Coronavirus : la bonne gestion allemande plus efficace que l’insouciance française

Emmanuel Macron by Global Partnership for Education (CC BY-NC-ND 2.0) — Global Partnership for Education, CC-BY

Face à la pandémie, la réaction du gouvernement allemand montre de façon éclatante combien les excédents budgétaires et le pragmatisme sont plus efficaces que l’insouciance dépensière socialiste.

Par Claude Robert.

Il est savoureux de se rappeler la méchante pique adressée au gouvernement allemand par Emmanuel Macron. Lors de son discours à Aix-la-Chapelle, le président français avait fustigé le « fétichisme perpétuel pour les excédents budgétaires et commerciaux » de notre voisin.

Une telle remarque paraît surréaliste de la part du président d’un pays qui accumule les déficits commerciaux depuis des lustres, et dont les parts de marché industriel mondial ont fondu de moitié en une vingtaine d’années tandis que celles de l’Allemagne qui étaient au même niveau que les nôtres, ont progressé. Une telle remarque paraît tout aussi surréaliste de la part d’un pays qui vit sur l’endettement, et qui a délibérément choisi de mettre en danger le futur afin de sauver les apparences et le faux confort du présent.

Justement, ce futur nous est revenu en pleine figure avec la pandémie du coronavirus. Outre l’incurie gouvernementale et les discours dangereux de certains ministres et porte-parole que l’épidémie a révélés, on devine à présent l’utilité de ces excédents budgétaires et commerciaux tant décriés.

Ces excédents n’ont d’ailleurs rien d’un quelconque fétichisme mais s’apparentent tout simplement à du pragmatisme, à ce que l’on appelle une bonne gestion, ce qui n’est que du bon sens en réalité. Et c’est bien ce pragmatisme qui dérange au pays de la procrastination festive et du délire dépensier érigé en modèle par une caste politique parfois irresponsable !

Comparons simplement les résultats en ces temps actuels particulièrement révélateurs.

L’Allemagne au secours immédiat de ses citoyens

Outre-Rhin, pas de tergiversations ni de faux-semblants pendant des semaines concernant les ruptures de stocks de masques ou de tests et leur éventuelle inutilité. L’Allemagne avait les moyens de faire ce qu’il fallait et elle l’a fait sans attendre, commençant par la première mesure à implémenter en priorité : le dépistage systématique. Faut-il le rappeler, le dépistage est la clé de la maîtrise rapide de la pandémie car il permet à la fois d’éviter que les personnes contagieuses contaminent autour d’elles et de les traiter avec une meilleure chance de guérison.

Il a été un peu trop facile au Premier ministre Édouard Philippe de suggérer « la plus grande prudence » quant aux chiffres avancés par Berlin, lors de son point du 3 avril sur TF1. Car l’Allemagne a bel et bien décrété une opération de dépistage à grande échelle, s’appuyant sur 300 districts répartis sur l’ensemble du pays ; chaque district possédant un à plusieurs points de contrôle.

D’ailleurs dès début mars, ces dépistages ont commencé à être disponibles sans quitter sa voiture, comme l’a fait la Corée du Sud, dans un premier hôpital allemand.

Sur le site de référence Wordometer, le nombre de tests de dépistage exécutés en Allemagne est de 918 460 au 6 avril, soit plus de 4 fois plus qu’en France. Le nombre de morts ramené à la population (et donc comparable) est quant à lui sans appel, avec plus de 6 fois moins de décès outre Rhin ! Un chiffre qui fait mal. Très mal.

L’Allemagne au secours immédiat de ses entreprises

L’Allemagne prévoit un plan de secours sans précédent de 822 milliards d’euros.

« Selon un projet de loi dont l’AFP s’est procuré samedi une copie, le gouvernement prévoit de mettre un total de 822 milliards d’euros de prêts à disposition pour aider les entreprises et les salariés à faire face aux conséquences économiques de la pandémie […] Étant donné la situation d’urgence exceptionnelle que traverse l’Allemagne, le gouvernement d’Angela Merkel a aussi décidé, pour aider à financer les mesures, d’emprunter de l’argent, ce qui ne s’était plus vu dans ce pays depuis 2013 » (La Croix le 21/03/20).

Tout a été conçu rapidement et dans le souci de rendre service aux entreprises et aux travailleurs indépendants, avec notamment des aides ciblées immédiatement disponibles selon un processus très simple sur internet :

« C’est assez spectaculaire. Imaginez, vous êtes restaurateur, coiffeur ou photographe. Si vous êtes en Allemagne il vous suffit de faire une rapide demande sur internet. Aucun justificatif ne vous est demandé décrit Laurent Debonnet, journaliste, en direct de Berlin, en Allemagne. Au plus tard trois jours après, de l’argent est viré sur votre compte bancaire. Tout ça va coûter très cher, 50 milliards d’euros, mais l’Allemagne a des réserves et veut éviter toute faillite d’entreprise, tout licenciement, pour que l’économie puisse redémarrer le plus rapidement possible » (France Info 2/04/20).

Et en France ?

On se doute que l’État français, avec un certain retard, procédera aux mêmes mesures que l’Allemagne. Mais comment les financera-t-il ? Incapable d’économiser, mais capable de critiquer ceux qui y arrivent, le gouvernement se reportera une fois de plus sur l’endettement, l’augmentant à un niveau encore plus dangereux, prenant en otage les générations futures mais sauvant artificiellement la face au moment présent. Une fois de plus. Jusqu’au prochain choc sur les taux ?

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