Covid-19 : l’État discute des masques, une startup développe un vaccin

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Le progrès ne provient jamais de la politique, mais bien de la libre entreprise et du génie humain.

Par Olivier Maurice.

Alors que le gouvernement français décide enfin de reconnaître une à une ses erreurs sur la gestion de la crise sanitaire, comme en témoigne le virage à 180° sur les masques, et que se met en place laborieusement la bonne stratégie (dépister, protéger, guérir) avec 4 mois de retard, tout en refusant toujours obstinément de laisser le marché décider des solutions thérapeutiques, il semble bien qu’un fois de plus, celui-ci soit une nouvelle fois à contre-temps, ou ait au moins de très mauvais circuits d’informations.

Retour sur le déroulé

En mars, Emmanuel Macron vantait le collectif et nous parlait de vaccin, alors que l’urgence était clairement de mettre à la disposition de chacun les solutions qui faisaient cruellement défaut : masques, gel, tests, etc.

Par la suite, au nom du collectif, la pénurie de masques a été entretenue, voire aggravée ; à l’issue de divers cafouillages, on a finalement découvert une capacité de tests finalement tellement importante qu’on en vient maintenant à les mettre à disposition sans ordonnance.

À la suite de tout ce cafouillage, les relations entre le Président et un Premier ministre bien plus concret se sont tendues au point de nécessiter un remaniement.

Finalement, pour tenter de clore ce chapitre peu glorieux, le président de la République se décide enfin, dans son message traditionnel du 14 juillet à aller « dans le sens du vent », en obligeant le port du masque dans tous les lieux publics à partir du 1er août. Décision emblématique annoncée parmi d’autres et illustrant la mise en place de la nouvelle politique de santé publique en attendant mieux et en se préparant au pire, c’est-à-dire à une hypothétique deuxième vague.

Pendant ce temps-là…

Tandis qu’Emmanuel Macron s’adressait aux Français, une équipe de médecins et de scientifiques de l’Institut national américain des allergies et des maladies infectieuses, associé pour l’occasion avec une startup en biologie dirigée par un Français et basée à Seattle (la seconde capitale des GAFAM, qui héberge en particulier Microsoft et Amazon) publiaient un article pour décrire les résultats des tests sur le premier vaccin commencés le 16 mars, et dont les conclusions sont :

The mRNA-1273 vaccine induced anti–SARS-CoV-2 immune responses in all participants, and no trial-limiting safety concerns were identified. These findings support further development of this vaccine.

« Le vaccin mRNA-1273 a provoqué une réponse immunitaire contre le SARS-CoV-2 chez tous les participants, et aucun problème lié à la sécurité lors de l’essai n’a été constaté. Ces résultats permettent le développement de ce vaccin. »

Concrètement, cela veut tout simplement dire que le vaccin développé par le NIAID a passé avec succès la phase 1, et qu’il n’est sans doute plus qu’une question de mois, voire de semaines avant qu’un vaccin ne soit disponible.

La politique, cette ennemie du progrès

Politiquement, cela veut dire qu’Emmanuel Macron a eu tout faux dans la gestion de la crise. Tout faux depuis le début. Alors qu’il parlait de vaccin, l’urgence était les masques et les tests. Alors qu’il lance les masques et les tests, un vaccin est annoncé. Alors qu’il n’a cessé de prôner la coopération des États et de rechercher des milliards d’argent public, c’est une entreprise privée, financée par les marchés financiers, qui apporte la solution, qui plus est, une startup américaine située dans l’antre des GAFAM et dirigée par un Français exilé.

La solution ne peut être que médicale, technologique et industrielle : c’était une conviction en mars. La solution est médicale, technologique et industrielle, c’est maintenant une certitude en juillet.

En plus des capacités assez hallucinantes en cafouillage de la part de l’administration et des institutions Françaises cet épisode aura montré que le progrès ne provient jamais de la politique et que la solution n’est pas l’État, mais bien la libre entreprise et le génie humain.

Il aura montré combien il est à la fois urgent et important de remettre l’État à sa place.

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