Climat : plus dangereux que le réchauffement, la panique morale qu’il crée

L’hystérie grandissante sur le changement climatique est un risque bien plus important qu’un hypothétique réchauffement qui contredit toutes les théories raisonnables.

Par Olivier Maurice. 

Officiellement, nous vivons en 2019. Scientifiquement, nous vivons en 11 700. Il y a en effet 11 700 ans que s’est terminé la dernière glaciation qui avait amené la calotte glaciaire jusqu’à Manchester et Cologne et qui avait coupé l’Italie du reste de l’Europe par un immense glacier recouvrant toutes les Alpes. Nous sommes actuellement en l’an 11 700 de l’Holocène. Ou si on se réfère à la durée de la dernière période interglaciaire, nous serions en -2300. Deux mille trois cents ans avant le début présumé de la prochaine glaciation.

Considérant les marges d’erreur et les fluctuations précédentes, nous pouvons tout aussi bien être en -1000 avant le prochain hiver glaciaire. Moins mille, ou même – 50, car ce dont on est certain c’est que les précédentes glaciations ont été très soudaines, faisant baisser la température moyenne de plus 10 degrés en quelques siècles. Ce dont on est certain également, c’est que nous sommes dans une période chaude depuis plus de 10 000 ans, plus chaude que la moyenne des 500 milliers d’années précédentes de 5 à 8 degrés. Mais aussi que ces périodes chaudes ne sont que de courtes transitions dans une ère glaciaire qui dure depuis plus de 2 millions d’années.

L’hiver arrive, c’est une quasi-certitude. Mais quand ? Cela reste à déterminer.

Scientifiquement, c’est à peu près tout ce que l’on sait sur le climat. Le reste, tout le reste, du possible réchauffement climatique aux causes de celui-ci n’est absolument pas scientifique.

La science est une méthode

La méthode scientifique dans sa définition actuelle est l’objet d’un quasi-consensus (le bannissement de la certitude faisant partie de cette méthode, il est absurde de parler ici de vérité) : elle consiste à évaluer des cycles successifs où une théorie permet de faire des prédictions, ces prédictions permettent de construire une expérience et l’observation des résultats de l’expérience, si ils sont reproductibles, permet de valider, d’invalider ou de modifier la théorie.

Cette méthode nous indique donc une seule chose avec une totale certitude : il est impossible de valider ou d’invalider une théorie sans avoir recueilli les résultats d’une expérience au moins une fois.

Si l’on considère que l’ère interglaciaire dans laquelle nous vivons durera aussi longtemps que les ères interglaciaires précédentes (qui sont toutes plus ou moins de la même durée pour les 7 précédentes que les scientifiques ont pu reconstituer) alors il est quasiment certain que l’hiver arrive, et qu’il arrive bientôt.

Nous sommes effectivement dans un pic de température global, pic auquel il a toujours succédé depuis un demi-million d’années une période froide bien plus longue, ces cycles étant parfaitement expliqués par l’astrophysique.

Causes et effets

La méthode scientifique définit également ce en quoi consiste le principe de causalité. Si un événement provoque un autre événement, il y a un sens dans la relation de causalité : la cause précède toujours l’effet qu’elle produit. L’eau bout dans la casserole après qu’on ait allumé le feu sous celle-ci.

Or les observations des précédentes périodes glaciaires nous indiquent avec certitude que si le taux de CO2 est bien plus important pendant les périodes chaudes, celui-ci a augmenté dans l’atmosphère en moyenne 800 ans après la fin de chaque période de glaciation. Cette observation nous indique donc que l’augmentation de CO2 est une conséquence des précédents réchauffements climatiques : un effet et non une cause.

Un effet ne peut pas être également une cause. Car dans le cas contraire, il se produirait un phénomène d’emballement qui ne s’arrêterait jamais : la cause produisant l’effet qui produit la cause, etc. Chauffer l’eau de la casserole n’attise pas le feu sous celle-ci, car si cela était le cas, la température ne ferait qu’augmenter sans jamais s’arrêter.

La théorie la plus raisonnable est donc que l’augmentation du taux de CO2 dans l’atmosphère ne provoque aucune augmentation de la température globale mais en résulte.

Adaptation et progrès

Les colonisations des diverses parties de la planète sont intimement liées aux changements climatiques. Les glaciations, les baisses et hausses du niveau des océans, les créations de déserts etc. changent régulièrement les paysages et entraînent migrations des populations et évolutions génétiques des espèces. Animales, mais aussi humaines. La colonisation de l’Asie puis du reste du monde par Sapiens et le recul des populations précédentes comme Néandertal commencent lors du début de la dernière glaciation il y a 100 000 ans, le passage du détroit de Behring, de la Manche, la colonisation des îles d’Indonésie n’ont été rendu possibles que par la baisse du niveau de la mer, etc.

La fin du paléolithique, c’est-à-dire le début de l’histoire, le début de la sédentarisation, de l’agriculture, de la spécialisation des tâches, du commerce, de l’écriture, tout cela se produit à la fin de la dernière période de glaciations, il y a 11 700 ans.

Ce sont les changements climatiques qui ont créé l’espèce humaine.

La succession de changements climatiques a agi comme un carburant au progrès et a permis l’émergence de l’espèce humaine qui est devenue au fil des ans de plus en plus intelligente. Ce progrès n’est pas nouveau, depuis les âges les plus reculés, l’histoire de la vie va dans le sens de la complexification. Il faut certes du temps, la nature se fourvoie parfois dans des impasses, mais le constat est sans appel : l’évolution choisit implacablement les plus adaptés et les plus adaptables.

Pourquoi donc tant de fureur ?

Pour résumer : si on s’en tient à ce que nous nous constatons sur les deux derniers millions d’années, le climat va bientôt se refroidir et ce refroidissement sera bénéfique.

Ce scénario, c’est la thèse réaliste sur le climat, la seule qui soit basée sur une théorie scientifique corroborée par l’expérience. Bien sûr, on a tout à fait le droit, voire même le devoir, d’être sceptique, de penser qu’un autre scénario se produira et de confronter ce scénario aux faits qui viendraient par l’expérience accréditer cette théorie.

Mais ce que nous constatons aujourd’hui est un total renversement de sens : le réalisme serait de croire au réchauffement anthropique et le scepticisme de croire à un scénario catastrophe totalement à l’inverse de ce que toutes nos observations nous indiquent.

Douter est salutaire, transformer le doute en certitude peut se révéler extrêmement néfaste, bien plus que la catastrophe que l’on prétend prévenir. Il est raisonnable d’évaluer les risques, mais dans ce cas, il faut également évaluer les opportunités ; il faut considérer les faiblesses, mais aussi les forces qui permettraient de profiter d’un tel évènement, car l’un ne va pas sans l’autre.

L’échec total du GIEC

Le GIEC a donc été créé en 1988 dans le but de rationaliser ce débat et d’éviter ainsi que celui-ci ne se transforme en hystérie collective : proposer une vision claire et pondérée des possibilités d’évolution du climat.

Mais ce n’est absolument pas ce à quoi le travail du GIEC a abouti. Ses conclusions sont uniquement à charge, vont uniquement dans le sens d’un déséquilibre Nord-Sud, n’évaluent que les risques et ne proposent aucune solution pour mitiger ceux-ci et les transformer en opportunités, à part l’arrêt brutal des activités humaines et la diminution drastique de la population.

Le GIEC fait exactement le contraire de ce pour quoi il a été créé et a ainsi dépossédé non seulement les décideurs politiques mais tous les citoyens de leur liberté d’évaluer eux-mêmes la réalité. Transformé en amplificateur des revendications politiques et économiques des pays en voie de développement, certes les plus susceptibles d’être impactés négativement par un réchauffement climatique, il a ouvert un boulevard aux mouvements écologistes et à leur utopie totalitaire. Loin de calmer les esprits, il a totalement hystérisé le débat.

Le pays des merveilles

L’environnement va changer, parce qu’il a toujours changé. S’il ne change pas demain, il changera un jour, si ce n’est à cause du climat, ce sera à cause d’un autre facteur : augmentation ou diminution de la population, abondance ou pénurie de ressources, éruption volcanique, collision avec un astéroïde, épidémie, sans compter les guerres et les risques industriels… Les populations, humaines, animales et végétales vont devoir s’adapter, parce qu’elles n’ont aucun autre choix. Les autorités vont devoir remplir leur rôle et gérer au mieux les crises.

Ce mouvement est salutaire, c’est la base même de la vie, de l’évolution, du progrès.

Par contre, faire croire que l’on peut arrêter le temps et que l’on peut promettre aux individus un futur radieux en figeant un Âge d’or éternel est totalement mensonger. C’est se bercer d’illusions et gaspiller ses forces dans un combat à la fois perdu d’avance et extrêmement dangereux car il augmente la fragilité face aux risques, sans parler qu’il permet l’émergence de théories fumeuses au  contenu moral plus que douteux : la rhétorique a toujours su justifier les pires crimes sous prétexte de nécessité.

Hystériser le débat est une faute grave : on n’a jamais résolu aucun problème avec de l’indignation, de la panique et des contritions. Crier tous les jours au loup n’aboutit d’ailleurs qu’à un seul résultat : rendre l’alarme totalement inopérante le jour où le loup arrive.

Cette faute est encore plus grave quand elle provient de l’autorité dont le rôle est justement de calmer les passions et de tenir fermement la barre quand une tempête arrive. Elle devient totalement inexcusable quand ce sont des responsables politiques qui la commettent, que ce soit par idéologie, par conviction ou par pur calcul électoraliste.