L’immobilier nouvel Eldorado fiscal ?

Immobilier parisien (Crédits : Damien Roué, licence CC-BY-NC 2.0), via Flickr.

Après avoir essoré les entreprises, on s’attaque à ce qui reste : l’immobilier !

Par Dominique Philos.
Un article de Témoignage Fiscal

Nous vivons dans un système paradoxal !

Puisque nous avons le record de la fiscalité et des prélèvements sociaux en Europe, tout devrait aller pour le mieux et les comptes publics devraient être prospères !

Or, c’est tout l’inverse !

Plus les prélèvements sociaux et fiscaux s’alourdissent et plus nous empilons les déficits, le chômage et la dette !

Un problème purement français

La conclusion s’impose d’elle même : le système ne fonctionne pas et il est donc logique d’en tirer les conséquences et à tout le moins d’en changer ; d’autant que, pendant ce temps, l’Allemagne voit ses comptes équilibrés, voire même  excédentaires.

Il est donc légitime de penser que le problème est purement français !

Or, visiblement ce n’est pas la voie choisie par le gouvernement dans son dernier projet de budget puisqu’il continue de plus belle dans une voie menant droit à la faillite !

En effet, après avoir annoncé, à grand renforts de communication, que les dérapages étaient finis et qu’il y allait y avoir des économies comme jamais on en avait vu, le budget est finalement toujours aussi déficitaire et les dépenses toujours aussi élevées !

Les retraités pénalisés

En fait, tous les records sont battus !

Finalement, les économies ne seront faites que par les riches retraités,  lesquels en moyenne, perçoivent une pension mensuelle de 1.334 €, puisque la charge fiscale, via la CSG, va augmenter (en moyenne) pour eux de 272 € par an !

L’IREF a fait un calcul qui démontre que pour avantager un salarié à 10.000 € par mois on allait spolier 7 retraités à 1.200 €  mensuels !!!

Il n’y a pas de doute … le gouvernement sait ce qu’il fait …

Par ailleurs, dans sa folie dépensière, le gouvernement semble avoir trouvé son nouvel Eldorado fiscal : l’immobilier !

Les objectifs officiels sont de réorienter l’épargne vers les entreprises parce que la rente immobilière ne serait pas productive… et puis, promouvoir les entreprises, c’est moderne et dynamique !

Pénaliser l’immobilier

En fait, nos hauts fonctionnaires n’ont pas été sans remarquer que, plus on taxe le capital, plus il s’en va sous des cieux moins fiscalisés ; dans une logique administrative et technocratique, ils cherchent aujourd’hui à faire revenir les entreprises, car ce sont elles qui créent les emplois dont nous avons tant besoin !

Et donc, pour cela, on va pénaliser l’immobilier !

Logique non ?

En fait, après avoir essoré les entreprises, on s’attaque à ce qui reste : l’immobilier !

Aujourd’hui, les seules entreprises qui s’en sortent sont celles du CAC40, pour la raison très simple que l’essentiel de leur activité est réalisée à l’étranger !

Ce constat est évidemment désolant…

On poursuit donc l’accablement fiscal en augmentant la fiscalité sur l’immobilier alors qu’elle est déjà l’une des plus lourdes d’Europe, notamment parce que l’immobilier ne bouge pas et donc reste, quoiqu’il arrive, une cible fiscale de premier choix !

Il faut dire que les Français aiment l’immobilier, et que celui ci reste relativement stable ; c’est donc un placement sécurisant même s’il ne rapporte plus grand chose aujourd’hui !

Deux choses à garder à l’esprit

Ce faisant, le gouvernement oublie deux choses :

  • ce n’est pas en pénalisant un peu plus l’immobilier que l’investissement dans les entreprises va devenir intéressant, car entre un mauvais placement et un très mauvais placement, quel choix reste-t-il sinon celui de s’abstenir ?
  • la fiscalité sur les entreprises est pénalisante au possible et n’a pratiquement pas changé car ce gouvernement de fonctionnaires, qui n’est que la continuation des précédents, méprise de longue date les entreprises privées et a tout fait pour les assujettir à sa botte ; mais aussi et surtout parce qu’il a engagé une lutte constante pour que l’épargne des Français soit bien canalisée vers la dette de l’État français !

Or, investir dans les entreprises, c’est prendre un risque sensiblement plus élevé que celui lié à l’immobilier ; les actions n’étant finalement que la promesse d’une plus-value (taxable) si l’entreprise se développe, et de dividendes (taxables) en cas de bénéfices, que l’assemblée générale annuelle décide de distribuer !

Par contre, en cas de krach, tout est perdu alors que la pierre reste… nécessairement !

Le non-choix imposé

C’est-à-dire que le choix réside entre la grosse matraque fiscale (pour l’immobilier) et la matraque fiscale un peu moins grosse (pour les entreprises) ; finalement on vous demande de prendre des risques… pour payer des impôts ; d’autant qu’une flat tax à 30% n’a aucun intérêt car à ce montant elle n’est surtout pas flat (en général elle est de l’ordre de 12%) !

Très accessoirement, il n’est pas inutile de rappeler que les cours des actions du CAC sont au plus haut, du fait du recyclage par les banques de l’argent gratuit de la BCE.

Il ne peut donc y avoir qu’une correction violente à la baisse dans les prochains mois ; aux USA les cours des actions du Dow Jones ayant atteint des sommets himmalayens, le coup de semonce peut fort bien provenir de là-bas et se répercuter violemment en Europe !

Trouver un nouveau gisement fiscal

Pour des raisons idéologiques, Hollande avait fait le choix de matraquer les produits d’épargne et de placement ; mais les placements à taux fixes ne rapportent désormais plus rien et l’application d’une fiscalité même spoliatoire ne rapporte pas davantage, 100% de zéro ne fait jamais que zéro !

Il faut donc se redéployer fiscalement et trouver un nouveau gisement !

L’immobilier qui, par définition, ne peut se déplacer, est donc une cible de choix !

Mais ce n’est qu’une vision technocratique et irréaliste du marché !

Évidemment, il y aura bien quelques dégâts collatéraux, des ménages à revenus modestes se trouveront imposables sur un bien immobilier, pour des raisons purement factuelles (pensons aux paysans de l’île de Ré obligés de vendre leur patrimoine pour s’acquitter de l’ISF !).

La fiscalité ciblée

Mais on ne fait pas d’omelette sans casser des œufs , n’est-ce pas ?

Notons toutefois que les œuvres d’art ou présumées telles ne sont toujours pas assujetties à l’impôt, car en France, on préfère taxer les revenus du travail et de l’épargne plutôt que les œuvres d’art à l’utilité économique tout de même plus que marginale et qui servent surtout à flatter l’ego de leurs propriétaires !

C’est ce qu’on appelle une fiscalité ciblée !

Le petit retraité percevant 1.300 € par mois de pension sera finalement heureux d’apprendre qu’il doit contribuer à la solidarité dont est dispensé l’acheteur d’un tableau à 40 millions d’€ !

Nous sommes confrontés à une espèce de moloch qui dévore progressivement et en pure perte la richesse des Français ; les limites de la redistribution et de la solidarité – arguments utilisés depuis plus de 30 ans permettant à l’État de régenter la vie des Français et les spolier sans vergogne – sont désormais atteintes !

La faillite en vue ?

Il est bon de rappeler ce qu’en disait Frédéric Bastiat au 19ème siècle

LÉtat c’est la grande fiction à travers laquelle tout le monde s’efforce de vivre aux dépens de tout le monde  !

La marge de manœuvre diminue, et arrivera le moment où elle disparaîtra  !

Seulement, il est exclu que la France, pays des droits de l’Homme, phare de la civilisation, fondateur de l’Europe… fasse faillite ou défaut, ce dernier signifiant le bannissement pour longtemps des marchés internationaux de capitaux ! Le dernier défaut français, qui remonte à 1797, a évincé la France des marchés pendant au moins 50 ans !

En outre, aucun politicien français, surtout s’il est haut fonctionnaire, ne prendra une telle responsabilité devant l’Histoire !

Il n’y aura donc qu’une solution : le bas de laine des Français à hauteur de 5 à 20% du montant des dépôts en fonction des besoins ! Sur 6.000 mds € estimés cela nous fait donc entre 300 mds et 1.200 mds € de prélèvements ; de quoi éponger sérieusement cette maudite dette !

Cette ponction se fera sur tous les comptes, courants, PEL, PEA, Livret A, LDD et  autres car, quitte à spolier, autant en prendre un maximum ; la ponction sera unique, car les Français se méfierons et agirons en conséquence !

Les heures les plus graves sont devant nous car, après l’argument de la solidarité, ce sera celui de la nécessité… de l’État !

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