Médicaments : qui fixe les prix récolte la pénurie

Incroyable : la France connaîtrait des pénuries de médicaments !

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médication (Crédits : Gatis Gribusts, licence Creative Commons)

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Médicaments : qui fixe les prix récolte la pénurie

Publié le 5 octobre 2018
- A +
Par Nathalie MP.

La grande, la belle, la divine nouvelle ne vous aura certainement pas échappé : en 2019, le budget de la sécu1 serait excédentaire de 700 millions d’euros ! Réjouissance dans les ministères, car cette abondance avait déserté nos comptes publics depuis belle lurette. En revanche, point d’abondance du côté des médecins et des médicaments disponibles. Un rapport tout juste publié par le Sénat pointe l’alarmante situation de pénurie de médicaments dans laquelle la France s’enfonce depuis 10 ans. Du mieux d’un côté, du pire de l’autre : n’y aurait-il pas un petit rapport ?

 

En 2017, la France a enregistré 530 signalements de rupture de stocks ou de tensions d’approvisionnement pour des médicaments et vaccins présentant un « intérêt thérapeutique majeur » (surtout anti-cancéreux, anti-infectieux, médicaments du système nerveux central et produits dérivés du sang) contre 44 en 2008.

Les produits d’usage courant ne sont pas non plus épargnés : pénuries d’amoxicilline (antibiotique) en 2014 et 2018, pénurie du vaccin contre l’hépatite B en 2017, etc. Actuellement, l’anti-parkinsonien Sinemet est annoncé comme indisponible jusqu’en mars 2019. La couverture sanitaire du pays laisse à désirer.

Big Pharma partout, sauf en France

Interrogée sur le sujet, la ministre de la santé Agnès Buzyn s’est empressée de dédouaner notre système de santé très étatisé et très dirigiste de toute responsabilité dans cette situation (vidéo, 55″) :

Ce n’est pas du tout un problème français, c’est un problème mondial.

Mme Buzyn n’a certes pas tort lorsqu’elle signale qu’il faut 18 mois pour fabriquer un vaccin et que le moindre incident de production peut causer des ruptures très importantes. Il arrive aussi que face à des changements soudains dans les politiques vaccinales, les industriels ne soient pas en mesure de fournir les quantités nécessaires de produits aussi rapidement qu’on le souhaiterait.

Les auteurs du rapport sénatorial soulignent également le fait que « 80 % des fabricants de substances pharmaceutiques actives utilisées pour des médicaments disponibles en Europe sont situés en dehors de l’Union », notamment en Asie, ce qui a pour effet de fragiliser la chaîne d’approvisionnement des pays européens.

Mais ne nous cachons pas derrière notre petit doigt. Certaines caractéristiques de notre système de santé collectivisé sont directement responsables de la situation de pénurie que nous connaissons.

Collectivisation + planification = pénurie

Les sénateurs font remarquer par exemple que la massification des achats des établissements de santé afin d’obtenir de meilleurs prix a provoqué une forte dépendance d’approvisionnement à l’égard de trop peu de fournisseurs. Que l’un d’entre eux soit en rupture pour une raison ou pour une autre, et c’est tout le système de soin qui est affecté.

Toujours selon eux, il serait peut-être intéressant pour la santé des Français de ré-inciter les entreprises à s’implanter en France grâce à… des exonérations fiscales ! Je répète : exonérations fiscales. C’est comique. En contrepartie d’engagements précis sur la fabrication de médicaments essentiels et sous le contrôle vigilant des pouvoirs publics, naturellement. Mais ne dirait-on pas que la fiscalité suprêmement élevée que nous connaissons, une fiscalité entièrement décidée par l’État, serait un frein au développement humain ? Remarquons que cette proposition arrive en 3ème position sur 30. On croirait presque que c’est important !

Mais attention, méfiance ! N’oublions pas que nous avons affaire à des entreprises pharmaceutiques, à ces fameuses « big pharmas » qui se font des couilles en or avec nos problèmes de santé, ainsi que l’ONG Médecins du Monde l’insinuait très lourdement, très superficiellement et très démagogiquement dans sa campagne d’affichage de 2016 « Le prix de la vie ».

Aussi, nos sénateurs envisagent également un peu de name and shame, procédé manifestement très en vogue actuellement au gouvernement, que ce soit pour imposer l’égalité H/F dans les entreprises ou pour dissuader les maniaques de l’optimisation fiscale. Ce n’est certainement pas pour rien qu’ils ont trouvé moyen de glisser « éthique » dans le titre de leur rapport. Chacun sait que dans ce pays, ce mot n’a qu’un sens : fliquer les entreprises, fliquer ce secteur privé forcément dépravé.

Ils proposent donc que l’ANSM (Agence nationale de sécurité des médicaments) rende public sur son site l’historique des ruptures de médicaments de chaque entreprise (proposition n° 12) ainsi que les sanctions reçues en cas de non respect des plans de gestion de pénurie (proposition n° 13).

Mais plus fondamentalement, le plus intéressant du rapport concerne la proposition d’introduire une certaine souplesse dans les prix des médicaments. Attention, terrain glissant pour des sénateurs qui se respectent. Que va dire Médecins du Monde ? Pour couper court à toute critique, ils ont d’ailleurs prévu la mise en place d’un « programme public de production et distribution » de médicaments (proposition 8). L’honneur collectiviste est sauf !

Mais revenons aux prix.

Contrairement aux allégations de l’ONG, les industriels du médicament sont loin de faire ce qu’ils veulent en matière de tarification de leurs produits à destination du marché français. De même que le nombre2 et les honoraires de nos médecins sont fixés par les pouvoirs publics, les prix de vente des médicaments remboursables sont décidés par le Comité économique des produits de santé (CEPS) à l’issue d’âpres négociations avec les industriels. Objectif : peser sur les dépenses de santé et combler le fameux « trou de la sécu ».

Or l’on constate année après année que la pression à la baisse des prix est de plus en plus forte. En partant d’un indice 100 en 1999, on arrive à l’indice 60 en 2016 ! C’est d’ailleurs en France que les prix des médicaments sont le plus bas en Europe. L’évolution favorable du budget de la Sécurité sociale que j’évoquais en introduction doit tout à ce système de fixation autoritaire des prix.

Alors que le « plan santé » du gouvernement inclut des dépenses supplémentaires (3,4 milliards d’ici 2022), alors qu’il faut bien évidemment financer la promesse électorale du « reste à charge zéro » pour les lunettes et les appareils dentaires, Agnès Buzyn ne s’inquiète pas trop pour son budget 2019 car elle a prévu d’imposer un milliard d’euros d’économies dans les négociations de prix avec l’industrie pharmaceutique, après 950 millions en 2018 et 810 millions en 2017. Bizarrement, on parle rarement de cet aspect des choses.

Les industriels, représentés par le Leem (syndicat professionnel français des entreprises du médicament), font remarquer avec un peu d’amertume que :

Les entreprises du médicament contribuent chaque année à la moitié des économies de santé, alors que le médicament pèse 15 % seulement dans les dépenses d’assurance maladie.

On constate ainsi que les labos ont tendance à délaisser les produits devenus non rentables, tout au moins pour le marché français ; on constate également que la réglementation et le contrôle des marges imposés aux grossistes répartiteurs (distributeurs qui s’intercalent entre le fabricant et le pharmacien ou l’hôpital) les poussent à profiter des prix maintenus bas en France pour y acheter des produits qu’ils revendent au cours (plus élevé) en vigueur dans d’autres pays.

Ce point essentiel de la fixation autoritaire des prix, ce point qui marque à coup sûr que nous subissons en France une économie de la santé complètement collectivisée et décadente, n’a pas échappé aux auteurs du rapport sénatorial. Sous le titre « Éviter le désengagement des laboratoires sur les médicaments essentiels peu rémunérateurs », ils proposent de permettre à l’ANSM d’activer une procédure de renégociation de prix (proposition n° 9).

Autrement dit, les sénateurs reconnaissent implicitement que l’amélioration apparente des comptes de la sécurité sociale par fixation à la baisse des prix des médicaments se fait au détriment de la santé des Français dans la mesure où cette décision étatique entraîne un désengagement des laboratoires des produits non rentables, donc des pénuries.

Alors que la demande mondiale de médicaments explose avec l’allongement de la durée de vie et la sortie de la pauvreté de millions de personnes, et alors que les grandes pathologies touchant des millions de personnes ont déjà trouvé leur molécule de traitement, l’industrie pharmaceutique doit faire face aujourd’hui à des évolutions radicales.

Outre le fait que les réglementations, les autorisations de mise sur le marché et les contrôles de qualité sont toujours plus contraignants, elle doit s’adapter à l’arrivée des produits génériques – qui provoquent d’ailleurs une baisse naturelle des prix – et elle doit continuer ses longs efforts de recherche et développement pour parvenir à soigner des maladies peu fréquentes, voire rares ou orphelines dont les investissements ne s’amortiront dorénavant que sur un nombre limité de personnes.

Il est bon, il est même indispensable, que ce secteur industriel reste rentable, car cela nous garantit qu’en dépit des investissements très lourds et des risques très élevés, il attirera de nouveaux entrants qui proposeront à leur tour des médicaments performants pour le plus grand bénéfice de notre santé.

L’idée des sénateurs de donner un peu de souplesse sur les prix afin de mieux répondre à la demande de santé des Français est louable et témoigne d’un début de prise de conscience des graves méfaits d’une économie administrée. Mais dans ce cas, pourquoi ne pas se diriger tout simplement, et pour toute la filière, vers un mécanisme de marché concurrentiel et non faussé ?

  1. Précisions sur « la sécu ». Les comptes publics reposent sur 3 composantes : l’État et ses agences, les collectivités locales et les administrations de sécurité sociale. Cette dernière se décompose elle-même en deux parties : les régimes d’assurance et les organismes dépendant des assurances sociales (hôpitaux essentiellement). À leur tour, les régimes d’assurance recouvrent 4 réalités distinctes : la caisse d’amortissement de la dette sociale (CADES) dont le job est loin d’être terminé, l’assurance chômage, les régimes spéciaux, et enfin le régime général et le fonds de solidarité vieillesse (FSV). L’excédent de 700 millions d’euros prévu pour 2019 après un déficit de 1 milliard en 2018 correspond à ce dernier poste (régime général et FSV). Il est à noter qu’il se décompose lui-même en maladie, accidents du travail, vieillesse et famille, la partie maladie restant encore en déficit.
  2.  Face aux déserts médicaux qui prolifèrent, le numerus clausus en vigueur dans les facs de médecine sera supprimé en 2020.
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  • n’y a t-il pas cause à effet de la pénurie de médicaments de l’excédent de la sécurité sociale ? comment croire ces magiciens de la finance !! en créant volontairement la pénurie de médicaments ( stocks ), ne va t-il pas les augmenter ?? ou est la vérité ?? état des finances des laboratoires , la nouvelle donne de la rentabilité à outrance !! avec la complicité de L’ÉTAT ? conflits d’intérêt ? corruption !!!! les doutes sont permis ..
    faire des lois pour investir , vendre les bijoux de famille saine , pour des projets sur l’incertitude , inquiétant tout ça..exemple des autoroutes en est un bel exemple de rentabilité que Nos super héros de là finance ont cédé que les concessions ont prolongés pratiquement à l’infini…

  • Ouais ,vive le libre marché….quand il y a une concurrence loyale…ce qui est loin d’être le cas de nos industries pharmaceutiques pratiquant allègrement la corruption des prescripteurs et des politiques….mais je me trompe sans doute .!

    • « La corruption est la fille de la réglementation. »
      P. Salin. Libéralisme.

    • @ reactitude
      Étonnant de concevoir si spontanément une « corruption » (des AUTRES, évidemment), sans la moindre preuve!
      C’est évidemment un comportement de complotiste, injustifiable! On ne sait rien mais on accuse!

      • Je n’accuse personne , l’homme est un animal corruptible..si défendre son beefsteak est de la corruption.allez , combien de pseudos medicaments vendus et prescrits en connaissance de cause ?
        Il y a un combat entre le déficit de notre sécu et les bénéfices des industriels et chacun défend son beefsteak ….et pas vraiment le notre.

  • Socialisme, planification, intervention de l’Etat, redistribution, fixation des prix par l’Etat, nomenklatura, corruption = pénurie et misère

    C’est même plus risible, c est pathétique.

  • Il y a 5-6 ans le Quotidien du Médecin (je n’ai plus la référence), avait publié un article sur les pénuries de médicament en France (sujet déjà d’actualité pour les professionnels). Selon cet article, 5-10% des pénuries étaient dues à un problème d’approvisionnement du produit actif à la base du médicament. 30-40% étaient dues à un problème de fabrication interrompant pendant plusieurs mois la chaîne de fabrication.
    50-55% étaient dues à des problèmes étiquetés « problème de logistique » (lol). En fait comme plus de 80% (au moment de l’article, sans doute plus maintenant) des médicaments vendus en France étaient produits en dehors du territoire français (contre 20% il y a 40 ans), la distribution de ces médicaments par le fabriquant se fait préférentiellement vers les pays au prix de vente le plus élevé. Car comme le souligne Nathalie MP, et quoiqu’en disent nos politiques, le prix de vente des médicaments en France est un des plus bas d’Europe.
    Pourquoi cette expatriation des producteurs de médicaments ? La fiscalité, le coût du travail et la réglementation du travail sont une raison. Il y a également l’inflation en Europe et encore plus en France des contraintes de fabrication imposant de multiples vérifications et contrôles itératifs et encore plus pour remettre en route une chaîne de production en cas de problème. Les fabricants migrent vers des pays certes fiscalement plus attractifs mais également avec une réglementation plus light en matière de fabrication.
    Quelle solution proposait un représentant de l’administration dans cet article ? « il faut que les fabricants reviennent en France » texto ! Pour subir une fiscalité et une réglementation lourdes et changeantes suivant les directions du vent politique ? Et pour que l’Etat oblige le fabricant à réserver une part de sa production à la France ? On peut rêver.
    Les agitations de nos polytocards n’y changeront rien. Un médecin commercial chez un fabricant avec qui j’avais discuté dans les mêmes périodes que l’article du QdM, m’apprenait qu’en fait, pour les grands labos pharmaceutiques, le marché français du médicament n’est pas du tout leur priorité pour des raisons de contraintes réglementaires et tarifaires mais également (et surtout) en raison de la quantité vendue. Ces labos ont tous en ligne de mire les pays fortement peuplés comme la Chine, l’Inde…etc Ces pays voient apparaître et croître une classe moyenne de plusieurs centaines de millions de personnes, classes moyennes qui bénéficient d’assurances santés (privés pour la plupart) et donc constituant une population solvable.

    Et tout cela ne parle pas des pénuries, absences ou restrictions de disponibilité par décision administrative (ex : anti-viral hépatite C très cher et donc à l’application restreinte aux atteintes hépatiques graves en France mais à toutes les hépatites C dans d’autres pays ; traitement des cancers de prostates avec métastases osseuses par Radium 223, cher et indisponible en France).

  • Il faut quand meme pas exagerer la puissance de la securite sociale francaise.
    Il y aurait eut delocalisation de la production en asie meme si la securite sociale n existerait pas et les tarifs seraient plus eleves. Tout simplement parce que c est plus rentable de produire en chine qu en europe

    Les societes pharmacieutique sont des multinationales pour une bonne partie des medicaments en situation de monopole (un brevet empeche un concurrent de fabriquer le meme produit) d ou une absence de concurrence

    Voici les 10 plus grosses :
    Pfizer (U.S.)
    Roche (suisse)
    Sanofi (France)
    Johnson & Johnson (U.S.)
    Merck & Co. (U.S.)
    Novartis (suisse)
    AbbVie (U.S.)
    Gilead Sciences (U.S.)
    GlaxoSmithKline (U.K.)
    Amgen (U.S.)

    A part Sanofi qui aurait interet a privilegier le marche francais ?

      • @ RX33
        Oui, où est Bayer?
        Et Sanofi est devenu Sanofi-Aventis, multinationale, comme les autres industries pharmaceutiques.

    • Un brevet n’a rien à voir avec une logique de monopole mais tout à voir avec le respect de la propriété privée.

      Outre le fait qu’il est temporaire, un brevet sur un médicament n’empêche pas un concurrent de travailler sur une autre composition de principes actifs pouvant avoir des effets thérapeutiques similaires.

      De plus, le dépôt d’un brevet est largement préférable au secret des affaires. Un brevet fait l’objet d’une publication offrant de précieuses informations à tous, informations qui sinon auraient été gardées secrètes. Breveter un médicament augmente la connaissance de l’ensemble des spécialistes du secteur.

      Enfin, rien n’empêche plusieurs concurrents de collaborer pour partager leurs brevets, soit par échange, soit par rémunération.

      Il n’y a vraiment aucune trace de monopole là-dedans.

    • Un monopole de 11 ans c’est pas vraiment un monopole quand je pense a Mickey, dont vous ne pouvez esquisser les oreilles, même 80 ans après sans craindre les foudres des avocats de Disney…

      Quand je pense au Valsartan, mis au point par Novartis et ses 120’000 employés, passé dans le domaine public 11 ans après sa mise sur le marché
      aujourd’hui son générique est vendu (entre autres) par Biogaran et ses 300 employés.
      Génériques achetés au cul du camion du marché mondial…

      • @ Leipreachan
        Non, le brevet dure 20 ans, mais c’est bien la molécule qui sera brevetée, bien avant sa mise sur le marché et même avant la fin de la mise au point et des essais, ceux sur l’homme étant en queue de peloton.
        Donc 10 ans au moins, pour concevoir et trouver un nouveau médicament avant d’avoir vendu 1 pilule!
        Et 10 ans environ, pour rentabiliser recherche et production!
        Donc oui, un nouveau médicament, c’est très cher!
        Et beaucoup de firmes pharmaceutiques ont aussi leur marque de génériques puisqu’ils ont déjà les moyens de production qui ont servi pour l’original breveté!
        Il est d’ailleurs assez choquant que les états conseillent d’acheter des copies-génériques plutôt que l’original!
        Perso, je préfère encourager, par mon achat, une entreprise innovante, d’où qu’elle soit! Des médicaments « blancs » ou « low cost », ce n’est pas pour moi! Je ne boirais pas un faux Château Margaux!

        • « Et 10 ans environ, pour rentabiliser recherche et production! »
          Bcp moins longtemps le plus souvent.
          Tous les labos surveillent les dépôts de brevet de molécules de leurs concurrents et les étudient surtout quand quelque chose semblant novateur est breveté. C’est pour cela que très souvent quand apparaît un nouveau type de médicament, des molécules apparentées concurrentes sortent seulement 3-5 ans après et non 10 ans plus tard. Ces nouvelles molécules sont vendues moins chères si leur efficacité est identique à la première amputant d’autant les parts de marché de la première vendue.
          C’est aussi pour cela que très rapidement certains labos produisent un générique de leur molécule princeps avant la fin du brevet, uniquement pour occuper le marché quand ils savent (via les dépôts de brevets) qu’un autre labo va sortir une molécule concurrente de la leur . Cela ampute une partie des ventes de leur propre molécule princeps mais également (et surtout) les ventes des molécules concurrentes.

        • Pourquoi vos posts commencent systématiquement par ‘non’ ?
          Si j’écris 11 ans, c’est parce que c’est 11 ans !

          Règle du « 8 + 2 + 1 » (applicable une seule fois par principe actif):

          – les génériques peuvent déposer une demande d’AMM au bout de 8 ans de l’AMM du princeps,

          – obtention de l’AMM au bout de 10 ans de l’AMM du princeps,

          – + 1 an d’exclusivité pour nouvelle(s) indication(s) avec bénéfice
          clinique significatif par rapport aux thérapeutiques existantes.

          Ce + 1 an concerne la protection globale du médicament et pas
          seulement la nouvelle indication.

          Les médicaments étant toujours mis sur le marché sous forme galénique, toute modification de cette forme entraîne une nouvelle période de 11 ans:
          un comprimé de XX peut être copié au bout de 11 ans, un suppo apparu 10 ans après doit de nouveau attendre 11 ans, puis une crème ou même un nouveau dosage (20mg au lieu de 10).
          La multiplication des formes galéniques permet aux labos de prolonger leur exclusivité.

          • Pas tout à fait.
            La durée d’un brevet est bien de 20 ans mais il faut 10 à 12 ans d’essais pour obtenir l’AMM d’une ou deux molécules sur un pool de plusieurs 100aines voire milliers qui ont fait l’objet d’un dépôt de brevet.
            Le labo disposera d’une exclusivité d’exploitation de sa molécule de 8-10 grand maximum. En sachant (cf mon commentaire plus haut) qu’au bout de 3-5 ans il aura de très forte probabilité d’être concurrencé par des molécules proches issues de la recherche d’autres labos.
            La règle de la demande d’AMM d’un générique au bout de 8 ans càd avant la fin de validité du brevet ne concerne que le labo propriétaire du brevet voire un labo qui a passé un accord avec le propriétaire du brevet si celui-ci n’est pas tombé dans le domaine publique.

            « Les médicaments étant toujours mis sur le marché sous forme galénique, toute modification de cette forme entraîne une nouvelle période de 11 ans: »
            Il faut bien distinguer forme galénique et principe actif.
            Le principe actif (la molécule) est protégé par un brevet qui dure 20 ans. Si la nouvelle forme galénique est protégée un certain temps vous vous doutez bien qu’un laboratoire voulant émettre un générique d’une molécule dont le brevet est tombé dans le domaine publique, ne commettra pas l’erreur de reproduire une forme galénique identique à son concurrent. Il changera la forme, l’excipient (càd les substances de ‘remplissage » qui accompagne le principe actif) voire le dosage du principe actif. Evidemment, tout cela a un coût, Et même s’il est moindre que de mettre au point un nouveau médicament, une telle opération ne sera montée que si le marché de cette molécule en vaut la peine. Cela explique la multiplicité des génériques de certains médicaments (anti-douleurs, antibiotiques…etc) très vendu: plusieurs génériques légèrement différents les uns des autres peuvent apparaître en moins d’une 10aine d’années.
            Par exemple, l’amoxicilline et ses génériques (liste non exhaustive): http://base-donnees-publique.medicaments.gouv.fr/afficheGroupeGene.php?idGrp=148

            • La forme galénique n’a que peu a voir avec la forme ou la couleur d’un comprimé, ce mot nouveau (anciennement forme pharmaceutique) est dérivé de l’anglais ‘galenic formulation’, raccourci en ‘form’ , les copieurs peuvent donc reproduire la formulation avec un aspect différent, mais certaines modifications trop importante des excipients peuvent obligent les copieurs à refaire les tests de phase lll, ce qu’ils doivent éviter.
              Les formes galéniques sont :
              Dragées, capsules, Libération Prolongée ou Retardée, comprimés, injectables, suppositoires, crèmes, emulsion, gel, buvables, poudres, gouttes, inhalations poudre ou liquide, systèmes transdermiques (et j’en oublie), tout ça avec souvent un dosage (forme posologique) de substance active différent pro forme.

              Et chaque forme est protégée 11 ans, c’est pourquoi il est intéressant de créer de nouvelles formes galéniques pour un même princeps chaque fois qu’une forme arrive à échéance…

              Et pour en revenir à l’influence américaine, il y a 30 ans il fallait écrire, à la demande de la Food&Drugs Administration sur tout article médical non médicamenteux, genre boitier pour inhalateur ou gants d’examen,  » this is a medical device « .

              Aujourd’hui on ânonne dans les pub télé « ceci est un dispositif médical »
              A part les intermittents du spectacle, y a plus trop d’exception française…

    • un brevet empeche un concurrent de fabriquer le meme produit

      Plus précisément, un brevet oblige le concurrent à obtenir l’accord du détenteur du brevet, avec habituellement des royalties à la clé. Contrairement à une idée reçue, le brevet n’ est pas un moyen d’obstruction mais plutôt un instrument de négociation.

  • Les négociant remercient les sotscialistes français en tous genres pour leur action actions sur les prix de ventes. Plus les prix sont contraints et plus les occasions de faire de belles marges se présentent. C’est excellent pour leur porte-monnaie.

    Ils remercient les français pour avoir élus ces gens là au pouvoir. Ne changez rien nous disent-ils…

    J’exagère juste un peu 🙂

  • Depuis peu, il n’y a plus moyen d’obtenir en France des médicaments prescrits par les médecins sous prétexte de rupture de stock « mondiale ». A la question du laps de temps d’attente, les pharmaciens sont dans l’incapacité de répondre ; donc on peut attendre un temps indéterminé avant de commencer le traitement prescrit. Pourquoi alors aller consulter, si l’on ne peut pas se soigner faute de médicaments ?
    Mais chose curieuse, cette « pénurie mondiale » n’est présente qu’en France. En effet, vivant proche de pays développés, comme l’Allemagne et la Suisse, il est aisé d’avoir tout de suite les remèdes prescrits, certes pas au même prix (la différence n’étant pas énorme), mais au moins on peut se soigner. Bien sur, lors d’hospitalisation, cette solution n’est pas envisageable.
    Si j’estimais nécessaire de donner ces précisions, c’est pour dénoncer les abjectes mensonges (débités par la Buzyn) qui masquent son incapacité. Elle veut nous faire passer des vessies pour des lanternes. Ras le bol de ces impostures !!! Et honte aux politiques qui soviétisent le pays !
    Il est vrai que, pour la majeure partie des Français, cette comparaison n’est pas possible ; mais il est bon que les non-frontaliers soient avertis des falsifications sans vergogne du gouvernement. Quant à l’excédent de la Sécu, cela reste à voir… Permettez que j’émette de sérieux doutes à ce sujet !
    Une dernière chose : tenant compte de la diminution des remboursements par la Sécu, face à l’augmentation des cotisations tant de la CPAM que des complémentaires, il serait beaucoup plus avantageux pour patients et contribuables, de souscrire des assurances (ou mutuelles) privées de leur choix, comme c’est le cas pour les automobiles, pour ne donner que cet exemple. La situation serait claire et assainie et… plus de « pénuries mondiales »…

    • Les pays sont plus ou moins touchés par le risque de pénurie de médicaments. La France semble particulièrement affectée par le phénomène. Par rapport aux 530 pénuries signalées en France en 2017, on dénombre seulement 134 pénuries signalées aux USA. De plus, le phénomène est en régression aux USA alors qu’il s’aggrave en France. Si le phénomène est mondial, il y a bien un problème spécifiquement français.

      https://www.fda.gov/Drugs/DrugSafety/DrugShortages/ucm441579.htm

      Il faut également comparer le nombre de pénuries signalées par rapport aux nombre de médicaments autorisés à la vente dans chaque pays. En effet, entre deux médicaments, on peut retrouver le même principe actif. Un médicament peut donc en remplacer un autre en pénurie, sauf bien sûr s’il a été interdit à la vente par l’administration. Dans ce cas de figure, la responsabilité de cette dernière est entière.

      • Dans ce cas de figure, la responsabilité de cette dernière est entière.

        Oui, mais morale et non pénale, malheureusement.

  • «les labos ont tendance à délaisser les produits devenus non rentables»… comme le trivalent DTP, conduisant à la nouvelle obligation suite au déseu du Conseil d’Etat, et par suite à une nouvelle obligation que beaucoup de médecins désapprouvent au point de refuser maintenant de suivre les jeunes enfants? On notera encore le rôle de l’Etat qui, pour ce suivi, complète la rémunération ridicule des médecins avec des forfaits, ce qui a pour effet de les transformer en dociles prescripteurs de la « politique de santé gouvernementale »…
    Tout ceci finit par produire la désagréable impression que notre santé, ils s’en f…
    Alors, oui à un « mécanisme de marché concurrentiel et non faussé »… par les connivences diverses. Toutes les entreprises ne sont pas vertueuses, loin de là. J’entends oar là, n’ont pas uniquement en vue l’intérêt de leurs clients et l’avenir de l’entreprise. Et les plus grandes, quasiment en situation de monopole, encore moins que les autres.
    Pourquoi donc M. Hamon avait-il demandé à M. Macron, lors du débat pour la présidentielle, s’il était vrai qu’il était financé par des laboratoires pharmaceutiques? Pourquoi ces entreprises-là précisément?
    Alors je me pose la question: dans ces négociations pour maîtriser le prix des médicaments, qu’exigent en retour les entreorises?

  • n’oublions pas non plus que les français sont de fervents consommateurs de médocs, un peu plus d’hygiène de vie baisserait le niveau de la demande..;)

    • Je suis beaucoup d’accord avec vous mais n’allez pas donner à l’état l’idée d’avoir des politiques hygiénistes…?

      • Les assurances privées en revanche…

        • Si il y en avait…je précise…je parle pas des mutuelles…je suis dans « ma »théorie qui n’existera jamais.

          • J’ai passé 40 ans hors de France sans sécu, j’avais pour ma famille et moi même une assurance privée qui remboursais jusqu’à 300% * du plafond de la sécu, avec plein d’avantages comme des chambres privées en clinique et même le remboursement à 90% des soins et hospitalisations à l’étranger.
            Les assurances maladie privées ont existé, et c’est Sarkozy qui les a condamnées, avec un Hollande trop heureux de finir le boulot.

            * 300% veut dire que pour un acte facturé 200 euros que la sécu rembourse 50, l’assurance rembourse 300% de 50 = 150, reste 50 à charge au lieu de 150 dans l’exemple.

            • Je sais bien que c’est possible et que ça existe déjà mais pas en France.
              Merci pour les infos, pour Sarkozy j ignorais, je vais me renseigner plus avant.
              Le « ma théorie qui n’existera jamais » était une pique malhabile, voire malhonnête qui ne vous concernait pas.

              • J’ais été imprécis, Sarkozy en 2008 avait fixé pour 2014 la fin du droit d’option pour ceux qui sont employés ans un pays sans sécurité sociale d’état, comme la Suisse, tout en ayant son foyer fiscal en France, de s’affilier à une assurance privée.

                Le but: sécu obligatoire pour tous !
                Même si je passais la plus grande partie de ma vie hors de France, mais aussi de Suisse où siégeait mon employeur, j’avais contracté une assurance maladie/accident privée pour ma famille restée en France; assurance française (MMA) qui couvrait admirablement nos besoins.
                C’est donc Sarko qui a décidé de la fin de cette mesure et la Marisol qui s’est fait le plaisir de l’appliquer au 1er juin 2014 pour ramener le pactole vers la sécu. (peut être la seule mesure de Sarko que Hollande n’a pas annulé).
                Mais comme tous les plans de chers zélites, ça a foiré, la plupart des travailleurs concernés, après avoir dû batailler ferme devant les tribunaux pour obtenir ce droit, se sont assuré à l’étranger.
                Sarko puis Hollande n’ont donc pas interdit les assurances privées, mais en obligeant tout le monde de s’assurer à la sécu, ils les ont privées de clients…
                https://www.previssima.fr/actualite/frontaliers-suisses-et-assurance-maladie-retour-sur-40-annees-dhistoire-mouvementee.html

                Et puis vous avez raison, pour l’ogre étatique, ce système était une anomalie et il y a mis fin.
                C’est redevenu une théorie…

    • @dekkard
      Je ne suis pas sûr du tout que cela suffise.
      Le système français de santé est un « open bar » permettant d’avoir tout et n’importe quoi pris en charge sans limite. La France a fait le choix de rembourser sans limite la bobologie et les petits tracas (sans limite de consultation : nomadisme médical) car cela touche bcp plus de personnes (donc électoralement plus rentable) et de discrètement limiter le niveau/qualité de soin pour les pathologies plus lourdes , ces dernières concernant moins de monde. Ces limitations sont techniquement plus difficiles à cerner et touchent une population qui n’aura pas les moyens physiques (et le temps de survie) pour faire connaitre son mécontentement.
      La plupart des assurances privées de santé (les vraies assurances santé et non les mutuelles), ont une franchise annuelle au-dessus de laquelle les soins sont remboursés. Le niveau de la franchise conditionne en partie le montant de la prime. Cela limite « l’open bar ». Mais il est vrai qu’une assurance privée ne court pas après des mandats électoraux…

  • Et à quoi servent les profits des labos ? Suis-je le seul à penser qu’ils leur servent à investir dans la recherche de nouveaux médicaments ? Vouloir faire disparaître la liberté des labos de réaffecter les profits à leur idée, puis même de faire des profits, c’est exactement comme la gestion de l’agriculture et l’industrie par l’état dans les pays où le drapeau comporte une faucille et un marteau.

    • Je le pense aussi, j’en suis même certain, vous n êtes pas seul ( mais pas très bien accompagné ?), je suis là.

      Pour certain, faire du profit c’est moralement inacceptable ( sauf pour eux ) , alors que ce n est que le résultat de l’action humaine, de son travail et de son inventivité.
      Alors faire du profit sur le « dos des malades », c est carrément satanique.

    • Oh oui! avec les brillants succès qu’on connait.
      C’est aussi une des raisons pour laquelle les labos ont déserté certains pays soviétoïdes empêchant ces derniers de mettre les mains sur leur production et/ou de régenter la distribution des médicaments à leur profit.

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