Jean Castex reporte le déconfinement à une date ultérieure

Comme pour les annonces précédentes, la politique gouvernementale, en cherchant à concilier impératif sanitaire et « acceptabilité sociale », risque fort de ne satisfaire ni l’un ni l’autre.

Par Frédéric Mas.

Après une dizaine de minutes à tergiverser, Jean Castex a annoncé lors de son allocution sur la crise covid ce jeudi que le déconfinement du 15 décembre ne serait finalement qu’un assouplissement des règles sanitaires.

Déconfinement toujours repoussé

Depuis quelques jours, le terrain avait été préparé, et de nombreux proches du gouvernement avaient mis en garde sur le fait que les objectifs du président de la République, à savoir passer sous la barre des 5000 cas par jour, n’étaient pas atteints.

Les musées, les théâtres et les cinémas ne sont pas déconfinés. Plus exactement, un certain nombre d’établissements recevant du public qui espéraient déconfiner le 15 ne pourront finalement pas le faire, le ralentissement de la circulation du virus en dépend, toujours selon les pouvoirs publics.

La fin des attestations en journée, le retour du couvre-feu

Si les attestations en journée disparaissent, le couvre-feu fait son retour dès 20 heures, et les déplacements entre 20 heures et 6 heures devront être tout de même justifiés de manière dérogatoire.

Un réveillon réduit au strict minimum

Le couvre-feu ne s’appliquera pas pour le 24, mais s’appliquera le 31 décembre (comme tous les autres soirs à partir du 15 décembre). « Nous devons être raisonnables, respecter la règle du couvre-feu, rester chez soi le 31 décembre et suivre la recommandation d’un maximum de 6 adultes » a déclaré le Premier ministre.

L’État desserre l’étau de la contrainte, mais ne sort pas ni du confinement, ni de l’état d’exception permanent.

Comme pour les annonces précédentes, en cherchant à concilier impératif sanitaire et « acceptabilité sociale », la politique gouvernementale risque fort de ne satisfaire ni l’un ni l’autre. Le règne du « en même temps », c’est au fond ne jamais choisir.

Bureaucratie et punition

L’attestation de déplacement, symbole de l’Absurdistan français, est enfin abrogé. Mais comme nous sommes en France et que l’État bureaucratique ne se refait pas, elle existe quand même un peu pour sortir après 20 heures. Le choc de simplification n’aura donc pas lieu.

La logique punitive qui consiste à pénaliser le Nouvel an ne s’explique que pour marquer les esprits et stigmatiser les comportements jugés déviants. Les Français ne sont pas mis devant leurs responsabilités mais pris pour des enfants turbulents. Psychologiquement, ce moment qui marque la fin d’une année pourrie et l’espoir d’un renouveau est confisqué par le gouvernement.

La planification centrale ne marche toujours pas

Emmanuel Macron mise toujours sur un confinement partiel pour ralentir la circulation du virus. De nouvelles études ont pourtant montré que si les dommages collatéraux créés par le confinement étaient bien réels, ses bénéfices supposés étaient quant à eux sujets à caution.

Le retour de la pauvreté, les faillites en chaîne, l’explosion des dépressions comme du chômage sont des effets observables de ces politiques publiques. Par contre, le lien entre la chute du taux de mortalité liée au Covid et les restrictions en matière de liberté ne sont pas vérifiées. Comme le rappelle John Miltimore de la Foundation For Economic Education :

« Les pandémies sont des problèmes graves, mais la conviction qu’elles peuvent être gérées efficacement par des planificateurs centraux qui refusent de reconnaître les limites de leurs propres connaissances et de leur pouvoir constitue une menace bien plus grave pour la liberté et la prospérité de l’humanité à long terme. »

 

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.