Cette Sécu qui rembourse un peu, beaucoup, ou plus du tout…

Pourquoi la Sécu choisit-elle de rembourser ou pas certains médicaments ? Et si la raison était purement politique ?

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Cette Sécu qui rembourse un peu, beaucoup, ou plus du tout…

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 3 juin 2018
- A +

Par Éric Verhaeghe.

Les médicaments contre le cancer sont mal remboursés par la Sécurité sociale alors que le Doliprane l’est intégralement ! Et tout le monde semble s’en féliciter. C’est le paradoxe le plus stupéfiant d’un système auto-proclamé « le meilleur du monde ».

Il fallait lire la presse subventionnée aujourd’hui (NdlR : l’article date de novembre 2017) et sa façon d’évoquer la décision de rembourser le Keytruda et l’Opdivo par le régime général. Ces deux anti-cancéreux révolutionnaires permettent d’améliorer fortement l’espérance de vie des malades.

Les Échos ont titré : « Sécurité sociale : la facture des nouveaux anticancéreux sera contenue »La Tribune, qui défendait beaucoup à une époque la Grèce martyrisée par l’Allemagne, a offert un titre encore plus direct : « L’immunothérapie va continuer à peser sur les comptes de la Sécu ».

On rêve ! Il existe donc des titres qui revendiquent ouvertement l’intérêt de limiter le remboursement des anti-cancéreux… Il paraît pourtant que la Sécurité sociale est le meilleur système de protection sociale du monde.

On lira avec intérêt la dépêche AFP sur le sujet, curieusement publiée par la presse étrangère, mais peu reprise en France. La dépêche commet cette phrase révélatrice :

La France rejoint désormais la majorité des pays d’Europe de l’Ouest où ce traitement est remboursé en « première ligne » (c’est-à-dire en tant que premier traitement administré) pour le cancer du poumon.

Autrement dit, notre Sécurité sociale, présentée comme un modèle de perfection, est en retard sur la plupart des pays européens en matière de remboursement de Keytruda dans le traitement contre le cancer du poumon.

La Sécu française en retard par rapport aux autres pays

Aucun des défenseurs de la Sécu, synonyme paraît-il d’intérêt général et de protection des assurés, ne semble s’indigner de ce décalage par rapport aux pays qui n’ont pas la chance d’avoir la même sécu que nous.

Pourtant, ce cas de figure montre bien que notre Sécu prend très mal en charge le cancer. Il montre aussi que les pays qui ne sont pas handicapés par une Sécurité sociale publique et monopolistique soignent mieux leurs assurés.

La tarification des actes par la Sécu menace-t-elle la santé des assurés ?

Merck, qui produit le Keytruda a, au passage, cette réflexion intéressante : le médicament coûte cher, mais il consomme peu de prestations hospitalières. Cette immunothérapie demande une simple injection intraveineuse de 30 minutes toutes les trois semaines. On est loin de l’infrastructure lourde de la chimiothérapie.

Autrement dit, le coût des soins profite aux laboratoires pharmaceutiques, mais ne rapporte pratiquement rien aux hôpitaux qui doivent remplir leurs lits et occuper un personnel coûteux.

Les mauvais esprits liront donc entre les lignes les raisons du retard à l’allumage de la Sécurité sociale face à l’immunothérapie : elle pose un problème social et économique, dans la mesure où elle met en péril la rentabilité hospitalière.

La technique de tarification à l’activité se retourne ici très clairement contre la santé des patients.

Pendant ce temps, le Doliprane est remboursé intégralement…

La même édition des Échos proposait un article (citant Le Monde) sur les médicaments les plus remboursés par la Sécurité sociale. On y découvre que le remboursement du Doliprane (dont la boîte est vendue 1 euro…) coûte à la Sécurité sociale environ 200 millions d’euros par an. Rappelons que le Doliprane, produit par Sanofi, est en vente libre.

On parle de 200 millions d’euros de remboursement pour ce médicament. Le montant n’intègre pas le coût des consultations que certains mauvais coucheurs sollicitent pour se faire prescrire un médicament qui ne coûte pas plus cher qu’une baguette. Selon toute vraisemblance, la chaîne de remboursement du Doliprane doit coûter à peu près aussi cher que les 460 millions d’euros prévus pour rembourser le Keytruda.

La Sécurité sociale, instrument démagogique ou sanitaire ?

Dans ces conditions, on se pose forcément la question : pourquoi rationne-t-on le remboursement de médicaments qui sauvent des vies, et pourquoi continue-t-on à rembourser des médicaments à 1 euro qui relèvent de la bobologie ? Pourquoi, alors que la Sécurité sociale est en déficit permanent, mobilise-t-on beaucoup de moyens pour des risques insignifiants en sacrifiant les moyens consacrés au risque lourd ?

La raison est simple, mais elle n’est pas ni médicale ni sanitaire. Elle est politique. Dérembourser le Doliprane, c’est montrer à des centaines de milliers d’électeurs qu’on dégrade leur confort. Ne pas rembourser l’immunothérapie contre le cancer du poumon, c’est tuer 3000 personnes, ce qui, électoralement, correspond seulement à un ou deux bureaux de vote.

Ici, on touche le mécanisme profond qui explique l’attachement de nombreux élus à la Sécurité sociale telle qu’elle dysfonctionne. Il ne s’agit pas de protéger les assurés contre la maladie. Il s’agit de soigner sa popularité en vue des prochaines élections.

La Sécurité sociale n’assure pas les citoyens. Elle achète seulement leurs voix.

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  • La sécu est un organisme de redistribution de richesses, mais une redistribution de richesse « partielle »..
    c’est politique.
    TOUT est arbitraire dans la sécu.

    Pourquoi devrais je contribuer autant pou un médoc contre le cancer du poumon qu’un fumeur? SI on ne discute pas cela..comment discuter du taux de remboursement. D’ailleurs pourquoi y a t il des taux de remboursement différents?

    si au moins des critères clairs quoique arbitraires étaient énoncés on pourrait dire ça colle ou ça ne colle pas. Mais ces discussions périphériques sur la sécu me semblent surréalistes et certainement vaines..

    c’est discuter de la taxe sur le diesel par rapport à celle de l’essence…

    • Monsieur Jacques Lemiere, vous trouverez sur le net tous les renseignements sur le SMR et l’ ASMR qui donnent un niveau de remboursement, rien n’est arbitraire.

      • Toute la vie humaine est fondée sur l’arbitraire. Un peu de sérieux voyons.

      • Fondée sur le principe soviétique « à chacun selon ses besoins, de chacun selon ses moyens », la SS est forcément arbitraire, injuste, immorale.

      • vraiment alors comment ce fait ce qu’ils changent ces taux, ne confondez pas ??j’ignorais quels étaient les critères…mais je n’ignorais pas que certaine étaient énoncés…dans l’intérêt de tous..sauf que c’est arbitraire.
        je cite
        En France, depuis 2004, l’assurance maladie rembourse les médicaments ayant obtenu une autorisation de mise sur le marché en proportion de leur SMR tel qu’il est évalué par la Commission de la Transparence de la Haute Autorité de santé1. Celle-ci classe les médicaments selon trois niveaux en fonction de leur SMR d’« insuffisant » à « majeur ».

        évaluation…est le mot clef.

  • Chaque médicament mis sur le marché est classé selon un organisme parfaitement indépendant: SMR (service médical rendu) ou ASMR (amélioration du SMR ) en cinq classes, seule la classe 1. présente un intérêt thérapeutique, le système de protection sociale polynésien rembourse à 100 % ces molécules, en France la sécu rembourse à 65 %, puis 35 %, puis 15 % a noter que ces molécules présentent un intérêt mineur enfin non remboursement pour les médicaments soit sans intérêt soit sans amélioration par rapport aux molécules déjà sur le marché. Avant d’écrire n’importe quoi sur les médicaments je vous conseille Mr Éric Verhaeghe de lire Prescrire seule revue médicale indépendante de toute pression étatique, industrielle, et du système de protection sociale.

    • c’est beau la naiveté….dans le médical y’a absolument rien d’indépendant …sauf peut être pour ceux qui en font partie , avec de belles oeillères en prime.

      • Je ne connais pas votre formation, votre profession, je suis médecin généraliste depuis 1972, lecteur de PRESCRIRE depuis 1989; chaque année le bilan financier de cette revue est fait, visible par tous les abonnés. Cette revue est entièrement financée par les abonnés, donc est indépendante, avant de dire des stupidités renseignez vous; Quand je lis votre post je me pose une seule question seriez vous, par hasard, payé par une revue telle que le quotidien du médecin, ou le généraliste, et j’en passe qui ne peuvent vivre que grâce à la publicité de l’industrie, je serai tenté de dire OUI.

        • alors pour vous rassurer je ne suis pas dans le milieu médical…deux questions ne viennent en lisant votre commentaire: pourquoi dites vous qu’un abonné est forcément indépendant puisqu’il baigne dans ce milieu? et de deux dites moi si vous percevez d’une manière ou d’une autre des indemnités de la SECU et êtes vous régulièrement sollicité par des visiteurs médicaux qui vous influencent en venant vanter la qualité de leurs produits? n’êtes vous pas dans ce cas, affilié à des lobbies plus ou moins connus……on ne doit pas avoir la même notion d’indépendance et d’impartialité.

        • Pourquoi si peu de médecins sont en secteur 3 (moins de 1000 courageux) ? La médecine soi-disant libérale est largement complice de la SS qui nous ruine. Pourtant, collaborer avec la SS représente une évidente trahison du serment d’Hippocrate pour un médecin.

        • Quand on commence à manquer d’argument, on attaque son contradicteur sur sa formation, forcement inadéquate pour comprendre, et sur son honnêteté, forcement suspecte d’être à la solde des méchants laboratoires pharmaceutiques.
          Je reprendrais cette adage particulièrement adapté ici: pas besoin d’être une poule pour savoir si un œuf est pourri.

          • @cyde: Si le contradicteur se suffit du mot « naïveté », il ne faut pas s’étonner qu’on le retourne vers sa propre situation…

    • Donc, si on vous comprend, tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes.

      Pourtant, lors de l’arrivée des médicaments traitant quasi-complètement l’Hépatite C, la SS (càd l’Etat) a fait le choix de le réserver seulement à certains patients, les autres pouvant aller se brosser…
      http://sante.lefigaro.fr/actualite/2016/05/27/25027-hepatite-c-liste-malades-prioritaires-saffine
      C’est vrai qu’à 40000E le traitement, traiter tout le monde coûterait cher, trop cher. Dans d’autres pays, avec des assurances privées (horresco referans), tous les patients sont traités.
      En France, il a fallu attendre 2017 et une baisse du prix pour voir enfin tous les patients traités. Tant pour ceux qui, non traités pendant ces 4 ans, auront vu leur stade passer de population non vulnérable à vulnérable (cf propos du ministre dans l’article référencé ci-dessus) signant une dégradation de leur foie pas toujours réversible.
      Parce que la gestion de la SS est évaluée sur la capacité à limiter les dépenses pendant le mandat des gestionnaires (ministère et administratifs). Tant pis si cette gestion finira par coûter plus cher aux successeurs.
      A l’inverse, une assurance privée aura tout intérêt à juguler à la source une pathologie dont les conséquences à moyen ou long terme sont très coûteuses (cirrhose, insuffisance hépatique, cancer…). Tout simplement parce que c’est elle qui aura à payer pour ces conséquences, ce qui diminuera sa marge bénéficiaire. En effet, dans une entreprise florissante (ce que sont les assurances santé), les actionnaires sont les mêmes pendant longtemps. Ils ne scient pas la branche sur laquelle ils sont assis. De plus, s’ils ne payaient pas ce traitement, ils n’aurait pas de nouveaux clients et perdraient les anciens en bonne santé au grand profit des assurances concurrentes.

      Un autre exemple? Le traitement des cancers de prostate métastatiques par le Radium 223.
      https://www.francetvinfo.fr/sante/cancer/cancer-de-la-prostate-patients-et-medecins-reclament-le-remboursement-du-radium-223_2535473.html
      Efficace (prolonge la vie des patients) mais coûteux (5000E l’injection). Disponible depuis 6 ans sur le marché et prise en charge dans 23 autres pays européens mais pas en France.
      Vous le classez où Mr Navalais? SMR, ASMR, Classe 1, 2, 3, 4 ou 5?
      Si notre système de santé et son organisation était si merveilleux, pourquoi donc aucun pays ne l’a copié?
      Avant de dire n’importe quoi, levez le nez de Prescrire, arrêtez de défendre vos maîtres sans discernement et renseignez-vous. Il est toujours bon de multiplier les sources d’information.

    • vous commettez une erreur…
      ‘il existe des normes et des règles non pas pour bien faire mais pour se couvrir en cas de problème…
      j’ai tout fait dans les règles..on ne peut rien me reprocher, voila la raison d’etre des hautes instances.
      en outre le service rendu par un médicament n’est pas unidimensionnel..il y a son coût, son effet thérapeutique efficacité, durée de guérison , ses effets secondaires etc…et il faut une façon de matrice de décision dans ces cas là..

  • La Sécu est avant tout un réservoir de Fric dans lequel l’Etat puise comme bon lui semble.
    Une certaine époque c’était pour faire des autoroutes prétextant qu’il y avait moins d’accidents, d’autres fois pour l’assistanat et parfois même pour finir de payer les Fonctionnaires ou simplement d’oublier de rembourser les soins des fonctionnaires. Croire bêtement que c’est une redistribution des montants récoltés est une grosse erreur, seule la caisse spécifique en Alsace avait une gestion saine avec de meilleurs remboursements et une caisse excédentaire avant que l’Etat ne mette la main dessus.
    L’Etat n’a pas de fric tout comme la Grèce, mais les budgets de l’Elysée, de l’Etat, des parlementaires et des collectivités locales continuent d’exploser. Alors on fait payer plus, on rembourse moins c’est en quelques sorte une augmentation déguisée des prélèvements.

  • intéressant cet article , j’y adhère …et puis bon y’a des vérités pas bonnes à dire, on ne peut pas être une minorité à cotiser et une majorité à dépenser ( cf: CMU) y’a de plus en plus de gens qui en bénéficient ,forcément on rembourse moins bien pour ceux qui cotisent..sans parler des raisons évoquées dans ce billet….

    • La sécurité sociale est au risque de maladie ce que la sécurité routière est au risque d’accident de la route, un horrible mélange de sophismes, d’amalgames et d’inefficacités qui ne réduit pas les risques ni n’assure correctement contre leurs conséquences, mais permet à certains de faire passer la propagande qui va bien.

  • Certains cotisent (j’en suis), beaucoup pour n’être quasiment plus remboursés.

    D’autres ne cotisent pas du tout et ont droit à tout gratos (AME) : en France avec la gauche c’est la préférence étrangère qui est à l’honneur … Honte à ces traites à la nation !

    • C’est le principe de toutes les assurances, vous cotisez beaucoup pour assurer votre voiture, votre maison, vous même et vous pouvez passer toute une vie sans accident, sans incendie et sans maladie, c’est ainsi.

      • Erreur, chaque personne assurée a forcément payé sa prime avant de prétendre à la couverture d’une assurance. Ce n’est pas le cas de la SS, loin de là. La SS n’est pas une assurance.

        L’assurance est une des plus belles inventions financières de l’humanité. La SS est la perversion socialiste, barbare et immorale, de cette belle idée.

      • la sécu est tout sauf une assurance pour protéger un individu des aléas de la vie!!!

        la cotisation d’un fumeur est la m^me qu’un non fumeur de m^me revenu vraiment?
        vous êtes d’ailleurs obliger de demander à l’etat d’augmenter le prix du tabac artificiellement pour remplacer l’incitation du niveau de prime de l’assurance…

  • Un monopole d’État (illégal depuis 1993) comme la sécu est forcément géré politiquement. Vous croyez que la Sécurité Routière a pour premier souci la sécurité routière ?

    • De nombreux salariés de la SS émargent à plus de 6000 euros/mois. La soupe est plutôt bonne malgré des dizaines de milliards de déficits et de dettes.

    • La sécurité sociale est un système d’assurance, la gestion en est discutable j’en conviens, la sécurité routière a, comme son nom l’indique la sécurité routière, ce qui est discutable ce sont les dérives de cette administration.

      • Tout ce qui est confié à une administration finit par dériver, toujours et partout.

        Sinon, la SS est tout ce que vous voulez sauf une assurance, encore moins une sécurité.

  • « Ne pas rembourser l’immunothérapie contre le cancer du poumon, c’est tuer 3.000 personnes »

    <cynique>
    Mais c’est de bonne gestion des fonds publics: un mort coûte bien moins cher qu’un malade et en plus on économise sa retraite.
    </cynique>

    • Depuis plus de quarante ans je vois, comme médecin, que certains cancers tuent et ce malgré « l’amélioration » des traitements, dont le cancer du poumon à petites cellules non opérable dont la durée de survie est de six à douze mois avec ou sans traitement médicamenteux, donc ces malades sont condamnés; ceci étant dit les traitements actuels sur le marché font naître un espoir, exactement comme l’eau bénite, le rôle de la sécurité sociale est de prendre en charge le maximum de malades, cela s’appelle une politique de santé publique, quel est donc le coût de ce traitement par immunothérapie par le KEYTUDRA ? 5 400 € par mois, soit entre 32 400 € et 64 800 €, avec aucune amélioration de la durée de survie, ni des conditions de cette survie, et pendant ce temps là combien de vaccins pourrions nous acheter pour avoir une couverture correcte (à 95 %) de la population Français contre la rougeole qui tue encore dans notre pays ? Réponse: entre 1 100 et 2 200 vaccins pour un seul traitement d’un malade. Cherchez l’erreur, alors vous allez me répondre: que feriez vous si vous aviez un cancer (du poumon, du pancréas, même pronostic) je ferais des voyages avec les gens que j’aime, et prendrais au bon moment une bonne dose de Bordeaux pour faire passer l’euthanasiant.

      • Vous faites bien ce que vous voulez. Ce qui est intolérable, c’est que la SS nous oblige à certains choix qu’on ne veut pas faire en nous volant notre argent.

        Loin de solvabiliser les Français face à la maladie, la SS les désolvabilise par sa prédation quotidienne. La SS, de ce fait, est une source majeure d’insécurité.

      • Je rappelle que la rougeole provoque un décès par an environ, 21 décès depuis 2008. https://www.santepubliquefrance.fr/Actualites/Augmentation-du-nombre-de-cas-de-rougeole-en-France-la-vaccination-est-la-seule-protection
        Pour atteindre l’objectif cité, 95%, il faudrait 100000 vaccinations supplémentaires par an, soit selon vos chiffres 100 KeyTudra. En 10 ans, on sauverait 21 personnes, ou on traiterait 1000 cancéreux.
        Résultat: Si le KeyTudra a une efficacité de plus de 2%, il est raisonnable de le rembourser. Pourriez vous me fournir une étude sur le Keytudra en double aveugle pour qu’on puisse se faire une opinion?
        Pour le mélanome métastasé, j’ai trouvé une analyse
        http://www.valueinhealthjournal.com/article/S1098-3015(16)01681-8/pdf
        1.42 années de vie gagnée par traitement, soit autour de 2% de l’espérance de vie. Votre proposition d’élargir la vaccination de la rougeole n’est pas tellement plus efficace…

      • Donc vous voudriez qu’on dépense « l’argent de l’état » pour éviter 2 décès de la rougeole par ans?

        Et après on s’étonne que ca déconne ?!

      • @navalais
        Bonsoir docteur,
        « KEYTUDRA ? 5 400 € par mois, soit entre 32 400 € et 64 800 €, avec aucune amélioration de la durée de survie, ni des conditions de cette survie, »
        Vous nous dites que ce médicament hors de prix, est une arnaque !

         » le rôle de la sécurité sociale est de prendre en charge le maximum de malades »
        Ceci est le rôle des medecins tels que vous, et du personnel soignant. Le rôle de la Sécu’ devrait être celui de n’importe quelle assurance : d’avancer les frais. Mais comme il a été dit par Cavaignac plus haut, « la Sécu n’est pas une assurance ». C’est un organisme de collecte d’argent, autre que le fisc, et qui fonctionne de la même manière.
        S’ailleurs sa soit-disant « prise en charge des malades » est hautement sélective et peu efficace. Je connais deux couples, qui ne se connaissent pas, qui ont chacun un enfant avec des problèmes de santé. Malgré ce qui leur est prélevé chaque mois depuis plus de dix ans qu’ils travaillent, et leurs mutuelles, ils doivent avoir recours à une collecte de fonds privée pour améliorer les conditions de vie de leurs enfants. De plus, le seul espoir d’amélioration de l’état de chacun, est aux Etats-Unis, la France ayant des lacunes sur leurs deux situtations, et des réticences financières.

      • monsieur navalais qui défendait la ss…expliqueznous quel est son rôle…qui n’est évidemment pas de « soigner » ( définir soigner) le maximum de malade..
        vous allez aboutir à un machin incluant des optima de différentes choses… et des transferts de richesses..

        quel est la mission de la ss?

        • et vous ne comprenez pas que ces entités administratives et bureaucratiques sans mission véritable ou compréhensible finissent par larguer les amarres et vivre leur propre vie…
          un assureur peut faire faillite ..
          Une question si on met en place un revenu universel, la ss sera elle abolie et remplacée par des assurances véritables privées?

      • « la durée de survie est de six à douze mois avec ou sans traitement médicamenteux, donc ces malades sont condamnés; »
        Donc ne faisons rien, cela coûtera moins cher. Je n’aimerais pas être votre patient.

        « avec aucune amélioration de la durée de survie, ni des conditions de cette survie,  »
        Le Keytudra est efficace dans le mélanome et certains cancers du poumon non à petite cellule justement:
        https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/26115796
        https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25891173
        https://www.ncbi.nlm.nih.gov/pubmed/25891174
        Pourquoi nous assénez-vous sa soit-disante inefficacité sur les cancers du poumon à petite cellule alors qu’il n’est justement pas destiné à ce type de cancer?

        « le rôle de la sécurité sociale est de prendre en charge le maximum de malades,  »
        Rôle de tout système de santé collectiviste et surtout le faire croire aux patients. Par contre, la qualité n’est pas la priorité du cahier des charges.

        « je ferais des voyages avec les gens que j’aime, et prendrais au bon moment une bonne dose de Bordeaux pour faire passer l’euthanasiant. »
        Réponse typique de quelqu’un en bonne santé (ou tout du moins sans pathologie risque de l’emporter sous peu).

  • Cher Eric,
    oui , je sais, je suis familié mais je vous apprécie, donc ne m’en voulez pour mon cette expression.
    Je ne peux pas vous lire sans réagir et je suis très très attristé en vous lisant:
    NON , CHER ERIC, LA SECU NE REFUSE PAS DE REMBOURSER UN TRAITEMENT ANTICANCEREUX QUI A FAIT SES PREUVES !!
    Je suis médecin et je vois dans ma patientèle des cas de traitements encore plus honéreux que le KEYTRUDA et OPDIVO et de la meme famille, c’est à dire des immunothérapiques comme le TAGRISSO pour les cancers bronchiques ou d’autres pour types de cancer.
    Juste un point un peu technique, pour le KEYTRUDA , pour le remboursement , il faut que le patient soit répondeur potentiel et pour pour cela , il faut qu’il soit PDL1 + , et donc il faut faire le test , sinon , le traitement ne sert à rien.
    A ma connaissance , ces 2 traitements sont remboursés .
    Par pitié , cher Eric , n’écrivez pas ça. La sécu a bien des défauts , j’en conviens , mais pas celui d’abandonner des cancéreux à leur sort !!!
    Merci de me répondre si je me trompe quant au remboursement des ces 2 médicaments…. mais je ne crois pas avoir tort.

    • déjà que l’écriture des médecins est difficile mais si en plus vous faites des fautes..;)

    • Par la sécu ne devrait pas prendre en charge les cancers liés au fait que la personne a fumé ! Mais comment faire la différence entre un fumeur ou ex-fumeur et un enfumé à cause de ses ex-collègues ou son environnement de travail ?

  • Comme par exemple les produits homéopathiques consommés par de très nombreux obscurantistes, ce qui en encourage la consommation!

    • Là cette mesure pris par l’actuelle ministre de la santé est surprenante, voilà une femme médecin, en principe intelligente, compétente, et qualifiée, qui prône le maintien du remboursement du sucre en poudre, je crois qu’il faut lui suggérer la prise en charge des messes, des chamans, de l’eau bénite, des rameaux et j’en passe.

      • A priori, les messes sont gratuites. L’appel aux dons n’est pas une facturation.

      • Cela montre simplement que la gestion du système de santé français est essentiellement guidée par des intérêts d’ordre politique.

      • Une femme médecin intelligente, compétente et qualifiée qui devient ministre en France, ça ne vous paraît pas un peu invraisemblable cette affaire ?

  • « Rappelons que le Doliprane, produit par Sanofi, est en vente libre. »

    Non, le Doliprane n’est pas en vente libre puisque je ne peux pas en vendre. Il faut toujours prendre garde aux réflexes conditionnés que la novlangue technocratique nous impose. Cette prétendue « vente libre » est digne de figurer dans 1984.

    • Ah bien vu, je n’avais pensé la chose comme ca!

    • Le doliprane est en vente sans ordonnance mais dosage faible.

      • Le doliprane est interdit à la vente chez Leclerc ou Carrefour grâce à l’ordre social-pétainiste des pharmaciens.

        • pas vraiment tout est dans le « grâce »… l’etat…vous pouvez parler de connivence si vous voulez mais aux dernières nouvelles ce n’est pas eux qui font les lois. alors « grâce » à tout le monde aussi…

    •  » Rappelons que le Doliprane, produit par Sanofi, est en vente libre.  »
      Le Doliprane est en « vente libre » dans les officines officielles pharmaceutiques. Cependant, je ne suis pas sûr qu’un pharamacien me permette d’en acheter un carton complet.

  • La sécu est une horreur administrative, tant pour les praticiens que pour les patients. Mon cher confrère (navalais), je ne sais vraiment pas comment vous pouvez défendre une telle usine à gaz.
    Concernant les praticiens conventionnés, il est facile de leur reprocher de s’être conventionné, alors que la sécu pompe sans leur laisser le choix une grosse partie du revenu des patients. C’est comme si du jour au lendemain la sécu se met à rembourser les bagnoles contre une cotisation obligatoire supplémentaire. Vous croyez vraiment que l’immense majorité des patients iront acheter leurs voitures chez un déconventionnés alors que la sécu les rackette déjà pour ça ?

  • quand L’ÉTAT dit que les médicaments sont cher, c’est une fumisterie.c’est un prix fixé par
    L’ÉTAT et le laboratoire avec exclusivité pendant 25 ou 30 ans à l’issue il devient générique. …et c’est là ,que les pharmacies se fond de belle marge ….chut …aucune enquête sérieuse de la Presse hé!! la Pub important pour les Média ….

    • Pas tout à fait.
      Le prix d’une spécialité (càd le nom commercial d’un médicament) est effectivement fixé suite à une négociation entre l’Etat et le fabricant. Ce prix peut être renégocié mais est fixe en général. Cette spécialité est propriété du fabricant qui peut l’exploiter en exclusivité durant la durée légale du brevet du principe actif du médicament (càd de la molécule chimique active).
      Quand le brevet tombe dans le domaine publique, n’importe quel autre labo peut commercialiser la molécule sous une autre forme avec un autre nom commercial: c’est le générique. En général, c’est le fabriquant initial de la spécialité qui sort lui-même son propre générique (car il maîtrise parfaitement sa chaîne de fabrication) pour éviter le laisser le marché à un concurrent.
      La durée légale d’un brevet est de 20 ans. Ce brevet est déposé dès la découverte de la molécule supposée être intéressante. Mais il faut 10 à 12 ans de tests et d’essais pour obtenir l’AMM pour commercialiser le médicament issu de la molécule. De plus, sur plusieurs 100aines (voire milliers) de molécules dont le brevet est déposé, seule 2 ou 3 molécules donnent naissance à un médicament utilisable. La durée exclusive de commercialisation d’un médicament par le fabriquant ne dure pas plus de 8 à 10 ans. Sachant que bien souvent, en cas de molécule vraiment innovantes, les autres labos concurrents sortent souvent une molécule proche 2-3 ans après la 1ère, divisant d’autant le marché potentiel (et oui, si un brevet protège des contrefaçon et des copies, il doit, pour ce faire, porter à connaissance du public l’objet protégé…).
      La période de plus grande rentabilité pour un laboratoire fabriquant un médicament (et non une pharmacie qui n’est qu’un détaillant dont la marge bénéficiaire sur un médicament est fixe) se situe dans les 2 à 4 ans suivant son début de commercialisation.

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Récemment, la Cour des comptes a refusé de certifier les comptes de la Sécurité sociale pour des raisons de fiabilité sur le montant de son déficit. Entre autres : un désaccord de près de 10 milliards d'euros sur le déficit du régime général entre 2020 et 2021… mais aussi des erreurs importantes sur le versement des prestations de retraite.

Cela n’aura échappé à personne : en plus d’être une gabegie financière, la Sécurité sociale souffre d’un cruel manque de transparence. Aujourd’hui, le niveau d’étatisation est tel que la France occu... Poursuivre la lecture

Charles Prats
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Par Claude Sicard.

On apprend par le journal Libération que le magistrat Charles Prats est placé sous enquête administrative par notre ministre de la Justice, Éric Dupond-Moretti, en raison des révélations contenues dans son dernier livre sur l’importance faramineuse des fraudes sociales dans le pays : en effet, il les évalue à pas moins de 52 milliards d’euros par an.

On comprend que cela dérange nos responsables politiques, d’autant qu’il s’agit de fraudes imputables pour une bonne part à des ressortissants étrangers ou issus ... Poursuivre la lecture

Par Patrick de Casanove.   

La Sécurité sociale a été créée par les Ordonnances de 1945 :

 « Art. 1er. — Il est institué une organisation, de la sécurité sociale destinée à garantir les travailleurs et leurs familles contre les risques de toute nature susceptibles de réduire ou de supprimer leur capacité de gain, à couvrir les charges de maternité et les charges de famille qu’ils supportent. »

Elle a pour objectif de « de protéger les individus des conséquences de divers événements ou situations, généralement qualifiés d... Poursuivre la lecture

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