Pour survivre, la droite doit renouer avec ses valeurs libérales

Il existe toujours un espace politique large entre Macron et le Rassemblement national. Cet espace, c’est celui du libéralisme.

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Laurent Wauquiez en 2014 by UMP photos(CC BY-NC-ND 2.0)

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Pour survivre, la droite doit renouer avec ses valeurs libérales

Publié le 28 juin 2019
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Par Christophe de Voogd.
Un article de Trop Libre

« Je redoute les Grecs, même quand ils apportent des présents ». Les responsables des Républicains feraient bien de méditer l’aphorisme bien connu de Virgile. Que de conseils désintéressés, de recommandations affectueuses et de sermons paternels pour aider la droite « à se reconstruire » lui sont en effet prodigués par ses adversaires patentés depuis sa déroute aux élections européennes ! Une cohorte de médecins légistes, spécialisés en mort politique, s’affaire ainsi autour du quasi-cadavre des Républicains, dans une avalanche d’ultimes remèdes, de regrets larmoyants et de fausse désolation : « Ah, on vous l’avait pourtant bien dit que vous faisiez fausse route avec la ligne Wauquiez-Bellamy ! »

Et les commentateurs de plaider pour une droite ouverte, moderne, sociale, écologique, non sectaire. Car, « à courir après le Front national », l’échec était évidemment assuré au nom de « l’éternelle loi de la politique », récitée de plateau en tribune : on sait bien que « les Français préféreront toujours l’original à la copie ». CQFD.

Loi qui d’abord prête à sourire quand l’on sait qu’elle a été d’abord énoncée par un certain… Jean-Marie Le Pen. Qu’elle soit donc invoquée par ceux-là même qui atteignent très vite le point Godwin dès que « l’on parle comme le Front national » ne manque pas de sel et devrait inspirer davantage de prudence aux donneurs de leçons.

Loi d’autre part contredite par d’innombrables exemples où précisément l’emprunt de thèmes porteurs à un concurrent politique, cette fameuse triangulation chère aux communicants, a magnifiquement servi les prétendus copieurs : de François Mitterrand qui, en adoptant une rhétorique marxiste, a siphonné l’électorat du Parti communiste, au triomphe de Nicolas Sarkozy en 2007, sur le thème de l’identité nationale, infligeant au Front national son plus fort recul historique. Et que dire du succès d’Emmanuel Macron en 2017, dont tout le programme a précisément consisté dans la reprise des grands thèmes à la fois « de droite et de gauche » ?

Si seulement la droite était de gauche

Loi qui dispense enfin de toute analyse des raisons de fond de la déroute électorale des Républicains et la remplace par un wishful thinking qui tient au bout du compte dans une arrière-pensée inavouée : « Ah, si seulement la droite était de gauche ! »

Car il est surprenant, même si l’on ne les partage pas, de reprocher à la droite de porter les valeurs de liberté économique, de rigueur budgétaire, d’ordre social et d’identité nationale, qui constituent son logiciel historique depuis au moins Raymond Poincaré  jusqu’à Georges Pompidou. La présidence de Jacques Chirac oublieuse du programme du RPR des années 1980-1990 a marqué l’abandon dans les faits de ces valeurs pour adopter une politique très proche de celle de la gauche : étatisme économique, hausse continue de la dette et de la dépense publiques, accélération de l’immigration, etc.

Or le désir irrépressible d’un retour à l’esprit de la présidence Chirac semble bien caractériser nombre de discours tenus à droite, où les grands barons du chiraquisme, de Gérard Larcher à Christian Jacob, retrouvent une nouvelle jeunesse. La tentation, encouragée de toutes parts, titille à l’évidence la droite française.

Or ce pari est plus que risqué pour de multiples raisons.

D’abord la place est désormais prise par le macronisme, comme le démontre le ralliement à l’actuel chef de l’État de deux anciens Premiers ministres, dont « le meilleur d’entre nous » de la chiraquie, Alain Juppé. C’est que la droite modérée, comme on dit, trouve finalement son compte dans une politique pro-européenne, « pro-business », libérale en matière de mœurs, très accommodante sur le principe de laïcité et réprimant fermement la contestation violente des Gilets jaunes qui a tant effrayé l’électorat aisé. D’où le vote massif des beaux quartiers en faveur de LREM aux élections européennes.

Ensuite, François-Xavier Bellamy n’a pas perdu à cause d’un choix délibéré en faveur de la « droite Trocadéro » comme on le proclame urbi et orbi. La preuve en est que la tête de liste LR aux européennes est devenue l’une des figures les plus populaires à droite. L’analyse fine des intentions de vote montre que cette liste, après un très beau départ, s’est effondrée en toute fin de campagne, avec le retour au premier plan de la figure contestée de Laurent Wauquiez et la reprise d’un discours protectionniste et étatiste, incarnée par l’opposition sidérante à la privatisation d’ADP.

À quoi se sont ajoutées les polémiques sur les questions sociétales (avortement, cas Vincent Lambert). Malgré son grand talent rhétorique, François-Xavier Bellamy s’est laissé « cornériser » sur ces thèmes qui n’avaient rien à voir avec les élections européennes, alors même que LR était avec LREM l’un des deux seuls partis à offrir un discours clair et cohérent sur les vrais enjeux du scrutin.

Un espace politique entre Macron et le rassemblement national

Enfin et surtout, il existe toujours un espace politique large entre Macron et le Rassemblement national. Cet espace est celui du libéralisme, du vrai libéralisme politique et économique, bien différent des caricatures qui en sont faites en France, pourtant l’un des grands pays de son invention. Le Rassemblement national y est, on le sait, radicalement hostile ; mais à y regarder de près le macronisme en est lui aussi éloigné : d’inspiration saint-simonienne, il reste profondément technocratique, jacobin et autoritaire.

Que le premier geste des députés LREM à Bruxelles ait été de faire disparaître le mot « libéral » du nom de leur groupe parlementaire en est un signe clair. À quoi s’ajoutent, en un temps où les indicateurs en matière de délinquance et de radicalisation virent au rouge, de nombreux thèmes très porteurs dans l’opinion : la sécurité des citoyens et pas seulement des institutions ; la liberté d’expression et de conscience, la laïcité, la lutte contre la pauvreté, la décentralisation repensée et rénovée, l’égalité hommes-femmes pour tous et partout.

Autant de thèmes libéraux. Ou encore la redéfinition pragmatique (et non idéologique comme au RN) de la politique migratoire qui s’en prendrait d’abord aux dérives du droit d’asile, et non au droit d’asile lui-même. Qui rappelle, à droite, le coût exponentiel de ce dispositif ? Plus de 5 milliards d’euros en 2018.

La droite est en effet soit très discrète, soit très imprécise sur tous ces sujets. Et toujours sur la défensive. Il est vrai que sa forte tradition colbertiste la rend rétive à l’option libérale, alors même que la hausse continue des dépenses publiques, le jeu de bonneteau fiscal ou l’abandon de la réduction du nombre de fonctionnaires lui ouvrent un boulevard.

Elle se garde bien de l’emprunter et préfère pousser des cris d’orfraie à la moindre mesure d’économie ou de privatisation, quitte à s’allier avec ses pires ennemis et à désorienter son électorat. Comment s’étonner dès lors que la partie populaire de celui-ci écoute les sirènes du RN et la partie bourgeoise, celles de la macronie ?

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  • Pour que des idées émergent et sèment des petites graines dans la tête des gens, il faudrait aussi retrouver le temps long de la réflexion et de l’ action politique . Hors, le rythme effréné des scrutins en France engendre posture, clientélisme, démagogie, maladresse et confusion. Si la droite veut suivre une ligne claire et l’ établir pour longtemps dans l’ esprit de ses électeurs, elle doit asséner que l’ état avec elle reculera dans de nombreux domaines autres que le régalien, pour réaffirmer le régalien, ce n’ est pas très compliqué d’ en expliquer le bien fondé, sans se soucier des élections et sans en faire un slogan révolutionnaire. La révolution des patachons et autres pieds nickelés, il faut la laisser aux autres.

    • le rythme des elections n a rien a voir. Les USA sont plus liberaux que nous et pourtant leur president est elu tous les 4 ans (7 puis 5 chez nous). Leur congres tous les 2 ans (5 ans pour l AN)

      par contre c est sur qu avec une classe politique qui pense qu etre elue, on peut avoir des Chirac qui raconte une chose un jour et le contraire le lendemain (Chirac a ete gaulliste au debut, puis liberal citant comme modele Thatcher puis une fois elu president il fit une politique pas tres eloignee de celle de Mitterrand/Hollande)

  • Les rendez-vous avec Marion Maréchal ne sont sans doute pas un hasard…

  • pas d’accord , il n’y a plus d’espace pour une formation politique dont la moitié des électeurs et des élus sont partis vers le centre sous la bannière macronienne..
    c’est tres clair

    si les électeurs de droite n’en veulent plus c’est qu’il ne représentent plus la droite*

    celle qui représente le plus la droite libérale dans les idées c’est MMLP
    Soit la droite fait un accord de principe avec le RN et/ou MMLP soit ils sont morts..
    voila l’equation

    • Oui, LR ne représente plus la droite, car Wauquiez a totalement copié le RN qui est la quintessence de ce que les électeurs de droite détestent le plus : vous imaginez Bonaparte, De Gaulle, Chateaubriand ou n’importe lequel des Bourbons ou des Valois parler de « victoire du peuple » ?

    • pour un libéral, tout accord avec le FN et son délirant programme économique est inenvisageable.
      Le jour ou le RN réalisera que l’économie est mondialisée, que le modèle libéral est le seul qui marche, peut être la question pourra t elle se poser. Pour l’instant il préfère siphonner l’électorat populaire avec des propositions économiques collectivistes.
      Vous n’avez donc que peu d’espoir de convaincre le lectorat libéral de ce site de voter pour un Le Pen. Bref vous perdez votre temps ici

  • La derniere fois qu un candidat liberal s est presente aux elections, il a fait 5 % (c etait Madelin). Avec 8 %, les LR font encore presque le double 😉

    Le Probleme des LR est double. Le premier est un Probleme de personne. Pour incarner une nouvelle ligne il faut des hommes neufs, pas des gens qui sont la depuis 20-30 ans au moins genre Wauquiez, Gaudin, Jacob voire Sarkozy

    Au niveau de la ligne politique, les LR sont pris en etau entre le FN et Macron. C ets le meme Probleme que le PS pris entre melanchon et LREM. ET les 2 partis ayant aucune credibilite apres les trahisons a repetitions de leurs promesses

    En supposant maintenant que les LR adoptent le liberalisme. Quels seront leurs propositions ?
    Baisser les impots (mais lesquels ?)
    Mais comment baisser les impots sans baisser les depenses ?
    L auteur ici parle de l immigration et d un cout de 5 millards. Dans l absolu c est beaucoup d argent mais sur le budget Etat+securite sociale c est quasiment rien (meme pas 1 %)
    Le premier poste de depense (avec 25 %) c est le paiement des pensions. Qui ira proposer de baisser les pensions des retraités afin de baisser les impots ?
    Second poste de depense l assurance maladie. La encore, c est pas en ne remboursant pas l homeopathie ou une boite d antibiotique a 2 € (ca coute quasiment rien les antibiotiques) qu on va resoudre le Probleme. Qui va assumer de ne pas rembourser une Prothese de hanche a une grand mere ou de faire payer les parents du fameux Vincent Lambert pour le maintenir en Etat vegetatif ?

    En admettant que les LR

    • qui va proposer de décréter que hors régalien , les fonctionnaires soient embauchés en CDI et cotisent donc pour leur retraites

      • ca ne resoud rien a court terme. Il faut quand meme payer les pensions des retraités actuels (de Memoire c est quasiment 15 millions de retraités. meme si vous avez 1 millions de cotisant en plus, ca ne suffira pas pour equilibrer)

        • qu’on reduise leur retraite de 30% deja.. apres on verra

          • Bon courage pour vous faire elire si vous voulez faire -30 % sur les pensions de retraites

            Deja que les retraités ont hurlé quand ils ont eut une augmentation de la CSG de 2 % …

          • Avec un tel argument ceux qui voudraient éviter Macron et LREM vont vite changer d’avis. Ce ne sont salaires et pensions des fonctionnaires qui sont les problèmes, bien au contraire si l’on veut des gens qualifiés, la solution est de réduire leur nombre.

        • Il faudrait déjà commencer par quelque chose. Taper sur les seules retraites du privé n’a pas de sens. Il faut tout remettre sur le tapis.

    • L’analyse que vous faites tend à sous-entendre in fine que le libéralisme n’est pas réaliste car il se heurte, selon vous, à des impossibilités (baisser les impôts, baisser les dépenses). Vous avancez des arguments spécieux pour justifier votre position comme le font les politiciens de tous bords et l’immense majorité de la technostructure française (haute fonction publique, médias etc.)
      Je ferai plus simple en vous répondant par une comparaison :
      La France dépense avec 20 millions d’habitants en moins tous les ans 175 milliards d’euros de plus que l’Allemagne. Il doit bien y avoir une ou plusieurs solutions, non ?

      • non, je me place sur un plan electoral. Ce qui ne veut pas dire que c est impossible. Mais simplement que c est electoralement suicidaire

        Baisser les depenses (prealable a une VRAI baisse d impots) signifie faire enormement de mecontents. Et si vous tapez la ou il y a le plus de depenses (soins medicaux+pension retraite = 45 % des depenses) vous tapez en plein dans l electorat LR (majoritairement agé).
        Bon courage pour vous faire elire !

        C est pas pour rien que Fillon par ex avait proposé des meusres d economies sur la secu lors de la primaire mais les avait abandonné bien avant ses ennuis avec Penelope. On lui a fait comprendre que ca allait plomber sa candidature

        • On peut très bien modifier la structure des dépenses, et obtenir que les « mécontents potentiels » ne voient pas baisser leurs revenus, mais les voient basculer vers des systèmes plus efficaces, libérant de grandes marges pour baisser les prélèvements. Les mécontents sont alors les fonctionnaires qui n’ont que ces prélèvements pour raison d’exister, c’est donc dur mais faisable si on est déterminé et clair dans ses explications.

    • La dernière fois qu’un candidat libéral (économiquement parlant) s’est présenté aux élections c’était Fillon (bon on peu ergoter en disant qu’il n’est pas totalement libéral, mais disons que c’est ce qu’on avait eu de mieux depuis très longtemps)
      Malgré toute une batterie de casseroles et un charisme pas si évident, il a fait plus de 20% au premier tour. Donc oui, il y a largement du potentiel

  • Un des premiers fautifs de la dégringolade de LR dans les sondages est Sarkozy, élu en 2007 sur un programme et qui n’applique son programme ensuite et nomme même des ministres comme Kouchner. MLP quand elle taxait l’UMP de UMPS n’avait pas tort. Alors si LR veut regagner le coeur des Français, il doit afficher une ligne claire conservatrice libérale et s’y tenir.
    Sinon ce sera Marion Maréchal qui prendra la place de de LR en changeant simplement le programme économique de RN en libéralisme.

    • Sarkozy a trahi Chirac pour faire comme macron.. macron a trahi hollande pour faire comme Sarkozy..
      macron est un Sarkozy de gauche qui gouverne au centre ..

      « ce sera Marion Maréchal qui prendra la place de de LR en changeant simplement le programme économique de RN en libéralisme. »
      j’achete

      • Moi aussi, mais que le libéralisme ne soit pas seulement économique, qu’on retrouve nos vieilles libertés françaises.

  • Déjà si la dite droite reprenait l’avis des nombreux sympathisants qui se sont exprimés pour le programme Fillon ce serait un bon début. À noter que les électeurs seraient re-considérés; un vote organisé n’étant pas forcément fait pour s’y assoir dessus au grès des états d’âme du moment des états-majors. Les électeurs votent pour un programme à long terme qu’ils estiment bénéfique pour leur condition de vie et de travail. Ils attendent qu’on s’y tienne sans re-inventer la roue.

    • Je suis plutôt d’accord. Le score de François Fillon au premier tour de la Présidentielle (environ 20%) malgré le matraquage quotidien de la presse à son encontre devrait faire comprendre aux LR que le programme de François Fillon (dont la mesure principale était une forte baisse des fonctionnaires) était peut-être pas si mal. Je reste persuadé que s’il avait eu l' »élégance » de se retirer pour un de ses proches soutiens (Baroin ou autre), les LR auraient été au second tour et n’en seraient pas là aujourd’hui.
      Mais bon, devons-nous encore attendre une quelconque « classe » de la part de nos hommes politiques…

      • Je n’arrive pas à comprendre cet engouement pour Fillon, qui était un vrai étatiste, un vrai escroc et un vrai conservateur, mais un faux libéral.
        Il a été premier ministre pendant 5 ans et à part pleurnicher sur la ruine de la France, n’a rien libéralisé, a bien vécu sur la bête et a planté son parti en pensant s’en tirer comme d’autre avant lui.

  • Ha bon pour combattre les troupes macronistes il faudrait des idees liberales…..il faut avant tout des combattants autour d’un capitaine pas le radeau de la meduse apres 6 mois de mer !

  • De tous ceux qui nous ont gouverné à Droite, seul Alain Madelin a fat preuve de libéralisme.Il a d’ailleurs vite été écarté par le couple Chirac/Juppé avec les quels ses vues et idées ne correspondaient pas du tout

  • Je pense que l’auteur décrit bien les enjeux; La question est de trouver les « hommes » capables de construire une pareille politiques .
    Vu la médiocrité de tous, tout partis confondus, cela semble peu possible . Il ya avec la presse et le « deep state » un handicap permanent à une telle volonté.

  • Quand bien même ils renoueraient avec ces valeurs (si ils les ont eu un jour?),encore faudrait-il les appliquer si un jour ils retrouvent le pouvoir!

  • la droite française n’a pas de racine libérales…

  • Trop libre, financé a 75% par l’argent des autres, ose nous parler de libéralisme.

    J’attends avec impatience un article sur le capitalisme. De connivence bien sûr.

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