L’euro, monnaie de dingues !

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By: Thijs ter Haar - CC BY 2.0

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L’euro, monnaie de dingues !

Publié le 4 janvier 2019
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Par Jean-Pierre Nikolus.

Notre monnaie unique doit la signature de son acte de naissance à la crainte dans laquelle était le président Mitterrand devant l’émergence à nouveau, de l’imposante grande Allemagne réunifiée, après la chute du mur de Berlin en 1990. Ayant toujours marché à côté de l’histoire, il en vint à imposer diplomatiquement l’euro au chancelier Kohl qui accepta le projet sous réserve que la monnaie européenne soit un euro-mark.

La BCE fut installée à Francfort et mission fondamentale lui fut donnée de veiller à ce que, coûte que coûte, le taux d’inflation dans la Zone reste limité à 2 %. Notre président stratège s’exclama au sortir de la réunion historique de signature : « J’ai cloué la main de l’Allemagne sur la table de l’euro ». Il voulait prendre l’Allemagne dans le filet européen mais par ses statuts il venait de ficeler l’Europe à la BCE sous gouvernance allemande.

Pour sortir des errements démagogiques de 1981, pour préparer notre devise nationale aux exigences du traité de Maastricht en gestation et plus tard à sa conversion en euros, nos énarques éclairés appliquèrent la politique de Francfort qui fut celle du franc fort, dès 1983. Austérité, taux Banque de France sur-élevé, entreprises étranglées, 300 000 emplois sacrifiés, ce fut la période dorée pour les rentiers les plus frileux, de l’argent que l’on gagne en le laissant dormir dans des placements monétaires sans risque et rémunérés à plus de 10 % l’an.

L’aumône aux nouveaux pauvres

Le remède amer à ces maux infligés aux Français par les défenseurs de cette politique anti-économique, fut le « RMISF1 » ; aumône pour les « nouveaux pauvres » et punition pour les « nouveaux riches ». La façade idéologique du gouvernement de gauche était parfaite. Dès cette époque et face au carnage industriel provoqué par l’application à notre pays de la doctrine monétaire allemande, un homme d’État aurait pu renoncer à ce projet. Malheureusement, le concept politique inepte qu’était l’euro avait pris la forme d’un totem sacré et y renoncer eut été un sacrilège. L’euro malpensé devint un impensé.

La valeur de notre devise collective résulte d’une moyenne économique, elle n’est représentative d’aucun pays. Elle permit à l’Allemagne de réaliser en 2016 le plus grand excédent du commerce extérieur du monde, soit 265 milliards d’euros.

L’excellence du made in Germany n’est pas payée à son prix réel. Le hic est qu’en matière d’échanges commerciaux internationaux, les flux financiers entre États s’équilibrent, ils sont à somme nulle, les capitaux que les importateurs transfèrent chez les exportateurs doivent forcément leur revenir sous forme de prêts pour faire la balance. Pour exporter en surplus ses marchandises, il faut exporter en surplus ses capitaux, ce qui revient à financer ses clients pour recevoir une prochaine commande. C’est le dilemme allemand et même chinois.

Le système Target 2 qui centralise les paiements intra-Zone montre un plus de 1 000 milliards d’euros cumulés en direction de l’Allemagne contre un moins de 450 milliards sortant de l’Italie, similaire au moins de l’Espagne. Selon la règle de ce système, les Italiens ont emprunté auprès de leurs banques commerciales qui ont emprunté auprès de la Banca d’Italia qui s’est retournée vers la BCE notamment via les QE et tout cela, vraisemblablement pour importer beaucoup de BMW.

Ainsi, le solde Target 2 des 1 000 milliards transférés en Allemagne est le pendant d’emprunts garantis par la BCE elle-même garantie par, au final, les citoyens contribuables allemands qui, à leur corps défendant, payent de belles berlines aux Italiens qui n’ont pas les moyens de se les offrir.

La grande crise à venir

La fin annoncée par la BCE des rachats de dettes (QE) réduira les flux d’argent à crédit donc ceux de marchandises. Ainsi, les exportateurs allemands perdront des débouchés dans la Zone au moment où le président Trump décide de modérer les importations de Mercedes dans son pays et où l’économie chinoise s’essouffle. Les grandes crises sont toujours provoquées par une conjonction de facteurs concomitants.

Si on considère que les excédents allemands sont la clé de voûte du système financier de la Zone alors considérons que la crédibilité de la BCE entre dans une phase d’incertitude. Les Allemands savent que s’il fallait renflouer la BCE dont le bilan est farci de mauvaises dettes remontées par les QE, ils seraient sollicités en premier ; car d’une part, la Bundesbank en est le principal actionnaire (à 19 %) et d’autre part, l’État allemand (29 % du pib de la Zone), a son budget en excédent (38,4 milliards en 2017) et serait sans doute le seul à avoir les moyens d’apporter des garanties.

Depuis son lancement, l’euro, loin de niveler par le haut les performances des industriels de la Zone, fait au contraire diverger les économies en donnant un sur-avantage aux plus productifs germains et en handicapant les moins productifs latins. Les théoriciens français de l’euro-mark comme messieurs Delors et Trichet pensaient que la devise fait l’économie alors que c’est l’économie qui fait la devise. Ils pensaient que l’économie fait la société alors que c’est la société qui fait l’économie. Ils pensaient que c’est la société qui fait la culture alors que c’est la culture qui fait la société.

La culture fait la devise

C’est donc la culture qui fait la devise. Ils avaient oublié que les Trente glorieuses françaises étaient en franc fondant, que le miracle italien était en lire évaporante et qu’une bonne économie est une économie en croissance qui fournit des emplois. La monnaie est un outil, pas une fin en soi. Ils n’avaient pas perçu que, pour que vive l’idole euro-mark, il aurait fallu une Europe allemande, que l’on abandonne le vin pour la bière, ou qu’a minima, en quelques mois, nous répliquions à l’identique le modèle économique allemand. Quand l’idéologie entre par la porte, le réalisme sort par la fenêtre.

La France, on le sait depuis 1968 et les fameux Accords de Grenelle, a besoin de sa planche à billets nationale pour huiler ses rouages sociaux. Peu importe si sa monnaie est molle et si les prix montent un peu tant que les entreprises investissent, trouvent des marchés et embauchent. Le président Macron fera davantage de déficits budgétaires pour acheter la paix sociale, alors il devra enfoncer le mur des dogmes bruxellois. La messe est dite.

Le critère de Maastricht des 3 % de déficit c’est la récession, le taux d’intérêt bas et artificiel administré par la BCE c’est du surendettement sans fin, le taux de change de l’euro est une subvention aux industriels allemands, une monnaie commune c’est la ruine ou la délocalisation des entreprises des pays les moins productifs et le diktat bruxellois en matière de politiques budgétaires, c’est le défilé des Gilets Jaunes.

On laisse entendre que le retour aux monnaies nationales aurait des conséquences cataclysmiques. Selon le FMI (External Sector Report 2017 et pour 1 EUR = 1,18 USD), le franc perdrait entre 11 et 16 % contre l’euro donc il serait proche de la parité avec le dollar, comme le fut notre monnaie commune en 2016.

Nos exportateurs et importateurs travailleraient avec des taux de change de marché, le taux d’intérêt directeur Banque de France serait optimal, notre endettement serait plafonné par la contrainte financière internationale donc notre dépense publique aussi. Un taux d’inflation importé modéré inciterait à la consommation et à l’investissement. Le deutschemark prendrait entre 15 et 27 % contre l’euro et la lire italienne perdrait entre 9 et 20 %.

Distorsion de concurrence

Selon ces chiffres du FMI, l’écart entre le franc et le deutschemark se situerait donc entre 26 et 43 %. Dans nos rues : plus de Peugeot, autant de Fiat et beaucoup moins de VW. Pour les pays de l’ex-Zone, ce serait le retour des réalités de marché donc des prix réels du crédit, des biens, des services, des devises, de l’immobilier et des matières premières. L’écart potentiel gigantesque entre le franc et le deutschemark donne la mesure de la distorsion de concurrence que crée l’euro et indique que la Zone finira fatalement comme un élastique sur lequel on a trop tiré car le marché a toujours le dernier mot sur la politique. L’URSS s’en est aperçu.

On aime l’euro quand on veut un verrou financier qui enchaîne les pays de la Zone dans une forteresse idéologique, c’est sa dimension impériale, et quand on veut protéger les situations acquises des catégories attachées à la réserve de valeur monétaire plus qu’à l’investissement, au travail et à la rémunération selon la loi du marché. Le temps parle toujours, c’est un bavard qui parle même quand on ne l’interroge pas. L’euro sera abandonné, non car il sera attaqué, mais parce qu’il perdra ses défenseurs chaque jour plus rares même s’il est convenable de faire semblant, dans les débats publics, d’y croire encore.

Les Allemands refusent catégoriquement les transferts financiers vers les pays les moins productifs de la Zone et la création d’un vrai budget européen commun, « carte de crédit » partagée, qui permettraient de combler les déficits budgétaires des uns avec les excédents budgétaires des autres. Peut-on les en blâmer ? Pourtant, le solde Target 2 indique qu’ils ont déjà transféré des centaines de milliards. L’euro oblige ses émetteurs à faire payer les riches pour que les déséquilibres qu’il produit ne disloquent pas sa Zone.

Le dénouement viendra à la prochaine crise financière quand le peuple Allemand sera confronté au coût caché de l’euro que sont les prêts consentis à ses clients zonards insolvables. L’euro donne à l’Allemagne l’illusion du pouvoir que donne la détention du chéquier et à la France, l’illusion de la richesse que donne la détention d’une carte de crédit. Le jour où les Allemands constateront que les chèques de leur chéquier sont en bois, ils aspireront à reprendre l’authentique deutschemark. Quant aux industriels français, libérés d’une concurrence distordue par l’euro depuis presque deux décennies, ils pourront profiter de l’intérêt d’investir à nouveau dans leur pays.

  1.  RMI-ISF : Aide aux pauvres associée à la punition des riches.
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  • « La culture fait la devise » : qu’on m’explique pourquoi des habitants situés de part et d’autre d’une frontière entre 2 pays indépendants ont des devises différentes tout en ayant la même culture ? Ce dogme ne sert qu’aux collectivistes pour justifier leurs politiques aux conséquences nécessairement souverainistes voire nationalistes.
    L’Europe fonctionnera en équilibre interne quand les pays qui la constituent auront les mêmes critères fiscaux et sociaux : ceux du nord pour une relative prospérité, ou ceux du sud pour la ruine assurée.

    • Quels pays à même culture ont des devises différentes, stable d’un côté de la frontière et fondante de l’autre?

      • Les français d’Annemasse et les suisses de Genève …

        • Mais Annemasse n’est pas la France ! Il y a les Français de Brest, Marseille, Toulouse, Clermont-Ferrand, etc.

          • Vous avez raison, ça fonctionne aussi par l’absurde : si la culture fait la devise, alors comment admettre que la monnaie soit la même pour un parisien et un corrézien ?

          • Ouais, d’ ailleurs entre les alsaciens et les marseillais, c’ est même pas une différence de frontière, c’ est celle d’ un continent.

        • @cachou lol ! Quel gag qui d Annemasse ou de Genève peut prétendre avoir la même culture PTDR (et je vis le sujet de très très près ayant une famille frontalière et de nombreux amis suisses)

          • Euh, il fallait donner un exemple à Nikobus qui faisait semblant de ne pas comprendre … j’en ai donné un pour la distance en kilomètres, mais je ne connais pas cette région.

    • La culture n’explique pas tout.
      Au lendemain de la guerre, les Alsaciens et les Badois outre Rhin avaient le même taux d’industrialisation, de revenus et de chômage, avec des monnaies différentes.

      Aujourd’hui, le taux de chomage 3 fois plus élevé et la désertification industrielle de ce territoire oriental du GrotEsque montrent bien à quel point l’incurie d’un état peut ruiner les gens.

      Et le processus était déjà largement amorcé avant la monnaie unique…

      Hopplà !

      • Ce matin nous avons eu droit à l’exemple de Madelin :
        « Prenez un peuple, mettez un mur au milieu, laissez mariner pendant 30 ans, enlevez le mur et observez : d’un côté vous avez une société et une économie totalement délabrée, de l’autre une société et une économie totalement prospères. Ce sont les mêmes allemands qui étaient de chaque côté du mur, ce qui a changé ce sont les règles du jeu. »

  • Encore un article absurde! La monnaie N’EST PAS LE PROBLEME, et ne l’a jamais été. Les monétaristes de droite et de gauche cachent la vacuité de leur culture micro-économique sous des ratiocinations hors sol. Notre manque de compétitivité n’est pas la faute de l’Euro, point barre. C’est un problème de psychologie « sudiste », probablement d’origine catholique, profondément anti-économique et anti entrepreneurs. L’Euro au contraire nous évite le pire en limitant les taux d’intérêts, en facilitant les transactions, et en nous évitant encore plus de complaisance. Bon sang, avez-vous donc tous oublié les dévaluations Mitterrand et le contrôle des changes? J’avais 13 ans à l’époque et déjà je fus choqué.

    • L’important, c’est d’utiliser la monnaie dont le cours est la résultante de la performance économique réelle. Le taux d’intérêt « BCE » bas, c’est la dépense publique sans fin et l’endettement sans frein… donc sans limite…. qui finiront par détruire l’euro….

    • A Hank Rearden :

      Dans le cadre d’une monnaie administrativement fixée à un niveau autre que celui que le marché lui attribuerait, alors la monnaie est un problème.

      La monnaie est toujours un problème tant qu’elle dépends des états, et ce n’est pas une question de philosophie monétariste.

      Croire que les taux d’intérêt manipulés nous évitent le pire est une absurdité, un faux pris est toujours dangereux.

      Les dévaluations sont la conséquence d’une monnaie manipulée, c’est le retour au réel contraint par le marché, qui permet de maintenir une productivité réelle et donc une croissance économique après un appauvrissement ponctuel.

      Tant que la monnaie n’est pas l’or (comme le souhaitait Ayn Rand d’ailleurs), la dévaluation est la soupape de sécurité d’une communauté où la monnaie est manipulée pour payer les turpitudes des hommes politiques.

      Si vous bloquez cette soupape de sécurité comme le fait l’euro, alors le capital va aller là où i lest le plus productif, et vous aurez des usines en Allemagne et des chômeurs en France.
      Lisez Charles Gave pour les analyses monétaires sur la zone euro.

      • Il ne faut pas confondre dévaluation, qui est une décision politique, et dépréciation qui résulte du libre jeu du marché. Si une dévaluation correspond à une dépréciation réelle, il n’y a rien à redire, sinon, c’est effectivement catastrophique, comme vous le dites justement.

      • @ Stephane12 Eh bien, sur ce sujet de la compétition entre les états européens, l’euro joue bien un rôle similaire à celui de l’or !
        Alors vous voulez quoi, au juste ? Rétablir une monnaie nationale, pour permettre de poursuivre les turpitudes des hommes politiques tout en ruinant les détenteurs de capitaux ?

        • A cachou :

          Pas du tout.
          Si l’euro avait un rôle similaire à l’or, les taux d’intérêt seraient fixés par les marchés et non la BCE, et seraient donc très différents d’un pays à l’autre. La France emprunterait plus cher et donc serait obligé de moins s’endetter.

          si vous rétablissez une monnaie nationale, la dévaluation s’assimile à une baisse immédiate du niveau de vie, et donc est un boulet pour les hommes politiques.

          Je n’ai jamais vu dans un pays libre un gouvernement ayant dévalué se faire réélire.
          (l’inverse étant vrai, cf Reagan et Tchatcher)

    • J’adore votre phrase : « l’Euro nous évite le pire en limitant les taux d’intérêt »… Grandiose ! L’Euro nous prépare le pire en drogant nos politiciens irresponsables à la dépense publique sans fin. Je vais prendre votre phrase et votre « raisonnement » dans le domaine médical : j’ai un cancer et pour vous paraphraser :  » le Doliprane m’évite le pire en me cachant mon état de santé réel »… Waouh, quelle lucidité… Au fait, vous avez quel âge ? Parce que votre raisonnement peut être considéré lucide (et abominablement cynique) si vous avez plus de 65 ans, sur le thème « après moi le déluge, du moment que j’ai les fesses au sec en ce moment »…

  • Je reste dubitatif.
    La situation tient pour une part non négligeable de nos polytocards qui font de la démagogie et du populisme par brouettes entières, voir camions de 90T, que dis-je, par convois multiples de trains. Étaient-ils obligés de mentir pour se faire réélire ❓ Alors que dans un pays voisin de la France, le budget de nombreux cantons doit être OBLIGATOIREMENT RESPECTÉ, avec pour sanction un référendum l’année suivante, avec un choix unique parmi deux questions. En conséquence, ces cantons n’ont aucune dette, et au moins on ne raconte pas des salades aux électeurs comme en France, pays qui ment à ses futurs retraités.
    Sans fonds de retraite par capitalisation, cela va être coton pour les retraités du privé s’ils se tapent une inflation de 10% annuelle.

    Qui fixera le taux de fonte de la monnaie ❓ Un taux trop haut incitera à se réfugier dans d’autres valeurs, pas forcément dans les pays dépensiers, donc pas à leur avantage, puisque d’autres en profiteront.

  • Enfin une analyse sérieuse et authentiquement libérale de l’euro qui a transformé la monnaie, élément essentiel de la concurrence, en vache sacrée administrée bureaucratiquement par les hauts fonctionnaires de Francfort et de Berlin. Il faut s’atteler à son démantèlement ordonné pour que chacun retrouve sa capacité productive.

  • Sans nier la politique calamiteuse de nos énarques, je trouve cet article limpide de bon sens: ce n’est pas en torant sur les poireaux qu’on les fait pousser, et en effet, la monnaie ne fait ni une économie, ni un équilibre budgétaire, ni surtout, un peuple avec ce que cela implique ee solidarité entre régions riches et régions pauvres. En ce sens, il n’y a pas de peuple européen et donc, l’euro disparaîtra tôt ou tard.
    Les autres pays européens sont sans doute des « partenaires » mais aussi des concurrents. Se le cacher est nier la réalité

    • Pardon « en tirant sur les poireaux »…
      J’ajoute que les choix économiques qui ont été effectués ont été portés par un projet idéologique et politique qui a été largement caché aux peuples européens. Or ce projet est celui de l’abolition des Etats-nations au profit d’une technocratie européenne supra-nationale. Projet qui est mené en dépit des oppositions: « il ne peut y avoir de vote démcratique contre kes traités européens » (J-C. Juncker).

      On nous présentera en mai le choix entre une « démocratie libérale » et une « démocratie xénophobe ». Mais en réalité, l’alternative se trouve entre une démocratie retrouvée dans le cadre naturel d’un Etat-nation qui retrouvera un jour sa souveraineté monétaire et un impérialisme autoritaire.

      • Pas de doute que notre Etat-nation aura péri de sa propre super-technocratie avant de se faire avaler par la technocratie européenne.
        Le problème européen n’est pas la technocratie, c’est de trouver l’équilibre dans la coopétition (cf article de ce jour) puisqu’aucun Etat ne veut lâcher sa souveraineté. En revanche le problème aigü de la France est sa technocratie démesurée.

  • j’ai déjà lu qu’ officieusement l’ Allemagne réfléchit à sa sortie de l’Euro.

    • Les Allemands (surtout l’AfD) y ont réfléchi, et en ont déduit qu’ils ne le peuvent pas, même s’il le voulaient.

      La raison est le renchérissement du DM de 30 % par rapport à l’Euro.

      Ils ont estimé que des sommes énormes en liquide arriveraient de toute l’Europe pour profiter de l’aubaine.
      Ni l’Allemagne, ni le reste de l’UE ne pourraient y survivre.

      Par contre, plusieurs économistes verraient bien la sortie des mauvais élèves, en gardant les bons.

      Mais la aussi, les citoyens sortants feraient d’énormes réserves de liquide pour les changer après dévaluation.

      Le Brexit est une paisible partie de bridge à coté d’une sortie de l’euro…

    • claude henry de chasne
      4 janvier 2019 at 17 h 40 min

      c’est vrai

  • Pas d’accord. La France n’est aucunement la victime de l’Allemagne et de l’Euro. La vérité c’est que notre politique sociale a détruit 15% de notre industrie en dix ans pendant que l’Allemagne faisait croitre la sienne d’autant. Et cela n’est aucunement lié à l’Euro : outre Rhin tout est fait pour le développement de l’entreprise, chez nous elle est bâtonnée à coup de règlementation, de droit du travail et de charges sociales, jusqu’au découragement. L’excédent commercial de l’Allemagne n’est pas dû à l’Euro mais à la vitalité de leurs entreprises PROTEGEES ET ENCOURAGEES PAR LEUR GOUVERNEMENT.
    Attention à l’illusion selon laquelle la France se porterait bien en quittant l’Euro et en dévaluant sa monnaie. Cela a-t-il servi Cuba ou le Venezuela ? Et attention à la faillite qui nous pend au nez si l’Euro éclate et que l’Allemagne cesse de NOUS AIDER via les prêts de la BCE !

    • Tout à fait. On nous propose de replacer le poisson pourri du menu par un autre poisson pourri. La déception sera au bout du chemin.

      Et d’ailleurs, le poisson pourrit toujours par la tête. Sans couper la tête, cela n’ira jamais. Il faut ressortir la guillotine.

  • « le franc perdrait entre 11 et 16 % contre l’euro donc il serait proche de la parité avec le dollar, comme le fut notre monnaie commune en 2016. »

    En cas de sortie, le franc perdrait beaucoup plus de valeur par rapport à l’euro car la BdF détient d’ores et déjà 30% des dettes publiques nationales. Ce n’est pas la BCE qui détient ces dettes. Les Allemands, pas fous, ont refusé d’endetter directement la BCE pour accepter le QE. En façade, le QE relève de la BCE, mais en réalité il a été réparti sur l’ensemble des banques centrales nationales de la zone euro. Autrement dit, un pays endetté qui voudrait sortir serait immédiatement confronté à une dévaluation dramatique de sa nouvelle monnaie. Pour sortir proprement, il faudrait attendre que les créances soient éteintes, c’est-à-dire jamais puisque les Etats ne remboursent jamais leurs dettes.

    « le diktat bruxellois en matière de politiques budgétaires, c’est le défilé des Gilets Jaunes »

    Les gilets jaunes qui ne sont pas noyautés par les marxistes ne demandent pas plus de subventions mais exigent une baisse des taxes, et par conséquent une baisse des dépenses publiques, notamment l’abandon de la politique dispendieuse de transition écologique, sans oublier la politique migratoire. D’une certaine manière, les gilets jaunes soutiennent Bruxelles contre Paris. Jusqu’à présent, la réponse de Paris a été la hausse effrénée des taxes. Mais la fête des étatistes est finie. Cette politique est désormais clairement dénoncée et refusée par la population qui n’en peut plus d’être outrageusement taxée, qui n’en peut plus de la pédagogie factice et méprisante du pouvoir aux abois destinée à justifier la violence fiscale de Bercy.

    • claude henry de chasne
      4 janvier 2019 at 17 h 48 min

      oui , vous avez raison une sortie de la monnaie unique provoquerait un appauvrissement brutal de l’ordre de 30 % , et probablement de 10 % les années qui suivraient..
      là ce ne serait plus les gentils gilets jaunes , mais les barbares dans la rue.. ha!ha!
      j’achète des cartouches ;))

    • J’ai bien peur que vous vous trompez. Il n’y a pas grande différence entre la bureaucratie française et celle bruxelloise. Le Brexit a eu le succès qu’il a eu en grande partie parce que le discours de ses principaux soutiens s’est axé sur l’intervention de plus en plus poussée de la technocratie européenne dans la vie de tous les jours des citoyens britanniques.
      Le diktat bruxellois est technocratique, pas libéral. Qu’il soit par endroits moins étatiste et plus libéral que l’attitude générale du pouvoir français c’est plus du hasard qu’autre chose, en tout cas c’est à la marge. A ne pas confondre avec le capitalisme de connivence qui fleurit là-bas aussi.

      • Non, pas d’erreur, hélas…

        • Vous pouvez expliquer, svp? Je ne vois pas ce qui cloche dans mon argumentaire…

          • Le diktat des parigots est autant pire que celui des bruxellois qui a bon dos. On voit bien la poutre dans l’œil du voisin mais pas l’arbre dans son propre œil.
            Peu importe, le nouveau FRF plongera jusqu’à ce qu’il fasse ses preuves. Avec le vin aigre, on attrape des mouches, pas des abeilles. Qui investira dans un tel contexte ❓ Qui ❓

            • Les uns se cachent derrière les autres, c’est blanc bonnet et bonnet blanc, avec l’absence de responsabilité en bonus.
              Et je ne vois pas ce que le FRF/l’euro viennent faire ici…

      • « Le diktat bruxellois est technocratique, pas libéral. » Effectivement, tout se passe comme si Bruxelles imposait des règles libérales aux Etats nationaux dans le seul but de les affaiblir et faire de la place à son propre constructivisme.

        Pour autant, c’est précisément en appliquant des règles de bonne gestion (excédent budgétaire, désendettement, recul massif des dépenses publiques) qu’on pourra le mieux échapper à l’euro. En effet, les pays bien gérés, dotés d’un Etat ascète et d’une monnaie potentiellement forte, sont en position de force pour négocier, parce qu’ils peuvent au choix quitter l’euro à leur avantage ou pousser les poids morts dehors.

        PS : un Etat ascète est celui qui s’impose une vie austère, en éduquant et limitant ses besoins, à force d’exercices de mortification et d’abstinence. Bref, le contraire de l’Etat obèse, le contraire du socialo-collectivisme qui bouffe tout.

        • Quand on impose l’ouverture d’un marché, certes, c’est libéral, mais quand on sort des normes sur la vente des tomates, j’ai d’un seul coup plus de mal à comprendre.
          Les technocrates bruxellois, comme tout technocrate, doit s’occuper pour prouver à chaque instant son utilité. Et comme les actions vraiment utiles sont plutôt rares, on conclut que la plupart de leurs actions sont inutiles, voire carrément nuisibles.
          Pour ce qui est des Etats, parlons plutôt de politiques. Eux, ce qui les intéresse, c’est de se faire réélire. Même « l’ascète » Allemagne a une dette d’environ 60% du PIB, c’est dire s’ils sont ascètes…
          Bien sûr que la solution est de respecter des règles de bonne gestion, mais c’est pas avec le combo euro-BCE, qui déresponsabilise un max, qu’on va y arriver.

    • Entièrement d’accord. La dévaluation pourrait bien être de l’ordre de 50%, voire 75% et plus selon le tocard à la tête de l’état, fusse-t-il poli ou pas…

      • L’auteur donne ses sources pour ses chiffres, vous en avez, pour les vôtres?

        • Nul besoin de source. C’est une affaire de confiance comme dans toute monnaie.
          Qui voudra faire confiance à un Franc-Lire dont le gouvernement ne songe qu’à augmenter les taxes et non à réduire les charges ❓ N’importe quel idiot sait que cela ne fonctionne pas.

          • Un peu trop léger. Un gouvernement qui prendrait une telle décision serait forcément dans le changement. Changer la monnaie sans rien changer par ailleurs, je n’y crois que très moyennement. Il y a d’ailleurs des économistes respectables qui ont déjà théorisé tout ça et il est évident que sans aucun changement la confiance dans les capacités de remboursement de l’Etat serait très faible.
            De toute façon, un jour ou un autre, ça va péter. Et c’est peut-être mieux d’être préparé, au lieu d’attendre béatement que cela nous tombe dessus.

      • -1, donc je balance des -1. Point.

        • Pas très « libéral » le système de ce forum, où le vote est anonyme. La face de bouc est bien meilleure de ce point de vue. La « responsabilité »…

  • Les commentaires sont fermés.

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Duplicité et effets d’annonces sont à la manœuvre dans l’Union européenne pour saborder discrètement le nucléaire dans les faits.

Paradoxe et duplicité

La Commission européenne a publié le 31 décembre 2021 un document appelé « taxonomie » sur les critères de classement des technologies pouvant donner lieu à financement privilégié par les fonds verts. Le nucléaire y figure ainsi que les centrales électriques à gaz très émettrices de CO2 (plus de 400 gCO2eq/kWh), sous le prétexte de faciliter la ... Poursuivre la lecture

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