Covid-19 : la farce de la « seconde vague »

L’esprit de notre classe politique est semblable à celui qui a pensé la ligne Maginot : on prépare la prochaine guerre en regardant dans le rétroviseur, en espérant que le prochain conflit se déroule exactement comme le précédent.

Par Frédéric Mas.

Lors du pic de la crise du covid-19, la France manquait de l’essentiel pour appréhender la pandémie. Pas de masques, pas de tests, pas de gel hydroalcoolique, des équipements médicaux insuffisants et une bureaucratie étatique qui a désorganisé la production au lieu de laisser faire le marché afin que tout le monde puisse s’équiper pour faire face.

Rétrospectivement, l’aventure de la communication politique du gouvernement sur les masques à quelque chose de burlesque, si elle n’était pas arrivée à un moment si tragique, et si son dénouement n’était pas aussi grotesque. D’abord considérés comme inutiles, puis optionnels, voilà les masques désormais obligatoires après le gros de la crise sanitaire. Le nouveau Premier ministre nous l’a signalé ce matin.

Penser après la bataille pour préparer la seconde vague

Rendre obligatoire le port du masque dans tous les espaces publics après la bataille n’est pas la seule mesure phare de notre bureaucratie nationale : en cas de « seconde vague », tout le monde est en train de se préparer.

On oblige les entreprises à faire des stocks de masques, au cas où. Ce que l’État n’a pas su faire, les entreprises sont obligées de le faire, et à leurs frais bien entendu. On multiplie les places de réanimation, alors que le nombre de contaminés dégringole.

On relocalise à grands frais la production de paracétamol. Les pouvoirs n’ont pas été capables de mener à terme le grand essai clinique qui devait conclure la pandémie, à savoir Discovery, mais les voilà partis pour réimplanter des usines de paracétamol, pour ne pas dépendre de la Chine.

À quel prix ? Relocaliser à un coût, et c’est le contribuable et le client français qui paieront.

Comme pour conjurer le grand ratage de la pandémie, on a l’impression que les pouvoirs publics jouent à se faire peur et à nous faire peur, comme pour se rattraper. Cette fois-ci, vous verrez, si le virus se repointe, nous serons prêts. Finis les négligences, les ratages, les morts dans les Ehpad, il ne manque pas un bouton de guêtre.

L’esprit de la ligne Maginot

L’esprit de notre classe politique est semblable à celui qui a pensé la ligne Maginot : on prépare la prochaine guerre en regardant dans le rétroviseur, en espérant que le prochain conflit se déroule exactement comme le précédent.

L’État n’a pas compris qu’au plus fort de la crise, c’est la société civile qui lui a servi de filet de sécurité, et pas l’inverse.

C’est la société civile qu’il faut libérer de la réglementation tatillonne de l’État, car c’est elle qui répondra au mieux aux circonstances en cas de rebond du coronavirus. Mais cela signifie une chose aussi : la plupart des démonstrations sécuritaires de la classe politique ne servent probablement à rien.

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