Des chercheurs influencent le prix de votre alimentation

Sur la foi d’une nouvelle étude prétendument scientifique, certains voudraient taxer la viande rouge. Mais nous devrions-nous pas être aptes à choisir nous-même sans interférence ?

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Girl at a market By: Stephen Bartels - CC BY 2.0

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Des chercheurs influencent le prix de votre alimentation

Publié le 22 décembre 2018
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Par Bill Wirtz.

Dans une publication récente pour l’Université d’Oxford, le Dr. Marco Springmann, plaide en faveur de l’introduction de taxes supplémentaires sur la viande rouge. Springmann soutient que les produits comme le lard pourraient causer la mort de milliers de personnes chaque année, car ils sont associés à des risques plus élevés de maladie cardiaque, d’AVC et de diabète de type 2.

Trop souvent, ce ne sont pas ceux qui proposent ces taxes qui sont les plus touchés. Même si une taxe sur la viande rouge était introduite, les « défenseurs de la santé publique » (nous choisirons les guillemets jusqu’à ce que nous soyons convaincus qu’ils plaident véritablement pour des mesures en sa faveur) auraient toujours les moyens d’acheter autant de viande qu’ils le souhaitent.

Un principe socialement injuste

Ce n’est pas le cas des plus démunis : comme pour toute autre taxe sur la consommation, ce sont les pauvres qui sont les plus touchés par la mesure, puisqu’ils consacrent une plus grande part de leurs revenus à ces biens, comparé aux personnes à revenu élevé.

À moins d’être favorable à l’idée que les pauvres doivent être davantage guidés dans leur consommation que les personnes à revenu élevé, une taxe sur la viande est tout simplement socialement injuste.

Oui, il est évident qu’il est important d’être sensibilisé aux risques pour la santé associés à la nourriture ou à un mode de vie, mais en fin de compte, c’est à chacun de choisir par lui-même ce qu’il veut manger ou consommer.

Si on pense le contraire, ces mesures ne s’arrêteront pas là : une fois que les consommateurs auront abandonné la viande rouge, les partisans de l’État-nounou trouveront un nouvel angle d’attaque contre le moindre soupçon d’amusement. Le paternalisme prenant le dessus, il sera un jour nécessaire de défendre une chose aussi simple que le droit de s’amuser.

Mais nous ne devons pas seulement discuter le principe, nous devons aussi nous intéresser aux statistiques.

Un principe statistiquement contestable

L’argument essentiel est que la viande constitue un danger pour la santé publique car elle serait associée à un risque accru de cancer. Les mots-clés associés à sont ici très importants, d’autant plus qu’ils sont répétés souvent. Tout ce que vous consommez est essentiellement cancérigène et peut donc être lié à différents cancers. La question est de savoir à quel point ces substances sont dangereuses, donc leur degré de dangerosité. L’étude sur laquelle Springmann se base est une méta-analyse de 2011 provenant de l’Institut de technologie des sciences de la vie, de l’alimentation et de l’environnement de Paris, qui dit ceci :

La possibilité de prévenir le cancer colorectal au Royaume-Uni en réduisant la consommation de viande rouge, en augmentant la consommation de fruits et légumes, en augmentant l’activité physique, en limitant la consommation d’alcool et en contrôlant le poids a été estimée à 31,5 % chez les hommes et 18,4 % chez les femmes.

Vous avez peut-être remarqué ici que la réduction de la consommation de viande rouge n’est qu’une des cinq caractéristiques clés que les gens devraient suivre afin de réduire leur risque de cancer colorectal d’un tiers (pour les hommes). Si l’on se limite à la consommation de viande rouge, on constate une réduction du risque possible de 5 % au Royaume-Uni, à condition que la personne consomme plus de 80 g de viande rouge par jour. Donc oui, certaines personnes peuvent réduire leur risque de certains cancers dans une certaine mesure si elles limitent leur consommation de viande rouge.

Cependant, cela n’est vrai que si les gens réduisent leur consommation de viande rouge sans la compenser par une autre consommation plus nocive.

Un postulat scientifiquement contestable

Il semble qu’il y ait un désintérêt malheureux de la part des défenseurs de la santé publique pour l’analyse d’éventuelles conséquences involontaires. Si vous limitez l’accès à un produit, les gens sont susceptibles de reporter leur consommation sur autre chose. Prenons l’exemple de la taxe sur les matières grasses au Danemark introduite l’année même où la méta-analyse de Paris a été publiée.

En octobre 2011, la coalition politique danoise a introduit une taxe sur les aliments et les boissons qui causeraient l’obésité comme le beurre, le lait, le fromage, la viande, la pizza et l’huile, du moment qu’ils contiennent plus de 2,3 % de graisse saturée. Après quinze mois d’application, la même majorité parlementaire a abrogé la taxe, les Danois ayant reconnu que la mesure était un échec.

Pourtant, une étude publiée dans l’European Journal of Clinical Nutrition suggère qu’au cours des mois qui ont suivi l’entrée en vigueur de la taxe, la vente de ces aliments avait chuté de 10 à 15 %. Toutefois, cela ne tient pas compte de l’effet de stockage ou de thésaurisation que les Danois ont effectué en prévention de l’introduction de la taxe. En effet, en analysant les ventes durant les 15 mois pendant lesquels la taxe était en vigueur au Danemark, on constate une baisse marginale de 0,9 % de la consommation des aliments dits gras, et des boissons : un résultat qui se situe dans la marge d’erreur.

Il est difficile de prédire ce que feront les consommateurs britanniques lorsqu’on leur présentera une hausse massive des taxes sur la viande rouge, mais ce n’est certainement pas aussi clair que les “défenseurs de la santé publique” le voudraient. Le fait qu’ils ne tiennent pas compte des conséquences involontaires témoigne davantage d’un comportement idéologique que d’une recherche scientifique.

Pour plus d’informations, c’est ici.

Voir les commentaires (13)

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  • et reste ensuite la question du jeu qui en vaut la chandelle..

    les gens consomment de la viande rouge car ils aiment cela..
    la question de savoir de combien vous réduisez votre risque en adoptant non pas une mesure ponctuelle mais..durable et pesante si vous aimez la viande est essentielle.

    En général les chercheurs mettent en évidence des trucs qui ont pour effet pour un individu de translater légèrement la courbe qui donne son age de décès probable..

    et en pratique toujours si deux frères jumeaux décident d’adopter ou non cette mesure la probabilité que celui qui se comporte « mal » vive plus vieux est encore très proche de 50%!!!

    ces mesures n’ont pas de sens individuel pratique..
    elles ont un sens collectif …et encore!! ce sens est certain..car si les gens arrêtent de manger de la viande rouge..ils vont manger autre chose ou faire autre chose…

    ET il est toujours dangereux de prendre des mesures supposées de santé publique sur la mise en évidence réelle D’UNE maladie.. il faut avant d’etre catégorique avoir regarder la longévité..

    • Ils veulent axer la viande rouge car c’est « mal »…dans la liste des maux chère aux écolos.

      • Moi j’ai une idée , a partir d’aujourd’hui tous les politiques présentant un nouveau projet de taxes , sera sanctionné par les urnes..
        Tous députes votant une taxe , figurera sur une liste noire pour les prochaines élections..
        au citoyen de faire la police contre les partisans de la taxe

  • Ces chercheurs sont inconscients, plus de viande rouge plus de lait plus de fromage ,90% de nos industries ferment la porte

    • @ reactitude
      Sans compter 2 choses:
      – avez-vous vu l’évolution des prix des légumes et des fruits, sans même parler du bio, du végétarien, voire du végan?
      – Il est comique de ne pas voir dans les « produits dangereux » les glucides simples (le sucré) ou complexes (les farines, les féculents, le pain, la pâtisserie etc …).

      dernière remarque: depuis des années on a pu constater une diminution lente de consommation de viandes, spontanée. Pourtant la viande reste bien notre source de protéines principale qu’il faut satisfaire de façon carnée ou substitutive! Il y a des acides aminés essentiels que nous (notre organisme) ne pouvons pas synthétiser nous-mêmes!

  • Dans la même veine, je voudrais faire une étude statistique sur le changement de comportement suivant:

    Augmenter la consommation de viande rouge, ne plus regarder la TV ni écouter la radio, faire 5km de jogging tout les jours.

    Je suis persuadé qu’on trouverait aussi des effets bénéfiques (peut-être pas pour le cancer colorectal). En suivant la même logique, il faudrait donc subsidier la viande rouge, les chaussures de sport et taxer la TV et radio, soit exactement l’inverse de ce qu’on fait actuellement.

    Bref, passer d’une étude statistique à des mesures coercitives devrait se faire avec la plus grande circonspection.

    • Hé oui, 80% des victimes d’un crash aérien on mangé des cornichons dans le mois qui a précédé l’accident.
      On pourrait commencer à supprimer cet ingrédient dans les sandwiches aéroportuaires, avant d’envisager des mesures plus drastiques.
      Il en va de notre vie !

  • Sur le plan tactique dans la lutte contre les idées anti-libérales, je pense qu’il faut éviter l’argument consistant à dire que ce sont les pauvres qui seront les plus atteints par la mesure « x » ou « y » proposée : par essence, les taxes prenant en compte le revenu des citoyens sont anti-libérales. Plus généralement, les taxes qui prétendent modifier le comportement des gens sont néfastes parce qu’elles faussent la (libre) concurrence. Il ne faut, en général, pas chercher beaucoup pour leur trouver un ou plusieurs effets collatéraux qui détruisent complètement l’avantage de l’effet recherché.

  • On attend toujours l’étude scientifique qui préconisera les moyens pour éviter les 10.000 suicides en France chaque année. Ma préconisation personnelle est qu’on commence par arrêter de foutre la trouille aux gens avec leur alimentation, le climat, leur comportement ici ou là, bref qu’on ne les emm… plus.

  • On inventera le marché noir de la bidoche. On ira dans les coins craignos en banlieue chercher son entrecôte, son rôti de veau ou son filet mignon qu’on planquera sous nos vestes pour ne pas être repéré par la gestapo vegan.

    L’état ferait mieux de surtaxer sucres et céréales, vrais pourvoyeurs de maladies cardiovasculaires et neurologiques.

  • « pringmann soutient que les produits comme le lard pourraient causer la mort de milliers de personnes chaque année ».

    et moi je soutiens que cela fait des millénaires que les hommes mangent de la viande rouge et la race humaine ne s’est pas éteinte.

    quel ramassis de bêtise, surtout quand la seule solution est de proposer une taxe (très suspect).

  • Les commentaires sont fermés.

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