Présidentielle américaine : une alternative à Trump et à Biden ?

Les deux principaux candidats à la présidentielle américaine sont imparfaits, mais ils ne sont jamais seuls, il existe des alternatives.
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Présidentielle américaine : une alternative à Trump et à Biden ?

Publié le 24 septembre 2020
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Par Philippe Lacoude.

Dans les commentaires de mon dernier billet sur la politique aux États-Unis, certains lecteurs avaient visiblement du mal à me situer politiquement.

Certains reprochaient à l’article d’être tour à tour pour ou contre les deux candidats dont je parlais sans pouvoir se mettre d’accord.

J’ai tendance à juger ces derniers à l’aune des sciences politiques sous un angle libéral.

Du coup, je dénonce volontiers les entraves au commerce international, les empilements de règlementation, les folies taxatrices, les dépenses futiles financées par la dette publique, les entraves à la liberté du travail et les violations des droits de propriété par l’État ou les criminels privés.

De ce point de vue, les deux principaux candidats à la présidentielle américaine sont imparfaits.

Mais ils ne sont jamais seuls !

Les « petits » candidats

Les Américains votent pour des grands électeurs. Chaque État reçoit un nombre de ces derniers presque égal à son nombre de représentants au Congrès fédéral, qui est la Chambre des représentants plus le Sénat.

Comme le scrutin est uninominal à un tour au niveau de chaque État, on a tendance à ne parler que de ceux qui sont représentés dans tous les États et ayant une forte chance de l’emporter.

Pourtant, lors des élections présidentielles américaines, une foultitude de candidats de petits partis se présentent à chaque fois. Certains ne sont présents que dans un seul État. D’autres se présentent dans tous les États.

Élection de 2016

Lors de l’élection présidentielle américaine de 2016 qui opposa le président Trump à l’ancienne Secrétaire d’État Clinton, il y avait de nombreux autres candidats de tous les bords politiques.

Pour n’en retenir que quelques-uns :

Certains candidats – comme Evan McMullin, Darrell Castle ou Gloria La Riva – n’étaient pas présents partout sur les bulletins de vote. Evan McMullin, centre droit, manquait à l’appel dans 14 États.

La candidate écologiste Jill Stein – qui serait assez confortable au sein d’EELV en France – était présente partout, tout comme le candidat « libertarien » – c’est-à-dire libéral, en français –, Gary Johnson, qui a obtenu 3,28 % des voix.

Évidemment, cet ancien gouverneur du Nouveau Mexique a obtenu son plus faible score – seulement 4906 voix ! – dans la capitale fédérale, Washington, D.C.

Élection de 2020

Alors y-a-t-il une alternative au président Trump et à l’ancien vice-président Biden en 2020 ?

Oui ! Tous les petits partis vont essayer d’être présents dans le plus grand nombre d’États possible (cf. cartes ici).

Si on est en faveur du droit des couples gays de défendre la récolte de marijuana de leurs enfants adoptifs biraciaux à l’aide de AK-47 automatiques chinois dans un monde sans impôt sur le revenu et sans règlementation tatillonne, le parti libéral présente une candidate, Jo Jorgensen, professeur d’économie du travail à l’Université Clemson en Caroline du Sud.

Sur le plan économique, madame Jorgensen est en faveur d’une baisse radicale de la dépense publique, des impôts et des déficits fédéraux ainsi que de la suppression de la vaste majorité des règlementations fédérales.

Elle défend un système de santé privé avec un marché libre : les individus achèteraient leurs assurances avec un chèque santé calqué sur le modèle des chèques éducation lesquels sont extrêmement populaires et prometteurs aux États-Unis partout où ils sont en vigueur.

Ce point est le plus original de son programme et, à mon sens, le plus réaliste de sa campagne : sans aucune chance réelle d’être élue, elle a une probabilité non-négligeable de laisser un héritage intellectuel important dans le paysage politique américain : après l’échec de l’Obamacare – qui a aggravé la socialisation de la médecine aux États-Unis et donc son coût – et en l’absence de toute mesure crédible du côté républicain pour faire baisser les prix exorbitants de façon significative, cette idée simple à comprendre, simple à exposer et simple à réaliser pourrait donner lieu à des expériences locales comme les chèques éducation.

Pour l’assurance vieillesse, elle veut supprimer la « Social Security » – le système public ruineux et ruiné qui sévit aux États-Unis depuis le président Roosevelt – et la remplacer par un système de capitalisation semblable à ce qui existe déjà pour les retraites complémentaires. Étant donnés les déficits considérables, une réforme est inéluctable.

En matière de justice pénale, madame Jorgensen s’oppose à la confiscation des biens – sans jugement ! – dans les affaires de drogue (qui donne lieu à de nombreux dérapages). Elle veut revoir l’immunité qualifiée des officiers de police qui les rend difficiles à poursuivre en justice quand ils sont en tort. Enfin, elle veut mettre fin à la guerre contre la drogue et soutient l’abolition des lois fédérales sur la prohibition.

Mais contrairement à la gauche – qui défend à peu près les mêmes positions, parfois du bout des lèvres – elle est farouchement en faveur du droit naturel à l’auto-défense, à la possession et au port d’armes.

Sans surprise, en politique étrangère, elle est contre les embargos, les aventures militaires et les sanctions économiques. Mais là aussi, contrairement à la gauche, elle pousse la cohérence jusqu’au bout en appelant à la fin des aides internationales publiques. J’avoue que je paierais cher pour voir la tête des caciques de la clique administrative du quai d’Orsay, si elle était élue ! Ils en avaleraient leurs petits-fours de travers lors de leur cocktails-parties, déjà mises à mal par le président Trump !

Son laissez-faire est complété par le laissez-passer cher à Vincent de Gournay : les États-Unis aboliraient les droits de douane.

Bien sûr, pareil programme n’a aucune chance de passer, mais il n’est pas impossible que madame Jorgensen fasse un peu plus de 3 % des voix comme son prédécesseur libéral en 2016. L’idée que je vis parmi 4,5 millions de citoyens qui pensent comme elle et votent pour ces idées est extrêmement rassurante.

Des voix perdues ?

L’argument habituel est que voter libéral, c’est favoriser le candidat X ou le candidat Y.

J’entends ces sottises depuis plus de 20 ans mais, en pratique, aucun candidat libéral n’a jamais fait basculer une élection présidentielle américaine ou « gubernatoriale » (de gouverneur) aux États-Unis.

S’il existe quelques cas où ajouter toutes les voix libérales à l’un ou l’autre des candidats démocrates ou républicains au poste de gouverneur aurait changé le résultat (cf. ici), les sondages de sortie des urnes montrent en général que les voix libérales se divisent en trois parts à peu près égales : ceux qui auraient voté démocrate en l’absence d’un candidat libéral, ceux qui auraient voté républicain et ceux qui seraient allés à la pêche au stand de tir.

Pas de quoi faire basculer une élection !

De toute façon, contrairement à ce que pensent certains médias et une partie de l’« élite » mondiale, les Américains sont plutôt politiquement futés : ceux qui sont écologistes ou libéraux ont tendance à voter pour leur second choix dans les États où les sondages montrent que les résultats vont être serrés.

Personnellement, j’ai toujours vu ceci comme une marque indéniable de maturité et de responsabilité politique :

En effet, si l’on étudie le graphique ci-dessus, on s’aperçoit immédiatement que plus la marge de l’un des deux candidats principaux – l’ancienne Secrétaire d’État Clinton ou le président Trump – est grande, c’est-à-dire plus on s’éloigne de l’axe vertical (en rouge), et plus les scores des petits candidats sont élevés.

Notablement, Washington, D.C. est perdue sur la gauche (petit point jaune) : la capitale fédérale vote comme un seul homme pour davantage d’étatisme. Il n’y a pas de place pour les voix dissidentes. E Pluribus Unum est la devise des États-Unis, sauf en leur sein.

Les politiciens et fonctionnaires américains fédéraux sont d’aussi fins stratèges que les Sénateurs de la Rome antique avec à peu près les mêmes résultats piteux. Ils vivent dans l’opulence en volant le reste du pays… Cela ne durera qu’un temps.

Si le graphique n’a pas vocation à démonstration mathématique, la relation illustrée par la courbe orange est claire : quand le score entre les deux principaux candidats s’avère serré, les Américains votent moins pour les candidats « secondaires ».

En français politique, les Américains « votent utile ».

Pour le reste d’entre eux, c’est-à-dire la vaste majorité des électeurs du pays, c’est l’occasion de se faire plaisir.

Pour certains, c’est même une chance de voter pour des principes fermes de défense de la Liberté, une et indivisée.

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  • Votre avis n’est pas partagé!

  • Je ne vois que des points bleus, pas un seul jaune!

  • Ah si, je cite « Si on est en faveur du droit des couples gays de défendre la récolte de marijuana de leurs enfants adoptifs biraciaux à l’aide de AK-47 automatiques chinois dans un monde sans impôt sur le revenu et sans règlementation tatillonne, le parti libéral présente une candidate, Jo Jorgensen, professeur d’économie du travail à l’Université Clemson en Caroline du Sud. »

    Jorgensen: Tombstone city ne lui suffit pas, il lui faut Battle royal !

  • Bin non, l’auteur aurait pu écrire l’article en 2016.
    Je préfère Girard, qui lui était capable de faire des choix plutôt que de rester sur son olympe.

  • Malheureusement, Jorgensen n’est pas parfaite non plus.

    C’est bien de préciser que certains points de son programme rejoignent le programme des Démocrates, mais c’est également le cas avec les Républicains.

    Pour rappel, Trump a largement supprimé des lois, des taxes et des impôts, il a également fait tout un discours pour dénoncer les méfaits du socialisme. Trump défend le libre-échange, mais à condition que cela se passe dans les deux sens. Trump aurait voulu s’attaquer à la dette US, mais il n’a pas pu le faire, à cause du congrès démocrate.

    Là où Jorgensen me semble à côté de la plaque, c’est d’abord sur la question du droit d’adoption des couples homosexuels. Cette mesure prive aux enfants le droit d’avoir un père ou une mère, ce qui est pourtant un droit naturel. Je ne la considère donc pas comme libérale, et sur ce point je préfère le conservatisme républicain adopté par Trump.

    L’autre point concerne la défense du pays. Quand on a un ennemi islamique qui a une stratégie de conquête par l’immigration, on est obligé de maintenir des frontières et un contrôle de l’immigration. Quand on a un ennemi communiste, qui a une stratégie de conquête par l’appropriation économique via la concurrence faussée par l’interventionnisme, on est obligé de maintenir une forme de protectionniste pour éviter de devenir trop dépendant de cet ennemi.

    • Trump est parfait ! Hallelujah !
      Vous savez tout de cet homme ! Hallelujah !
      Trop beau pour être vrai ! Amen !

      • @ indivisible

        Je me cite:

        « Malheureusement, Jorgensen n’est pas parfaite non plus.  »

        Le « non plus » indique en bon français que j’adhère à l’affirmation de l’article qui dit que Trump et Biden sont imparfaits, votre remarque ne plaide donc pas en faveur d’une bonne capacité de compréhension de texte.

        A votre décharge, ce que j’indique de Trump sont des faits, mais que vous n’apprendrez malheureusement que de la presse alternative. La presse traditionnelle a une stratégie de désinformation bien rodée: il suffit d’occulter les points positifs de ceux qu’elle n’aime pas et de ne mettre en avant que leurs points négatifs, et faire l’inverse avec ceux qu’elle aime.

        Et cela marche bien, car les gens qui lisent aveuglement la presse traditionnelle en concluent naturellement que Trump est un affreux, et Biden un candidat très valable.

        Alors qu’objectivement, Biden est un candidat totalement désastreux même sur les points centraux de la gauche (au contraire d’un Obama en son temps), et inversement, Trump est le meilleur candidat républicain depuis Reagan.

        • Désolé mais en relisant votre commentaire, il en ressort toujours ce sentiment de plaidoyer pour Trump : citation de points positifs pour ce dernier et de points négatifs pour les autres. Vous êtes donc pour Trump ce qu’un marxiste est pour Marx, passablement aveuglé par sa passion. Ce genre d’attitude dans un sens ou dans l’autre provoque en moi un réflexe immédiat de méfiance et je ne dois pas être le seul.

          • @ indivisible

            Je ne suis pas un passionné de Trump, d’ailleurs en 2016, le candidat que je soutenais était Rand Paul.

            Par contre, je suis un passionné de vérité et lorsque le réquisitoire contre Trump tourne à de la pure désinformation, cela me fait réagir.

            Or, une réaction ne répond pas à la même exigence qu’un article. On attend d’un article qu’il soit équilibré et informatif, on attend d’une réaction qu’elle se contente de ne reprendre que ce qui pose problème, soit dans le but de le corriger, soit pour débattre à ce sujet, afin de rechercher où est la vérité.

            Je suis très positivement surpris du bilan de Trump, celui-ci a mis en œuvre une réelle politique libérale (dans la mesure des pouvoirs qu’il avait) et celle-ci a eu les effets bénéfiques habituelles du libéralisme.
            Je ne suis même pas sûr que Trump ait agi par conviction idéologique, je pense plutôt que c’est un business man qui agit au coup de cœur et qui a suffisamment de flair pour retrouver par lui-même ce que les théoriciens libéraux ont formulé.

            Pour moi, même si Trump n’est pas Rand Paul, j’aurais plutôt tendance à vouloir démontrer que même avec un Trump, le libéralisme fonctionne. Et du coup, je ne vois rien de constructif pour la cause libérale à rejoindre en cœur la voix de la presse socialiste et subventionnée qui consiste à vouloir démolir Trump par tous les moyens.

            • Moi aussi je suis adepte de la vérité et je fais la part des choses sur Trump. Mais croyez-vous que Trump le soit ? D’ailleurs son attitude n’est pas étrangère à son impopularité/image un peu partout. La presse ou une certaine presse peut en jouer mais quid des tweets du Président. Il ferait la même politique en fermant sa gueule plus souvent peut être que son appréciation par les autres serait différente.
              Pour moi il est trop clivant, par défi sans doute plus que par conviction (à part le business), et ceci appliqué dans un prochain mandat risque de transformer ses succès en échecs. Un Président se doit d’être à minima rassembleur ou empathique, n’en déplaise aux partisans de chaque camp. Bien entendu Trump n’est pas à l’origine du renforcement des clivages mais il a un côté fouteur de merde.

              • @ indivisible

                Je ne juge pas les gens, ni Trump, ni un autre. Par contre, je juge leurs actes.

                La violence de la gauche contre les conservateurs n’est pas un phénomène nouveau, Georges Bush Jr avait été dépeint comme le diable, alors qu’il était bien plus lisse que Trump (et bien plus à gauche aussi), Reagan avait été traité d’incapable et de débile. Donc même si Trump avait adopté un ton plus consensuel, la presse l’aurait démoli, comme elle démolissait tout conservateur avant lui.

                Et cela a atteint un niveau délirant partout dans la société, au point que les gens n’osent même plus dire dans les sondages ou à leurs proches qu’ils sont conservateurs.

                Ainsi, les conservateurs se laissaient démolir sans réagir et ceux qui votaient pour eux étaient dans la honte. Mais avec Trump, cela a changé, car lui, rend coup pour coup et a promis de redonner la fierté aux Américains. Alors oui, son style est déplaisant, mais c’est de la légitime défense face à une gauche qui est allée trop loin dans l’agression verbale et qui se ramasse enfin le retour de bâton.

  • Très bien l’article.

  • Une remarque intéressante est que les électeurs ne votent pas pour leur candidat préféré s’il n’a aucune chance mais contre celui, républicain ou démocrate, dont ils ne veulent pas.
    Si l’on faisait un sondage des préférences plutôt que des intentions de vote, les pourcentages des candidats « marginaux » seraient bien plus importants.

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