L’effet Bellamy, le fiasco Loiseau ?

Nathalie Loiseau, candidate du parti La République en marche, lors du Grand oral #PlacedelaSanté le 11 avril 2019 — Mutualité française, CC BY-NC-ND 2.0

L’effet Bellamy va-t-il amplifier ses effets et le fiasco Loiseau sa nuisance ?

Par Philippe Bilger.

Il ne faut jurer de rien et les élections européennes du 26 mai auront un résultat qui peut-être contredira les lignes de force d’aujourd’hui.

Celles-ci placent les listes de LREM (conduite par Nathalie Loiseau) et du RN (Jordan Bardella en tête de liste) quasiment à égalité (22 %) ou bien font dominer l’une ou l’autre de très peu.

La liste LR (menée par François-Xavier Bellamy) étant pour l’instant encore nettement distancée par les deux autres puisqu’elle fluctue autour de 14 à 15 % (Euro-Rolling Sud Radio).

Cependant c’est déjà une heureuse surprise pour Laurent Wauquiez et son équipe parce qu’initialement ils n’excluaient pas le pire, qui aurait été de demeurer à un étiage de 7 à 8 %, et que surtout la droite s’assumant a trouvé avec FXB une personnalité qui lui offre à la fois la fermeté des convictions, la finesse de l’argumentation et le bonheur d’une forme et d’une intelligence respectées par tous.

Cette aptitude à une expression en même temps courtoise et décomplexée est sans doute l’apport spécifique de FXB.

Confirmation de l’effet Bellamy

Quel avantage dans un monde politique qui ne brille pas par la considération des adversaires même quand ils le méritent et qui enlève à la droite conservatrice ce qu’elle pouvait avoir de rugueux et parfois de simpliste.

Cette embellie est confirmée puisqu’il semble que des maires de droite « Macron-compatibles » – notamment Arnaud Robinet, Christian Estrosi et Jean-Luc Moudenc – ont rejoint leur territoire natal, leur ancrage naturel. L’effet Bellamy existe, il se prouve chaque jour.

Le fiasco Loiseau demeure encore, heureusement pour elle, une interrogation.

Après qu’elle a été victime de polémiques dérisoires au sujet desquelles elle s’est très mal défendue, on a eu l’impression que pour mille raisons personnelles et politiques – manque de charisme, peu d’aura médiatique, verbe inadapté et projet européen se faisant attendre – sa liste se délitait et qu’elle était responsable à elle seule de cet insensible mais constant déclin.

Le Premier ministre à Caen puis le président de la République lors d’une visite surprise à certains membres de sa liste à Paris au restaurant du Palais de Tokyo lui ont apporté leur soutien. Cette double démarche révélant une lucidité apitoyée et comme l’obligation d’un sursaut va-t-elle être bénéfique à Nathalie Loiseau ou au contraire la couler davantage ? (Le Figaro)

Car on a besoin de soutenir seulement ce qui tombe ! On vient au secours d’une candidate parce qu’elle ne sait pas « faire » et, pour elle, ce pourrait être presque humiliant. Cette intervention politique du très haut niveau est comme celle de pompiers tentant d’étouffer les débuts d’un incendie.

L’autorité de Macron ébréchée

On comprend bien le souci d’Emmanuel Macron de faire gagner sa liste parce qu’il y va de son autorité et de son influence déjà ébréchées en Europe mais avec une double conséquence négative : la cause européenne va être reléguée au second plan et la possible défaite de la liste Loiseau sera celle du président. Et donc, dans ce cas, sa légitimité injustement contestée par certains Gilets jaunes sera davantage mise à mal, sur un plan infiniment plus acceptable.

L’effet Bellamy va-t-il amplifier ses effets et le fiasco Loiseau sa nuisance ?

Il est clair que le président de la République n’a pas besoin de l’échec européen d’un jour qui plomberait les trois années de mandat qui lui restent en France.

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