Covid, Big Data et opportunisme ?

Tout est mis en place pour toujours plus de traçage des citoyens ou leur comptage. C’est le Big Data contraint qui s’installe dans la vie quotidienne.

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Covid, Big Data et opportunisme ?

Publié le 3 décembre 2020
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Par Yannick Chatelain.

L’état d’urgence sanitaire sous lequel a été placé la France permet à l’exécutif de prendre des décisions lors de conseils de défense, des décisions contraignant la population, et ce pour notre bien collectif.

Notre vie est désormais rythmée par des décrets qui tombent en cadence. Ces derniers servent la mise en place d’un contrôle social inédit, jugé nécessaire, allant jusqu’à encadrer et limiter le droit d’aller et venir, en passant par des préconisations surréalistes d’acteur-gestionnaire de cette crise sur ce qui relève de l’intime et de la vie privée au sens le plus strict.

Ainsi à Noël tenez-vous le pour dit : « on coupe la bûche en deux et papy et mamie mangent dans la cuisine » voilà ce qu’a préconisé – sans rire – le professeur Salomon. Des mesures, des recommandations qui n’interrogent pas seulement les béotiens en matière de santé publique que je suis. Le très sérieux journal Die Welt, sidéré par certaines mesures coercitives prises par l’exécutif français ayant lui-même dans ses colonnes rebaptisé notre pays l’Absurdistan.

C’est dans cette configuration que s’inscrit le retour triomphant du Biopouvoir. Ce dernier qui vise un contrôle de la vie à savoir,  la vie des corps et celle de la population, se fait de plus en plus oppressant et s’exerce sur une démocratie qui semble anesthésiée par la peur, cette pression étant accompagnée d’une récupération de datas sans précédent.

La mise en place du traçage généralisé : Big Data et TousAntiCovid

Si le comptage de personnes n’est pas nouveau pour de nombreuses infrastructures, le voilà devenu systématique. Qu’en sera-t-il demain pour l’application « TousAntiCovid » et ses datas santé ? Si elle est louable au regard de sa finalité, la nouvelle application interroge toujours en matière de confidentialité et d’efficience. Elle offre, entre autres, aux utilisateurs la possibilité de compléter leurs allers et venues en ligne, un atout ayant indéniablement boosté son téléchargement.

Quant à émettre l’hypothèse que le maintien de cette autorisation ait eu pour but de favoriser son adoption, c’est une hypothèse ! Toujours est-il qu’elle n’a pour autant pas décollé comme escompté, et ce malgré l’appui légitime de nombreuses institutions, mais par des pratiques commerciales pour le moins étonnantes et cautionnées par la CNIL : « Un restaurant KFC offre ainsi depuis le début du mois de novembre une promotion de 15 % sur les commandes des utilisateurs de l’app de traçage des contacts TousAntiCovid. »

Après tout, si pour récupérer de la data santé la fin justifie les moyens alors oui, pourquoi pas ?

Toutefois, pour l’instant, « il ne sera pas non plus obligatoire pour les clients de télécharger « TousAntiCovid » même si le téléchargement est encouragé. » Ce qui laisse supposer que l’idée a été évoquée. Sur ce sujet très délicat une question reste en suspens par-delà l’opinion que nous avons de la collecte de données sensibles : si cette application est un atout maître du dispositif global pour endiguer la pandémie, pourquoi dès lors ne pas l’avoir rendue obligatoire ?

Concernant l’application peut-être est-il utile de rappeler deux choses à son sujet :

Si 9,2 millions de personnes ont téléchargé l’application de traçage de contacts, cette application ne fonctionne que sous condition : si elle est supposée prévenir ses utilisateurs en cas de cas contact, encore faut-il que la personne diagnostiquée se déclare positive dans l’application.

Or, comme le souligne Le Figaro :

En flashant un QR Code qui apparaît sur le diagnostic du laboratoire. C’est là que les choses se compliquent : le QR Code n’est pas toujours fourni.

Par ailleurs, comme le pointe Baptiste Robert connu en tant qu’hacker éthique sous le nom de Elliot Alderson :

Le fonctionnement reste le même, toutes les critiques sur ses capacités n’ont pas été écoutées. Utiliser le bluetooth a déjà montré ses faiblesses, cette technologie n’est pas adaptée au traçage sur de la distance.

La poinçonneuse d’Habitat

Qu’à cela ne tienne. Tout est mis en place pour toujours plus de traçage des citoyens,  leur comptage etc.

Comme cela est prévu par le nouveau protocole sanitaire, il existe deux impératifs :

  • le respect d’une jauge d’occupation de 8 m2 par personne ;
  • l’obligation de compter le nombre de clients pour les surfaces supérieures à 400 m2.

Des impératifs conduisant à des situations surréalistes dans l’attente d’une automatisation. Une grande enseigne de meubles enjoint ainsi le visiteur à prendre un panier ; c’est sa façon de compter les clients. Une personne dédiée se charge de la distribution à l’entrée, du nettoyage à la sortie.

Nous pouvons supposer qu’in fine, une solution technologique mettra fin à cette profession inédite née dans l’urgence du désarroi, entrainant toujours plus de collecte de data…  si tant est, mais je n’ose l’imaginer, que la solution technologique ne soit déjà en place, et que la distribution de paniers ne soit qu’un acte opportun pour inciter le visiteur à l’achat.

Pour conclure

Ce qui est en droit d’inquiéter, c’est le recours récurrent au techno-solutionisme pour résoudre la crise. Après les collectes de data au restaurant ou dans les bars (avant leur fermeture), voici venue la jauge du nombre de personnes. C’est le Big Data contraint qui s’installe dans la vie quotidienne, sans nécessairement véritablement savoir ce qu’il en adviendra.

Si les autorités mettent en avant des technologies censées, à l’instar de « TousAntiCovid », se baser sur le volontariat et garantir l’anonymat de nos data, ces systèmes mis en place dans l’urgence présentent le risque de demeurer en l’état post-crise, au cas où… voire déployés.

Alors si, comme le déclarait Eric Schmidt :

Seuls les criminels se soucient de protéger leurs données personnelles.

La période est propice : choisissez votre camp !

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  • Cette Covid est bien pratique pour nous faire entrer de force dans le moule idéologique ! au nom de grands principes ! Un pas après l’autre, nous tombons dans la nasse ! et le plus étrange c’est que beaucoup le feront avec la meilleure conscience du monde !

  • Cette application ne peut être obligatoire, on ne peut l’installer sur un téléphone un peu ancien à la mémoire surchargée qui refuse toute installation d’application ni sur un téléphone basique. Il faudrait instaurer l’obligation d’acheter un téléphone ! D’autre part il suffit de désactiver le Bluetooth pour la rendre inopérante et il est fortement conseillé de garder le Bluetooth inactif pour économiser la batterie et éviter des piratages.

    • Mais petit à petit, ils atteindront leurs objectifs: le formatage des jeunes- la propagande, les chantages divers… et la disparition des vieux y pourvoiront.
      Face à une dictature qui s’instaure, il ne faut pas dire « ils n’y arriveront pas ». Qui aurait pu prédire il y a un an la situation actuelle? (Même si ceux qui étaient informés sur le mondialisme savaient qu’une crise était imminente, et que l’un des objectifs du mondialisme est un contrôle total des populations)

  • Il ne s’agit pas de résoudre la crise, mais de s’en servir comme d’une opportunité pour contrôler la populace…
    De Rockefeller à Schwab en passant par Gates et Attali, tous ont affirmé que cette pandémie allait changer le monde (évidemment, selon leurs visées techno-socialistes)

    • Sans compter notre 1er ministre de l’époque qui avait prédit en mars ou avril que la vie ne reviendrait jamais comme avant. Cela m’avait beaucoup choquée.

  • J’entendais hier à la radio qu’au Vietnam, Google et FB (et autres réseaux sociaux) collaboraient joyeusement avec les autorités communistes pour fournir des données personnelles pour tracer, mater, réprimer, etc etc, les libertés. Ah les entreprises privées, tellement éprises de libertés, si elles pouvaient contrôler nos vies, leurs actionnaires seraient ravis.

    • « si elles pouvaient contrôler nos vies, leurs actionnaires seraient ravis. »

      Sans état de droit libéral ces entreprises capitaliste n’existeraient pas (FB n’aurait jamais pu naitre, croitre et avoir des actionnaires dans un régime communiste) et elles n’ont pas le monopole de la violence y compris dans les régimes autoritaires.
      Par contre vos amis les état oui, RDA, URSS, Chine et tellement d’autres depuis un siècle et là, vous ne pouvez pas refuser les CGU pour éviter l’emprisonnement ou la torture.

  • j’ai bien reçu l’incitation à télécharger leur application  » tousanticovid  » que je qualifierai plutôt de mouchard ; supprimé illico presto ; je présume que nous allons bientôt recevoir une application  » tous vaccinés  » qui prendra le même chemin : poubelle ;

  • Il ne faut pas sous-estimer le côté obscur de la force du big data !

    Le techno-futurisme de l’administration est risible par rapport à ce qu’il est possible de faire et que donc « certains » font en matière de collecte de données, de piratage, de manipulation … Et la simple analyse de comment sont organisées et déployées toutes les applications et architectures montre qu’elle ne partent pas d’une réponse technique ou plus exactement que le but principal est la collecte de données.

    Au final, dénoncer des abus visibles ou mettre en place des garde-fou revient à sermonner les délinquants multi-récidivistes tout en contemplant désabusé la déliquescence de la démocratie, de la liberté et l’état de droit. C’est comme punir avec de légères amendes les prévaricateurs qui se font prendre.

    Ce n’est pas la collecte de données qu’il faut tenter d’endiguer mais la possession de données qui doit faire l’objet d’un cadre légal et constitutionnel avec des lois répressives adaptées à l’ampleur de la menace. Ne nous y trompons pas : si on embastille les particuliers pour possession de substances récréatives ou de biens culturels tombés du camion, mais que d’un autre côté on ne réprime que la collecte et pas la possession de données, alors c’est qu’on ne veut surtout pas nuire à la mise sous coupe réglée de la population.

  • Bon, comment les GAFA et autres récupèrent-ils ces précieuses « datas »?
    Via nos ordinateurs et nos smartphones, bien sûr.
    Alors, perso, maintenant dès que je suis sur un site nouveau, je prends le temps de supprimer tous les « cookies ».
    Sur mon smartphone, je supprime le traçage de ma position.
    J’éteins mon smartphone après chaque utilisation. Je ne laisse jamais mon ordinateur en veille.
    Bref je fais ce que je peux pour limiter les datas me concernant.
    Cependant, je n’ai aucun exemple de restriction de ma liberté depuis maintenant 67 ans que je vis….
    Concernant la gestion du covid, il est maintenant évident que les SEUL critère qui guide les actions du gouvernement est la capacité d’accueil du système hospitalier…Avec 5000 lit de réanimation pour 67 millions d’habitants, bien évidemment que le problème est là et seulement là.
    Il faudra bien rendre des comptes au plus tôt sur cette incurie criminelle !!!

    • – les cookies ne sont que l’une des multiples façons de collecter des informations personnelles,
      – la seule façon d’être certain que votre smartphone est éteint est de retirer la batterie,
      – limiter les datas vous concernant est l’indication que vous êtes un dangereux individu cherchant à cacher quelque-chose,
      – rendre des comptes suppose qu’il reste un minimum de démocratie.

    • « Je ne laisse jamais mon ordinateur en veille. »

      Votre ordinateur dispose de quelques milliers de giga-octets de stockage pour attendre que vous le mettiez en marche. Si vous comptez sur le « coupe-feu » de votre fournisseur d’accès ou de système d’exploitation pour vous protéger, vous êtes optimiste et l’éteindre ne change rien au problème.

  • Il faut être réaliste. « On » a les moyens de connaître la couleur de votre slip.

    Aujourd’hui, tant que vous ne publiez pas de video de zizicoptère de ministre, vos données dorment sagement dans des bases de données. Gogol a les moyens de les exploiter à des fins commerciales, mais cela coûte cher : c’est un problème économique.

    Dans 10 ans, l’état français ne sera vraisemblablement pas capable d’industrialiser l’analyse des données de l’ensemble des français, mais des firmes privées sauront le faire et seront ravies de vendre la solution chef-en main à Macron-ter ou à Marine-bis.

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