Taxe Netflix : oh, encore une taxe utile, pertinente et populaire

La taxe Netflix rapportera 10 millons d'euros et rendra plein de citoyens français fort heureux de voir le service américain se renchérir artificiellement.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Taxe Netflix : oh, encore une taxe utile, pertinente et populaire

Publié le 1 mars 2019
- A +

Ce vendredi, c’est sûr, le mois de février est bien terminé, et à la fin du mois (ou au tout début du suivant), on en profite parfois pour distribuer un petit bonus. Ce mois-ci, c’est le Cinéma De La République Française du Bisounoursland qui décroche la timbale : 10 millions d’euros viendront abonder les caisses de l’État en provenance directe de Netflix et pourront donc aller dans les popoches du fabuleux petit monde du cinéma français.

On apprend en effet, suite à un entretien, que Frédérique Bredin, présidente du Centre national du cinéma et de l’image animée (CNC) a accordé récemment au Figaro et résumé dans ce petit article de BFM, que la taxe vidéo de 2 % sur le chiffre d’affaires réalisé en France et imposée aux plateformes comme Netflix et YouTube va rapporter environ 10 millions d’euros pour l’année 2018.

Si ce n’est pas une fortune (et cela reste certainement moins que les 140 millions récupérés sur le dos des salles de projection et des 290 millions sur celui des chaînes télé), cela réjouit la présidente qui trouve particulièrement malin et intelligent d’intégrer ainsi les GAFA dans le système français de ponctions diverses et variées.

L’extension puis l’augmentation de cette taxe sur les nouveaux acteurs de la diffusion de films et de séries en France montre en tout cas la bonne santé de ces derniers, là où, a contrario, on sent nettement que les mastodontes déjà installés (à commencer par la télévision) subissent doucement mais sûrement l’érosion de leur marché provoquée par les nouveaux entrants.

Tout ceci est bel et bon, et on pourrait, comme la présidente du Centre National des Images qui Bougent Grâce À Vos Sous, s’enthousiasmer niaisement de l’augmentation inéluctable de la ponction sur Amazon Prime, Netflix et Youtube qui ne manquera pas d’arriver dans les prochaines années, pendant que la redevance télé, elle, continuera sa marche vigoureuse vers de nouveaux sommets fiscaux. Ou on pourrait noter, comme d’autres sur Twitter par exemple, que tout ceci sent une fois de plus la mise en place d’un racket dont seuls les inutiles et les incompétents seront les vrais bénéficiaires.

Avec la mise en place de cette taxe, tout se déroule en France comme d’habitude : un secteur, dont l’immobilisme et la sclérose mortifère s’expliquent d’autant mieux qu’il est déjà lourdement subventionné, se met à battre mollement de l’aile. Ses principaux bénéficiaires, sentant le manège ralentir alors que de nouveaux entrants, vigoureux et innovants, gagnent rapidement des parts de marché, en appellent évidemment à l’État pour « réguler » tout ça (comprenez : taper sur les nouveaux). Le consommateur se retrouve alors dans la situation de devoir à la fois payer les subventions du secteur moribond et les nouvelles taxes sur le secteur qui va le remplacer.

Sans compter la myriade de distributions sociales diverses qui serviront d’amortisseurs de ce terrible changement qui, grâce à tous ces efforts concertés, traînera des décennies là où l’affaire aurait été réglée en quelques années et où tout le monde y aurait retrouvé ses billes très vite.

Cela marche pour les taxis, les VTC et Uber. Cela fonctionne avec le secteur du cinéma. On peut garantir sur facture qu’il en ira de même lorsque les premiers véhicules autonomes ou toutes autres innovations feront leur apparition au Royaume de Taxatouva.

Autrement dit, les consommateurs se ruent sur Netflix plutôt que sur le cinéma français. Le streamer américain gagne d’autant plus que le cinéma français perd. Vite, faisons intervenir l’État pour arranger tout ça : en deux temps, trois mouvements, l’abonnement Netflix va augmenter pour compenser cette taxe.

Pour les politiciens, tout ceci est à la fois utile, pertinent et populaire. Dès lors, aucune raison de se restreindre, hein ?

Et c’est vrai que cette taxe sera utile : comme on l’a compris, elle permettra à Netflix de faire survivre ses concurrents boiteux, et faire perdurer un medium, la télévision, dont la population se détache progressivement au grand dam des politiciens qui ne pourront plus l’utiliser comme moyen pratique de diffusion unilatérale de leur parole.

Comme toute taxe, elle sera évidemment pertinente et bien pensée, et ce d’autant plus que certains abonnements Netflix sont maintenant payés grâce au Pass Culture, lui-même financé par une autre taxe finement ouvragé dans la dentelle fiscale française que nos députés, nos sénateurs et nos ministres brodent à un rythme de plus en plus soutenu. Tout observateur lucide comprend la pertinence de ce jeu de vases communicants ; l’État montre ici encore qu’il n’est qu’un gros bébé de plus en plus idiot, passant sa bouillasse de marmites en marmites et qui en renverse copieusement des lichettes à chaque manipulation, tout en braillant à qui veut l’entendre qu’il travaille très fort et très dur à cette tâche imbécile.

Enfin, comment ne pas se rappeler de tous les secteurs essentiels, de tous les commerces, toutes les spécialités qui furent maintes et maintes fois sauvés du désastre par un impôt, une taxe ou une interdiction ? La liste est longue (et je ne vais pas encombrer mes lecteurs avec) de ces réussites fiscales tonitruantes qui justifient donc à elles seules cette taxe et démontrent amplement sa pertinence !

Quant à son aspect populaire, il ne fait aucun doute. Qui, en France, n’aime pas payer plus cher pour à peu près tout grâce aux efforts désordonnés de l’État ? Qui voudrait payer son carburant à sa juste valeur ? Qui diable souhaiterait percevoir tout son salaire ?

Dès lors, cette « taxe Netflix » est une aubaine populaire car, c’est connu, les gens aiment payer plus cher pour un service équivalent et ce d’autant qu’en plus, ils payent la redevance audiovisuelle qui nous offre télé réalité, eurovision d’anthologie, des documentaires justes et palpitants comme Cash Dénonciation, du Ruquier tant qu’on peut dans un onctueux mélange de moraline culpabilisante et misérabiliste.

Oui, décidément, populaire, pertinente et utile, cette taxe permettra au Cinéma français, à la Télévision française et à la Culture française de réaliser de nouvelles conquêtes d’abord dans le cœur des citoyens français, puis, soyez en sûr, dans le reste du monde qui s’empressera enfin (enfin !) de copier notre système qu’il envie depuis déjà longtemps !


—-
Sur le web

Voir les commentaires (16)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (16)
  • Rhhooooo, la méchanceté de cet homme : si on peut même plus faire sa petite taxounette tranquille dans son coin maintenant …

  • On se désintéresse du cinéma, de la télévision, on en veut plus et on se tourne vers Netflix. Et donc on nous taxe Netflix pour faire vivre ceux qu’on ne veut justement plus…

    • En fait, ce n’est pas de la télé que je me désintéresse, mais de la pub, elle me sort par les yeux !

      Alors que je peux zapper la téléréalité ou les soaps américains, je n’arrive pas à me débarrasser de la pub sur le peu que je regarde, principalement ce qui concerne la mécanique et l’ingénierie sur RMC.
      Pour le reste, la télé publique allemande (sans pub) fait l’affaire, même Arte je la regarde sur l’Allemand, les horaires y étant plus conforme à mes habitudes de ‘vieux’.

      Pour finir j’en profite pour pester contre ces ‘s…pards’ de Suisses (que je suis si souvent prêt à défendre par ailleurs), qui vont cesser d’émettre par TNT le 3 juin 2019, sans alternative crédible !
      J’espère que ça les étouffera…

  • Pourtant on est en pleine période de chasse des taxes anecdotiques rapportant moins qu’elles ne coûtent a percevoir….encore une Fake news de notre système politico-mediatique qui sait tout mais qui ne dit rien

  • La taxe ne rapportant pas assez, je prédis de belles augmentations les années qui arrivent, au fur et à mesure des campagnes de diabolisation contre Netflix.

  • @H16,
    combien de foyers fiscaux payent effectivement cette redevance ?
    Merci.

    • En 2017, sur les 38 millions de foyers fiscaux, 27,7 millions d’entre eux ont déclaré posséder un appareil taxable, soit 72,8% des contribuables.

  • J’ai regardé la téloche officielle pour le Superbowl diffusé pour la première (et dernière j’espère !) sur TF1. J’ai dû avoir près 20 minutes de pixels colorés immobiles sur les 4h30 de match et des commentaires d’une monotonie jamais rencontrée pour cet événement. George Eddie me manque énormément. J’avais l’impression que TF1 retransmettait les images en streaming directement du site de la N.F.L, sans vraiment la qualité d’image.
    Avant cela, j’avais regardé, quelques mois auparavant, un film dont je ne me souviens pas le titre, mais vu auparavant sur Netflix : les coupures pub m’ont surpris. Je les avais oubliées, Netflix n’en met pas dans ses programmes, et je n’en vois aucune quand j’y suis connecté. Des mises en avant de certains programmes bien sûr, Netflix fait sa propre pub, je n’ai aucun souci avec.

  • j’aimerais payer une redevance télé au prorata de ce que je regarde c’est à dire pas grand chose mis à part quelques films sur la 3 ou Arte et quelques séries….mais c’est comme tout en France on paie plein pot sans pouvoir choisir et on ne nous demande jamais notre avis.

  • vous vivez dans un pays socialiste , profitez!

  • @H16, mais cela représente pas loin de 3,8 milliards d’euros ça. c’est énorme !

  • Un mot pourtant a été oublié, une petite fatigue, peut être ?

     » une taxe utile, pertinente et populaire « …. et JUSTE !!!

  • Je me demande combien coûterait une place de cinéma sans taxe (hormis la tva) ni subvention…

    • @Koris
      Bonjour,
      « https://hitek.fr/bonasavoir/ou-va-argent-place-de-cinema_985 »
      Sur une place de cinéma, les taxes représentent 17,26% du prix total. (1,27% pour la SACEM ; 10,72% pour la T.S.A qui est la taxe pour le C.N.C ; et 5,27% de T.V.A.). Ce sont les données pour 2017.

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don
Stranger Things
0
Sauvegarder cet article

Par Rachel Lu.

Nous vivons une époque de réformateurs zélés, ce qui signifie qu'il est souvent nécessaire de se battre bec et ongles pour les choses normales. Chaque tasse de café est un témoignage sur les normes de travail et l'environnement. Chaque pronom ou achat occasionnel doit être mentalement vérifié. Une amie cherche sur Facebook des recommandations pour un livre de plage décontracté pour ses prochaines vacances. "Mais", précise-t-elle, "je préfère de loin les livres écrits par des femmes, des personnes appartenant à une minori... Poursuivre la lecture

Alors que dans les médias le courant woke semble avoir le vent en poupe, sur les marchés il en va autrement. Récemment Disney et Netflix ont subi des pertes financières importantes dues à leurs orientations. À Wall street résonne un nouveau slogan : get woke go broke (devenir woke vous ruine).

Les investisseurs doivent se poser alors la question : to woke or not to woke ?

 

Arrivée de la police de la pensée

Au début, il y a eu le politiquement correct, cette posture qui consiste à policer excessivement son langage po... Poursuivre la lecture

Par Robby Soave. Un article de Reason

 

L'année dernière, la comédie originale de Dave Chappelle, The Closer, a suscité l'ire de la communauté des activistes transgenres, et Netflix est devenu la cible de protestations. Ted Sarandos, co-PDG du géant du streaming, a d'abord défendu le droit de Chappelle à créer des comédies offensantes, mais il est revenu quelque peu sur ses commentaires dans le but d'apaiser "un groupe d'employés qui ressentaient certainement de la douleur et de la souffrance."

Il était donc diffic... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles