Abolition du pass vaccinal, abolition de l’état d’urgence sanitaire

Le problème de fond du pass n’est plus sanitaire depuis bien longtemps, mais témoigne de l’effacement de toute trace de libéralisme dans l’esprit de nos élites politiques.

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Abolition du pass vaccinal, abolition de l’état d’urgence sanitaire

Publié le 15 février 2022
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Après le pass sanitaire, le pass sanitaire étendu, le pass vaccinal, voilà le pass vaccinal simplifié. Pour que le dispositif soit désormais valide, il faudra avoir effectué sa troisième dose de vaccin au maximum 4 mois après sa deuxième dose ou avoir été infecté par le covid. Quatre millions de Français devraient voir leur pass désactivé aujourd’hui mardi 15 février, rejoignant le cortège des citoyens de seconde zone « emmerdés » par la macronie.

Le problème de fond dudit pass n’est plus sanitaire depuis bien longtemps, mais témoigne de l’effacement de toute trace de libéralisme dans l’esprit de nos élites politiques. Pour la première fois dans l’histoire de la république française, il a semblé naturel de dénier à une certaine catégorie de la population la jouissance de ses droits naturels, inaliénables sur le papier si on en croit la déclaration des droits de l’Homme, pour l’obliger à se conformer aux règles sanitaires. D’un régime de libertés protégé par le droit, nous sommes passés à un régime d’autorisation où les libertés sont devenues des récompenses de l’État pour s’être vacciné.

La question ne porte pas ici sur l’efficacité des vaccins ou la dangerosité de la pandémie elle-même, mais sur ce que l’État s’est cru politiquement et juridiquement autorisé à faire au nom de l’urgence sanitaire. Gabriel Attal avait même cru bon d’expliquer qu’il fallait redéfinir le contrat social pour faire passer les devoirs avant les droits. Dans un État fasciste peut-être, en démocratie libérale, ça ne devrait même pas être pensable.

Derrière le problème éthique du pass, qui commence tout de même à soulever des interrogations dans les rangs des opposants à Emmanuel Macron, il y a celui tout aussi grave de la dégradation de notre État de droit au contact de l’état d’urgence sanitaire.

L’érosion de la Rule of Law

Dans la Route de la servitude, Friedrich Hayek consacre un chapitre à l’érosion de la « Rule of law » au contact du planisme politique. Cet État de droit au sens étroit du terme signifie que « le gouvernement est lié dans tous ses actes par des règles immuables et préétablies, règles qui permettent de prévoir avec certitude que, dans des circonstances déterminées, l’autorité exécutive s’exercera d’une façon déterminée. » L’idée, qui implique de restreindre la latitude laissée à l’exécutif, est aussi de réduire l’arbitraire des dirigeants au minimum.

À l’opposé de cet esprit, dès le début de la crise sanitaire, le choix politique du gouvernement Macron a été d’inventer un nouveau régime d’état d’urgence pour contourner les institutions ordinaires de la démocratie. Pour répondre à la nouveauté de la menace pandémique, le gouvernement s’est abstrait de toutes règles de contrôle ordinaire de l’état de droit et a ajouté une nouvelle couche de pouvoirs au Pouvoir. Face aux atteintes et aux initiatives liberticides de l’exécutif, les contre-pouvoirs ont brillé par leur passivité.

La guerre permanente

Les confinements, les couvre-feux, les limitations à la liberté de circuler, les réquisitions administratives, les attestations sont autant de mesures de guerre désormais transposées en temps de paix. Avec la fin officielle de l’état d’urgence sanitaire, certaines sont désormais entrées dans le droit commun. L’État socialiste est aussi un État sécuritaire en guerre permanente contre sa propre désagrégation.

Ce n’est donc pas seulement le pass vaccinal qui doit être aboli, mais l’ensemble de la législation d’exception sanitaire, dont le caractère militaire s’oppose à celui de la société commerciale, pour reprendre une opposition faite par Hayek, toujours dans la Route de la Servitude.

L’erreur, jusqu’à présent, a été de laisser ce combat aux ennemis traditionnels de la liberté, à savoir l’extrême gauche et l’extrême droite. Entre un Mélenchon qui regarde Chavez avec les yeux de Chimène et un Zemmour qui veut en finir avec notre pompeux État de droit, celui-là même qui protège nos libertés publiques, la voix des libéraux et des démocrates a été inaudible. Il est temps que cela cesse.

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  • Ce sont aujourd’hui les extrêmes (gauche et droite) qui dénoncent, plus que les autres, les atteintes insupportables contre nos libertés.
    Est-ce le monde à l’envers, ou y a t-il quelque chose que nos supposées démocraties supposées libérales ne comprennent plus ?

    • Le pire, c’est que ce même gouvernement (ou tout « provax », en oppositions aux « antivax ») crierait au dénie de démocratie si l’un des deux partis ne faisait que le dixième…

    • On nous a souvent parlé depuis l’enfance de l’extrême droite (les nazis!) et de l’extrême gauche (les communistes!) comme deux camps diamétralement opposés, l’héritage des 30 Glorieuses j’imagine. Et on avait l’impression d’être dans le juste milieu, puisque on n’appartenait à aucun des deux vilains extrêmes opposés.
      Mais dans le fond, l’extrême, c’est juste celui qui pense à l’exact inverse de ce qu’on pense.
      Et dans une société à la pensée unique, logiquement, il n’y a plus qu’un extrême.
      Le gentil et le méchant, l’obéissant et le réfractaire, le citoyen et le paria, le vax et l’antivax, etc etc : en résumé, soit on est dans un camp, soit on est dans celui d’en face. On l’a clairement vu ces deux dernières années, la société est (volontairement) fracturée ; on met tous les réticents à accepter tout le discours officiel dans le même gros sac « complotiste& antivax », aussi bien l’illuminé persuadé que Bill Gates orchestre tout ça pour le compte des extraterrestres, que la ménagère de plus de 50 ans qui hésite à prendre sa troisième dose après avoir vu son jeune cousin sportif claquer d’un infarctus sur le terrain de football.
      Le monde est ouvertement binaire désormais.
      Pour répondre à votre question, il y a ceux qui suivent le mouvement, et il y a les extrémistes : opposés dans leurs idéologies mais réunis dans leur refus de l’idéologie officielle unique. Quant aux termes « démocratie » et « libéral », pas sûr qu’ils aient une quelconque place dans l’équation du nouveau monde…

  • la glaçante imbécilité du « fuck their freedom »…them and us… c’et l’exact contraire du concept de liberté ‘qui repose sur le combat perpétuel contre les atteintes aux liberté individuelles.. surtout de celle des vilains petits canards. moches cons, pas de la bonne couleur du bon sexe ou de la bonne orientation sexuelle..surtout de ceux qu’on aime pas..
    on croirait le sketch de bedos un égoïste est une personne qui ne pense pas à moi..

    ici on est dans de pouvoir l’abus démocratique..

    -1
  • « mais témoigne de l’effacement de toute trace de libéralisme dans l’esprit de nos élites politiques. »
    Vous pointez le point essentiel de cette dérive étatique qui devient inacceptable.
    Je ne reconnais aucun droit à l’état à s’occuper de ma propre santé, à partir du moment où ce que je fais est autorisé par la la loi. C’est aussi simple que cela !
    On était déjà habitués à une surenchère de lois concernant notre logement, notre mode de chauffage, l’interdiction des moteurs thermiques dans un proche avenir, l’interdiction du glyphosate pour désherber les trottoirs des communes rurales…
    Avec la crise sanitaire, nous avons vu apparaitre un nouvel outil, une vaccination non obligatoire mais indispensable pour conserver notre pleine citoyenneté.
    Pour un pouvoir aux intentions pas forcément louables, c’est un outil formidable et il évident que différentes déclinaisons en seront faites dans les années qui viennent.
    La levée ou la suspension du passe vaccinal aura lieu dès que l’état de l’hôpital le permettra, dixit Gaby le magnifique.
    Autant dire que le règne de l’arbitraire a encore de beaux jours devant lui.

  • Ces dérives découlent « naturellement » des limitations et de l’arrogance de nos « élites » autoproclamées : la (pseudo) logique en vigueur est : c’est scientifique (les vaccins protègent) et nécessaire car l’humanité est menacée (par un méchant virus qu’on ne connait pas), donc il faut vacciner !

    Malheureusement, les à-peu-près sur ces 2 affirmations rendent le raisonnement non seulement faux mais ridicule. L’arrogance fait le reste…

    C’est pourquoi personnellement et malgré une formation scientifique, je ne crois en aucun cas que la « science » doit servir de justification à la politique : trop mal comprise et trop facile à détourner. Les décisions doivent être basées sur la constitution, la loi et la démocratie. La dérive scientiste qui cherche à contourner des siècles d’expérience de la vie en société est purement stupide, dangereuse, intolérable et nauséabonde.

    • ben oui… vivre en société implique de suivre des règles arbitraires …
      on le sait…80km/h, 18 ans..

      ce qui ennuie BEAUCOUP est de prétendre quel es mesures politiques sot « scientifiques »..

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