Alexandria Ocasio-Cortez : « j’ai beaucoup de points communs avec les libéraux »

Alexandria Ocasio-Cortez-Women's march on NYC 2019 by Dimitri Rodriguez — Dimitri Rodriguez, CC-BY

L’égérie du Parti démocrate américain, Alexandria Ocasio-Cortez, affirme partager certains points de vue libéraux avec le Parti républicain.

Par Billy Binion.
Un article de Reason.com

La députée démocrate de l’État de New York Alexandria Ocasio-Cortez passe une bonne partie de son temps médiatique à se différencier de la meute politicienne de Washington D.C. (siège du Congrès américain). C’est ainsi qu’on l’entend parfois critiquer les Républicains, tandis qu’en d’autres occasions, elle se lamente sur ce qu’elle prend pour le manque d’audace de son propre parti. Mais dans une vidéo publiée en direct sur Instagram la semaine dernière, elle a révélé à son auditoire qu’elle se trouvait de fait quelques points communs avec la mouvance libérale.

« Je pense sincèrement que j’ai beaucoup en commun avec de nombreux points de vue libéraux du parti Républicain, » a-t-elle affirmé en prenant l’exemple de ses propres positions sur l’immigration, la défense et le droit à la vie privée. Cette déclaration intervient alors qu’elle-même et le sénateur républicain du Texas Ted Cruz sont tombés d’accord publiquement sur la nécessité d’interdire aux anciens parlementaires de devenir lobbyistes ainsi que sur celle de rendre les pilules contraceptives disponibles sans ordonnance.

« Les vrais libéraux, dont beaucoup se trouvent appartenir au Parti républicain, les vraies positions libérales sont pour l’immigration, » a-t-elle expliqué sur Instagram. Les partisans d’un État limité admettent en effet que les immigrants aident l’économie, et nombreux sont ceux qui rejettent l’idée que le gouvernement fédéral serait capable de déterminer les niveaux optimaux d’immigration.

Ocasio-Cortez a aussi déclaré à son public Instagram que son positionnement « anti-interventionniste » et « anti-guerre » correspondait parfaitement à un état d’esprit libéral. « Certains Républicains sont opposés aux dépenses militaires et aux interventions militaires extérieures, ce qui est très cohérent avec leur perspective d’un État limité, » a-t-elle ajouté.

Ces Républicains qui penchent vers le libéralisme forment cependant une minorité en réduction constante au sein de leur propre parti. Pas plus tard qu’en juin dernier, le Parti républicain a fait pression pour faire adopter la Loi d’Autorisation de la Défense nationale de 2020, soit une augmentation des dépenses militaires de 30 milliards de dollars, alors que la version 2019 avait déjà alloué à la défense plus de deux fois les dépenses militaires de la Chine et de la Russie réunies. Même si la version démocrate du projet de loi l’avait emporté, il n’en demeure pas moins que les dépenses avaient déjà été augmentées de 20 milliards de dollars.

Cette hypocrisie n’a pas échappé à la députée qui a beau jeu de critiquer les incohérences intellectuelles des Républicains. « Au Congrès, le Parti républicain n’est plus porteur du conservatisme fiscal, il est devenu une sorte de gang de politiciens, » estime-t-elle. « Vous ne pouvez plus compter sur eux pour défendre sérieusement leurs principes d’origine parce qu’ils vont défendre certaines idées si et seulement si ça peut aider le Président puis ils les abandonneront aussi sec si elles gênent le Président. »

Le Parti républicain a toujours trahi ses principes quand ça l’arrangeait. Les démocrates également. Selon les canons de la politique américaine contemporaine, rien n’est plus grand ni plus important que le parti.

Alexandria Ocasio-Cortez a cependant raison quand elle dit que l’idéal d’État limité du Parti républicain semble s’être évanoui encore plus vite depuis que Trump est au pouvoir. Les Républicains du Congrès ont abandonné le libre-échange et ils ont soutenu des augmentations massives de dépenses publiques sans aucune baisse en contrepartie. Sans compter que le GOP1 vient de s’affaiblir encore un peu plus avec le départ récent du député du Michigan Justin Amash, ce Républicain de plus en plus libéral qui a quitté son parti d’origine parce qu’il en avait assez du double jeu de ses collègues.

Avec le départ d’Amash, Ocasio-Cortez va avoir du mal à trouver beaucoup de Républicains libéraux avec lesquels elle pourrait travailler.

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Traduction de Nathalie MP pour Contrepoints

Texte d’origine : Alexandria Ocasio-Cortez: ‘I Have a Lot of Common Ground With Many Libertarian Viewpoints’

  1. GOP ou Grand Old Party : petit nom du Parti républicain.
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