La dépense publique par habitant est supérieure de 67,8% à celle de l’Allemagne

rankfurt - Commerzbank Tower By: Fred Romero - CC BY 2.0

Le déficit budgétaire est nul en Allemagne tandis qu’il va croître en France pour à nouveau côtoyer le seuil de 3% du PIB.

Par Jean-Philippe Delsol.
Un article de l’Iref-Europe

Le projet de loi de finances pour 2018 prévoyait des dépenses nettes de l’État français de 386,3 Md€, et des recettes nettes de 302 Md€. Le projet de budget pour 2019 prévoit des dépenses en hausse de 25 Md€, soit un montant qui serait fixé à plus de 410 Md€.
En Allemagne, le budget 2018 était de 343,6 Md€ et celui de 2019 est prévu à 356,8 Md€, mais avec un déficit nul après que trois années d’excédent ont permis d’accumuler une réserve budgétaire de 24 Md€.

Par rapport à la population de 82,8 millions d’Allemands et de 67,595 millions de Français, la dépense publique d’État est de 6 065 € par habitant en France contre 4 300 € en Allemagne, soit 40,75 % de plus en France. C’est le signe d’un État obèse et centralisé. Vit-on moins bien en Allemagne ? Nous ne le croyons pas. Selon le FMI et en dollars internationaux, le PIB par habitant était en 2017 de 50 206 $ par habitant en Allemagne et de 43 551 $ en France, soit 15,28 % de plus en Allemagne. Ainsi, par rapport au PIB par habitant, la dépense publique française est supérieure de 67,8 % à celle de l’Allemagne !

Le déficit budgétaire allemand quasi-nul

Pendant ce temps, le déficit budgétaire est nul en Allemagne tandis qu’il va croître en France pour à nouveau côtoyer le seuil de 3 % du PIB. De l’autre côté du Rhin le chômage est près de deux fois inférieur au nôtre et la dette publique va sans doute baisser en-dessous de 60 % ; chez nous, elle a déjà dépassé les 100 % après prise en compte de la reprise de dette de la SNCF que le gouvernement affirmait de manière fallacieuse et trompeuse comme devant être sans incidence sur la dette de l’État.

Plutôt que de vouloir renforcer l’Europe, M. Macron ne devrait-il pas se focaliser sur la réduction des charges qui pèsent sur les contribuables, particuliers et entreprises, pour leur redonner de l’air ? Au lieu de cela il a relevé la CSG dès le début de 2018, retardant à la fin de l’année le plein effet des mesures de compensation. Et par ailleurs les économies budgétaires ne sont pas à la mesure des enjeux.

Supprimer 6 000 fonctionnaires en deux ans représente un effort insignifiant. À bien des égards, le gouvernement peut à ces différents titres être considéré comme responsable des difficultés qu’il rencontre pour atteindre ses objectifs ; et plus généralement, responsable aussi des hoquets de l’économie française autant que de l’incompréhension du peuple de France.

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