La prochaine crise mondiale des retraites en vue

La Banque des règlements internationaux estime que les politiques monétaires menacent les assureurs et qu’une sortie de ces politiques met en danger les banques.

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La prochaine crise mondiale des retraites en vue

Publié le 8 août 2018
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Par Simone Wapler.

Les compagnies d’assurance et les fonds de pension sont menacés par les taux maintenus trop bas trop longtemps. Ce n’est pas moi qui le dis mais la très respectable Banque des règlements internationaux (BRI, ou BIS en anglais).

« Tandis qu’un scénario de taux maintenus trop bas durant très longtemps présente un risque considérable pour les compagnies d’assurance et les fonds de pension et des risques limités pour les banques, un revirement modifierait l’équilibre des vulnérabilités1. »

Philip Lowe, président du Comité du système financier mondial

En réalité, la présentation non technocratique de cette situation est que l’euthanasie des retraités – pour paraphraser Keynes – présente quelques inconvénients pour la Parasitocratie déterminée à les sacrifier pour survivre.

Prolonger encore les taux bas, c’est tuer l’industrie de l’assurance et des fonds de pension. Qui va aller, en vue de sa retraite, « placer » de l’argent qui ne rapportera rien ? Remonter les taux, c’est tuer l’industrie bancaire qui devrait affronter des défauts sur une montagne de prêts non-performants. Il n’y aurait donc pas d’issue heureuse à la situation créée par les banquiers centraux.

Un risque supplémentaire : les fonds de pension sont devenus vulnérables aux marchés action

Il existe un autre risque que n’évoque pas la BRI mais dont a récemment parlé Wilshire Consulting. Les fonds de pension et les assureurs ont déjà pris des risques très importants pour contourner le problème de l’absence de rendements. Ils ont dû spéculer sur les marchés actions au lieu de rester très majoritairement investis en obligataires. Donc assureurs et fonds de pension sont très vulnérables à un krach sur les marchés actions.

Selon Wilshire Consulting, qui conseille plus de 600 investisseurs institutionnels dans le monde, certains États et fonds de pension de collectivités locales américains détenaient 65% de leurs actifs en actions en 2016. C’est énorme. Traditionnellement, les fonds de retraite sont investis à plus de 50% en obligataires.

Ces fonds doivent 4 000 Md$ et ont pour 1 400 Md$ (soit 35%) d’engagements non-couverts (des promesses de servir des rentes mais rien qui le leur permette).

Leurs gérants tablent sur une performance de 7% par an. Un marché baissier conduisant à une rentabilité inférieure durant plusieurs années mettrait en grand danger les finances des États les moins couverts : Illinois, Kentucky, Connecticut, New Jersey.

Sur ces graphiques extraits de la note de la BRI, vous constatez que les rendements des fonds de pension sont en moyenne inférieurs à 4% et qu’ils sont sous-capitalisés, sauf en Suisse et aux Pays-Bas.

En France et en Allemagne, le même problème se retrouve chez les assureurs qui, traditionnellement, assurent le rôle de fonds de pension.

Cela fait 10 ans – depuis la « grande crise financière mondiale » – que des épargnants supportent des taux d’intérêt réels nuls ou négatifs.

Pour servir les pensions promises à ceux qui sont déjà en retraite, fonds et assureurs ont pris des risques, d’abord sur les marchés obligataires en souscrivant à des emprunts plus risqués puis sur les marchés actions en spéculant sur la montée de titres achetés déjà chers.

En Europe comme aux États-Unis, un krach des actions ou une remontée des taux longs provoquera une crise des retraites.

La retraite par répartition est la solution habituelle, adoptée à titre transitoire, dans des pays où les habitants ont été ruinés par une crise financière.

Mais dans des pays où la population est vieillissante, avec un fort taux de chômage des jeunes, déjà criblés de dettes publiques, quelle sera la réponse politique possible ?

Il n’y en a pas de satisfaisante et même le rapport de la BRI ne donne pas de solution.

Donc vous devez vous débrouillez vous-même pour assurer vos vieux jours et ne pas compter sur la parole de l’État, ou les assurances de votre assureur. Refusez l’euthanasie.

Achetez un peu d’or et même un peu de bitcoin pour devenir votre propre assureur en cas de krach obligataire. L’or est le seul actif financier qui ne dépende pas de quelqu’un d’autre pour exister et ne soit la dette de personne.

Prenez aussi quelques précautions indispensables pour minimiser vos risques côté assurance-vie et sur les marchés actions et rendre votre patrimoine robuste. Par exemple, si vous vous servez d’ETF, ces trackers indiciels, sachez qu’ils sont vulnérables en cas de krach et soyez prêts à les vendre rapidement.

C’est quand il fait encore beau qu’on vérifie son armement de sécurité (canot de sauvetage, fusées de détresse, rations de survie) et pas quand la tempête est là.

Encore, une fois, relisez la fameuse phrase de la BRI et soyez convaincus : il n’y a pas de bonne sortie possible d’un demi-siècle de gabegie (nous allons bientôt « fêter » l’anniversaire de la fin des accords de Bretton Woods qui ont supprimé le lien de toutes les monnaies avec une richesse tangible). Il n’y a pas de bonne sortie possible de 10 ans de triche éhontée sur les marchés de taux ont le seul motif était de prolonger le système précédent.

Pour plus d’informations, c’est ici

  1. While a low-for-long scenario presents considerable solvency risk for insurance companies and pension funds and limited risk for banks, a snapback would alter the balance of vulnerabilities. CGFS Paper N° 61, Financial stability – implications of a prolonged period of low interest rates.
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  • en plaçant de l’argent qui ne vous rapportent rien ..en réalité vous leur prêter de l’argent qu’il leur rapporte une rémunération et vous ?rien..
    et demain ,une crise financière cet argent sera bloqué aidé par les gouvernements sucessif
    et dans un avenir à court terme suppression du liquide comment ça le tour est joué…un chiffre sur du papier…vous serez dépendant..
    la dictature économique après la dictature démocratique…et dans la légalité….le réveil sera douloureux….

    • Comme toujours, on se dispute à propos de l’argent des retraites, notamment dans le cadre de l’offensive médiatique des tenants des fonds de pension. Je n’ai rien contre la création de ces fonds, mais les retraites ne sont pas une question d’argent. Le vrai problème est de savoir s’il y aura suffisamment d’individus en activité pour s’occuper des retraités. L’argent ne peut pas sauver la pyramide des âges. Voir : https://www.yvesmontenay.fr/2018/06/14/financer-les-retraites-ne-suffira-pas-il-faut-revoir-lage-du-depart/

      • « Le vrai problème est de savoir s’il y aura suffisamment d’individus en activité pour s’occuper des retraités » on sait depuis fort longtemps que la réponse est négative..pour quoi s’entêter à garder le système en place ..

      • Dans un système par répartition, s’occuper des retraités en y consacrant 500 euros par mois n’a pas les mêmes conséquences pour la collectivité que s’occuper des retraités en y consacrant 3000 ou 4000 euros par mois (pensions et soins de santé gratuits).

        S’occuper des retraités dépend moins du nombre d’actifs que de la productivité individuelle de ces actifs, c’est-à-dire du rendement des capitaux en dernière analyse. Quand les banques centrales sacrifient le rendement des capitaux pour sauver les Etats obèses, elles sacrifient aussi sûrement les retraités.

        Dans un système par capitalisation, les retraités non seulement s’occupent d’eux-mêmes sans l’aide de personne mais encore ils demeurent éminemment productifs, utiles à leur prochain et à la collectivité, jusqu’à leur dernier souffle. C’est uniquement dans le système par répartition que les retraités sont placés par contrainte en situation de parasites. La répartition est un système pervers qui doit être abandonné sans regret pour passer à la capitalisation dès le premier euro épargné à titre personnel (et non plus cotisé dans des grands machins collectivistes destinés à faire faillite).

  • Voilà l’avenir des retraites privées !
    et par là même de l’épargne.
    Si vous êtes propriétaire on vous taxe à mort, vous faites de l’épargne l’argent ne vous appartient plus ! Peut être que ceux qui ont raison, ceux qui ne se cassent pas la tâte qui ont un revenu RSA, logement gratos sans rien y faire encore moins l’entretien de son petit carré, la CMU tous les soins gratos, sans travailler si possible un p’tit logement en bord de mer ou à quelques centaines de mètres, pas trop froid en hiver, le soleil et la mer en été, coul toute leur vie pleine et entière. Une fois la retraite arrivée, le minimum vieillsse leur garanti un meulleur revenu que celui de nombreux artisants, professions libérales ou auto-entrepreneurs qui se sont fait plumer toute leur vie dès qu’un cents arrive dans leur poches par l’Etat de la République Démocratique Française.
    Je viens de parler de nombreux Français, viennent s’ajouter à cela bon nombre d’étrangers qui parfois profitent encore de gargantuesques allocations familliales et qui eux comme les premiers d’ailleurs n’auront jamais versé un cent pour assurer leur avenir. Pour les autres, bientôt plus d’argent liquide, prélèvement à la source des taxes, charges et prélèvements divers, de l’énergie consommée, de la téléphonie, des assurances obligatoires pour n’avoir comme reste sur le compte que des « 0,00 » pour pleurer.
    Voilà l’avenir de la société démocratique Française bien orchestrés et en « MARCHE  » forcée pour le bon plaisir du ROI, de ses Seigneurs locaux, leurs suites sans oublier les FOUS qui leurs tournent autour pour lècher les gamelles. Avec tous cela on trouve encore en France des colleurs d’affiches pour leurs adoucir les arrières trains qui semblent particulièrements fargiles chez ces gens là.

  • vous êtes au RSA et être pompier volontaire et être payé pour les vacations effectuées…
    vous smicard vous bosser et au moment de la retraite vous aurer au max 930 /950 Euros et à côté minimum vieillesse 830 euros et avec tout les avantages..

  • nous vivons dans une société chacun pour sa gueule..marche ou crève..ou le moindre respect est bannie dire Bonjour est une insulte même dans nos village les gens extérieur..qui vienne y habiter dans des nouvelles cités 《dortoir》ne pouvant s’acheter un bien en Ville 《trop cher》parte tôt pour bosser et rentre tard le soir …notre vie de tout les jours est gangrené par ces politiques sociale et matraquage à outrance d’impôts, taxes et contributions en tous genre ou le travail créer une majorité de gens en survie …ARRETER DE Croire ces charlatans qui nous vendre une autre politique..VIRONS ces escrocs !!! et profiteurs..!!!

  • excuse moi je veux dire vend.merci de vôtre compréhension…

  • * Remarquable article que j’ai diffusé partout ! La Finance mondiale est préoccupante, hélas ! Pour renforcer cet article j’en ai lu 1 autre qui renforce ce que dit Simone Wapler : Pourquoi un krach boursier est attendu dans les 6 mois ? de Jean François Faure : https://www.loretlargent.info/bourse/krach-boursier-2018/21016/

    • Il y a toujours des Cassandre pour annoncer des krachs à court-terme, soit qu’ils y croient vraiment, soit qu’ils jouent sur le fait que chacun admire celui qui a prédit le krach qui se produit effectivement et que tous oublient ceux qui avaient prévu un krach dans l’euphorie d’une hausse. En cette matière, la règle est que les krachs sont des cygnes noirs, ils se produisent toujours quand on s’y attend le moins, les anticipations de baisse jouant en fait le rôle de stabilisateurs. Si trop d’avis convergent sur un krach dans les 6 mois, alors vous avez 6 mois de tranquillité pour réfléchir aux aspects bien plus pertinents de cet article…
      Ce que nous dit l’article, c’est que la manière dont nos fonds sont investis dans l’économie et la dette publique, via la finance, ne correspond pas bien à nos objectifs en vue de notre retraite et n’est pas robuste vis-à-vis des risques de crise — passagère, forcément — des marchés mondiaux. Comme il le souligne également, l’aversion au risque est mauvaise conseillère, elle pousse à des allocations encore plus inadéquates et en fin de compte risquées. C’est sans doute l’erreur que commettront beaucoup de ceux qui ne retiennent de l’article qu’une prévision de krach dans les 6 mois, malgré les excellents conseils qu’il donne pour mieux se protéger. Suivez ces conseils, faites les suivre à vos amis, et oubliez la prédiction de krach. Si cette prévision se révèle fausse, cela ne voudra pas dire qu’il n’y aura pas de krach, ni si elle s’avère que la finance serait un vecteur inadapté à la protection de vos intérêts de futur retraité, mais dans tous les cas que vous êtes, plus que jamais, soumis à de nombreuses incitations à mal gérer les risques qui pèsent sur votre retraite, et qu’il faut vous améliorer.

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