Stocks de masques : l’État donne des leçons aux entreprises

L’État, qui a mal géré son stock de masques, veut donner une leçon de gestion aux entreprises et se propose même de les accompagner dans le financement de ces stocks.

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Stocks de masques : l’État donne des leçons aux entreprises

Publié le 4 juillet 2020
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Par Francis Richard.

Les hommes de l’État ont montré leur imprévoyance et leur impéritie lors de la crise sanitaire que la France vient de traverser confinée. Ces prétentieux restent convaincus qu’ils sont les mieux à même de savoir ce qu’il faudra faire à l’avenir.

L’histoire des stocks de masques en France

L’exemple des masques est à cet égard emblématique. En 2013, ces omniscients de l’État décident qu’il n’est pas nécessaire de renouveler le stock étatique constitué pour faire face aux précédentes épidémies (grippe H1N1, SRAS ou Ebola).

Quand la Covid-19 commence à se répandre en France, le 19 février 2020, ils envoient même en Chine, par solidarité, nombre de masques détenus en stock à destination des structures hospitalières de Wuhan et de la province de Hubei.

Leur thèse sera que les masques ne servent à rien si on n’est pas malade et que les Français sont tellement bêtes qu’ils ne sauront pas les mettre correctement, dixit, le 20 mars 2020, une experte en la matière, la porte-parole du gouvernement.

Il faut donc réserver les masques aux seuls soignants, dixit, le 17 mars 2020, Olivier Véran, qui a succédé à Agnès Buzyn le 16 février 2020. Sauf que lesdits soignants n’en verront pas la couleur au plus fort de l’épidémie de Covid-19.

Maintenant, dans une dépêche de l’AFP, le même Olivier Véran déclare qu’il faut décentraliser les stocks de masques et que les entreprises doivent détenir désormais dix semaines de stocks, pour faire face à un éventuel rebond de l’épidémie :

On a vu que, quand on a un seul stock centralisé dans un grand entrepôt, on peut en perdre le fil – ça n’arrivera plus –, ça n’est pas les meilleures conditions de stockage possibles et la logistique pour les répartir sur le territoire prend trop de temps. Donc être capable de décentraliser, de déconcentrer les stockages de matériel de protection au sein des territoires, au sein des entreprises, des hôpitaux, des cabinets médicaux, c’est important.

Début avril, l’État avait retenu une commande et en avait réquisitionné une autre que la présidente d’une région avait passées pour des Ehpad, des personnels d’aide à domicile de personnes âgées et des structures d’accueil de personnes handicapées…

Quand l’État donne des leçons

L’État, qui a donc mal géré son stock de masques, veut donner une leçon de gestion aux entreprises avec cette consigne de dix semaines de stocks, alors qu’elles se débrouillent très bien sans lui quand il s’agit de gérer leurs (autres) stocks…

L’État, représenté par Olivier Véran, se propose même de les accompagner dans le financement de ces stocks : seules elles n’en seraient évidemment pas capables… En fait tous ces gens ne savent pas comment fonctionnent les entreprises.

Il faut dire que ces hors-sol, tous autant qu’ils sont, n’ont jamais travaillé en entreprises, sinon ils comprendraient que tout ce qu’elles demandent c’est de pouvoir s’organiser comme elles le veulent, dans l’intérêt bien compris de leurs acteurs.

Une décentralisation ne peut réussir que si les décisions sont prises au plus proche de leurs conséquences. Les règles imposées d’en haut et de loin sont arbitraires et se traduisent toujours par un déni de réalité et un manque de réactivité.

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  • Chiche, mais alors qu’on nous laisse aussi s’occuper du reste : laisser les médecins soigner avec ce qui leur semble adapté, laisser les français libres de la mutuelle de leur choix, supprimer le monopole de la sécu, bref que l’état arrête de s’occuper de toute notre vie, en arrêtant d’invalider les français et en les responsabilisant

  • La prétention de la bureaucratie de l’Etat français est sans limite…..
    Heureusement que le ridicule ne tue pas, sinon, il y a longtemps que nous en serions débarrassé.

  • L’Etat stratège est une inépuisable source de délectation…

  • l’état se mêle de tout ce qui ne le regarde pas , mais ne se mêle pas de ce qui le regarde , par laxisme , par couardise ; on voit le résultat ….

  • Que les guignols macronien commencent par se gérer eux même avant de donner des leçons à d’autres….

  • « Maintenant, dans une dépêche de l’AFP, le même Olivier Véran déclare qu’il faut décentraliser les stocks de masques et que les entreprises doivent détenir désormais dix semaines de stocks, pour faire face à un éventuel rebond de l’épidémie :
    On a vu que, QUAND ON A UN SEUL STOCK CENTRALISÉ DANS UN GRAND ENTREPÔT, ON PEUT EN PERDRE LE FIL (sic) – ça n’arrivera plus –, ça n’est pas les meilleures conditions de stockage possibles et la logistique pour les répartir sur le territoire prend trop de temps. Donc être capable de décentraliser, de déconcentrer les stockages de matériel de protection au sein des territoires, au sein des entreprises, des hôpitaux, des cabinets médicaux, c’est important. »

    C’est une réécriture totale de l’Histoire ! Ce que promeut aujourd’hui Veran, ce n’est ni plus ni moins que la même logique de décentralisation de gestion des masques à l’oeuvre depuis 2013, qui nous a justement mené au désastre !

    Rappel historique : en 2009 (lors de la pandémie de H1N1), l’Etat dispose (et gère via une institution qui lui est rattachée) de centaines de millions de masques, justement dans un grand entrepôt… En 2011, trouvant le truc trop coûteux, il est proposé de décentraliser l’affaire. Décision actée en 2013, sans doute au moment de renouveler le stock important de 2009 (durée vie normalisée des masques environ 4-5 ans)… Désormais la gestion des masques est confiée aux hôpitaux, cliniques, entreprises privées. La décrue du stock de l’Etat est probablement amorcée dès cet instant. Evidemment, la taille des stocks liés aux entreprises publiques ou privées est adaptée à leurs besoins courants, mais pas du tout à une épidémie mortelle.

    Donc Veran ment. Cette décision de décentraliser n’est pas actuelle. La décision d’y mettre fin ne date pas de cette pandémie mais de 2013. Elle n’a aucun lien avec l’épidémie actuelle. Au contraire, l’expérience montre que c’est cette décentralisation désinvolte qui est à l’origine du manque cruel de masques pour le personnel soignant et les citoyens. Il y a belle lurette qu’il n’y a plus de gestion centralisée dans un unique entrepôt. Ce qui explique qu’on ne savait plus rien de l’état des stocks…

    • Verran finit en beauté sa carrière politique, il en sera certainement récompense.
      Si quelqu’un sait gérer un stock et en faire la distribution c’est, par exemple, un importateur de masques qui sera très heureux d’être rémunéré pour cela.. Surtout qu’un entrepôt, c’est 1 euro avec le photovoltaique. Les solutions sont nombreuses si on n’est pas un politique hors sol. Et pour faire vivre ce stock, la bonne et juteuse grippe saisonnière fait l’affaire.

    • Evidemment qu’il ment, la décision de décentralisation se défend mais il faut d’une part en prévenir les acteurs, ce qui n’a pas été fait, ceux-ci en général gérant bien leur stocks pour des besoins courants (le matériel médical est cher et ne doit pas se périmer), d’autre part, maintenir une veille technologique, épidémiologique,…. (et c’est une mission de l’Etat avec ses différents organismes), afin de prévenir de la survenue d’une épidémie voire d’une pandémie car là les besoins deviennent nettement plus importants et sans information, personne ne peut bien s’adapter.

      • La décentralisation ne se défend absolument pas. Comment faire pour acheminer les masques d’une région non contaminée vers une autre, la contrainte ?
        10 semaines de stock d’un produit non nécessaire et vouée à la dechetterie n’a pas de sens, il y a un besoin national, sans doute 100 fois moins important que de généraliser des stocks disparaîtres .

  • Avant-hier, des responsables sécurité en entreprise me disaient que l’un avait 4000 masques en stock et l’autre 15.000 depuis au moins 3 semaines, que les ouvriers n’en ont rien à battre (dépendant des sociétés et des régions) et que ce stock va moisir gentiment sur des palettes.

    • Travailler avec un masque, surtout quand on fait des efforts physiques et alors que le virus ne circule plus, est idiot.

      • Si un masque de protection arrive à mettre en hypoxie un travailleur effectuant un travail physique, c’est que ce masque est tout pourri et ne respecte pas les normes en la matière ou que le travailleur effectue une tâche extrêmement physique, ce qu’il n’est pas sensé faire sur une grande période.
        Selon vous, les skieurs avec masque tombent mort ? Les motards sous casque aussi ? Les forces d’intervention spéciale aussi ? Les femmes sous hijab machin ont des maux de tête constant ?
        Le virus circule encore un peu, faut être vigilant. Cependant, il est tout à vrai que certaines règles sont ridicules. Manque de bol, ya pas de solutions parfaites pour tout le monde.

  • Centraliser ou décentraliser le stock de masque, ça n’a aucun rapport avec ce qu’il s’est passé… C’est gonflé d’avoir conclus ça !
    On peut très bien centraliser le stock de masques et avoir un bon système logistique pour livrer le nécessaire en journée (amazon y arrive hein…)

  • Les masques commandés en mars sont arrivés, c’est tout (rappelez-vous, la livraison était prévue fin juin). Maintenant, il faut les écouler…

    • Et les gens n’en veulent pas. Des « spécialistes » ont encore déclaré qu’ils sont nuls (en tout cas pas fiables) pour ne pas changer.

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