Le confinement nous invite à repenser et défendre nos libertés perdues

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Ce confinement, plus qu’une opportunité de revenir à un repli sur soi, est une invitation à reconquérir et défendre plus que jamais les libertés perdues.

Par Benjamin Faucher.

Voilà trois semaines que le confinement a été décrété en France.

En l’espace de quelques jours, le quotidien des Français et celui de leurs voisins a été bouleversé. La situation aurait paru irréelle et inenvisageable il y a ne serait-ce qu’un mois. La plupart des commerces sont fermés, toutes nos activités sont interrompues, les rues sont désertes et… nous devons remplir une attestation pour le moindre déplacement, sous peine d’une amende.

Bien sûr, nous avons tous entendu le témoignage de personnes nées dans la première moitié du siècle dernier nous rappelant que « pendant la guerre, c’était bien pire ! ». Ces récits n’étaient jusque-là que de vielles histoires provenant d’un autre âge.

Mais la situation actuelle nous appelle à les reconsidérer, et l’épreuve de la privation de liberté en temps de crise est une invitation à la défendre avec plus de véhémence en temps normal.

Ceux qui nous vendent le confinement comme une occasion de « se recentrer sur ce qui compte », « revenir à l’essentiel » et se détacher de nos vies « superficielles et futiles vendues par la société néo-libérale » se trompent. Revenons sur quelques unes de ces libertés fondamentales que nous avons – provisoirement espérons-le – perdues.

Liberté économique – ou le droit de gagner sa vie

Avec la fermeture d’abord des restaurants, puis de tous les commerces considérés non essentiels, c’est toute l’activité économique du pays qui s’est ralentie.

Si certains y voient une occasion d’entrer dans une société décroissante où seules les activité économiques dites « utiles » seraient autorisées, c’est surtout une vraie bombe à retardement que nous avons créée.

Ne nous trompons pas, même si l’État prend en charge de nombreux salaires actuellement, il faudra payer. Et nombreux seront ceux qui resteront sur le carreau.

Liberté de réunion – ou le droit de stimuler ses neurones miroirs

L’impossibilité de se rencontrer physiquement nous fait comprendre à quel point le lien social est important. Si les réunions et autre apéros par écrans interposés permettent de pallier ce manque, ils n’ont pas la saveur des rencontres physiques.

Les biologistes l’ont montré, le lien physique avec l’autre active les neurones miroirs, essentiels dans les processus d’apprentissage et d’empathie.

Mais une rencontre dans un bar, un parc ou devant une machine à café, c’est aussi la possibilité de faire la connaissance de nouvelles personnes de manière impromptue et inattendue.

Liberté de circuler – ou le droit à l’errance

Avec Schengen fermé, c’est l’une des valeurs fondamentale de l’Europe qui s’est éteinte. Les étudiant Erasmus sont rentrés dans leur pays natal. Tous les vols à l’étranger ont été annulés. Les vacances à faire le tour des capitales européennes  semblent loin.

Mais avec le confinement, les frontières se sont rapprochées encore davantage. La possibilité de faire de l’exercice à un kilomètre de distance de son domicile ressemble plus à une corde attachée à un piquet qu’à une délivrance.

Pour certains, le foyer familial est devenu une prison : suite au confinement, le nombre de demandes de divorce aurait explosé en Chine, tandis que chez nous, les associations féministes craignent l’augmentation des violences conjugales.

La liberté de circuler c’est à l’échelle des pays ou de la ville, la possibilité donnée à la monade de s’arracher à la tribu, de découvrir par des pérégrinations aléatoire des opportunités inattendues.

 

Voilà ce que représente ce confinement. Plus qu’une opportunité de revenir à un repli sur soi, c’est une invitation à reconquérir et défendre plus que jamais les libertés perdues.

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