Ford a payé : la leçon à retenir de la fermeture de Blanquefort

Ford a payé pour sortir de la crise « Blanquefort ». Cela ne règlera pas le problème du chômage en France.

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Ford a payé : la leçon à retenir de la fermeture de Blanquefort

Publié le 27 mars 2019
- A +

Par Xavier Fontanet.

Vingt millions d’euros sont demandés à Ford pour réindustrialiser dans le cadre du plan de fermeture de son usine de Blanquefort. Ford paiera. Mais notons au passage que la somme est significative, surtout quand on sait que les assurances chômage ont été dûment acquittées. Certes, ces 20 millions faciliteront le reclassement des salariés. Mais en réaction, les groupes internationaux qui pensent investir en France auront ces chiffres en tête et réfléchiront à deux fois avant d’appuyer sur le bouton. Ils iront évidemment regarder ce qui se passe chez nos voisins immédiats.

Une revue anglaise vient de sortir des statistiques montrant que tous ces pays ont réduit considérablement leur chômage depuis dix ans, sauf la France. Le champion toutes catégories est la Suisse, où ce dernier a encore baissé de 20 % cette année, à 3,2 % de la population active, ce qui représente 150 000 chômeurs. Si l’on regarde de plus près, la Suisse fait appel à 300 000 frontaliers, dont la majorité viennent de France. Son chômage est donc négatif alors que son taux d’emploi est à 80 % (il n’est que de 64 % en France) et que les salaires y sont doubles des nôtres en moyenne. Une fermeture comme celle de Blanquefort s’y réglerait en moins de trois mois sans y consacrer le moindre euro.

Où est le secret d’une telle performance ? Probablement, et c’est un paradoxe, dans la concision et la simplicité du droit du travail de ce pays, qui contient environ 100 fois moins de pages que le nôtre et dans les messages qu’il passe ; l’employeur n’a pas à justifier une décision de licenciement ni à réindustrialiser la région s’il ferme une usine. Il doit simplement payer des indemnités selon un barème préétabli.

Regardons autour de nous et tirons les bons enseignements : le pays qui a le moins de chômage et les salaires les plus élevés est celui qui a l’environnement le plus simple et le plus lisible.

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  • Les mauvaises langues diront que Ford était prêt à payer pour pouvoir quitter la France, dans le cadre de son programme de réduction de coûts 2017-2022.

  • la devise de la France , ou plutôt de ceux qui la dirige : pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué …..et puis , il faut bien faire bosser les 5 millions de fonctionnaires ; quoi de mieux que de tout compliquer et de fait d’emmerder les Français jusqu’à la gauche…..

  • avec de telles decisions faire payer 20 millions pour qu’un groupe aille s’installer dans un pays moins rigide, et moins taxateur on est sur d’attirer les investisseurs.
    pauvre France dirigée par des tristes clowns incapables et bornés accrochés a leur education socialiste et vacciné au « faisons payer et tout ira bien » , cumulant déjà une dette record et continuant à l’accentuer jusqu’ou iront ils .
    Avec un prétentieux formaté au dogme socialiste a notre tète on est pas sorti du chomage !
    depuis hollande les grands groupes ayant fuit la France se comptent par dizaine , et jupiter continue , bravo !
    si de grands groupes comme FORD préfèrent payer une telle somme, c’est qu’il ont grand avantage a quitter un pays improductif champion des taxes.

    • L’objectif n’est pas celui d’un peuple libre et prospère mais d’esclaves tenus en laisse par les tickets de rationnement

  • qu’on n’aide plus le entreprises a l’installation deja.. et les laisser partir quand elles le doivent ..
    la france adore sponsoriser les canards boiteux avec le fric du contribuable

  • 20 millions de rançon : l’attractivité de la France s’apprécie à sa juste valeur.

    • faut y déduire les aides du contribuable français.

      • Depuis 1971 que Ford est installé dans cette usine, les subventions ont été largement remboursées par la montagne de taxes payées.

        Mais il est vrai que le cas est exemplaire de l’insondable stupidité des hommes de l’Etat obèse quand ils se prennent pour des stratèges industriels, alors qu’ils sont naturellement irresponsables et incompétents dans ce domaine puisque ce n’est pas leur argent personnel qui est en jeu mais seulement l’argent des impôts.

  • M Fontanet enfonce des portes ouvertes,tout le monde sait ça depuis longtemps…Sauf que la France….ses syndicats,sa fonction publique,ses politiques minables

  • C’est juste le montant de la taxe et autre subvention qu’ils ont du toucher ou être exempter.
    Dans tous les cas c’est juste une preuve du capitalisme de connivence entre l’état et les entreprises qui ne provoquent que de la misère dans la population.
    Après qu’elle image encore une fois renvoyer mais pas celle que l’on croit « voter pour moi je taxe les grands groupe ». Les grands groupe ne sont pas dupe , ils savent très bien arroser l’arroseur , tant qu’il y a de l’eau …
    Après pour la suisse, la différence est principalement au niveau de la formation. Le droit du travail oui mais ca fait pas toute la différence.
    Le niveau de culture et de liberté économique est bien plus élevé et forcement ça profite a tous le monde…

  • Mouais, General Electric a bien payé 50 millions pour ne pas avoir conservé 1000 postes chez Alstom. C’est toujours pas vraiment cher pour ne pas tenir ses engagements. Au suivant…

    • @ vitevu
      C’est juste un calcul à faire: combien je paie si je pars et combien j’épargne si je reste: si le jeu en vaut la chandelle, je pars!

    • Correction : pour ne pas avoir créé mille postes, malgré un milliard d’investissements, suivi d’une vente à perte, perte en partie causée par le gouvernement français qui pousse les énergies vertes, déstabilisant ainsi le marché des turbines à gaz

  • Le problème au final c’est pas la fermeture de Ford.
    C’est uniquement l’emplois si les charges et autre subvention n’existait pas , les employés retrouverait du boulot le lendemain mais la du fait qu’on a fait de l’état socialo les employés en payent les conséquence comme d’hab…
    Quand allons nous comprendre qu’on laisse les entreprises bosser.

  • La technique suisse est imparable, en particulier en France, mais aussi pour les filiales dans d’autres pays centralistes.
    La filiale française est , après de très discrètes tractations, vendue pour une somme symbolique à un tiers, avec promesse de maintien du niveau des commandes de la maison mère pendant 5 ans; libre au repreneur de se diversifier pendant cette période.
    Ensuite cette ex-filiale est mise en concurrence et peut éventuellement continuer à façonner pour l’ancien propriétaire; ou pas…

    Ni l’état, ni les syndicats ne mouftent.

  • Vous êtes bien gentil mais vous semblez oublier que Macron à balayé l’idée d’un revers de main : « Le modèle Suisse, c’est pas pour la France ». Si les français voulaient aussi avoir un taux de chômage négatif, et des gros salaires, ils sont priés de circuler, il n’y a rien à voir…

  • Les commentaires sont fermés.

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