Vaccin anti-covid : le délire continue

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Notre pays a assez souffert de mesures gouvernementales suicidaires pour son avenir. Il ne faudrait pas que la question des vaccins vienne encore obscurcir la vision des faits et générer de nouvelles contraintes qui n’ont pas lieu d’être.

Par Paul Touboul.   

Décidément quand dans cette épidémie allons-nous retrouver raison ? Quand cesserons-nous de dévider le même récit tragique d’une virose interminable prête à rebondir à tout instant ? Quand réaliserons-nous que la peur insufflée à une population, loin de la protéger, la fragilise et ajoute au mal un autre mal ?

Quand allons-nous revenir à ce que nous a traditionnellement appris l’expérience des épidémies dans le passé ? Quand aurons-nous la sagesse de relativiser l’impact des modélisations et algorithmes en tous genres dans la gestion des crises ?

Quand saurons-nous mettre de côté notre hubris et accepter l’idée qu’il faut se faire aux caprices d’un virus, s’en protéger avec une économie de moyens et éviter, pour le vaincre, de chambouler un pays ?

Il est à craindre, quand on assiste aux divagations suscitées par l’annonce d’une mise à disposition prochaine de vaccins anti-covid, que ce ne soit pas pour demain. Voilà, la bonne nouvelle serait à nos portes. On parlait bien, mais le fait était entouré d’un halo de mystère voire de suspicion, de vaccins chinois ou russe.

Ceux qui viennent de surgir sont par contre bien de chez nous, je veux dire fabriqués en Occident. Deux firmes américaines, Pfizer et Moderna, sont sur les rangs, d’autres viendront. Leur vaccin est fin prêt, en attente de consommateurs.

On ne manque pas d’être frappé par la réactivité de ces fabricants, capables de délivrer leur produit un an à peine après le début de l’épidémie. Et les résultats annoncés sont spectaculaires : 94 à 95 % d’efficacité.

Comment en sommes-nous arrivés là alors que la mise au point et la délivrance d’un vaccin prennent généralement plusieurs années, et encore faut-il que l’entreprise aboutisse ? Mystère.

On nous parle de travail acharné pour y parvenir. Certes. Mais de toute façon l’évaluation est longue, la cible représentant à terme des millions voire des milliards d’individus.

Or on apprend que le dossier de validation en a inclus seulement quelques milliers chez lesquels le vaccin a assuré, dans le groupe traité, une protection élevée. Il s’agirait d’une procédure de phase 3 accélérée entérinée par la FDA. Les autorités sanitaires auraient opté pour l’urgence. Comment ont-elles concilié le nombre d’impératifs en matière de sécurité vaccinale ?

Pourtant la technique mise en œuvre dans ces deux vaccins est nouvelle. Elle consiste en l’administration d’ARN messager porteur d’un bout de virus. Ce dernier initie à cette occasion une réaction immunitaire, laquelle se déclenchera par la suite lors d’une vraie contamination par le virus ainsi reconnu.

C’est une première qui mériterait à tout le moins un maximum de prudence à l’égard du rapport bénéfice-risque. Quelle garantie qu’il n’en résultera pas à terme de conséquences épigénétiques, notre génome conservant la marque de cette opération vaccinale ?

D’ores et déjà les États sont sur les rangs. Des sommes d’argent considérables sont sur la table. Les États-Unis ont déjà réglé l’acquisition de 100 millions de doses du vaccin Moderna. Les pourparlers se poursuivent avec l’Europe.

L’emballement est palpable partout. Ça y est, la fin d’un cauchemar est en vue. L’été prochain pourrait marquer l’extinction de la virose grâce à la vaccination universelle. Face à une hydre qui ne cesse de renaître, voilà désormais à notre disposition le seul remède capable d’y mettre fin. Le récit tragique qui nous a été imposé prend pleinement son sens à l’aune d’un dénouement à sa mesure. La saga de tous les excès entrevoit une fin qui la conforte.

Gardons les pieds sur terre…

Gardons quand même les pieds sur terre et regardons ce qu’il en est de la crise sanitaire aujourd’hui en restant au plus près des faits. L’épidémie de covid-19 qui nous a frappés en mars dernier s’est terminée fin mai.

En atteste la courbe de mortalité d’allure gaussienne enregistrée alors et semblable à celles recueillies dans le passé lors d’évènements analogues. Il y a eu durant l’été un regain, vite amorti, dû à un mutant et, cet automne, l’entrée en jeu d’un variant 4 qui a accru l’incidence des hospitalisations sans retentir significativement sur les chiffres de mortalité. Le phénomène est en train de prendre fin.

Dans le même temps les taux de contamination n’ont cessé de monter en lien avec une circulation virale persistante, les sujets touchés restant pour plus de 90 % d’entre eux asymptomatiques.

Au lieu de pousser des cris d’orfraie, comme ça été le cas, nos édiles au contraire auraient dû en tirer satisfaction. Car c’est ainsi que se crée une immunité collective, laquelle est synonyme de fin d’épidémie. C’est l’objectif vers lequel nous nous dirigeons. Le virus ayant entretemps perdu de sa dangerosité, sa dissémination n’en est que plus inoffensive tout en étendant la protection de la population.

Alors à ce stade, pourquoi un vaccin ? La proposition vaudrait face à une épidémie qui arrive. Mais nous sommes ici en fin de course. Il est urgent de regarder les faits tels qu’ils sont et non avec des verres grossissants.

Notre pays a assez souffert de mesures gouvernementales suicidaires pour son avenir. Il ne faudrait pas que la question des vaccins vienne encore obscurcir la vision des faits et générer de nouvelles contraintes qui n’ont pas lieu d’être.

Il faut s’en remettre à une saine gestion de la crise qui ne peut maintenant qu’évoluer vers son terme. Nous n’allons pas réinventer les épidémies. La connaissance d’un passé riche en crises sanitaires demeure le phare qui nous guide.

Notre intelligence contemporaine doit rester un outil et non pas s’ériger en Prométhée face aux soubresauts de la nature. Que le drame généré par la covid-19 puisse servir de leçon, c’est ce qu’il nous faudrait espérer.

 

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