Il faut supprimer l’impôt sur les successions, et non l’alourdir ! (2)

L’impôt sur les successions ne constitue pas seulement une hérésie économique. Il est aussi attaquable sur le plan moral.

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Il faut supprimer l’impôt sur les successions, et non l’alourdir ! (2)

Publié le 18 septembre 2018
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Par Vincent Benard.

Retrouvez ici la première partie de cet article.

Taxer l’héritage, une condition nécessaire de l’égalité des chances ?

Les arguments économiques contre l’impôt sur les successions semblent donc assez probants. Mais en France, qu’importe ! Beaucoup estiment que l’héritage est immoral, en ce sens qu’il introduit une inégalité patrimoniale qui n’est pas fondée sur les mérites propres de l’individu.

Nombreux sont ceux qui voudraient que les héritages importants soient lourdement taxés pour « gommer les inégalités » matérielles affectant les individus du fait de leur naissance, pour que « ce ne soit pas toujours les mêmes » qui occupent les meilleures positions matérielles et sociales.

Ils soulignent que de nombreux pays de tradition relativement libérale — même si les évolutions récentes laissent souvent à désirer de ce point de vue — comme les USA, ont toujours maintenu un impôt élevé sur les gros héritages, et que leur capitalisme n’en est pas mort. L’impôt sur l’héritage, selon certains, devrait être confiscatoire, pour favoriser la « mobilité sociale » entre générations.

Même des auteurs ne professant aucune antipathie vis-à-vis du capitalisme ou du libéralisme économique ont adhéré à cette rhétorique égalitaire. C’est ce raisonnement que tenait, par exemple, François de Closets dans son ouvrage anti-privilèges qui eut un très grand succès dans les années 80, Toujours plus. Selon lui, l’éthique du capitalisme concurrentiel, « que le meilleur gagne », est incontestable à condition que la taxation de l’héritage corrige à chaque génération les inégalités formées par la génération précédente.

Enfin, pendant la campagne électorale, le candidat Emmanuel Macron avait signifié son souhait d’augmenter les droits de succession au nom de « la préférence du risque contre la rente ».

Pourtant, il existe de nombreuses raisons de contester la moralité de l’impôt sur les successions. L’inefficacité économique de cet impôt, que nous venons de démontrer, constitue à elle seule un bon motif de suppression : après tout, un impôt prétendument social mais qui échoue à réduire les inégalités et à augmenter les revenus des ménages moyens et modestes ne peut guère être qualifié de réussite morale.

Mais allons plus loin.

Le patrimoine, une inégalité parmi d’autres

Les inégalités matérielles ne sont pas les seules auxquelles font face les individus. Certains hommes courent plus vite que d’autres et peuvent utiliser ce talent pour vivre. D’autres sont doués pour un sport. D’autres sont plus intelligents, et d’autres plus beaux.

Or, ces deux dernières caractéristiques ont souvent une influence déterminante sur le parcours social des personnes concernées. Des tests grandeur nature ont montré, notamment, que les femmes ou les hommes gros ou physiquement disgracieux avaient davantage de difficultés à obtenir des entretiens d’embauche, et que la probabilité, pour une femme considérée comme belle, d’épouser un homme riche, était plus élevée1.

On peut même affirmer que les personnes « défavorisées par leurs acquis générationnels », comme c’est bien dit, seront plus souvent en concurrence frontale avec des personnes de condition matérielle proche, mais plus belles-grandes-fortes-intelligentes qu’elles-mêmes, qu’avec des nobliaux nés avec une cuiller dorée dans la bouche. Les inégalités « naturelles » risquent donc, dans la vie quotidienne, de se révéler bien plus cruelles que les inégalités matérielles.

Faut-il taillader le visage des belles femmes pour parvenir à l’égalité physique ?  Couper un pied aux sprinters ? Lobotomiser les personnes aux aptitudes intellectuelles supérieures ? Attacher des poids aux pieds des bons nageurs ?  Tout le monde pourra je pense admettre qu’il s’agirait là de méthodes particulièrement odieuses de compensation des supposés désavantages naturels de certains.

De même, les enfants qui naissent dans un milieu social aisé tendent à recevoir une éducation leur permettant d’accéder en moyenne à des emplois mieux rémunérés que les autres. De ce point de vue, les enfants d’enseignants sont en France dans une situation particulièrement privilégiée : faut-il les séparer de force de leur famille pour « rétablir l’égalité des chances » ? Quiconque proposerait une telle réforme serait à juste titre taxé de Pol-Potisme et voué à une marginalisation éternelle.

S’il paraît choquant de vouloir corriger de façon coercitive les inégalités devant les aptitudes physiques, intellectuelles, ou parentales, pourquoi serait-il plus juste de vouloir y parvenir en prenant par la force le patrimoine qu’une génération a bâti, souvent en vue de le transmettre à ses enfants ?

Le « handicap » n’est pas insurmontable

L’héritage pécuniaire n’agit-il pas comme un obstacle à l’ascension sociale de ceux qui n’en bénéficient pas ? C’est ce qu’affirment certains défenseurs de leur forte taxation.

Les personnes qui reçoivent un héritage financièrement moins intéressant que d’autres, lorsqu’elles sont volontaires, développent souvent d’autres capacités leur permettant de surmonter ces différences. Certains sont plus travailleurs, d’autres développent leur intelligence, alors que ceux qui vivent dans la facilité tendent à la laisser en friche ; certains se cultivent, d’autres développent des aptitudes innées à saisir les opportunités ; d’autres transforment une passion en métier, etc. Bien sûr, certains n’y arriveront pas. Mais certains « mieux nés » vont également gaspiller leurs avantages initiaux : paresse, vie dissolue, mauvais choix…

Le riche établi est-il l’ennemi du riche en devenir ?

N’est-il qu’un méchant rentier à l’opposé de l’entrepreneur ? Avoir au départ davantage d’argent, de beauté, de capacités cognitives, d’amour parental  n’est absolument pas une garantie de réussite, et les personnes moins dotées initialement peuvent malgré tout espérer de belles progressions sociales et matérielles. Ceci n’est toutefois vrai qu’à condition que ne se dressent pas de barrières de type féodales ou nomenklaturistes à ceux qui naissent moins bien dotés.

Et quelle doctrine est la plus favorable à l’éradication de ces barrières, sinon la doctrine libérale ?

Le patron riche ou le politicien qui voudra préserver sa position sociale sans accepter de la confronter à tout instant à des compétiteurs aura intérêt à rechercher les faveurs de l’État pour faire voter des lois sur mesure : privilèges nobiliaires ou nomenklaturistes, octroi de monopoles, de subventions généreuses, ou réglementations trop coûteuses pour une start up… Toutes sortes d’interventions que seul un État peut garantir, et que les libéraux combattent avec acharnement.

Au contraire, nombre de possédants, si le contexte réglementaire et fiscal le permet, se muent généralement en capital-risqueurs ou en mécènes qui vont investir dans des projets de jeunes entrepreneurs dynamiques mais sans moyens, lesquels créeront à leur tour emplois et pouvoir d’achat, comme le montre l’exemple suédois vu précédemment. Dans une société libérale, le riche n’est pas un obstacle à l’apparition de nouveaux riches, bien au contraire. Seule une société réglementée, fragmentée en castes plus ou moins formelles, bref, une société anti-libérale, peut placer un plafond de verre hermétique sur les aspirations à l’élévation sociale des moins bien lotis de naissance.

Si le président Macron veut réellement stimuler le risque contre la rente, il doit d’abord casser toutes les contraintes réglementaires et fiscales qui font barrage à la rémunération du risque, il ne doit pas empêcher celui qui détient du capital, via la spoliation, de confier ce capital à des individus doués pour l’entreprise mais ne disposant pas de fonds nécessaires et suffisants. En ce sens, affirmer que le rentier s’oppose à l’entrepreneur est un contresens majeur.

Pourquoi attendre la mort pour spolier, si spolier est acceptable ?

Compte tenu de l’augmentation de l’espérance de vie, et notamment de celle des gens riches, la spoliation des gros héritiers par l’impôt risque de se produire alors qu’ils auront profité de la richesse du père ou de la mère pendant de très nombreuses années. Faudrait-il dans ce cas, pour corriger cette inégalité flagrante, interdire aux riches d’élever leurs enfants ? Ou « mieux », interdire la richesse ?

Hormis quelques paléo-marxistes attardés, chacun admettra que les sociétés qui prétendaient imposer l’égalité matérielle par la force ont entraîné plus de 85% de leur population dans la grande pauvreté, seules les classes dirigeantes s’exonérant des contraintes finalement indésirables de l’égalité dans la pauvreté…

Si vous garantissez à tous que personne ne pourra s’enrichir par son mérite, pourquoi vouloir s’élever, créer, inventer ? Celui qui s’enrichit honnêtement, dans une société libérale, est celui qui trouve des moyens d’améliorer l’existence de ses semblables, au point que ces derniers sont prêts à payer pour ces moyens, volontairement. Les sociétés prétendument sans classes qu’ont expérimenté les pays de l’Est des décennies durant ont montré combien l’absence de cette motivation avait plongé ces pays dans la misère et la décrépitude. Interdire la richesse n’est pas une option, et disloquer les cellules familiales à haut potentiel non plus.

Vouloir taxer lourdement l’héritage au motif qu’il donnerait à certains des avantages de départ trop importants est donc tautologique, dès l’instant où l’on accepte que certains s’enrichissent par leur mérite : l’enfant du riche profitera de toute façon pendant longtemps de la richesse de ses parents, de mille et une façons possibles. Il n’existe aucun moyen non extrême d’empêcher cela, et l’empêcher n’est en aucun cas désirable.

Vouloir sur-taxer l’héritage est donc, théoriquement et expérimentalement, anecdotique dans l’optique de la recherche de l’égalité. Les défenseurs d’une telle surtaxe ne peuvent donc cacher qu’il ne s’agit que d’un racket fiscal punitif supplémentaire dirigé contre ceux qui réussissent.

La haute taxation des héritages est donc contestable, non seulement économiquement, mais aussi socialement et moralement. Voilà pourquoi notre gouvernement serait bien inspiré, non pas d’augmenter cet impôt, mais de le supprimer.

Laisser à l’ascendant le choix du légataire pour favoriser l’intérêt général

La loi française prévoit à la fois une forte taxation des gros héritages, une taxation encore plus forte des héritages hors ligne directe, et ne laisse pas l’ascendant totalement libre du choix de ses légataires.

Il va de soi que l’aïeul, déjà fort lourdement taxé de son vivant sur les revenus ayant permis la constitution de ce patrimoine, devrait être libre d’affecter l’héritage à qui bon lui semble — Et tant pis pour ses enfants s’ils n’ont pas su se faire aimer de leur ancêtre, ou s’il ne les juge pas compétents pour reprendre l’affaire de famille —, sans que l’État ne vienne se repayer sur la bête après son décès, surtout s’il préfère transmettre un patrimoine à un cousin ou une oeuvre de charité plutôt qu’à un enfant.

La reconnaissance du droit de propriété dans sa pleine et entière acception devrait inciter les États à laisser les créateurs de patrimoine le faire fructifier, et en choisir les bénéficiaires lorsqu’ils jugeront le moment opportun, au décès, ou avant.

Gageons que de nombreux riches choisiraient d’eux mêmes de ne pas tout léguer à leurs héritiers directs et alimenteraient, soit à leur décès, soit de leur vivant, de nombreuses oeuvres de charité ou fondations poursuivant des objectifs d’intérêt collectif, de type médical, universitaire, culturel ou sportif… En effet, nul besoin, pour garantir un capital jugé suffisant à ses héritiers, de leur léguer un capital qui sera d’abord taxé ! Les donateurs pourraient prévoir sans crainte de léser leurs enfants, et financer des causes qui leur sont chères.

Cet argent, dévolu à des organismes sous supervision privée plutôt qu’à des bureaucraties habituées à très mal gérer nos impôts, produirait à coup sûr bien plus de bienfaits qu’entre les mains de l’État.

La liberté du choix des légataires, couplée à une taxation nulle, ou au moins faible, parviendrait donc certainement à concilier l’objectif de redistribution du capital vers des programmes utiles au plus grand nombre, bien mieux que la spoliation étatique. Une réforme de cet impôt ne devrait donc pas seulement s’attaquer à ses taux confiscatoires, mais aussi redonner la liberté de choix des légataires aux donateurs.

Conclusion

Ni l’égalitarisme, ni l’efficacité économique et sociale, ne donnent à l’impôt sur l’héritage de justification irréfutable, et encore moins si cet impôt vient à se révéler confiscatoire. La suppression de toute taxation des successions serait donc une bénédiction pour notre pays.

  1. Ce genre de remarque politiquement incorrecte vous fait généralement passer pour un dangereux machiste réactionnaire. Mais que voulez vous, ce n’est pas parce qu’une vérité est déplaisante à certains bien-pensants qu’elle cesse d’être vraie.
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  • vous demander que Nos élus est une morale ,Je la cherche où est l’erreur ?

  • Pour la compensation des avantages naturels, je me permets de vous rappeler la magnifique référence « Harrison Bergeron » de Kurt Vonnegut Jr., traduite en français sous le titre « Pauvre Surhomme ». Il est très difficile, après avoir lu cette émouvante nouvelle et au lendemain du record du monde du décathlon établi par un Français, de militer pour l’égalité forcée et le nivellement par la base.
    A propos, autrefois, Contrepoints avait pour devise « Le nivellement par le haut », y a-t-il une raison particulière pour l’avoir abandonnée ?

  • Tout d’abord, merci à Vincent Bernard pour la pertinence de son article.
    Je remercie également CONTREPOINTS de permettre à ses lecteurs d’exprimer leurs opinions très diversifiées sur ce sujet. On y constate que beaucoup approuvent la politique fiscale de ce pays; cela est surprenant pour un lectorat qui se dit majoritairement libéral…
    Il faut se rendre à l’évidence, le déclin économique et la désindustrialisation accélérée de la France sont la conséquence de cet impact fiscal abusif et confiscatoire sur le capital.
    Comment expliquer autrement que la majorité du capital social de nos fleurons industriels soit détenu par des groupes financiers étrangers exonérés de toute imposition sur la détention de ce même capital; des groupes étrangers qui se déterminent en fonction de rendements financiers à court terme sans hésiter à jeter à la casse des branches immédiatement non rentables et à provoquer des vagues de licenciements….

    • Je suis d accord avec vos 3 premiers paragraphes. Le 4ieme me perturbe fortement, j y vois comme une énorme incohérence avec le 3ième.

    • Pour espérer des rendements de long terme, les rendements de court terme sont nécessaires. Pourquoi opposer les deux ? L’un ne va pas sans l’autre.

      Il existe une idée fausse assez répandue selon laquelle l’Etat serait capable d’assumer les projets de long terme tandis que les capitalistes ne s’intéresseraient qu’au court terme, au profit immédiat. Malheureusement, rien n’est plus faux car les politiciens dirigeant l’Etat sont obsédés par le très court terme, soit par l’équilibre budgétaire de l’année, soit par la prochaine élection. Ils harassent d’impôts et de déficits le court terme, sans tenir aucun compte des capitaux qui feront bientôt défaut. Pour satisfaire leurs désirs immédiats, ils sacrifient l’avenir sans aucune hésitation.

      Les politiciens cèdent régulièrement à des modes passagères sans tenir compte de la moindre rentabilité, ni à court terme, encore moins à long terme. L’investissement désastreux dans les renouvelables au nom de la mode écologiste du moment en est l’exemple le plus caricatural. Mais le pire exemple de préférence pour le court terme, ce sont les rentes versées par l’Etat en contrepartie de l’achat de votes, rentes qui finissent par se transformer en droits acquis intouchables. La distribution à la population de rentes comme autant de droits fictifs permettant de vivre sans travailler traduit le mépris des politiciens pour l’avenir.

      A cet égard, les capitalistes, quand bien même ils seraient étrangers, sont infiniment plus respectueux de l’avenir que les politiciens. Les emplois sont détruits par les politiciens obsédés par le court terme, pas par les investisseurs en recherche de rentabilité car la rentabilité des capitaux aujourd’hui est la condition de l’existence des emplois de demain.

    • @Duglandin

      Je ne vois pas ce qui vous fait dire que « beaucoup approuvent la politique fiscale de ce pays »,si l’on aborde le cas de la fiscalité des successions, qui concerne directement ce qui reste encore de sacré pour bon nombre de Français,à savoir le souvenir et le fruit du travail de ses ascendants dont l’origine est rarement le hasard!

      Pour le reste en revanche, votre analyse quant aux conséquences économiques est parfaitement exacte.
      Sans oublier plus généralement l’inacceptable nivellement par LE BAS, pour une importante proportion de contribuables,à contrario de toute notion de progrès social,ce qui est parfaitement démontré dans l’excellent article de Vincent Bernard.

      Voir lien significatif : 80% des Français opposés à la taxation sur l’héritage!

      http://www.lefigaro.fr/economie/le-scan-eco/2018/09/17/29001-20180917ARTFIG00143-impot-sur-les-successions-l-histoire-d-une-obsession-francaise.php

  • Toujours le même discours:
    pour telle ou telle raison d’égalité, de justice, de compensation ou que sais je, on prélève un impôt ou(et) une taxe.

    Alors qu’en fait ils voient une somme d’argent qui change de main, décident de s’en attribuer une belle
    partie, et ensuite cherche une définition idéologiquement défendable pour qualifier ce qui n’est qu’un simple vol.
    On prend d’abord, on cherche une excuse après…

    • Le mensonge idéologique accompagne le forfait pour tenter d’en masquer l’immoralité. Cette inclinaison irrépressible au mensonge chez les hommes de l’Etat démontre à ceux qui en douteraient encore que les socialo-collectivistes ont parfaitement conscience de commettre des actes répréhensibles.

  • J irai meme plus loin que l auteur. On devrait etre libre de tout leguer a quelqu un qui n est pas de la famille et ca devrait meme etre favorisé (par des taux plus faible, par l inverse de la quotite disponible actuelle ?)

    Apres tout, pour imiter l auteur, une femme de 30 ans qui couche avec un vieillard a plus de merite que son fils qui s est juste donné le mal de naitre 😉

  • Les politiciens français ont bien compris la devise « être ou paraître, il faut choisir ».
    Il ont choisi la tradition monarchique soit paraître, puisque cela les aide à conserver le pouvoir.
    Le fond du problème ne les intéresse pas, seul compte ce qui est superficiel, ce qui brille.

    Enfin, pendant la campagne électorale, le candidat Emmanuel Macron avait signifié son souhait d’augmenter les droits de succession au nom de « la préférence du risque contre la rente ».
    Macron n’aime donc pas les rentes viagères, donc ceux qui ne laissent pas d’héritage à taxer, voilà la vérité cachée ❗

    Faut-il taillader le visage des belles femmes pour parvenir à l’égalité physique ? Couper un pied aux sprinters ? 
    Certaines tribus en Afrique pratiquaient cela selon une rumeur…

    De même, les enfants qui naissent dans un milieu social aisé tendent à recevoir une éducation leur permettant d’accéder en moyenne à des emplois mieux rémunérés que les autres.

    Certaines écoles performantes coûtent annuellement 20 à 50000$. Selon Micron, faisons comme les tribus, raccourcissont le QI de 20 cm en y mettant des professeurs fonctionnaires débiles mentaux. Pour la Suisse, après un bon gros bombardement à la Moraline, cela pourrait fonctionner. Pour les USA, on sera trop courageux pour s’y attaquer…

    Faudrait-il dans ce cas, pour corriger cette inégalité flagrante, interdire aux riches d’élever leurs enfants ? Ou « mieux », interdire la richesse ?
    Ce ne sont que les étapes suivantes… Une seul façon de l’éviter : rendre la liberté à l’individu.

  • C’est simple. L’Etat (socialiste) fait les poches aux morts.
    Waht else ?

    • quand vous etes mort, plus rien ne peut vous arriver et vous ne pensez plus.
      Dans le cas de l heritage, l Etat fait payer les heritiers, pas les morts. D ailleurs vous pouvez toujours refuser un Heritage (par ex si plus de dettes que d actifs)

  • A propos de l’égalité des chances.

    Il fut un temps que j’ai eu l’heur de connaître en France où l' »ascenseur social » fonctionnait assez bien grâce à la détection précoce des talents non pécuniaires (au cul des vaches) et à leur canalisation efficace vers des formations exigeantes, sélectives et gratuites. Les « progrès » pédagogistes ont entretemps asséché ce canal fructueux et on trouve donc de moins en moins de cadres supérieurs d’origine modeste. Donc après avoir déjà taxé l’héritage génétique pour brider les priviligiés du cortex cérébral et constatant une corrélation croissante entre fortune familiale et niveau de responsabilité sociale, le politicard moyen s’imagine remettre les pendules à l’heure en préconisant le même genre d’erreur: surtaxer les gros héritages.
    On reste dans ce vieux réflexe français que dénonçait Cocteau: « trancher les têtes qui dépassent ».
    Les droits de succession ne font qu’introduire une viscosité fatale à la fluidité économique dont les pauvres seront in fine les premières victimes, car qui peut encore croire que les fortunes gaspillées par l’Etat sont plus vertueuses que dépensées, investies, recyclées ou librement léguées par ceux qui les ont créées?
    Ce n’est pas de cette façon qu’on réparera l’ascenseur social en panne mais en réhabilitant un système d’instruction publique ou privée digne de ce nom qui n’ait plus peur de constater les inégalités intellectuelles et de cultiver les talents d’exception au lieu de se vautrer dans les illusions du « collège unique ».

    • Je n’aime pas le terme d’ascenseur social. Ca a toujours été un escalier, même pour les riches « de naissance », avec des marches d’autant plus dures qu’on veut monter haut. Le présenter comme un ascenseur ne vise qu’à exciter la jalousie, et vient souvent de ceux qui ont emprunté l’unique ascenseur où il suffit d’appuyer sur un bouton pour s’élever : celui de la connivence.

      • Je suis bien de votre avis et c’est pourquoi j’ai mis des guillemets.
        L’ascension se fait à genoux, parfois sous les coups de fouet, le surdoué étant souvent paresseux …

    • Vous avez raison de dire que l’état N’est pas vertueux surtout quand il s’agit de la dépense, mais l’état sera toujours là et il faudra le financer même à minima… 2 questions donc : la première la quantité d’impôt acceptable en fonction des services qu’on veut mettre en face.
      La deuxième est, qui paye l’impôt ? En la matière l’impôt sur les successions me paraît le moins néfaste, car oui la succession est une redistribution familiale au même titre qu’une redistribution sociale via les allocations, la succession n’est pas très « liberal » . Ou plutôt c’est l’impôt libéral par excellence, c’est bien pour ça qu’il est si fort en pays anglo-saxons USA en tête.

  • Mais qui n’a pas rêvé d’un ‘ »Tonton d’Amérique ».,? Même parmi les .Lumpenprolétariats et leur haine du Capital je suis sur qu’on l’accepterait avec joie.

  • La meilleure façon de corriger les inégalités de naissance serait un système éducatif performant. Il semble qu’on ait depuis longtemps abandonné cette piste… D’où sans doute toutes autres tentatives de correction, non seulement inefficaces mais contre-productives.

    • meme avec un systeme educatif ultra performant, vous avez quand meme un avantage si vous etes bien né.
      1) les relations et les conseil de carriere de papa
      2) sur un plan plus materialiste, imagines que vous avez 2 personnes gagnant la meme chose en faisant le meme travail. L une va devoir se loger par ses propres moyen (et donc avoir les joies de 2 h de RER par jour minimum et engloutir entre 30 et 50 % de son salaire en logement). L autre va pouvoir utiliser le pied a terre parisien de pepe qui ne s en sert plus trop vu qu il vit sur la cote d azur. D ou economie de loyer, un confort accru (plus de RER). Au bout de quelques annees, l un sera nettement plus riche que l autre tout simplement car il aura economise le loyer

      PS: mon exemple est evidement un peu caricatural mais illustre bien l impact de l Heritage (ou non) sur les jeunes Generations. Quant au pied a terre parisien ne servant jamais ou presque, c est assez courant (il n y a qu a voir le nombre d appart vide). je me rapelle meme d une histoire assez amusante d il y a quelque annees. Au deces d une femme sur la cote d azur, on a trouve chez elle a paris plein de tableaux (degas) qui venaient de sa mere. La femme avait quitte son domicile parisien et n y avait plus remit les pied depuis … 1940 !

      • Sauf que l’appartement de pépé ayant été rénové la dernière fois en 1945, il ne vaut plus grand chose vu les coûts de la main d’oeuvre parisienne.

        Et puis tout le monde n’a pas un pied à terre à Paris, mais est à terre en France, voire atterré dans le meilleur des cas…

        • @MichelC
          Je suppose que vous plaisantez. Meme une ruine a Paris vaut de l or vu le prix du m2. J ai visite une fois un appartement a vendre a paris. Tout datait des annees 60 au moins. Par contre le prix lui etait bien actuel. Quand je l ai fait remarquer au vendeur (qui avait herite de l appart en question), il ne s est pas gene pour dire qu il le vendrait sans probleme vu la demande et qu on avait qu a faire les travaux nous meme si on trouvait que les entreprises etaient trop cheres

          • Le vendeur qui ose, je dis bien qui ose, se prévaloir du prix du marché pour fixer son prix de vente, non mais quel sans-gène ! Oooooh ! Il n’y a plus de mot pour exprimer l’indignation, le scandale de la situation.

            En plus, tout le monde devrait pouvoir vivre à Paris. C’est un droit définitivement acquis. Et pas seulement à Paris, mais directement sur les Champs-Elysées. 67 millions de Français doivent réclamer à l’Etat le droit de vivre sur les Champs, à un prix accessible à tous, du plus pauvre au plus riche. Egalité !

          • Si vous en trouviez le prix exagéré, vous n’aviez qu’à prendre un programme neuf. Sinon, prenez-vous en à l’état qui organise la pénurie de logements disponibles, pas aux propriétaires, comme si ces derniers n’avaient aucun soucis.

        • D’ailleurs, cdg, obsédé par la violente injustice dont fait preuve pépé à son égard, n’a pas vu que les ouvertures étaient de simples vitrages, la tableau électrique, des fusibles au plomb, pas de terre sur les sanitaires, pas de sécurité donc, pas de VMC, bref bref bref.

          Selon Bastiat, il y a ce que l’on voit et ce que l’on ne voit pas.
          Mais cdg a dépassé ce stade : il y a ce qu’il croit voir :mrgreen:

      • Ce système éducatif performant, tel qu’il existait dans ma jeunesse, gommait parfaitement les différences dont vous parlez. Les promotions estudiantines mêlent les enfants de nobles, de millionnaires, de profs, de médecins, de cadres ou de petits notables. Cf. les amitiés entre Hollande, Sapin, Jouyet, et de Castries… Certes, on ne voyait pas beaucoup de fils d’ouvriers s’y mêler, mais c’était plus par manque d’envie (compréhensible !) de suivre de telles carrières que par exclusion. Et une fois dans le groupe, chacun bénéficiait de la sphère relationnelle des parents des autres, s’il faisait le choix de la connivence. Pour ceux qui faisaient le choix de la compétence, il y a effectivement un léger avantage à connaître par sa famille les « usages du monde », plutôt que devoir se taper les manuels de savoir-vivre, mais c’est très léger (d’ailleurs, on peut douter que tous aient bien lu ces manuels…).

  • Belle conclusion. Merci.

  • « En ce sens, affirmer que le rentier s’oppose à l’entrepreneur est un contresens majeur. »

    La haine des rentiers, bientôt confondue avec la haine des capitalistes, est ancienne chez les étatistes. Des Templiers massacrés à Mitterrand propageant le mythe de « l’argent facile, l’argent qui dort », en passant par Colbert qui stigmatise les « parasites oisifs ».

    Tout à sa haine des rentiers, l’Etat obèse n’a de cesse d’en créer de nouveaux, façonnés à sa main, par la dépendance aux rentes sociales. Au fond, ce que l’Etat déteste, c’est l’autonomie et l’indépendance que procure la richesse vis-à-vis de sa sujétion. L’Etat ne souhaite rien tant que d’être entourés de pauvres qui dépendent de lui. Si l’Etat obèse poursuit les riches de sa haine inextinguible, c’est par goût immodéré et absolu pour le pouvoir.

    A la condition de la pauvreté du plus grand nombre, l’Etat obèse peut jouir de la plénitude de son pouvoir.

  • Il n’y a pas de différence de nature entre tuer des Juifs pour leur piquer leurs biens et taxer l’héritage.

  • L’analogie de la fiscalité de l’héritage avec l’exemple de la belle femme dont on taillade le visage pour la mettre sur un pied d’inégalité avec les moches n’est, à mon sens, par pertinente. Elle ne traduit en réalité que la redistribution entre citoyens, de leur vivant.

    Je me permets donc de l’amender : pour corriger les acquis générationnels, une fiscalité lourde de l’héritage reviendrait ici à exiger des belles femmes qu’elles épousent des hommes moches, afin que leur descendance soit quelconque.

    De fait, on comprend mieux pourquoi cette situation ravit une partie de la population mais pas l’autre…
    😉

  • « Les donateurs pourraient prévoir sans crainte de léser leurs enfants, et financer des causes qui leur sont chères.
    Cet argent, dévolu à des organismes sous supervision privée plutôt qu’à des bureaucraties habituées à très mal gérer nos impôts, produirait à coup sûr bien plus de bienfaits qu’entre les mains de l’État. »
    Supervision privée… Allons bon, cela signifie que je ne pourrais pas léguer mes biens au Conservatoire du Littoral ni à l’INSERM !

    • @jean Manchzek (ça c’est du pseudo) : bien sûr que si. Je suis partisan que vous puissiez léguer la part de votre patrimoine que vous souhaitez à toute personne physique ou morale de votre choix. Si vous choisissez une entité publique qui vous parait digne de recevoir votre leg, libre à vous.

      • Me voilà rassuré !
        Permettez-moi, en retour, de vous rendre la pareille. Le législateur, sans doute plus libéral qu’on ne le pense, a du anticiper votre demande, puisqu’il est possible, dès à présent, de ne pas tout léguer à nos héritiers directs, mais de privilégier des associations d’intérêt général, sans payer un centime au fisc !

  • Tout-à-fait d’accord! Il serait bienvenu de supprimer les droits de succession!

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Depuis longtemps, circule l’idée de soumettre à l’impôt sur le revenu, non seulement les résidents français, comme c’est le cas actuellement, mais aussi les personnes de nationalité française vivant à l’étranger.

Un récent rapport d’information a été écrit sur ce sujet par la commission des Finances de l’Assemblée nationale. Sans avaliser un tel projet, cette commission préconise certaines mesures pouvant conduire à une taxation de certains revenus, et notamment, de plus-values pour les personnes quittant la France.

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droits de succession
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Les droits de succession sont assez généralement considérés comme justifiés et on en donne en particulier une justification prétendue morale. En effet on considère qu’il n’est pas juste que certaines personnes puissent hériter d’un capital plus élevé que d’autres sans avoir fait les efforts nécessaires pour cela et sans le mériter.

On évoque souvent de ce point de vue l’idée selon laquelle il faut assurer « l’égalité des chances » entre tous les citoyens. Mais il faut estimer ce point de vue comme étant totalement injustifié et c’est p... Poursuivre la lecture

Par Nicolas Marques. Un article de l’Institut économique Molinari

Comment se comparent les rendements de la répartition et de la capitalisation ?

Pour répondre à cette question, le concept de taxation « pure » ou « implicite » est utile. Il repose sur une comparaison entre le rendement de la répartition et celui de la capitalisation.

À prestation égale, la capitalisation permet au futur retraité de cotiser moins qu’en répartition pure puisque les versements produiront des intérêts permettant de bonifier les retraites.

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