L’inégalité est-elle un problème ? Rousseau, Marx, Piketty, Fukuyama et de Jouvenel

La justice serait-elle au côté du pauvre quand l’injustice assure les biens du riche ?

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Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

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L’inégalité est-elle un problème ? Rousseau, Marx, Piketty, Fukuyama et de Jouvenel

Publié le 23 février 2015
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Par Thierry Guinhut.

Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.
Injustice (Crédits : Stéfan, licence BY-NC-SA 2.0), via Flickr.

Les inégalités se propagent et se creusent, fomentant monstrueusement la bassesse de la pauvreté. Prendre au riche pour enrichir le pauvre est alors, pense-t-on naïvement, la solution idoine. Cependant, en paraissant assurer la légitimité morale et économique de l’intervention étatique, au moyen de la redistribution, au service de l’égalité et du bonheur économique, l’argument des inégalités, cet argument apparemment éclatant, mais faux, destiné à tromper les naïfs, n’est-il pas spécieux ? Ne vaut-il pas mieux s’intéresser à la pauvreté, à ses causes, et lever les barrières qui l’empêchent de devenir richesse… Plutôt que de se servir de l’argument spécieux des inégalités pour transformer les sociétés en une contre-utopie corsetée, ne faut-il pas mieux se servir de l’argument de la pauvreté, scandaleuse en soi, pour rendre à la cité ses libertés ?

De Rousseau à Marx, le réquisitoire contre le riche

Une archéologie des inégalités, pour reprendre le concept de Michel Foucault, ne doit omettre ni Rousseau, ni Marx. Le philosophe des Lumières était assez éclairé pour séparer les deux natures de l’inégalité : « Je conçois dans l’Espèce humaine deux sortes d’inégalité ; l’une que j’appelle naturelle ou physique, par qu’elle est établie par la Nature, et qui consiste dans la différence des âges, de la santé, des forces du corps, et des qualités de l’Esprit, ou de l’âme ; l’autre qu’on peut appeler inégalité morale, ou politique, parce qu’elle dépend d’une sorte de convention. […] Celle-ci consiste dans les différents privilèges, dont quelques-uns jouissent au préjudice des autres, comme d’être plus riches, plus honorés, plus puissants qu’eux, ou même de s’en faire obéir.»1

Cependant, Rousseau, blâmant la décision originelle de clore un terrain en proclamant « Ceci est à moi », jetait un anathème malvenu sur la propriété privée : « Vous êtes perdus, si vous oubliez que les fruits sont à tous et que la Terre n’est à personne2 ». Donc, in fine, une réprobation sans appel sur la propriété entrepreneuriale et capitaliste. Au point de vouloir « qu’on établisse de fortes taxes […] sur cette foule d’objets de luxe, d’amusement et d’oisiveté3 » ; forgeant ainsi le principe de l’impôt fortement progressif, non seulement sur la richesse mais ce sur quoi l’État se permet indûment une réprobation morale. Était-ce encore, de la part de Rousseau, digne des Lumières ? Il est permis d’en douter, face à un autre essayiste de l’Enlightenment : l’économiste Adam Smith qui préféra, aux causes de l’inégalité les causes de la richesse des nations4

Digne successeur de Rousseau, en dépit de leur indignité commune sur ce point, Marx ordonna : « L’égalité comme raison du communisme en est la justification politique », non sans mentionner que « pour surmonter la propriété privée réelle, il faut une action communiste réelle5 ». Le remède ultime et supérieur aux inégalités serait donc la confiscation, l’interdiction de la propriété privée. Ce que confirment les « mesures » réclamées par cette désastreuse déclaration d’intention qu’est Le Manifeste communiste : « Expropriation de la propriété foncière et affectation de la rente foncière aux dépenses de l’État. Impôt sur le revenu fortement progressif. Abolition du droit d’héritage ; confiscation des biens de tous les émigrés et rebelles. Centralisation du crédit entre les mains de l’État, au moyen d’une banque nationale à capital d’État et au monopole exclusif. » On ne s’attardera pas ici sur la « Centralisation entre les mains de l’État de tous les moyens de transport et de communication » et sur le « Travail obligatoire pour tous6 »… Le communisme tyrannique par essence eut les conséquences historiques, meurtrières et totalitaires que l’on sait, bien plus que les théories fondées sur la propriété,  et que Proudhon associait au vol, propos qu’il nuança d’ailleurs ultérieurement.

Inégalités planétaires et doxa selon Piketty

Voici le type de réquisitoire qu’aime développer à l’envi l’icône de la doxa contre les inégalités, nous avons nommé Thomas Piketty : 350 millions de personnes les plus pauvres de la planète équivalent aux 85 personnes les plus riches de cette même planète, les premières vivant avec 486 dollars, les secondes avec 20 millions de dollars. De plus, au sein des pays développés, le revenu des 10% des plus riches est 9,5 fois plus élevé que celui des 10% les plus pauvres, selon le journal L’Humanité. Malgré notre confiance plus que prudente envers un organe communiste, on doit supposer que l’information est crédible. Doit-on, de plus, croire l’information selon laquelle les 1% les plus riches soient en passe de posséder plus que le reste des habitants de la planète ? Affirmation fort sujette à caution, ne serait-ce que parce qu’elle ne tient pas compte de la mobilité des fortunes. Alors, la cause est entendue : l’écrasante inégalité qui règne sur le monde est le péché originel du capitalisme.

Si, selon Thomas Piketty, « les inégalités se sont réduites en France au XXème siècle », malgré la persistance de l’inégalité des revenus, c’est moins par l’augmentation à peu près continue des taux d’imposition pour les plus riches, que par l’augmentation du pouvoir d’achat permise par la croissance de la productivité – quantitative et qualitative – du capitalisme. Pourtant, vient arguer Piketty, ces inégalités, criantes avant la première guerre mondiale, se sont réduites au travers des « chocs subis par le grand capital », guerres, inflation et crises économiques, mais la raison majeure en est l’impôt progressif sur l’accumulation des patrimoines. Notre diva de l’économie est cependant plus mesurée en sa conclusion que l’on pourrait l’attendre sur ce terrain : « L’impôt progressif a le mérite d’empêcher que ne se reconstituent des situations analogues à celles qui prévalaient à la veille de la première guerre mondiale, et sa mise à mal pourrait avoir pour effet de long terme une certaine sclérose économique7. Ah, qu’en termes prudents ces choses-là sont dites ! Alors que cette sclérose économique va s’aggravant en France depuis trois décennies, passant aujourd’hui de la sclérose en plaque au cancer généralisé…

L’on sait, depuis Le Capital au XXIème siècle8 que Piketty a conclu à un fort accroissement des inégalités patrimoniales et de revenus depuis les trente dernières années parmi les pays développés. Pour lui, le rendement du capital aurait tendance à croître au-delà du taux de croissance. En conséquence de quoi, il préconise, outre un impôt sur les hauts revenus jusqu’à 80 %, une taxation mondiale du capital. On n’a pas manqué de contester sa méthode et sa thèse. Il n’est pas sûr que les évaluations des patrimoines mobiliers soient fort objectives. De plus il faut invalider sa prémisse selon laquelle les grandes fortunes n’ont de cesse de croître. Bien des nouvelles fortunes mondiales sont fort récentes, d’autres, plus anciennes, se sont érodées, la mobilité est plutôt la règle, signe d’une prime à l’inventivité plutôt qu’au capital lui-même. Enfin le capitalisme de connivence avec l’État est omis par Piketty, au point de penser qu’il soit un frein oublié au développement des entreprises concurrentielles, donc de la démocratisation de l’enrichissement. L’idéologie postmarxiste, quoique invalidée par les faits, a de beaux jours, ou plutôt d’affreuses nuits, devant elle, secourue par la démagogie. L’on sait que ce livre, quoique son auteur affecte de rejeter l’auteur du Manifeste communiste, se veut un rejeton scientifique de l’opus de Karl Marx. Or, lourd et verbeux, bourré de tableaux et de courbes, il est plus acheté que lu, en tant que garant de l’idéologiquement correct et de l’aura de solidarité dont il aime s’entourer.

Le rôle positif des inégalités

hollandes inégalités rené le honzecMais au Siècle des Lumières, il n’y a pas place seulement pour l’égalité imposée par la volonté générale du Contrat social rousseauiste. Répondant à la question de la reproduction des richesses inégales par les privilèges et les héritages, Diderot rétorque légitimement : « À chacun son mérite » […] « En même temps que le mérite sera plus honoré, la cupidité diminuée, le prix de l’éducation mieux senti, les fortunes seront moins inégales.9 » Plus tard, en 1848, c’est-à-dire la même année que le Manifeste communiste, Adolphe Thiers contribue à l’idée de la moralité des inégalités : « De la transmission héréditaire proviennent de nouvelles inégalités acquises, qui, s’ajoutant aux inégalités naturelles, produisent certaines accumulations qu’on appelle la richesse. Ces accumulations n’ont rien de contraire à l’équité, car elles n’ont été dérobées à personne, contribuent à l’abondance commune, servent à payer les produits les plus élevés de toute industrie perfectionnée, et, nées du travail, se dissipant et périssant par l’oisiveté, présentent l’homme récompensé ou puni par la plus infaillible des justices, celle du résultat.10 » Ce qui permet au péché capital de la cupidité et de l’avarice de trouver le moyen d’être utile au capitalisme libéral qui irrigue la société entière. Reste évidemment, pour compenser les inégalités de départ liées à l’héritage, autant financier que culturel, d’assurer l’éducation gratuite pour tous, ne serait-ce que par le chèque éducation, seule redistribution qui reste un investissement indispensable.

Plus tard encore, Fukuyama, en 1992, déplie la défense des inégalités : « Les sociétés de classe moyenne sont destinées à rester fortement inégalitaires à certains égards, mais les raisons en seront de plus en plus imputables à la différence naturelle des talents et à la division économiquement nécessaire du travail. On peut interpréter en ces termes la remarque de Kojève selon laquelle l’Amérique de l’après-guerre a effectivement réalisé la « société sans classes » de Marx ». Alors que « le projet marxiste a cherché à promouvoir une forme extrême d’égalité sociale aux dépens de la liberté11 », c’est-à-dire l’égalité du goulag, hors quelques dignitaires soviétiques au sommet de leur sphère, inégalité plus extrême et plus honteuse que tout autre, parce que non seulement économique, mais aussi politique, de plus sans le moindre espoir de sortir des bas-fonds. Ce qu’a contrario permet le capitalisme libéral, qui ne s’est pas gêné pour assurer aux masses une aisance que n’eurent pas rêvé ni le zek ni le kolkhozien…

Certes, les inégalités spoliatrices, c’est-à-dire acquises par le vol et la tyrannie, par exemple dans la possession des terres en Amérique latine aux dépens des petits propriétaires, des indigènes, sont moralement et pénalement condamnables devant le tribunal du droit naturel. En revanche les inégalités attribuables au travail et au mérite ne sont que positives et n’ôtent rien aux pauvres, qui, au contraire, trouvent à en profiter grâce à l’accroissement de l’activité concurrentielle, de l’offre, corrélées à la baisse des prix. À condition, une fois encore, que la fiscalité ne gonfle pas ces derniers…

Il faut alors percevoir que les inégalités ont un rôle positif : dans la mesure où les pauvres sont motivés à créer de la richesse, où les jeunes générations choisissent de faire fonctionner l’ascenseur social, dans le cadre de la liberté des échanges et de la mondialisation. Ce que confirme Johan Norberg : « contrairement à ce qu’on pourrait penser, les inégalités entre les pays ont diminué constamment depuis le début des années 1970. […] les économistes mesurent habituellement le degré d’inégalité à l’aide du coefficient Gini [qui] pour le monde entier est passé de 0,6 en 1968 à 0,52 en 1997, soit une baisse de plus de 10 %.12» Malgré quelques exceptions notoirement socialistes et communistes, théocratiques et soufflées par la guerre, le mouvement d’augmentation du niveau de vie ne semble pas près de s’arrêter.

Une étude de l’Institut Économique Molinari bat en brèche l’argument des inégalités en pointant que les émoluments des cent Présidents Directeurs Généraux les mieux payés au Canada équivalent à 171 fois le salaire moyen. Horreur ! Mais cette même étude offrait un calcul fort simple : divisant cette colossale rémunération par le nombre de leurs salariés (2 423 530), on obtient 326 dollars par an, soit 90 cents par jour, ou encore 0,7 % de hausse salariale. Dérisoire… Comme quoi la redistribution est parfaitement vaine. Pire encore, en imaginant que cette dernière soit assurée par l’État, le coût prohibitif de sa gestion la rendrait encore plus pitoyable, sans compter les dommages ravageurs à l’encontre de la société toute entière, privée non seulement du savoir-faire de ces patrons, mais également de leur dévouement à leur propre porte-monnaie qui est la source du dévouement de l’économie à la prospérité générale. Loin de contribuer à cette dernière, la redistribution contribue à la détruire. Vouloir à toute force et par idéologie recourir à la surabondance de la redistribution épuisant les acteurs économiques serait de l’égalitarisme forcené, au même titre qu’une tyrannie économique et sociale voisine du totalitarisme.

On s’amusera en citant Michel Onfray qui, dans une perspective nietzschéenne, parvient à une réelle pertinence, en animalisant poétiquement l’égalité, intrinsèquement envieuse et revancharde : « Un triangle noir sur le dos / La tarentule prêche l’égalité. / Animal de la vengeance / Elle nomme justice / Sa haine et son aigreur. / La tarentule prêche l’égalité ; / Araignée de la jalousie / Elle déteste ce qui est / Fort et puissant. / Bête du ressentiment / Elle calomnie le monde / La vie et la vigueur. / La tarentule prêche l’égalité.13 »

Méfions-nous donc de l’égalité : outre son Envie prête à dévorer la liberté d’autrui, elle entraîne bien trop souvent la pauvreté de l’envieux. Autant l’inégalité devant le droit est à proscrire, autant les inégalités de richesses sont à considérer dans leur perspective dynamique d’enrichissement général… Tocqueville savait que « les peuples démocratiques ont un goût naturel pour la liberté. […] Mais ils ont pour l’égalité une passion ardente, insatiable, éternelle, invincible ; ils veulent l’égalité dans la liberté, et, s’ils ne peuvent l’obtenir, ils la veulent encore dans l’esclavage. Ils souffriront la pauvreté, l’asservissement, la barbarie, mais ils ne souffriront pas l’aristocratie14 ». Tout est dit.

L’éthique de la redistribution selon Bertrand de Jouvenel

L’État est un « minotaure », accuse en 1951 Bertrand de Jouvenel, dans son Éthique de la redistribution ; surtout lorsque devenu État-providence, il use de son usine à gaz à redistribuer les revenus. Son omnipotence fabrique des assistés aux dépens non seulement des plus riches, mais aussi des classes moyennes ; « et, tout compte fait, encombré du fardeau de ses multiples engagements, il n’applique les consignes de la redistribution que dans sa façon de prélever l’argent, et non dans sa manière d’en faire profiter largement sa population15 ». Ainsi « tout pouvoir de redistribution signifie un surcroît de pouvoir dévolu à l’État16». Ce qui ne laisse pas d’être inquiétant, ne serait-ce que dans le domaine culturel, aux dépens du pluralisme. La conclusion de Bertrand de Jouvenel est sans appel : « les pouvoirs publics n’ont d’autre choix, s’ils veulent donner à tous, que de prendre à tous. […] les familles aux revenus faibles dans leur ensemble, versent au Trésor public davantage d’argent qu’elles n’en retirent.17 » Ce qui ne vaut pas pour celles qui sont sans travail et ne vivent que des subsides alloués par l’État, qui par là-même, au moyen de sa sur-fiscalité et d’une législation du travail coercitive, les prive de ce travail qui assurerait leur indépendance…

Lutter contre les inégalités est trop souvent le masque des parasites politiques et bureaucratiques qui démagogiquement gèrent la redistribution, aux dépens des créateurs de richesses et donc d’emplois. Les inégalités sont bien un argument spécieux, en tant qu’au nom d’une solidarité électoraliste, il sert de levier à l’État spoliateur, justicier et stratège, à ses hordes d’élus et de fonctionnaires, en particulier des ministères des finances, ainsi à tous ceux, mus par l’Envie, qui pensent en profiter.

La redistribution peut rester morale et défendable lorsqu’elle pallie les handicaps de ceux qui ne peuvent travailler. Hélas, elle a rapidement le grave défaut, d’une part d’employer pour sa gestion une noria exponentielle de fonctionnaires, et d’autre part à partir d’un seuil trop vite atteint, quoique assez subjectif, de décourager les entrepreneurs dont la motivation financière n’a rien de méprisable, de réduire leurs capacités d’investissement, sans oublier la fuite des énergies au-delà des frontières, comme en témoignent les 400 000 français vivant à Londres, dans un Royaume-Uni ainsi dopé, qui vient dépasser la France, en devenant à son tour cinquième puissance économique mondiale. Pire, s’il en est, la recette publique s’affaiblit alors, la courbe de Laffer venant opportunément vérifier l’adage selon lequel trop d’impôt tue l’impôt.

Force est de constater qu’une France dont 57% du PIB sont consacrés aux dépenses publiques ne contribue qu’à appauvrir ses habitants et contraindre au chômage une énorme partie d’entre eux ; alors que des pays comme l’Allemagne ou la Norvège, avec un PIB de 45 % ont un chômage deux fois moindre et une économie bien plus florissante. Tout en criant haro sur les riches, les seuls riches qui paraissent légitimes sont ceux qui, élus et haut-fonctionnaires, vivent au bénéfice de la fiscalité oppressive. Curieusement, ils sont traditionnellement bien moins dépréciés que les chevaliers d’industries et les patrons d’entreprise, du plus aisé au plus modeste. Ce que note Bertrand de Jouvenel : « Pendant toute la période dominée par la société commerciale, depuis la fin du Moyen-Âge jusqu’à nos jours, la fortune du riche marchand a inspiré bien plus de ressentiment que le faste dont s’entouraient les dirigeants.18 »

Plutôt que de reprocher aux riches Bill Gates ou François Pinault leurs fortunes insolentes, remarquons qu’ils les ont gagnées en créant des richesses et des emplois, qu’ils la dépensent pour contribuer à la santé, au développement des Africains pour l’un et à l’expressivité et au niveau de vie des artistes pour l’autre ; alors que tant de magnats du pétrole arabique répugnent à élever le niveau de vie et de liberté de leurs citoyens et immigrés…

La reproduction sociale si chère à Bourdieu19, si décriée, est pourtant, au-delà de la sélection aristocratique des seuls descendants, une sélection des savoirs, des compétences et des mérites. Pourquoi, au nom de l’origine sociale des parents, faudrait-il se priver de toutes ces qualités, même si cette reproduction est également, pour une grande part celle des inégalités ? Seule la réhabilitation d’une école exigeante et d’une éducation aux nobles ambitions pourra redonner du lustre à l’ascenseur social, de façon à donner leurs chances aux esprits venus des milieux les plus modestes.

La majeure partie des États étant furieusement endettée, ce n’est certes pas en taxant les riches, qu’ils se reproduisent, de manière endogame ou non, que l’on parviendrait à mieux user de leur argent, mais à le dilapider. Mieux vaut alors faire confiance aux riches et à ceux qui ont la capacité de le devenir pour dynamiser l’économie et la croissance, y compris le porte-monnaie des pauvres. Et se défier de notre État.

Fiscocratie s’il en est, la France a eu l’ingéniosité de mettre en place cinquante nouvelles taxes en six ans, sans compter la hausse des plus anciennes, quand en 2014, 182 articles de lois fiscales ont été adoptés. Taux de prélèvements obligatoires à 45% du PIB, taux d’impôt maximal sur les sociétés à 38 %. En toute logique, le chômage ne cesse également d’augmenter et dépasse 11 % de la population active, sans compter tous les désinscrits…

L’Heritage Fondation publie chaque année un Indice de Liberté Économique. Que croyez-vous qu’il arrive à la France ? Elle est honteusement classée 73ème, après le Kazakhstan et l’Albanie, à cause du poids de l’État et de la rigidité de la législation du travail.

Autour de la France et de quelques pays idéologiquement rétrogrades à son image, le monde s’enrichit, la pauvreté recule sur la planète, les classes moyennes renforcent leur nombre, les riches se multiplient. L’extrême pauvreté (moins de 1,25 dollar par jour) a reculé de cinquante pour cent depuis 1990. Et cela grâce, non au communisme et aux systèmes de redistribution étatiques, mais à la mondialisation capitaliste. C’est bien ce que note Johan Norberg, dont le Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste remplace avantageusement (et plus lisiblement) Piketty : « Au cours du demi-siècle qui vient de se terminer, le développement matériel a permis de sortir plus de trois milliards de personnes de la pauvreté20 ».

Ainsi, l’on peut reprendre une réflexion d’Hannah Arendt, jetée parmi son Journal de pensée, en 1955, vérifiant une fois de plus sa perspicacité : « À propos de « Property and Equality » : c’est une erreur que de croire qu’on peut parvenir à l’égalité caractéristique de l’homogénéité grâce à l’ « equality of condition » […] donc par l’homogénéité des rapports de propriété. […] c’est l’homogénéité du troupeau qui se met en place.21 » Du troupeau à l’abattoir totalitaire, il n’y a qu’un pas ; en effet, assure-t-elle, « L’égalité de condition parmi leurs sujets a été l’un des principaux soucis des despotismes et des tyrannies depuis l’Antiquité22 ». Voilà, si l’on n’y prend garde, à quoi peut mener la lutte étatique contre les inégalités économiques. Au nom du « mirage de la justice sociale ou distributive », l’injustice passe son rouleau compresseur sur la société entière. Hayek savait cela bien avant 1976 lorsqu’il écrivit : « Aussi longtemps que la croyance à la « justice sociale » régira l’action politique, le processus doit se rapprocher de plus en plus d’un système totalitaire.23 »

Au-delà des forces d’imposition (dans les deux sens du mot) que sont le socialisme et le théocratisme, l’individualisation de la richesse permet sans nul doute les progrès des conditions, des mœurs et de l’esprit humain, sans empêcher en rien, au contraire, ses dimensions spirituelle et culturelle : « La meilleure manière de comprendre la vague individualiste est sans doute de la considérer comme une forme luxueuse de l’être-dans-le-monde24 », affirme avec justesse Peter Sloterdijk. Ainsi l’argument spécieux des inégalités et de la redistribution étatique est balayé par celui, nettement plus efficace, de l’enrichissement des pauvres au moyen de la mondialisation des initiatives et du capitalisme libéral. Alors qu’incessamment le David du socialisme tente de terrasser le Goliath de la richesse, en se gonflant de lui jusqu’à en éclater, il faut se rendre à l’évidence : en vérité, le David de la richesse tend à terrasser le Goliath de la pauvreté.

Lire aussi sur Contrepoints :

Sur le web

  1. Jean-Jacques Rousseau, Discours sur l’origine et les fondements de l’inégalité parmi les hommes, Œuvres III, Gallimard, Pléiade, 2003, p 131.
  2.  Jean-Jacques Rousseau, ibidem, p 164.
  3.  Jean-Jacques Rousseau : Sur l’économie politique, Œuvres II, Pléiade, 1968, p 276.
  4. Adam Smith, Enquête sur la nature et les causes de la richesse des nations, PUF, 1995.
  5.  Karl Marx, Économie et philosophie, Œuvres II, Pléiade, 1968, p 98.
  6.  Karl Marx, Le Manifeste communiste, Œuvres I, Gallimard, Pléiade, 1963, p 182.
  7.  Thomas Piketty, Les Hauts revenus en France au XXème siècle, Grasset, 2014, p 547, 548. »
  8. Thomas Piketty, Le Capital au XXIème siècle, Seuil, 2013.
  9.  Denis Diderot : « Réfutation d’Helvétius », Œuvres politiques, Garnier, 1963, p 475.
  10.  Adolphe Thiers, De la Propriété, Paulin, Lheureux et cie, 1848, p 96.
  11.  Francis Fukuyama : La Fin de l’Histoire et le dernier homme, Flammarion, 1992, p 328-329.
  12. Johan Norberg : Plaidoyer pour la mondialisation capitaliste, Plon, 2003, p 44-45.
  13.  Michel Onfray, Bestiaire de Nietzsche, Galilée, 2014, p 43.
  14.  Tocqueville : De la Démocratie en Amérique, II, II, 1, Œuvres, t II, Gallimard, Pléiade, 2001, p 611.
  15.  Bertrand de Jouvenel, L’Éthique de la redistribution, Les Belles lettres, 2014, p 106.
  16.  Bertrand de Jouvenel, ibidem, p79.
  17.  Bertrand de Jouvenel : ibidem, p 113.
  18.  Bertrand de Jouvenel, ibidem, p 120.
  19. Pierre Bourdieu et Jean-Claude Passeron, La Reproduction sociale, Minuit, 1970.
  20.  Johan Norberg, ibidem, p 20.
  21.  Hannah Arendt, Journal de pensée, Seuil, 2005, p 741.
  22.  Hannah Arendt, Les Origines du totalitarisme, Quarto Gallimard, 2010, p 632.
  23.  Friedrich A. Hayek : Droit, législation et liberté, II Le Mirage de la justice sociale, PUF, 1981, p 82.
  24.  Peter Sloterjik : Ecumes, Sphère III, Hachette Pluriel, 2006, p 737.
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  • Nous sommes tous intoxiqués par une propagande qui dit que 1% des plus riches possèdent autant que le reste de la planète. En fait, le chiffre est 1% des plus riches possèderaient autant que 50% de la planète. Chiffre à approfondir.

    • 1 % des plus riches possèdent autant que les 50 % qui possèdent le moins…
      on a beaucoup avancé en disant cela…
      il suffit de choisir à qui on se compare, ainsi, moi même qui ne fait pas partie du 1 % en france (du 1 % dans le monde, je veux bien croire), je possède autant que 1 000 000 de personnes dans le monde, ou en les choisissant mieux, je possède autant que 5 000 000 de personnes dans le monde.
      et alors ? si l’on me prenait absolument tout ce que j’ai pour distribuer à ce million ou à ces 5 millions de personnes, est ce que leur situation changerait en quoi que ce soit d’une manière mesurable ?
      que certains tirent des conclusions et une ligne de conduite d’une statistique sans signification me laisse perplexe.

      • La redistribution, c’est le loto à l’envers : Prenez les gains du gagnant et redonnez-les aux joueurs, ils ne récupereront que quelques euros, ce qui évidemment ne changera rien à leur vie.
        Pour l’Etat aussi, cela ne change rien : au loto, comme dans la redistribution, il prend d’office la part du lion.

    • le site web Global Rich List ( http://www.globalrichlist.com/ ) permet d’évaluer sa richesse personnelle au niveau mondial. On peut ainsi voir que la limite pour faire partie du 1 % des personnes les plus riches du monde est environ de 2.300 €/mois net (ce qui y inclut tous les membres du gouvernement français et tous les politiciens de gauche). d’ailleurs, Hollande fait parti du 0,1 %

  • Excellent article ! Un condensé de tous les bons arguments libéraux concernant les inégalités. Je le relirai plusieurs fois.

  • Encore une plâtrée de votre novlangue infecte.
    Pas d’argument, aucune vision philosophique/politique.

    A force de vous répéter, on va finir par vous croire.

    • Bla bla bla bla bla bla bla bla
      Les socialos sont vraiment à court d’arguments.
      Changez de disque, votre terrorisme intellectuel ne marchera pas ici !

    • Simvetanylen: « Pas d’argument »

      Vous me rappelez les créationnistes… même ritournelle.

      Faudrait demander aux frontaliers français pourquoi ils fuient travailler dans le 4eme pays le plus libéral économiquement au monde et pourquoi une caissière y gagne autant qu’un ingénieur français.

      La France est 70eme pour la liberté économique. En dessous du Ghana et du Rwanda.

    • Simvetanylen, combien d’emplois créés cette année?

    • bah , libre à toi de développement ta novlangue préférée qu’on supposera appétissante 😉
      Tant que tu te l’appliques à toi-même et aux autre nobles de ton espèce, on n’a rien contre : vous pourrez noblement vous entre-exterminer comme partout et toujours vos ancêtres l’ont fait.

      On vous demande juste de laisser les autres tranquilles, parce qu’abolir la propriété des autres en conservant la sienne sous prétexte qu’elle est noble parce que collective, c’est juste du foutage de gueule.
      Allez, vas-y, va adhérer à un kibboutz ou un phalanstère, et reviens nous raconter 😉

      • Vous n’avez le droit à aucune propriété.
        Votre « droit » à la propriété est un mythe libéral.

        • Le vrai problème c’est le vol des richesses par les banquiers vautours au moyen de la dette des états qui épuise et anémie la vitalité des nations.

        • Vous pouvez rejetez les droits humains fondamentaux si vous voulez, mais faites le pour vous seul ou embarquez dans une secte.
          Ainsi il n’y a aucun perdant.

          • Ce n’est pas un droit fondamental, c’est un privilège. Vivre est un droit fondamental, penser et s’exprimer sont des droits fondamentaux, se nourrir et se loger sont des droits fondamentaux.
            Posséder et priver les autres des richesses et des moyens de production ne sont pas des droits fondamentaux.

            • Vous privez quelqu’un d’un ordinateur parce que vous en possédez un? Vous êtes vraiment un égoïste matérialiste.

              • En achetant des yacht, des rolex, en construisant des palais, certains privent les plus démunis de manger et de se loger.
                Il n’est pas question de matérialisme, mais de privilégier certains besoin à certains désirs.

                • Heu non justement la richesse c’est dynamique pas statistique.
                  Sinon votre ordinateur prive combien de personne de manger?

                  • Approximativement 1000 repas. Et le votre?
                    Vous allez me dire qu’on ne mange pas d’ordinateur. Rhétorique absurde, les ressources vives qui ont été allouées pour me fabriquer un ordinateur auraient pu être allouées pour créer de la nourriture.

                    • Hey non, parce que cette technologie en question sert alimenter toute la chaine de production. Même si elle n’a pas été conçu pour ça, des gens inventifs l’ont détournés à cette faim.

                      Voilà pourquoi ce que vous dites est absurde, la richesse est dynamique.

                    • vous savez que grace au capitalisme, il n’y jamais eu aussi peu de faim dans le monde aujourd’hui. marrant, de voir tous les pays communistes et socialistes où la population crève de faim, où il y a la famine. j’ai jamais vu de pays libéral o il y avait la famine et où la majorité de la population mourrait de faim

                  • Vous persistez dans l’absurde. Si la chaine de production a été construite ainsi c’est parce qu’on privilégie les nantis aux nécessiteux. On pourra remonter aussi loin qu’on veut, ça sera toujours vrai.

                    Ne persistez pas dans votre mauvaise foi 😉

                    • allez prendre des cours d’économie. en gros, vous êtes marxistes. Les théories marxistes ont été démontées propre en ordre. Les économistes ont montré que ces théories n’ont aucune structure interne cohérente (lisez par exemple Bohm-Bawerk pour ne citer que lui), et qu’elles reposent sur des conceptions erronées, notamment de la valeur du travail, de l’échange, du capital ou du profit. Il n’y a pas un économiste sérieux qui défende les conceptions de Marx. Il n’y a pas une faculté d’économie où l’on enseigne son modèle économique comme on enseigne le modèle IS-LM, la théorie du consommateur, etc. Dans les facultés d’économie Marx fait partie de l’histoire des idées comme Freud en psychologie. Il a été montré mathématiquement que la planification de l’activité économique était moins efficace que l’économie de marché. Allez lire la démonstration de Barone 1908, c’est un bijoux. L’économétrie durant tout le 20ème siècle a massivement montré que les mesures socialistes (contrôle des prix, salaire minimum, etc.) ne permettent pas d’atteindre les objectifs souhaités et/ou produisent des effets secondaires qui sont plus problématiques que le problème qu’on essaye de solutionner.De même, les mesures comparatives montrent sans ambiguïté que plus les pays protègent la propriété, plus il y a de liberté économique, plus ces droits entrent en force dans la réalité grâce à un système de tribunaux efficaces, et plus à l’arrivée on a un revenu réel élevé par habitant y compris pour les plus pauvres. Allez lire par exemple De soto. En d’autres termes, l’économétrie a montré dans toute sorte de domaines économiques ce que les mathématiques avaient anticipé. Finalement, l’histoire a également montré que chaque fois qu’on a essayé le socialisme, et on l’a essayé plusieurs comme on répète en science une expérience pour voir la robustesse du résultat, ça finit très mal. http://www.institutcoppet.org/2013/02/16/de-l%E2%80%99impossibilite-du-socialisme-par-hans-hermann-hoppe/

                • « En achetant des yacht, des rolex, en construisant des palais, certains privent les plus démunis de manger et de se loger » ridicule. prenez des cours d’économie. en quoi le fait que quelqu’un s’enrichisse fait que quelqu’un d’autre s’appauvrisse. si je possède une citroen ou une porche, cela ne change en rien pour le voisin. à part le fait peut être qu’il risque d’être jaloux

                  • J’ai expliqué pourquoi plus haut.

                    Et ce n’est pas grâce au capitalisme qu’il n’y a plus de faim dans le monde, c’est grâce aux évolution technique, notamment les découvertes de certains scientifiques de l’Allemagne Nazie.

                    Ne mélangez pas tout.

                • encore un qui n’a pas compris que pour aider les pauvres, il faut avoir les moyens. donc il faut être riche

    • le problème vient du fait que les socialistes ont tellement influencé les gens avec les inégalités sociales. ils ont fait des inégalités sociales un problème majeur d’aujourd’hui alors que le vrai problème vient de la pauvreté et non pas des inégalités sociales. les libéraux s’occupent du problème de la pauvreté mais pas de la lutte contre les inégalités car les libéraux sont pour l’égalité de droit. or l’égalitarisme s’oppose aux inégalités de droit. l’égalitarisme sous ses airs de bons sentiments charitables n’est que motivé par la jalousie et l’envie. http://www.contrepoints.org/2011/01/06/10334-etre-de-gauche-intolerant-et-peu-genereux
      http://www.contrepoints.org/2011/04/13/21001-radins-envieux-racistes-et-intolerants-les-socialistes-et-les-anticapitalistes http://www.contrepoints.org/2010/10/04/2621-gauche-intolerance-generosite-droite-liberalisme

      • Oui j’ai déjà lu une bonne partie de votre dictionnaire. Le liberté c’est posséder. L’égalité c’est la dictature. Le bien c’est le mal.

        • je n’ai jamais dit. marrant, vous êtes obligé de me faire dire des choses que je n’ai pas dite. essayez d’argumenter. car moui, j’ai déja démonté votre argumentation dans d’autres articles. la liberté, c’est la propriété (naturelle) de l’homme qui consiste à être ouvert à autrui, cette ouverture ne pouvant être limitée que par des normes qui ont pour but et pour effet d’émanciper davantage l’être humain. la liberté est indivisible càd que la liberté économique va de pair avec la liberté politique. il n’y a pas de liberté sans propriété. je suis favorable à l’égalité (de droit) mais contre l’égalitarisme qui mène au nivellement vers le bas.

          • Si par démonter mon argumentation vous entendez lancer des affirmations sans fondement, alors oui vous ne cessez de le faire et continuez dans votre présent message :
            « la liberté, c’est la propriété (naturelle) » => deux mensonges en 6 mots, bien joué.
            « la liberté est indivisible càd que la liberté économique va de pair avec la liberté politique »
            « il n’y a pas de liberté sans propriété »
            « l’égalitarisme qui mène au nivellement vers le bas »

            Au passage, vos déclaration rejoignent ce que je dis plus haut : pour vous être libre, c’est priver les autres.
            Chacun sa définition de la liberté après tout. Mais tant qu’on parlera pas la même langue, on risque pas de se mettre d’accord. Dommage que le mot « démonstration » ait une signification différente dans votre langue et la mienne également.

    • ce que je trouve marrant c’est que les gens qui veulent combattre les inégalités ne parlent jamais de la mobilité sociale. que faut il mieux vivre dans un pays certes où il y a plus d’égalité sociale mais où les pauvres n’ont aucune chance de changer de classes sociales, de devenir riches. ils sont condamnés à rester des assistés toute leur vie, à dépendre de l’aide sociale. ou bien vivre dans pays où il y a plus d’inégalité mais où il y a une grande mobilté sociale, càd que les pauvres peuvent devenir plus richer, passer dans une autre classe. dans ce genre de société, le mérité personnel importe beaucoup plus et conditionne beaucoup plus notre condition sociale ?? perso, je préfère la seconde option que je trouve plus juste à la première. or comme par hasard, plus un pays est socialiste moins il y a de mobilité sociale. les économistes qui combattent les inégalités ne s’intéressent jamais aux effets secondaires négatifs qu’entraine leurs solutions pour lutter contre les inégalités. or la lutte contre les inégalités mènent en un appauvrissement général (y compris des pauvres). de manière plus général, l’égalitarisme mène au nivellement vers le bas ( regardez les politiques désastrueuses mises en place dans l’enseignement pour lutter contre les inégalités qui mènent à un abaissement général du niveau de l’enseignement). sans oublié le fait que la luttre contre les inégalités nuisent à la mobilité sociale

      • Depuis quand la richesse est une finalité?
        Croyiez vous que le but dans la vie c’est de crouler sous l’or, de posséder une baraque, un yacht, une rolex?
        Sommes nous tous sensés vivre pour produire et posséder?

        C’est une conception matérialiste du monde.

        • où j’ai dit que la richesse est une finalité ??? « C’est une conception matérialiste du monde » c’est sûr que le socialisme n’est pas matérialiste. perso, mon but n’est pas de m’enrichir maintenant libre à vous d’avoir ce but dans la vie. je ne vois pas pourquoi il faudrait empêcher les gens de s’enrichir

          • Parce que pour vous, ce qui fait avancer les gens c’est la mobilité social et l’intérêt purement pécunier qui justifie votre doctrine à la mord moi le noeud.

    • imaginons qu’on est d’accord que les inégalités sociales sont un vrai problème. il y a plusieurs questions à se poser. 1 est ce que les inégalités s’accroissent ? la réponse est oui mais les socialistes comme piketty ont une tendance à exagérer fortement (voir très fortement) les inégalités. ils n’hésitent pas à truquer leurs chiffres, à prendre juste les statistiques qui les arrangent (en écartant les stats qui les dérangeraient). 2. qu’est ce qui cause les inégalités ?? là, les socialistes ont (en grande partie ) faux car ils ne parlent pas de certains facteurs (la politique des banque centrale, le capitalisme de connivence,….) et certains des facteurs qui ,selon eux, accroisseraient les inégalités sont plus que contestable. il n’existe aucune preuve concrète. 3. comment combattre les inégalités ? certaines de leurs solutions sont aussi très contestables. on risque de voir ce qui s’est passé dans les pays communistes avec d’un coté la population qui crève de faim et de l’autre, les dirigeants membre du parti qui sont milliardaires. 4. est ce que les solutions proposés pour combattre les inégalités n’ont elles pas plus d’effets négatifs que d’effets positifs ??? là, la réponse est clairement oui. ces solutions nt plus d’effets négatifs que d’éffets positifs. cela conduit à un appauvrissement généralisé.

      • Je ne suis pas défenseur de la politique de Hollande.
        Concrètement, de quels mesures parlez vous?

        • « je ne suis pas défenseur de la politique de Hollande » est ce que j’ai dit cela ?? vous avez un sérieux problème, vous me faites dire des choses que je n’ai jamais dite. d’ailleurs, de manière plus général, vous faites dire aux libéraux des choses qu’ils n’ont jamais dit et jamais pensé. je ne sais pas si il s’agit d’une stratégie de décrébiliser vos adversaires en leur faisant dire des choses qu’ils n’ont jamais dit ou bien si c’est parce que vous êtes stupide. « Concrètement, de quels mesures parlez vous? » je parle de tous les mesures de luttes contre les inégalités càd impots sur la fortune, taxes sur le capital, plafonnement des salaires des dirigeants d’entreprises,…..

          • Vous me parlez du programme de Hollande, voila pourquoi je dis que je ne suis pas là pour défendre le programme de Hollande.
            Vous faites un complexe du martyr ou quoi?

  • Votre article fort intéressant mérite une réponse structurée. Je la diviserai en 3 points. D’abord, j’expliquerai en quoi la lutte contre les inégalités sociales ou économiques sont la conséquence directe de l’égalité formelle énoncée dans la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen issue des Lumières. Ensuite, je reviendrai sur les argumentations tentant de justifier l’inégalité. selon un point de vue normatif, puis suivant un point de vue pragmatique. Dans les deux cas j’expliquerai pourquoi elles sont un échec.

    Mais, avant toute autre chose, je tiens à signaler que l’adage souvent considéré comme « résumant » le socialisme ou le communisme : « de chacun selon ses capacités, à chacun selon ses besoins », n’est pas véritablement un adage égalitaire….

    1. La lutte contre les inégalités économiques et sociales conséquence de l’égalité des Lumières.

    Le symbole de la période des Lumières est la déclaration des droits de l’Homme et du citoyen dans laquelle l’égalité des droits, devant la loi, est déclarée. Certains philosophes, penseurs ont estimé que cette déclaration était insuffisante, car elle n’était que « déclarative », l’égalité énoncée n’était qu’une égalité « en droit » (attention à ne pas confondre comme trop souvent égalité « en droit » et égalité « en droits ». L’égalité « en droits » signifie les mêmes droits pour tous, l’égalité « en droit » signifie égalité formelle, on énonce l’égalité mais cela n’implique pas que dans les faits, en acte l’égalité des droits soit vérifiée). Cela posait problème car on pouvait aisément penser à des situations dans lesquels cette égalité en droit serait bafouée, par exemple un individu ayant besoin de soins pour lui ou sa famille serait à la merci d’un individu plus riche, plus puissant, qui pourrait obtenir de lui qu’il renonce à sa liberté d’expression, sa liberté pour obtenir de l’argent, des avantages pour se soigner ou soigner sa famille (on pourrait aussi évoquer l’égalité devant la loi qui n’existe que sur le papier, les capacités de recours, d’attentisme étant décuplés avec les moyens financiers dont on dispose, sans même parler de la qualité des avocats). L’idée que l’égalité en droits réelle implique une égalité « sociale » était née et justifiée : pour que l’égalité déclarative énoncée par les Lumières se réalise, l’égalité sociale, économique était nécessaire, ou plutôt la lutte contre les inégalités économiques et sociales car il ne s’agit pas de donner à tous le même revenu, simplement limiter les écarts.

    2. La soi-disant légitimité de l’inégalité.

    Bien entendu face à l’argumentation du point 1. beaucoup se sont élevés, notamment parmi les plus puissants, les plus aisés qui ont cherché des justifications aux inégalités. La première qui est sans doute la tentative la plus grotesque est de partir du fait que « naturellement » nous sommes inégaux (entendez par là différents) pour justifier du fait qu’il ne peut y avoir d’égalité économique ou sociale. Cette argumentation part d’une confusion volontaire ou non sur le mot égalité. L’égalité mathématique est en effet équivalente à l’identité, tout doit être pareil. Mais lorsqu’on se place au niveau du droit, bien entendu, cela n’a aucun sens d’utiliser cette acception. En suivant leur raisonnement, on pourrait donc arguer que puisque nous sommes tous différents, il n’y a pas de raisons d’avoir les mêmes droits…. Risible.

    La deuxième consiste à expliquer qu’on ne peut justifier l’égalité étant donné que tout individu ne participe pas de manière égale à la société : certains travaillent, d’autres non, certains travaillent plus que d’autres, produisent des choses de plus grande valeur, etc. Notez d’abord que cela ne permet nullement de contredire mon point 1. qui laisse tout de même la place à une rémunération différente entre chaque individu mais la limite. Par contre cela va à l’encontre de mon propos préliminaire, l’adage qui caractériserait ces penseurs serait plutôt : « de chacun selon ses capacités, à chacun selon son travail » ce qui était justement la critique de Trotsky à l’égard du stalinisme (qui avec le stakhanovisme ne rapproche plus qu’on ne le croit du capitalisme néolibéral et de ses méthodes de management). Mais laissons cela de côté. Plusieurs générations d’économistes ont tenté de démontrer que le revenu de chacun était « mérité », dépendait de la productivité de chacun, de l’offre et de la demande, etc, malheureusement leur tentative a été vouée à l’échec. En effet personne n’est capable de justifier pourquoi un conseiller fiscal, un publicitaire gagne davantage qu’un urgentiste, un chirurgien.

    3. L’efficacité économique des inégalités

    Puisqu’il est impossible de trouver une justification éthique aux inégalités, il ne reste plus qu’à tenter de lui trouver une justification pragmatique. Cela consiste à prétendre que les inégalités sont efficaces économiquement car elles incitent à produire pour changer de quartile, de décile ou de centile, ce qui signifie changer de classe sociale, passer chez les riches, ou encore parce qu’elle permette une plus forte croissance dont tous bénéficient (la fameuse théorie du ruissellement). Problème, même cette assertion est fausse.

    Signalons d’abord qu’une étude du FMI a conclu à un effet néfaste des inégalités sur la croissance économique, c’est important de le signaler car le FMI n’est pas connu pour être une officine gauchiste. Finalement, vous-même, en montrant que les inégalités mondiales ont diminué pendant une période de forte croissance mondiale, démontrez (malgré vous ?) que diminution des inégalités et croissance sont positivement corrélées. Bien entendu corrélation n’est pas cause à effet, mais ce qui est certain c’est que même si les inégalités sont un moteur pour la croissance et que la croissance les diminue, cette contradiction mènera à une crise.

    Essayons maintenant de comprendre pourquoi les inégalités peuvent nuire à a croissance économique. (1) Les inégalités peuvent être une source de tension dans un groupe d’individu, à l’échelle de la société mais aussi à l’échelle de l’entreprise. En effet, l’inégalité de rémunération n’est acceptée que si elle est justifiée. Or le point 2. montre qu’il est impossible de le faire. (2) La répartition consommation/épargne/importation n’est pas la même suivant le revenu. Plus le revenu est élevé plus la part d’épargne est importante, de même que la part des importations dans la consommation.

    Remarques diverses : (a) la part de la population française à l’étranger est plus faible que pour l’Allemagne ou le RU. Doit-on en conclure que ces pays sont plus infernaux que la France ?

    (b) Malheureusement aucune donné empirique ne permet de confirmer la courbe de Laffer. Ce qui est vrai c’est que les prévisions officielles utilisées pour construire les budgets sont mises en défaut. Il ne faut pas y voir une trace de l’effet Laffer (qui lui énonce une baisse des recettes effectives) mais simplement la tendance aux pouvoirs publics de faire preuve d’excès d’optimisme.

    (c) Dire que 57% du PIB est consacré aux dépenses publiques n’est pas rigoureusement correct. En effet, les dépenses publiques participent elles-mêmes au PIB. Sans compter que dans ces 57% on compte des transferts entre administration.

    (d) La méthodologie de l’Heritage Fondation laisse quelque peu à désirer, elle est davantage idéologique que scientifique. Ne serait-ce le fait de considérer que la part des dépenses publiques est négatif pour la liberté économique, alors que justement on peut voir une corrélation positive entre dépenses publiques et liberté économique (cf. L’étude d’A. Barilari et T. Brand à ce sujet).

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