La recherche de rente si coûteuse pour la croissance

Les choix historiques sont difficiles à réformer quand ceux qui en profitent ont le pouvoir. Un exemple : la retraite par répartition, qui garantit une rente indexée sur l’inflation à un âge fixe.

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La recherche de rente si coûteuse pour la croissance

Publié le 17 septembre 2020
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Par Sébastien Hitier.

Dans le livre Euro Tragedy, l’économiste Ashoka Modi cite un article de 1993 de Murphy, Schleifer et Vishny où ils proposent un modèle simple pour expliquer le sous-développement de certains pays du tiers-monde malgré l’aide internationale. Modi applique leur analyse au programme de transferts européen.

Cet article s’intéresse aux conséquences de l’extraction de rente au sens économique sur le niveau de la production. Le discours politique conventionnel se concentre sur un autre aspect : la distribution.

Trois manières d’employer son temps

Dans un cadre simplificateur, on envisage trois activités économiques et leurs rendements ab, ou c :

  • a) l’agriculture commerciale ou toute autre activité productrice déclarée ;
  • b) l’extraction de rente sur les producteurs déclarés ;
  • c) l’agriculture de subsistance, qui permet de produire sans confiscation.

En théorie, a>c. Le taux de rentabilité a de l’activité économique commerciale est plus élevé que la productivité en autarcie à cause du gain de productivité dû à la division du travail relatée par Adam Smith.

Les auteurs s’intéressent aux équilibres possibles pour différents niveaux de rentabilité de la recherche de rente b :

 

— b<c  : la recherche de rente ne présente alors aucun intérêt financier, et la production totale est maximale.

— c<b<a : dans ce cas, deux équilibres sont possibles :

  • s’il y a peu d’extracteurs de rentes, les agents deviennent entrepreneurs plutôt que de rechercher une rente pour maximiser leurs revenus.
  • s’il y a trop d’extracteurs de rentes, le revenu des producteurs diminue et le choix rationnel des agents est l’extraction de rente jusqu’à un deuxième point d’équilibre où tout le monde gagne c.

— a<b : dans ce cas, l’extraction de rente est toujours plus rentable et la production s’équilibre aussi au niveau c de l’agriculture de subsistance.

Les niveaux de revenu ab, et c dépendent de facteurs technologiques, sociaux et institutionnels. Ces taux ne sont pas constants : le respect du droit de propriété augmente a, des facteurs idéologiques et religieux permettent d’augmenter b. De nouvelles technologies comme le motoculteur, la machine à laver augmentent c. Ces facteurs modifient constamment les taux de rentabilité.

Les conséquences sur la croissance

Les auteurs distinguent l’activité productive établie (grande industrie) et l’innovation. Les innovateurs font face à des risques importants. Dans un monde où la confiscation est tolérée socialement et où ils n’ont pas d’appui politique, ils sont plus susceptibles de se faire confisquer le fruit de leurs efforts en cas de succès.

Pour cette raison, les auteurs observent moins d’innovation, de créations de petites entreprises dans les pays où le niveau de harcèlement administratif des petits entrepreneurs est élevé.

Le sous-développement au tiers-monde

Les auteurs mentionnent le sous-développement persistant au Pérou et en Guinée Équatoriale. Ce que l’économiste du développement Hernando de Soto attribuait à un manque de droit de propriété serait un cas classique où b>c et la mauvaise dynamique se met en place. Les pays restent sous-développés quand l’aide financière internationale est allouée aux chercheurs de rentes pour augmenter b.

Dans les pires cas, l’aide alimentaire a aussi des effets néfastes en détruisant la rentabilité a de la production locale. Elle élimine les agents productifs et rend la population dépendante d’un transfert permanent, créant ainsi une masse de chercheurs de rentes au seuil malthusien.

Le déclassement de la zone euro

Dans le livre Euro Tragedy l’argument de cet article est repris par l’auteur Ashoka Modi pour décrire le Mezzogiorno et la Grèce. Ces régions ont été engorgées de subventions. Un jeune en 1980 qui voulait rester au pays avait de meilleures perspectives économiques et sociales en devenant politicien ou fonctionnaire qu’en créant une entreprise locale. Il s’agirait de territoires où b>a.

Entre 1992 et 1999, les populations et les politiciens de ces régions étaient favorables à l’entrée dans la zone euro car cela allait obliger les pays à une conduite économiquement responsable, à effectuer les réformes structurelles nécessaires à faire remonter leur productivité à des niveaux compétitifs avec l’Europe du Nord. La convergence était la clef de tous les discours officiels.

Vingt ans plus tard, le bilan de l’entrée dans l’euro de la France, l’Italie et la Grèce est qu’il a permis aux fonctionnaires et aux retraités de ces pays de se garantir des rentes indexées dans une monnaie forte. Il n’y a jamais eu d’efforts pour expliquer en quoi consisterait une réforme structurelle qui permettrait un ajustement du coût des fonctionnaires, des retraites équivalent à l’effet des dévaluations de 3 % à 10 % qui étaient certes impopulaires mais régulières et inexorables.

Pour rétablir la compétitivité de l’industrie, la dévaluation n’est plus possible. Sans mécanisme d’ajustement, la hausse de la rente entraîne la désindustrialisation et davantage de dépendance aux transferts.

Après 20 ans de mûrissement et de nombreux départ en retraite, la nouvelle garde politique propose deux voies pour sauver l’Europe :

  • la création de mécanismes permettant d’augmenter les transferts pour faire face à la crise à court terme même si la dépendance augmente à long terme ;
  • le remplacement des objectifs de productivité dont il était question en 1992 par des objectifs de décroissance durable pour accompagner gracieusement l’évolution vers l’équilibre c par des aides à la transition écologique solidaire.

Dans le cas des démocraties sociales européennes, le revenu minimal c de l’agriculture de subsistance des pays sous-développés est remplacé par un mélange de transferts sociaux et de travail dissimulé. J’ai pu observer en France des petits entrepreneurs refusant un contrat car ils « ont déjà fait leur chiffre pour l’année ». Ils maintiennent leur taux d’activité au niveau c pour éviter les complications administratives. Si l’Espagne fonctionne avec un taux de chômage officiel entre 15 % et 25 %, le travail dissimulé permet souvent d’améliorer l’ordinaire.

Le point de vue originel en France était bien différent. Pour Édouard Daladier à la tribune du congrès radical de Nantes en octobre 1934 la recherche de rente était un problème de distribution, avec ces « deux cents familles […], maîtresses de l’économie française et, en fait, de la politique française », qui « placent au pouvoir leurs délégués », « contrôlent la presse », et dont l’influence « pèse sur le système fiscal, sur les transports, sur le crédit. »

La rente provenait d’une richesse dynastique. Si la majorité des grandes fortunes françaises sont toujours héritées et contrôlent toujours la presse, la recherche de rente n’a jamais été l’apanage d’une classe réduite à deux cents familles.

Le cas des États-Unis

Dans le cas des États-Unis, le nombre de milliardaires innovateurs atteste de a>b.

Le Tax Cut and Job Act (TCJA) de 2017 est une réforme fiscale majeure qui diminue le taux d’imposition sur les bénéfices des entreprises. En l’absence d’augmentation de l’impôt sur les dividendes, la réduction de charge totale est telle qu’une déduction équivalente, la QBI, a été accordée aux micro-entreprises et aux revenus fonciers. Le législateur exclut explicitement les professions libérales : cabinets d’avocats, comptables et médecins sont toujours imposés comme les salariés.

L’intention est de maintenir un taux extractif sur tous les revenus du travail, et un taux plus compétitif sur les revenus de l’investissement. Serait-il cynique d’observer que Donald Trump et les législateurs diminuent l’extraction sur leurs sources de revenus fonciers sans relâcher la pression sur les revenus des travailleurs ?

Le discours redistributif s’adapte aussi aux circonstances. Contrairement au progressisme de Henry George de 1879 et au radicalisme de Mr Daladier en 1934 chez lesquels la rente correspond à une accumulation multi-générationnelle et oiseuse, pour la gauche du parti démocrate, Mr Sanders ou Mme Ocasio-Cortez, les chercheurs de rentes aux États-Unis sont les fondateurs de Microsoft ou d’Amazon.

Le démocrate Lyndon B Johnson a lancé en 1964 le plus ambitieux programme de « guerre contre la pauvreté ». Ce programme fédéral massif ne s’est pas achevé après trois ou quatre ans comme les guerres conventionnelles. L’administration mise en place continue cette « guerre » depuis 55 ans et selon l’économiste libéral conservateur Thomas Sowell, une partie croissante de la population, loin de sortir de la pauvreté, est devenue dépendante de ce programme.

L’élite politique américaine, que ce soit Donald Trump ou des alternatives tels Mr Sanders et Mme Ocasio-Cortez ont choisi b comme vocation. Ils poussent avec une ardeur et une conviction sincère pour légitimer l’augmentation du facteur b, mais dans des sens différents. Le cas de du TCJA est inhabituel parce que les rentes sont généralement en faveur de la classe moyenne : viser l’électeur médian augmente les chances de remporter l’élection.

Comme le dirait Thomas Piketty, nous y reviendrons dans un chapitre suivant.

Solution pour encourager la croissance

La solution proposée dans l’article pour les pays en voie de développement est que les chercheurs de rentes soient associés au succès de l’entreprise en obtenant une participation à ses résultats.

Cela pourrait correspondre :

  1. Au capitalisme de connivence lors du développement du réseau ferré américain entre 1860 et 1900, où l’argent des petits actionnaires était secrètement siphonné par la surfacturation de la construction contrôlée par les hommes d’affaires et leurs supports politiciens.
  2. Au modèle de développement du marché suivi par la Chine depuis 1978.
  3. À la classe politique de Singapour, qui est rémunérée en fonction de la croissance du PIB. Un ministre singapourien perçoit un salaire entre 1,5 million et 2,5 millions d’euros, dix fois plus qu’un ministre français.

Ce sont là des systèmes dans lesquels la classe politique construit sa fortune. Dans la mesure où son intérêt est aligné sur l’enrichissement de la nation, il s’ensuit une tendance au déploiement des ressources le plus productif, plutôt qu’à l’appauvrissement par un cycle d’extraction et de dissimulation. Il y a une différence de transparence entre l’enrichissement des politiciens de Singapour et de l’Argentine, entre la confiscation de la rente pétrolière par les gouvernements norvégien et angolais. L’opacité augmente les risques de comportements irresponsables.

Cela règle la question du niveau de production mais pas de celle la distribution.

Production et distribution

Les auteurs ne se permettent pas de donner de tels conseils pour les pays développés. Comme nous l’avons expliqué dans un billet précédent, selon Pierre Cahuc, le choix du niveau de dépenses publiques dans une démocratie dépend de l’électeur médian et il peut se situer au-delà du niveau optimal en cas de capital social insuffisant.

La combinaison de ces deux articles montre que l’électeur médian en social-démocratie est constamment soumis à une épreuve de tempérance : la condition de productivité optimale avec b<c impose une frugalité telle que seules les personnes inemployables reçoivent une rente. Mais l’électeur médian qui gagne 1700 euros ne se préoccupe pas de savoir si le RSA est de 495 ou de 535 euros mensuels. Pour intéresser son vote, les politiques doivent proposer des projets qui l’interpellent.

Certains programmes publiques, comme l’instruction primaire gratuite et les programmes de vaccination gratuite augmentent l’indépendance et la productivité de tous. D’autres, comme la retraite à 60 ans diminuent la productivité et augmentent la dépendance de la classe moyenne.

Les choix historiques sont difficiles à réformer quand ceux qui en profitent ont le pouvoir. Un exemple est la retraite par répartition qui garantit une rente indexée sur l’inflation à un âge fixe. Elle crée une masse grandissante d’électeurs qui ne peuvent défendre leurs revenus que par la politique. La réforme des privilèges fiscaux sous Louis XVI montre ce qui se passe quand le pouvoir légitime refuse de se plier à la réalité économique.

La recherche de rente est un phénomène naturel parce que l’individu doit se constituer un revenu pour sa vieillesse. Elle doit être conduite de façon à s’aligner plutôt que de s’opposer à l’activité économique productive et à l’innovation, sans quoi la production et l’innovation auront toujours lieu ailleurs.

Sans cette considération, la lutte des classes extractives conduit finalement à ce que chacun cultive son jardin.

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  • Excellent article très clair. Merci pour le travail. Très utile à la compréhension et mérite que l’on en fasse la publicité.
    À divulguer sans relâche.

  • excellent article, mais qui ne va pas plaire a une bonne partie des lecteurs (combien de retraités estiment que leur pension est un du et qu elle doit augmenter regulierement ?)

    PS : le choix entre b (rente) et c (agriculture de subsistence) oublie le fait que c est plus penible que b. Dans le premier cas, ca tombe tout seul. Dans le second cas il faut quand meme se lever tous les matins

    • La retraite par répartition est un contrat implicite entre générations « glissantes ». Attendre une rente croissante ou au minimum indexée — en moyenne sur le temps — n’a rien d’anormal, ce qui est anormal est la manière dont cette rente est constituée, financée, dans le système par répartition. Beaucoup plus de retraités qu’on ne pense seraient prêts à accepter que leur retraite comporte une partie fluctuante, si les fluctuations n’étaient pas systématiquement à la bais(s)e…

      • Indexée sur le PIB marchand 😉

      • @MichelO
        Vu que le nombre de retraités augmente et que ceux ci vivent de plus en plus vieux (et necessite des soins medicaux chers) je vois pas comment vous pouvez honnetement esperer une augmentation des retraites par tete sans accepter de tondre plus les actifs.
        Meme si toute l augmentation de la productivite etait affecte aux retraités (ce qui serait deja saumatre pour les actifs) ca ne suffirait pas

        En plus, si on peut justifier que les retraites qui ont reconstruit la france (en gros nés avant 1930->15 ans en 1945) aient un traitement preferentiel, j ai plus de mal avec les boomers (qui sont le gros des retraités actuels). Ceux ci ont au contraire enfoncé le pays:
        – mai 68 et pousser vers la porte le meilleur president qu on ait eut
        – election de Mitterrand (pour pouvoir voter en 81, il fallait etre ne avant 63)
        – election de Chirac et Sarkozy (bon surtout pour le dernier, la responsabilite est partagee car en 2007 les boomers ne sont plus les suels a voter, mais il est de notoriete publique que Sarkozy faisait ses meilleurs socre chez les vieux)

        • Comment augmenter les retraites ? En les exonérant de prélèvements et en introduisant au plus vite une dose de capitalisation. L’exonération de prélèvements devrait aussi s’appliquer aux autres revenus des activités des retraités.
          Quant à la responsabilité collective que vous attribuez aux boomers, elle est particulièrement déplacée. Celui qui n’a pas manifesté en 68, pas voté Mitterrand en 81, qui a préféré Chirac à Jospin et Sarkozy à Ségolène, vous estimez qu’il faut le punir ? Pour moi, les punitions collectives sont un scandale. Qu’auriez-vous fait, vous, et quelle ligne d’action en déduisez-vous pour la période qui vient ? Supprimer les réductions d’impôt dont bénéficient les vieux ?

    • L’opinion des improductif quant a la légitimité de leur rente n’est pas la question. Il faut savoir si l’être traction est structurée de manière incitative pour le système productif. B peut etre stressant car il y a de la concurrence, et C correspond a toute production non déclarée (faire son repas au lieu d’aller au restaurant).

  • Rente indexée sur l’inflation: cela fait des années que ce n’est plus le cas pour les retraites.
    Le problème, ce ne sont pas les rentes indexées sur une monnaie forte suite au passage à l’euro, mais l’euro lui-même, stupidité économique qui masquait des objectifs politiques non explicités auprès des populations lors du vote de Maastricht.
    Enfin, il est désolant que certains ne voient pas la perversité d’un discours qui vise à dresser les actifs contre les retraités et les fonctionnaires, alors que ce sont les décisions structurelles de nos élites qui sont la cause des problèmes.

  • Pas de perversité d’un discours,même si cela ne plaît pas de le dire il est un fait que c’est la première fois et le seul pays au monde qu’une génération vit ,aussi bien ,aussi longtemps et autant aux crochets d’une autre .Un rééquilibrage est nécessaire .
    Que l’on ne me sorte pas la solidarité intergénérationnelle ,génération de baby boomers qui s’est bien mitonné cela en se foutant royalement de la suivante.

    • Et la suivante en question, que prévoit-elle pour sa retraite, en remplacement des rentes de situation générationnelle ?

      • je pense que les jeunes generations ont bien conscientes qu elle n auront pas les retraites aussi genereuses qu actuellement.
        Mais quand vous avez 30 ans, la retraite c est loin: c est pas la priorité de cette generation. Surtout si votre situation actuelle n est pas florissante, que votre logement englouti 40 % de vos revenus et que vous vous demandez si vous allez pas etre au chomage d ici peu

        De toute facon, il est impossible que cette generation se comporte comme les boomers et pille la generation d apres. Pas par vertu, mais tout simplement parce qu on a atteint un maximum. Augmenter les taxes devient difficile. Augmenter les deficit sera bientot impossible (on a depasse les 100 % du PIB. dans 20 ans on sera a 150. a ce moment il faudra rembourser et plus creuser le deficit)

        • Quand vous avez 30 ans, vous devriez comprendre que si votre logement engloutit 40% de vos revenus, il pourrait dans un contexte de marché libre et de simplification réglementaire fiscale et environnementale n’en prendre que 20%. Vous pourriez le faire savoir si vous en aviez conscience, et agir pour arriver à ce marché libre et à cette simplification. Ce ne sont pas simplement les riches salauds de propriétaires pas assez écolos qui en bénéficieraient, mais les jeunes locataires et accédants. Idem pour ceux qui épargnent, que ce soit pour les coups durs ou pour « plus tard ».
          Une anecdote personnelle. A 20 ans, mes camarades et moi avons vu que nous pouvions obtenir des prêts étudiants à taux préférentiels, mais nous n’en avions pas réellement besoin. En revanche, un rapide calcul a montré qu’en achetant avec les fonds des biens immobiliers et en les mettant en location, l’opération s’équilibrait d’elle-même, et qu’en 15 ans le prêt était remboursé par les loyers et nous avions gagné un appartement. Nous nous sommes groupés à 3 ou 4 pour avoir assez, et nous avons acheté (dans mon groupe, c’est moi seul qui apparaît sur l’acte, la majorité était encore à 21 ans et les autres ne les avaient pas !). Le monde nous voit comme de vils spéculateurs, et approuve les taxes, impôts et réglementations qui empêcheraient de faire ça aujourd’hui. Pourtant, ce faisant, nous avons 1. sécurisé notre retraite d’aujourd’hui et son indépendance vis-à-vis de la collectivité et 2. augmenté l’offre de location et donc contribué à en faire baisser les prix.

    • Ce n’est pas intergénérationnel, 1 emploi salarié sur 3 est payé avec de l’argent public. Entre ça, les 600’000 élus et bénéficiaires sociaux qui sont débiteurs net et n’ont aucune incitation à la production on peut estimer qu’une grande partie du pays vit sur le dos d’une portion de plus en plus réduite de gens réellement producteurs de richesses.
      Pire: le renouvellement du tissu productif ne se fait plus à cause de la fiscalité et multiples freins et incertitudes, tous les indicateurs montrent que les bénéfices, les marges et les rendements décroissent tandis que les créations d’entreprises sont dans des secteurs de plus en plus artificiels.

      • 16m de retraites, 24m d’actifs dont 5m de fonctionnaires, 3m de chômeurs, donc grosso modo, on en est 24 million de personne dont la remuneration est définie par des moyens politiques Contre 16m par le marché.

  • Autonomie et responsabilité,il a été démontré 100 fois qu’1 € placé ailleurs que dans nos caisses de retraite (qui font vivre les syndicats et tous les parasites afférents à ces structures) aurait rapporté 10x plus que dans ces mêmes caisses.

  • Encore un article très intelligent mais surtout pour cacher les problèmes sous le tapis. Contrairement à un commentateur trop heureux d’aller dans le même sens pour en rajouter une couche, les baby boomers ne se sont rien « mitonné en se foutant de la génération suivante ». Ils ont été obligés de verser des sommes gigantesques prélevées sur leurs salaires à un régime de retraite par répartition qui était une arnaque.

    La différence entre un retraité Suisse et un retraité Français, c’est que le retraité Suisse perçoit une retraite qui est un dû et dont personne ne vient lui contesté la légitimité, parce qu’il a eu le droit de cotiser, pour lui, à un régime de retraite par capitalisation, et donc de se constituer une rente dont la propriété ne lui est pas contestée. Et en plus cette rente lui vaut la considération de la génération suivante qui peut lui être reconnaissante d’avoir su épargner pour ne pas être à sa charge.

    Le retraité Français a fait le même effort que le retraité Suisse pendant sa vie active pour cotiser pour sa retraite sauf que, contrairement au Suisse, il a été obligé de cotiser, non pour lui, mais pour les autres (auxquels d’ailleurs, il ne lui venait pas à l’idée de reprocher qu’ils vivaient à ses crochets parce qu’on lui faisait croire que la génération suivante serait en position d’accepter tout naturellement de faire la même chose). Dans ce régime de cotisations obligatoires, non pour soi mais pour autrui, la décroissance n’était pas prévue au programme. Les gains de productivité devaient, à juste titre, compenser le poids d’une génération plus nombreuse.

    Et outre, en plus du fait que le retraité Suisse a une rente incontestable et incontestée qui lui appartient, cette rente est supérieure à la fausse rente du retraité Français (fausse puisque le Français a dû cotiser à perte sans avoir le droit de se constituer une vraie rente reconnue comme lui appartenant) car un pays qui pratique la capitalisation plutôt que le répartition est plus apte à produire de la richesse.

    Il y a deux façons de faire en sorte que a>b. Soit on augmente « a », ce qui est le cas d’un pays qui ne confisque pas outrageusement la richesse des producteurs (cas de la Suisse dans notre exemple), soit on diminue « b » parce qu’on rend le pays incapable de faire croître « a » par une politique de prédation fiscale, sociale et d’abus délirant d’obstacles réglementaires qui sacrifient délibérément « a ». C’est le choix de l’Etat français, cela n’a jamais été le choix des retraités actuels.

    Cela n’a pas été leur choix car vous savez très bien que la France n’est pas une démocratie, c’est un pays administré qui est occupé par une puissance ennemie nommée Administration au service d’un Etat qui fonctionne pour soi seul au service de sa seule survie et qui, en plus, encourage un niveau de corruption élevé pour entretenir des secteurs d’activité sur-facturés par rapport aux services qu’ils rendent. Le Français est donc racketté de tous les côtés. Ce qui nous vaut, entre autres, de n’avoir pas assez de lits de réanimation et de matériel médical mais, par contre, question trottoirs sans cesse faits et toujours refaits « pour la sécurité de tous », question effectifs pléthoriques pour se balader avec du matériel flambant neuf toujours plus perfectionné pour traquer la moindre feuille sur les dits trottoirs que le monde entier pourrait nous envier, là l’argent coule à flot. Cette orgie de travaux publics, pour re-goudronner toujours les mêmes tronçons, les mêmes places, pour gorger l’espace de ronds points, peaufiner toujours plus d’ « oreilles de Mickey « pour arrondir les angles de trottoirs sans cesse réajustés (il doit y avoir quelque part un gouffre sans fond où se perdent toutes les anciennes bordures de granit taillées pour être toujours remplacées par de nouvelles), se fait au détriment de dépenses plus nécessaires mais moins faciles à transformer en pompes à finances. Alors, s’il vous plait. arrêtez de focaliser l’attention sur le coût des retraités pour dissimuler la gabegie française qui continuera de nous ruiner si le projecteur n’est pas enfin braqué dessus.

    Sans oublier l’écologie punitive dont les pro du BTP et du secteur immobilier se réjouissent pour obliger les Français, encore et encore, à faire des dépenses en faux investissements inutiles et coûteux destinés, non pas à faire des économies d’énergie suffisantes pour justifier ce niveau de dépenses, mais à faire vivre des entreprises qui n’ont rien à mettre de probant en face de l’argent qu’elles drainent (forcément elles vivent d’argent indûment extorqué par collectivités territoriales interposées ou réglementations abusives).

    Ces travaux soit disant de rénovation énergétique, c’est de la vente forcée, une arnaque de plus. Comme la retraite par répartition, comme toutes ces dépenses forcées soit-disant écolo-social-solidaire-pseudo-durables, soit disant pour un système de santé qui lui aussi s’avère être une arnaque. C’est le moment de rappeler ce qu’il convient de dire à un fournisseur abusif qui entend se faire payer pour une mauvaise prestation : il ne suffit pas de demander de l’argent, il faut mettre quelque chose en face!

    Alors arrêtez de désigner de faux coupables à la vindicte publique, c’est de la démagogie pour donner de fausses explications aux jeunes générations ; cela vous rend complice de perpétrer un régime d’arnaques qui relèvent d’analyses plus sérieuses pour rendre compte de la sordide réalité d’une vie politico-idéologique qui n’en finit pas de gâcher les chances du pays.

    • L’article dit simplement que la rente (politiciens, retraites, fonction publique) doit être financée de manière a s’aligner au profit et risques des producteurs. Sinon ca fini comme Cuba avec des retraites a 10$ par mois, et personne ne veut ca.

  • En effet la Suisse étant neutre ,n’a pas eu droit au roman national du CNR d’inspiration largement communiste à la sortie de la guerre et que l’on paye encore aujourd’hui.
    Ce système est ni plus ni moins une arnaque dénommée système de Ponzi qui est une fraude condamnable pour le citoyen lambda mais légal pour l’Etat.
    Comme je le dis ,ainsi que vous même au vu de la modification importante de nombreux paramètres ,décroissance,allongement de la durée de vie,chômage…un rééquilibrage est nécessaire.
    « Cela n’a jamais été le choix des retraités actuels »,ce sont eux qui votent le plus ,et dès que l’on essaye de toucher aux retraites c’est
    le psycho drame national,ne parlons même pas des régimes spéciaux!
    Pour un système qu’ils n’ont pas choisi ,ils le défendent bien .

    • Toucher aux retraites, ça peut être au montant mais ça pourrait être surtout aux conditions. Et quand c’est aux conditions, ce sont les actifs (ou passifs fonctionnaires) actuels qui calculent combien ils auront et qui se mettent en grève si ça leur paraît insuffisant. Les futurs retraités choisissent, par le biais de leurs « représentants » syndicaux, les retraités actuels se sont vus imposer par la situation qu’ils ont subie quand ils étaient actifs et par leurs « représentants » syndicaux. Ils ont payé pour leurs anciens, il y avait un contrat moral sous-jacent. On peut toujours dire que ça n’était pas la meilleure solution et chercher à en mettre en place une autre, mais il serait bon de distinguer les aberrations genre régimes spéciaux des aspirations légitimes au respect du contrat moral.

  • J’aimerais bien savoir ce qu’est une une « accumulation multi-générationnelle et oiseuse ». Y a-t-il une confusion avec « oisive » ?

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