Les Français prêts à tarifer l’assurance santé d’après le comportement

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Les Français prêts à tarifer l’assurance santé d’après le comportement

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 21 mai 2018
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Par Éric Verhaeghe

OpinionWay a réalisé le nouveau baromètre annuel santé de Deloitte. Les réponses en surprendront certains : les Français sont prêts à une tarification de la santé sur le comportement et sont déçus par la réforme du contrat responsable. Ils considèrent majoritairement que le recours à une surcomplémentaire individuelle est un choix pertinent…

Le baromètre n’est pas encore publié, mais il suscite déjà de nombreux commentaires contradictoires dans la presse. Ainsi, Le Quotidien du Médecin évoque des « Français fiers de leur système de santé », quand Le Parisien souligne qu’ils sont « de moins en moins satisfaits ». Il faut lire entre les lignes du sondage pour mesurer toute la subtilité des raisonnements qui y sont tenus.

La surcomplémentaire individuelle comme solution inévitable

Passons d’abord outre les considérations habituelles sur : êtes-vous contents de votre système de santé ? qui ne veut pas dire grand chose. On notera seulement qu’en un an, le taux de satisfaction a baissé de 9 points (de 86 à 77 %). Faute d’un débat national sur le sujet et d’une perspective de sortir du système actuel, cet effondrement du taux de satisfaction en si peu de temps en dit long sur le scepticisme français face aux grandes tirades des pouvoirs publics sur les politiques qui sont menées.

D’une manière générale, les Français ont acté que la Sécurité sociale n’avait pas ou n’avait plus vocation à rembourser la totalité des dépenses de santé. D’où un résultat tout à fait intéressant, présenté en détail par Le Quotidien du Médecin :

Près des deux tiers des sondés (64 %) ont le sentiment d’une croissance de leur reste à charge depuis la mise en place des nouveaux contrats responsables (qui fixent des plafonds de remboursement). Dans ce contexte, 20 % des sondés ont déjà opté pour une couverture supplémentaire santé individuelle et 17 % envisagent d’y recourir au cours des 12 prochains mois ! Concrètement, ils déboursent (ou pourraient débourser en plus de leur mutuelle collective) 26 euros en moyenne par mois pour doper le niveau de remboursement de leurs dépenses santé et 14 euros en moyenne pour bénéficier de nouveaux services.

On retiendra donc qu’une surcomplémentaire ciblée à 26 € pour des remboursements santé et à 14 € pour des services nouveaux correspond aux attentes du marché. À bon entendeur !

La tarification au comportement progresse

Autre chiffre d’importance, relevé par BFM : « 61 % d’entre nous pensent qu’il faudrait ajuster les frais de santé en fonction de notre mode de vie ». Cette information en dit long sur l’attente des Français vis-à-vis de leur système de santé, au-delà du bloc monolithique et monopolistique de la Sécurité sociale présenté comme un horizon indépassable. La tendance naturelle de la société française l’incline désormais à une mitigation du risque par une tarification selon les comportements individuels, sur le modèle de l’assurance automobile. Cette tendance est à retenir.

Pour les pouvoirs publics, ce chiffre devrait constituer un signal important dans la compréhension du risque que peuvent avoir les Français.

Remboursement de certains patchs anti-tabac

Dans cette suite logique, beaucoup plébisciteront le remboursement de certains patchs anti-tabac. Cette mesure prise dans le cadre du plan « Priorité prévention » présenté fin mars par la ministre de la Santé. Après la gomme à mâcher Nicotine EG (fabriquée par EG Labo), prise en charge par la Sécu depuis le 28 mars, le patch NicoretteSkin (de Jonhson&Jonhson) a été inscrit au remboursement par un arrêté paru mardi au Journal officiel et qui prendra effet « au quatrième jour suivant (sa) date de publication ».

Un prix unique a été fixé pour chaque produit, quels que soient les dosages ou les arômes : 14,14 € pour Nicotine EG et 28,55 € pour NicoretteSkin, remboursés à 65 % par l’Assurance maladie.

Il s’agit d’une étape importante dans le développement d’une stratégie de prévention… dont il paraît curieux qu’elle ne soit pas intervenue plus tôt.

Épidémie d’obésité dans le monde

Au chapitre des mauvaises nouvelles, on notera que l’OMS vient d’alerter sur l’épidémie d’obésité qui frappe la planète. Le phénomène est particulièrement marqué en Europe où le taux d’obésité atteint 17 % de la population, et le taux de surcharge pondérale dépasse les 50 %.

Cette épidémie est largement due à la transformation des modèles alimentaires. Laurent Barrat explique :

Les progrès technologiques de l’agro-industrie ont favorisé la mise sur le marché de produits peu chers, riches en gras, en sucre et en sel […] Notre environnement alimentaire nous incite au plaisir de la nourriture au-delà de ce dont nous avons besoin.

La malbouffe triomphe, et nos filières agricoles traditionnelle souffrent.

Sur le web

Voir les commentaires (15)

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  • l’obésité est liée à l’hyperinsulinémie et il convient de comprendre quels aliments font monter l’insuline ou non

    • Quand on sait que la France est le deuxième marché mondial de McDo on se demande pas d’où vient le problème : un manque de culture. (d’ailleurs on devrait utiliser ce fait pour faire pression sur McDo à la Trump ntm concernant l’évasion fiscal quoiqu’on en pense).

      • Cessez de coller l’obésité sur McDo. Un hamburger c’est du pain, du steak, du fromage et de la salade. Ce sont le sucre, le sel et les mauvaises graisses les responsables!

        • @Virgile
          Le soi-disant pain des Macdo contient du sucre, comme d’autres ingrédients de base de leurs  » hamburgers  » (ex : ketchup).
          La viande contient des graisses animales cuites en quantité non négligeable.
          Le plastoque orange que vous appelez du fromage (?!!) est gras, comme les sauces qui figurent souvent dans les  » hamburgers « .
          Et je ne parle pas de frites bien salées qui sont présentées comme l’accompagnement normal des  » hamburgers « .
          Conclusion : les produits vedettes de Macdo restent des catastrophes pour la santé et la gastronomie.

  • Article au titre accrocheur et vide finalement. Si vous souhaitez écrire sur ces sujets vous seriez mieux informé en lisant Prescrire que le quotidien du médecin qui est inféodé à l’industrie pharmaceutique.
    Le gros problème de notre protection sociale est lié à son mode de gestion: par les syndicats qui ne voudront jamais oser changer les modalités de remboursement.

  • Jean Roule Du Cable
    21 mai 2018 at 10 h 32 min

    Rigolos « les » Francais…
    Le recours à une complementaire n’est déjà pas un choix pertinent pour la grande majorité d’entre nous, alors la surcomplementaire… !
    La tarification au comportement, que l’on rapproche des méthodes des assurances automobiles à ses limites. Le pay as you drive ne fait pas florès en France : il n’intéresse guère les assurés (gain faible) et pas plus les assureurs, car en réalité il n’y a pas de reduction de risque mais il y a réduction des recettes et augmentation des dépenses (les boitiers de contrôle sont à la charge de l’assurance).
    Par ailleurs l’individualisation du risque est contraire au principe même de l’assurance. Autant alors être son propre assureur, surtout pour les petits soins. On se passera ainsi d’intermédiaires couteux…

    • Et surtout inquiétant quant aux dérives possibles !
      Vous avez mangé trop gras cette semaine ? => surprime
      Trop de sucre ? => Surprime
      Vous n’avez pas fait vos xxxx pas quotidiens ? => surprime.

      … et c’est encore pire quand je lis que les pouvoirs publics devraient s’en préoccuper aussi.

      • Jean Roule Du Cable
        24 mai 2018 at 19 h 51 min

        Très inquiétant en effet. On en a un exemple avec l’obligation du port de la ceinture en voiture. Forcément pour notre bien (un peu pour les statistiques gouvernementales aussi, mais passons). 3 points de moins sur le permis. 4 PV de ce type et plus de permis !
        Qui nous garantit que demain, nous n’aurons pas droit à la même répression sur les plages (pas de crème solaire, PV de 135 €, c’est pour votre bien, 2000 personnes meurent chaque année d’un cancer de la peau).
        En fait, tout risque de dépendre des possibilités techniques de sanctions. Très facile en voiture. Plus difficile pour contrôler le contenu d’un frigo. Mais avec les NTIC, qui sait ?…

  • Le gros des dépenses de santé, ce sont les dépenses en fin de vie, et bien entendu cela dépend de l’allongement de la durée de vie.
    Par conséquent, quelqu’un qui meurent d’un cancer à 55 ans coûtera moins cher que celui qui traîne en ehpad jusqu’à 90, alors que celui-ci a un meilleur « comportement ».

    • Que signifie fin de vie étant donné qu’on ne sait pas à quel âge ni à quel moment on va mourir.

  • l’obésité est aussi due à la sédentarisation croissante des activités, sans pour autant moins manger.

  • C’est drôle de rembourser des patchs anti tabac alors que le fumeur, n’achetant plus de cigarettes, doit pouvoir se les payer par transfert de dépenses. Pour l’obésité on fait quoi ? On reste toujours dans la culpabilisation.

  • @Liger pain du macdo sucré comme l’est le pain de mie. Le Macdo n’est pas responsable de l’obésité, pas plus, du moins, que si vous prenez le steack frites (maison) mayonnaise (maison) tous les jours. Tout est une question de dosage. La notion de malbouffe n’existe que pour les donneurs de leçons, qui leur permet d’asséner leurs règles psycho-rigides et leurs frustrations à ceux qui osent profiter. Il y a beaucoup d’adeptes du macdo qui restent minces, si, si.

    • Oui enfin, entre un produit fait maison et un produit industriel, les ingrédients varient parfois énormément.
      Et vous ne pouvez pas affirmer que les ingrédients utilisés dans l’industrie n’ont aucun impact particulier sur l’obésité.

      A quantité égales, tous n’ont pas le même impact sur l’organisme.

  • « Les produits vedette du macdo sont des catastrophes pour la santé et la gastronomie ». On s’en fout, on n’y va pas pour ça ! Chercher la gastronomie au macdo faut oser. Ce serait bien d’élever le débat, parce que toujours ramener l’obésité au macdo ou à la malbouffe, c’est juste méconnaître le problème, c’est à dire le levier psychologique que, paradoxalement, on « sublime » lorsqu’il est question de la cigarette.

  • Les commentaires sont fermés.

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