Jo Jorgensen, antidote à un débat Trump-Biden qui vole trop bas

Jo Jorgensen bus by Gage Skidmore(CC BY-SA 2.0) — CC-BY

La candidate libertarienne Jo Jorgensen n’était pas invitée aux débats réservés à Trump et Biden, mais elle a présenté son programme et répondu aux questions des électeurs.

Par Elizabeth Nolan Brown, depuis les États-Unis.

« Quelle émission de m*rde », a déclaré Dana Bash de CNN au terme du premier débat présidentiel entre Joe Biden et Donald Trump. Ce franc-parler face caméra, inhabituel chez elle, a été renchéri par le co-présentateur Jack Tapper qui a résumé la situation ainsi : « C’était un bordel sans nom dans une benne à ordure en feu durant un déraillement ferroviaire. Ç’a été le pire débat que j’ai jamais vu. »

Formidable année 2020 : on a encore passé un cap !

Les commentaires sur les médias sociaux, et ceux du personnel de Reason Magazine, étaient à l’unisson. Robby Soave a décrit « un débat chaotique, horrible ». Éric Boehm l’a estimé « globalement inaudible ». Je n’ai moi-même pu en regarder que la fin, ce qui a donné à cet air de grand n’importe quoi une aura mystérieuse. Qu’avais-je loupé ? Qu’avez-vous loupé, si vous avez eu de la chance ?

Mais malgré la consternation ambiante, il ne semble pas qu’il y ait eu quoi que ce soit d’inhabituel entre Trump et Biden, juste la routine des petites piques et mensonges que nous avons fini par redouter et mépriser. Mes collègues de Reason Magazine peuvent vous en donner plus de détails.

Quoi qu’il en soit, le débat Biden/Trump était à mille lieues d’un autre événement de la campagne présidentielle qui s’est déroulé à Cleveland le même soir. Celui-ci mettait en scène la candidate du parti libertarien Jo Jorgensen, qui sera sur les listes électorales des 50 États du pays et le district de Columbia, mais qui n’a pas été autorisée a participer au débat avec Biden et Trump. En lieu et place de cela, Mme Jorgensen a répondu ce soir-là en personne à des questions vidéo d’électeurs et de moi-même.

La campagne de Jorgensen avait initialement prévu cette contre-programmation depuis une scène en plein air au centre de Cleveland. Mais la police locale étant opposée à ce dispositif, l’événement a été transféré vers un studio à proximité. Pendant que Trump et Biden se lançaient des accusations outrancières et faisaient tourner en bourrique le journaliste de Fox News Chris Wallace qui faisait office d’animateur, Jo Jorgensen et moi avons eu une conversation approfondie et cordiale sur ses positions, le Parti Libertarien et l’état de la politique aux États-Unis.

Vous pouvez en voir l’intégralité sur la page Facebook de Jo Jorgensen ou sur Youtube.

Quelques exemples de ce qu’elle a dit qu’elle ferait une fois présidente :

    • Laisser les entreprises et les commerces décider eux-mêmes de leur ouverture pendant la pandémie du Covid-19 et du port du masque pour leurs clients ;
    • Décriminaliser la marijuana et les autres drogues illégales ;
    • Soutenir la législation mettant fin aux assauts sans sommation ;
    • Amnistier ceux qui sont incarcérés pour des « crimes sans victime », y compris les lanceurs d’alerte Edward Snowden et Chelsea Manning, et le créateur de Silk Road Ross Ulbricht : « S’il n’y a pas de victime, il n’y a pas de crime », dit-elle ;
    • Refuser de signer toute loi créant de nouvelles peines minimum obligatoires, afin de « rendre le pouvoir de décision aux juges et les laisser faire leur boulot » ;
    • Réduire la taille du FBI ;
    • Couper dans la dépense militaire et l’aide aux États étrangers et rapatrier les troupes basées au Moyen-Orient et en Afghanistan : Jorgensen veut faire des États-Unis « une Suisse géante » dans le domaine de la défense ;
    • Sortir de la Food and Drugs Administration les tests pour le coronavirus, les consultations de télémédecine, et la vente sans prescription de certains traitements comme par exemple les pilules contraceptives ;
    • Laisser Tik Tok tranquille ; même si elle comprend la frustration de certaines sociétés du secteur tech, selon elle, « c’est la définition même du fascisme, quand l’État commence à dicter ce que doivent faire les entreprises privées, et nous devons arrêter ça » ;
    • Supprimer les droits de douane ;
    • Étendre l’immigration : « Je veux ramener l’immigration à ce qu’elle était avant que nous ne fermions les frontières dans les années 1920. »


Sur le web. Traduction : Contrepoints.

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