Les urgences en grève

Le nombre d’urgences hospitalières a doublé en l’espace de cinq ans, en partie à cause de la désertification médicale de la ville et de la politique de santé.

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Les urgences en grève

Publié le 18 avril 2019
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Par Bernard Kron.

L’hôpital est à bout, surchargé par l’afflux aux urgences et la pénurie de médecins bien formés. L’État est responsable de cette dérive en mettant de plus en plus de contraintes sur les médecins libéraux et hospitaliers.

Avec une petite équipe en libéral nous avons assuré plus de 130 000 urgences de toutes catégories en clinique privée, mais les normes ont conduit à sa fermeture.

Le nombre d’urgences hospitalières a doublé en l’espace de cinq ans, en partie à cause de la désertification médicale de la ville et de la politique de santé ; dans mon livre Chirurgie, chronique d’une mort programmée j’ai décrit les raisons de cette dérive :

 En voici des extraits :

«… Il a dépassé le chiffre de 20 millions de passages par an et atteindra plus de 25 millions en 2019. Le coût moyen par urgence est de plus de 250 euros selon la Cour des comptes. Les urgences sont devenues le monopole des… urgentistes, ce qui entraîne parfois de longs retards dans l’appel du chirurgien. Des catastrophes sont à la clef, tant en traumatologie qu’en chirurgie viscérale. Ces médecins urgentistes polyvalents sont parfois diplômés dans cette spécialité mais ils sont rarement qualifiés en traumatologie ou en pathologie abdominale.

Dans une autre vie, le chirurgien libéral formé dans les assistances publiques et dans les CHU prenait en charge directement ces urgences sur simple appel téléphonique. Les cliniques privées non agréées ne peuvent pas être rémunérées pour cette prise en charge.

Les patients s’adressent alors à l’hôpital où les soins sont gratuits avec le tiers-payant généralisé. Les praticiens libéraux, pour assurer les urgences dans le privé devront s’engager à pratiquer des tarifs sans complément d’honoraires pour tous les autres patients, ce qui n’est pas acceptable. Ils sont mis en grève pour protester.

Les internes sont devenus des Docteurs Juniors sans responsabilités. Qui dans ces conditions demain acceptera d’assurer les gardes de chirurgie ?

L’allègement des contraintes administratives des établissements privés permettrait de maintenir un réseau d’offres à larges mailles, ce qui soulagerait l’hôpital et permettrait de consacrer les chirurgiens hospitaliers à une véritable garde. La réorganisation de l’hôpital n’a rien prévu dans le domaine de l’urgence ».

 J’ajoute que l’Externat et l’Internat, compte tenu de la mauvaise réforme des second et troisième cycles, aggraveront encore ce drame car ils ne sont pas préparés à les prendre en charge.

Ce sera un des sujets de l’émission sur Sud Radio le 7 Mai à 12 h 30 dans le face à face avec André Bercoff.

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  • la solution est simple.
    Plus de 35h , plus de RTT , et faire payer les urgence 25 euros la consultation

    • de cela je doute pourquoi pas 25,56?
      en revenir à la notion d’urgence..
      on peut considérer que recevoir toute personne en détresse indépendamment de sa capacité à payer est une mission de service publique..
      donc que l’etat se retire de la gestion de la médecine, et qu’il délègue la mission au privé en discutant annuellement les modalités et le prix qu’il est prêt à payer.
      ou aller voir des système qui marchent mieux… MAIS la France est en voie d’étatisation totale , il serait bizarre que les conséquences de l’étatisation n’apparaissent pas partout.

      alors peut être l’etat va il mettre plus de sous dans les urgence…en créant des problèmes ailleurs.. ça reste un des trucs des pays communistes ou tyranniques ,avoir des activités de façade clinquante au détriment du reste…

      tout est faussé…on sait juste que les gens sont démotivés à bosser..

      • tout ce qui est fonctionnarisé fonctionne comme l’URSS et avec la meme efficacité..
        Les urgences existent partout sur la planete , regardons ce qui se fait ailleurs , et qu’on délègue la gestion des urgence au privé
        çà marchera beaucoup mieux

        • Un médecin pour 300: habitants
          La disparition du numerus closes ne résoudra rien. Comment former les futurs médecins ?

          • Il y a trop de médecin en France. On a une médecine collectiviste et on a les médecins qu’on mérite.
            Les ouvriers russes disaient qu’ils étaient mal payés, mais bien payés pour le travail qu’ils faisaient.
            Quand la médecine sera libéralisée, les médecins devront fournir de la vraie valeur ajoutée, et non des certificats de maladies et autres renouvellement d’ordonnance.

            • Le meilleur indice de qualité de la Médecine est l’espérance de vie au delà de 65 ans . On est mauvais mais c’est le seul domaine où on est encore les premiers.

      • On pourrait très bien imaginer que l’on envoie aux gens une facture si leur cas ne relève pas de l’urgence. Rien n’est gratuit.

  • Vous nous décrivez les urgences saturées par des demandes d’ actes médicaux lourds, mais sur ces 20/25 millions de passages combien auraient pu être traités par des généralistes de cambrousse? Eux qui savaient même assister un accouchement à domicile? ( Plus besoin de maternité à ce compte là). Eux qui n’ organisent plus les gardes du weekend?
    Je trouve que même les toubibs ne prennent plus de responsabilité. Serment d’ Hippocrate mon c…l. Avant d’ avoir un problème avec l’ Etat, vous avez VOUS un problème dans l’ exercice de votre profession et de votre formation.

    • Tout est dit…… mais nos chers petits bambins à qui l’on cède tout n’acceptent plus adultes d’attendre

    • je ne suis pas médecin, mais la mon gars tu divagues..
      accepterais tu, toi, après 10 ans d’études, de bosser 80h par semaine sur les routes pour assurer des cs en campagne ou dans des quartiers pourris, pour une rémunération la plus basse d’europe? Pourquoi se charger de responsabilités, d’éventuels procès en cas d’erreur, et laisser sa propre santé? Avec la sécu qui te casse les c… sans arret et les patients qui croient avoir un cancer à chaque pêt? Dans leur immense majorité les toubibs respectent leur serment, et le système tient encore grace a leur dévouement

    • ah les castes…y’en a beaucoup en France

  • Cet article est d’une pertinence totale, comme disait un ami il n’y a pas d’urgence il n’y a que des gens pressés
    Au Canada cela fait des décennies qu’il y a un régulateur qui définit urgence ou pas. Ces derniers doivent se diriger vers la médecine de ville.
    Il existe en Europe des skill LAB en français laboratlire de gestes techniques où l’on apprend aux étudiants à recoudre……etc
    Cela évite de longues attentes à l’hôpital
    Je pense que la TV a fait beaucoup de mal avec des séries comme urgence qui n’a aucun recul sur la réalité de la médecine de tous les jours

  • je me souviens avoir été aux urgences après avoir embrassé le cul d’une voiture à moto..erreur d’inattention j’avais tout faux..j’ai poireauté 2h attaché à une civière sans bouger avec minerve pour les entendre dire que je n’avais rien alors que je leur avais déjà dit ça sitôt les pompiers arrivés, j’avais juste fait un roulé boulé par dessus la bagnole et m’étais relevé dans la foulée…bref ce jour là j’ai douté de leur propension à écouter..

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Paraphrasons : personne ne sait comment fabriquer un comprimé de Doliprane…

Hier, le grand Milton Friedman prenait l’exemple du crayon jaune, afin d’exposer sa vision du libéralisme.

https://www.youtube.com/watch?v=SDUB4Pw39sg

 

Hélas, je ne dispose ni de son talent, ni de sa vision. Je ne suis qu’un chirurgien de province mais cela m’offre un minime avantage : les inconvénients, je les vis. J’ai même le nez dans les diverses ruptures de stock dont souffrent plus cruellement les patients qui comptent sur un sy... Poursuivre la lecture

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