faut pas se plaindre on a eut un hôpital de campagne de 10 lits.

  • Ils représentent les arrangements entre amis.

  • Les commentaires sont fermés.

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