Quand le gouvernement stigmatise les retraités

Étrange philosophie sociale du gouvernement français : face à « ceux qui travaillent » chers à Macron, on montre du doigt les « pensionnés », évitant de rappeler que ce sont « ceux qui ont travaillé ».

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Retired fishermen by Pedro Ribeiro Simoes(CC BY 2.0)

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Quand le gouvernement stigmatise les retraités

Publié le 8 octobre 2017
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Par Marc Jimenez.

Le gouvernement vient de « découvrir » l’existence des 720 000 pensionnés des maisons de retraites et des EHPAD dont certains risquent d’être sévèrement affectés par l’augmentation de la CSG. Sans commentaire.

Au-delà de l’improvisation et de l’incompétence du gouvernement concernant l’ensemble des conséquences sur toutes les retraites frappées par une hausse – plus ou moins compensée – de 10% en moyenne des prélèvements obligatoires, autrement dit des impôts, on peut s’interroger sur la très étrange conception philosophique de la société qui conduit des dirigeants à adopter de telles mesures budgétaires.

Actifs contre pensionnés ?

Le clivage entre les « actifs »  et les retraités – autrement dit les non-actifs, les oisifs, en un mot les « fainéants » – aboutit à une discrimination invraisembable  qui défie le bon sens. Selon le chef du gouvernement et les ministres impliqués dans ce racket, il s’agirait , de récompenser « ceux qui travaillent ». Soit. Il ne viendrait à l’idée de personne de contester le bien fondé de cette mesure.

Mais au nom de quoi une catégorie de Français, déjà taillés et taillables à merci, devraient-elle sacrifier une partie de son pouvoir d’achat pour remédier à une situation dont elle n’est aucunement responsable ?

Des éléments de langage dévalorisants pour les retraités

La réponse fallacieuse est donnée dans les « éléments de langage » et dans la langue de bois utilisée pour éviter à tout prix d’employer l’expression « ceux qui ont travaillé  »,  seule périphrase pouvant faire rigoureusement pendant à la formule inlassablement répétée : « ceux qui travaillent ».

Au prix de circonlocutions parfois cocasses, nos gouvernants s’évertuent à gommer ce qui est pourtant au centre de la politique actuelle, à savoir la fameuse valeur travail. D’une façon qu’ils croient habile, ils jouent sur l’ambiguïté de cette notion, à la fois concept économique et notion morale. Au nom de la morale, le pensionné serait un parasite inactif vivant aux dépens d’un actif moralement respectable et acteur économique !

Si l’on comprend bien, la valeur travail, tant célébrée, sanctifiée et glorifiée par le néo-libéralisme, se conjugue au présent  mais pas au passé : « Tu travailles, tu seras récompensé. Tu as travaillé, tu seras puni ».

Stigmatiser les retraités

Ce raisonnement spécieux permet de stigmatiser le retraité en effaçant totalement ce qui le définit spécifiquement comme tel, à savoir comme quelqu’un qui a travaillé, c’est-à-dire comme un actif qui, pendant des décennies de labeur, a incarné et respecté la valeur travail, dans son sens économique et dans son sens moral.

Sur le plan philosophique et éthique, la ségrégation du gouvernement est donc incompréhensible et contradictoire car une valeur qui péricliterait au bout d’un certain temps (environ 40 années) ne serait évidemment pas une valeur.

Une philosophie gouvernementale indigente

Une étrange philosophie sociale préside donc à cette bizarre axiologie fluctuante. On est loin du « nouvel humanisme » souhaité par le Président. Il s’agit en réalité d’une philosophie indigente, à mille lieues de celle qui s’appuierait, par exemple, sur l’éthique de la gratitude et de la reconnaissance d’un Paul Ricoeur. Très éloignée aussi de la Sozialphilosophie de Jürgen Habermas, le philosophe allemand avec lequel, il est vrai, le président de la République s’est seulement entretenu de l’Europe et non pas de l’état de la société française.

Aux intellectuels français, Emmanuel Macron avoue préférer  les penseurs d’outre-Rhin et, parmi ceux-ci, les héritiers indirects ou directs de l’École de Francfort, tels Peter Sloterdijk ou Habermas donc, aucien étudiant de Theodor Adorno et dernier représentant de la Théorie critique de la société. Pourquoi pas ? On pourrait espérer que cette prédilection s’étende aux travaux du philosophe Axel Honneth, disciple à la fois d’Adorno et d’Habermas, analyste critique du néolibéralisme actuel, contempteur sans concession de la « société du mépris » et auteur de ces lignes peut-être prémonitoires :

Les motifs de résistance et de révolte sociale se constituent dans le cadre d’expériences morales qui découlent du non-respect d’attentes de reconnaissance profondément enracinées. (La lutte pour la reconnaissance, Gallimard, p. 273).

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  • <>
    Eh si un peu quand même, c’est bien cette génération qui a laissé perdurer ce régime de retraite !

    • Les gens aux manettes et eux seuls décident cher monsieur !

      Depuis le Général DE GAULLE ils auront été tous nuls à chier au regard de la situation catastrophique du pays !!!

  • … une situation dont elle n’est aucunement responsable ?

    Eh si un peu quand même, c’est bien cette génération qui a laissé perdurer ce régime de retraite !

    • cachou 42 cette génération a seulement profitté de lois pondus par les dirigeants de l’époque ;

      • Oui, elle a massivement voté en 1981 pour un candidat qui promettait la retraite à 60ans, quand tout le monde savait que cela conduirait à la faillite d’aujourd’hui.
        Mensonges + enfumages = punition
        Vous ne comprenez pas que les actifs ont 200% raisons d’être un légèrement énervés ?
        Si vos biens ne sont pas en SCI, tant pis pour vous, on reprendra l’argent par des frais de succession massifs.

      • @ véra
        « les dirigeants de l’époque » … élus par « cette génération »!

        • Vrai ! Nous avons voté pour des Sieurs bien « éducationnés » mais aujourd’hui ON s’aperçoit qu’ils nous ont roulés dans la farine (ou goudron et plumes)…
          Le pays est endetté comme pas possible si un particulier gérait son budget comme l’on fait tous nos politiciens (de toutes tendances) ce quidam serait en prison depuis longtemps (voir fusillé) ! La super école ENA n’aurait pas du être déménagée dans l’Est mais tout simplement fermée les enseignants déportés aux iles Kerguelen pour les empêcher de nuire (avec interdiction de dialoguer avec les manchots).

        • @mikylux
          Dans la partie du corps électoral qui a effectivement voté pour les dirigeants, ceux qui sont aujourd’hui retraités représentaient quelle proportion ?
          Et dans la rue, qui a manifesté contre les réformes des retraites en 1995, 2003, 2010, etc. ? La génération qui avait « élu » dites-vous, les dirigeants qui les proposaient ? Une génération qui serait responsable de ce qui s’est produit à l’issue de luttes contradictoires, ça n’existe pas.
          Ne tombez pas dans le piège collectiviste : les retraités sont désignés comme victimes expiatoires pour le confort de nos dirigeants actuels, élus par qui les a élus, pour la simple raison que ces retraités n’ont plus guère de pouvoir de nuisance et qu’il faut créer des clivages et des oppositions pour se maintenir au pouvoir. Avant d’accuser leur prochain, certains feraient bien de balayer devant leur porte, ils ont eux le pouvoir de nuisance qui leur permettrait de supprimer la répartition, pourquoi se tournent-ils plutôt vers la suppression des vieux ?

          • @ MichelO
            On parle de la masse des retraités actuels dont le droit de vote date de bien plus de 40 ans, en moyenne. Par confidence, même si je ne suis pas Français, je fais pas partie de ce groupe qui a connu la prospérité des « 30 glorieuses » et du contexte de consumérisme optimiste, jusqu’en 1973, lors du premier choc pétrolier, date de la fin des réjouissances!

            En France, vous en êtes enfin au règlement de l’addition, après des années d’incurie, à votre première année de « ceinture »: il faudra voir si la conversion politique sera sérieuse, tournée vers une nouvelle gestion bien plus rigoureuse que par le passé, pas forcément copiée sur l’Allemagne (Les Français ne sont pas des Allemands), mais il y a beaucoup d’idées à glaner dans les pays du nord auxquels on peut déjà joindre la Grèce et son « régime sec » (sans doute trop!) ou l’Espagne et le Portugal où on ne craint pas de voyager pour travailler. (Chez vous, chômer rapporte plus que bouger!)

            J’entends bien que votre objectif n’est pas de compléter votre catalogue confus de prélèvements nouveaux ou anciens.

            J’habite un petit pays (ça change beaucoup de choses!) mais j’y observe que l’organisation par l’état de l’assurance-santé, par exemple, est difficile à critiquer, qui laisse au privé, et en bonne entente, l’assurance complémentaire de risques non couverts.

            Par contre, il n’y a aucune chance pour un mouvement collectiviste d’arriver à révolter un groupe significatif!

            En France, dans les retraités, vous savez bien que c’est entre le minimum vieillesse (insuffisant) et deux cumulards politiciens (le couple Chirac) où c’est beaucoup trop, en passant par le couple d’enseignants très à l’aise! Le moindre indépendant n’a évidemment pas à compter sur la sécu pour toucher une pension suffisante face à ses habitudes, sachant que le montant d’une retraite officielle n’a pas vocation à compléter une épargne, seulement à couvrir une dépense nécessaire.

            Tant que votre état vivra en permanence, à court d’argent, sans changer son propre train de vie, la France restera impuissante.

            Pour le reste je comprends votre « diviser pour régner » bien plus risqué que « l’union fait la force » des Belges ou le « Nous voulons rester ce que nous sommes », de mon pays qui accueille pourtant plus de 45% de résidents étrangers et l’équivalent de près de 33% de la population, en frontaliers quotidiens en plus. (Inconcevable en France sans « crise d’identité »!)

      • Depuis le milieu des années 1970 (début du chômage de masse) la reprise était là, qu’ils disaient.

        • @ xc
          Oui, et elle est de nouveau là! 2,3% pour l’Union Européenne mais 1,8% pour la France!
          L’U.E. n’étant pas du tout décidée à payer votre dette ni à la « mutualiser », ni votre armée ni votre bombinette, E.Macron et son gouvernement devraient redresser la France et ses finances avant de penser à modifier l’U.E.!

    • « c’est bien cette génération qui a laissé perdurer ce régime de retraite ! »
      Tandis que la génération actuelle, toujours prête à accuser les autres, elle le supprime, hein !

  • « Mais au nom de quoi une catégorie de Français, déjà taillés et taillables à merci, devraient-elle sacrifier une partie de son pouvoir d’achat pour remédier à une situation dont elle n’est aucunement responsable ? »

    Les retraités et leurs élus, les seuls d’Europe dont les pensions sont supérieurs au salaires des actifs, n’ont pas anticiper le choc démographique. C’est avant qu’il aurait fallu cotiser +.
    Maintenant, on ne peut pas demander aux actifs de payer 2 générations de retraités jusqu’à 65 ans avec des contrats de plus en plus précaires et mal rémunérés, sans compter la dette léguée par leurs aînés.

  • Ouais ,mais pour inverser un phénomène qui mène la France droit dans le mur on doit faire des sacrifices n’est-ce pas ?
    Notre problème est soi disant les charges sur le travail..donc on doit transférer leur coût sur ….les non travailleurs…c’est ça ou on diminue le train de vie de l’état…impossible de se passer de la maquilleuse du cuistot et de la cour de notre roi fainéant !

  • Cet article est une véritable caricature.
    Un fonctionnaire qui, au seuil de sa retraite, demande encore plus « d’argent gratuit »: un vrai discours d’esclavagiste.

    L’auteur a-t-il lu le « Rapport Péberau » ? En tout cas, je conseil sa lecture à tous, il a été rédigé pour être compréhensible du plus grand nombre.

    • Vous voulez quoi, au juste? Qu’on fusille les retraités parce qu’ils coûtent trop cher après avoir travaillé sans relâche pendant parfois quarante et plus en contribuant aux retraites des plus âgés qu’eux, à la sécu et dieu sait quoi encore. Je croyais les Bretons plus solidaires.

      • Si vous partez sur les arguments moraux et sur la solidarité naturelle, cad celle que l’on doit envers « les siens », alors on va vite arriver à la conclusion qu’il faut créer des caisses de retraite par communautés.

      • @ Mariah
        Croyez-vous que ce n’est que « par hasard » qu’on ose reparler, maintenant, et depuis le nazisme, d’euthanasie, de mort dans la dignité, de choisir un traitement déconnectant et sédatif en suspendant nutrition et boisson jusqu’à ce que mort s’en suive (cruauté inutile infligée « à la française ») sans être tenu d’effectuer une injection létale (euthanasie, active sans équivoque, sévèrement conditionnée, chez un patient, et à sa demande, plusieurs fois confirmée depuis un bon moment dans son désir clairement affirmé et répété de mourir, lui aussi dans la dignité de sa seule décision, sans souffrir la période où, la maladie progressant inéluctablement, il perdra d’abord son contrôle de lui même puis sa conscience de l’environnement et ses repères pour sombrer dans des bribes de conscience que personne n’a pu rapporter!)

        Là aussi certains sont libéraux, d’autres moins!

        Ne vous tracassez pas: il est clair qu’en France, on préfère affamer ceux qui vont mourir que les aider à mourir avant de se dégrader inexorablement et pourtant bien soignés jusqu’au bout si tel est leur choix!
        Quand la pseudo-éthique trouve sa combine, l’imagination de l’hypocrisie n’a pas de limite dans l’indécence!

    • Ils sont ou les 120000 ponxionnaires en moins ❓ Dans un choux ❓

  • Nous sommes, au final, dans un système paradoxal, où ceux qui payent le moins reçoivent le plus. Les fonctionnaires ne contribuent pas autant que les salariés du privé au financement de leurs régimes. Les retraites des fonctionnaires sont directement payées par le budget de l’Etat. Les cotisations, qu’elles soient salariales ou patronales restent fictives, car non versées. Les besoins financiers explosent à cause d’un choc démographique qui était prévisible et qui détériore ce que l’on appelle le rapport cotisant/retraité. Car il s’agit bien d’un problème financier, sérieux, grave, qui met en péril le système par répartition.
    Qu’est-ce que les régimes spéciaux ?
    Créés avant l’institution des assurances sociales en 1930, les régimes spéciaux étaient là pour assurer une contrepartie par rapport à certains risques ou servitudes. Maintenus à titre provisoire en 1945, ils n’ont pas été absorbés par le régime général et aucun n’a été supprimé. Il en reste aujourd’hui une quinzaine qui continuent à avoir de nouveaux affiliés parmi eux, citons :
    • les fonctionnaires de l’Etat
    • les agents de collectivités locales
    • la SNCF
    • EDF/GDF
    • RATP
    • La Banque de France
    Ils constituent aujourd’hui une série de cas spécifiques, aucun n’étant identique à l’autre. La diversité de ces régimes fait qu’il est difficile d’y voir clair mais tous sont des exceptions par rapport au régime général que ce soit par :
    • l’âge prématuré de départ en retraite,
    • les faibles taux de cotisation qui les caractérisent
    • le nombre moindre d’années de cotisation qu’il faut acquérir pour pouvoir obtenir une retraite à taux plein.
    Proportionnellement aux cotisations qu’elles ont versées, certaines catégories de Français touchent trois fois plus de retraite que les autres.
    Notre système de retraite en France est incroyablement inégalitaire. Ce que démontrent les études de cas concrets présentés ci-après par l’économiste Jacques Bichot*.
    Voici ce que rapporte, en pension de retraite, 1 € de cotisation :
    Salarié du privé : Cadre « multicarrières » 0,87 €, Ouvrière, 2 enfants 1,04 € , Cadre moyen 1,22 €, Ouvrier du bâtiment 1,51 €
    Salarié du Public ou assimilé : Agent administratif 1,75 €, Haut fonctionnaire 2,40 € , Employé à la Banque de France 2,42 € , Cadre EDF 2,91 € , Contrôleur SNCF 3,42 €
    La preuve est ainsi faite, qu’en matière de retraite, nous ne pourrons pas, à l’instar de nos partenaires européens, faire l’économie d’une réforme structurelle. Notre situation démographique est telle que de simples aménagements apportés au système en vigueur s’avèrent insuffisants et souvent stériles. La faillite réglera ce problème comme en Grèce.

    • Si les régimes spéciaux constituent un problème en soi, surtout dans un pays très à cheval sur la justice sociale, vos critiques sur les cotisations des fonctionnaires dont les pensions sont payés par le budget de l’Etat ne tiennent pas. Ce qui compte, c’est le niveau de rémunération fonctionnaire/privé à compétence et/ou diplôme égal. Le reste c’est de la mécanique comptable : à quoi servirait-il de ponctionner virtuellement les fonctionnaires pour alimenter le budget de l’Etat (qui augmenterait optiquement, paglop, paglop) tout en compensant d’autant les retenues ainsi faites, pour ne pas baisser les paies des fonctionnaires.
      Sinon, pour info, les fonctionnaires cotisent au chômage, par pure solidarité, puisque, par construction, ils ne pourront jamais bénéficier des allocations chômage.

      • Les salariés du privé cotisent aussi à l’assurance chômage, non par solidarité, mais par « solidarité forcée ».
        On ne compte plus les exemples de contorsion du sens des mots dans un régime socialiste: on devrait parler « de l’impôt-chômage »

      • Par transparence. On sait ce qu’ils coûteront à l’avenir, ce sera dans les comptes. Et la transparence, c’est bon pour la démocratie, la vraie, pas celle bidonnée que l’on sert depuis 40 ans.

        Quand au chômage, cela devrait être une assurance, or c’est devenu un impôt. La France est la recordman en nombre de ponxionnaires, et on ne pourrait les virer ❓ Malaise et mal aise ❗

    • Selon Jérémy, ce qui compte, c’est « le niveau de rémunération fonctionnaire/privé à compétence et/ou diplôme égal ». Donc selon lui un diplôme doit automatiquement correspondre à un salaire ! Je suis médecin spécialiste (bac +10) : je prends… 😉

      • C’est bien sûr plus compliqué que ça. Vous avez bac+10, je suis sûr que vous vous en doutez…
        Il y a par exemple la nécessité d’offrir une rémunération correcte aux fonctionnaires pour éviter la fuite des « cerveaux » dans le privé (eh oui, un peu comme le différentiel sur la taxation France vs étranger peut faire partir les riches), tenir compte également de la sécurité de l’emploi dans la fonction publique, qui peut justifier une rémunération un peu plus basse… etc. Ainsi la rémunération d’un ingénieur ou d’un technicien dans le public ne pourra pas s’éloigner de façon trop importante de celle du privé. Sinon, en plus d’avoir l’administration la plus lourde du monde, nous aurions aussi la plus bête. Paglop.

        • Pourquoi l’Etat conserverait-il des fonctionnaires pour empêcher qu’ils n’exercent leurs talents, mieux payés et certainement plus efficaces sinon ils ne le vaudraient pas, dans le privé ?

        • « Sinon, en plus d’avoir l’administration la plus lourde du monde, nous aurions aussi la plus bête »
          Parce que ce n’est pas le cas? J’ai l’impression qu’il n’y a pas beaucoup de « cerveaux » qui revent d’aller travailler pour l’Etat. C’est seulement s’ils ne trouvent rien d’autre.

          • @ Tamraf
            Le boulot est plus pèpère à l’état que dans le privé où l’ingénieur se retrouve à 100% responsable au premier rang!

        • Et pour quelle raison sensée, la France devrait avoir un secteur public surdimensionné, digne de l’URSS ❓
          D’autres pays ne font pas mieux avec la moitié de ponxionnaires ❓

          • Vous confondez secteur public et fonction publique. Les autres pays ne font pas mieux que nous, ils ont un poids du secteur public similaire au nôtre. La seule chose qui change, c’est le statut des employés du secteur public. Nous avons tendance à privilégier, du fait de notre histoire, l’emploi de fonctionnaires plutôt que l’emploi de contractuels. Mais c’est de moins en moins vrai.
            Les besoins en termes de policiers, de professeurs, de magistrats, d’infirmières etc. sont à peu près les mêmes dans tous les pays occidentaux, et quel que soit le statut de ces personnes, le nombre n’en diminuera pas, ni les ressources nécessaires pour faire tourner la boutique !

            • Si les autres pays ne font pas mieux que nous, comment se fait-il que nous soyons le pire ? Désolé, mais une infirmière pourrait très bien travailler dans le secteur privé, et consciencieuse y gagner plus que dans le public. Quand au fonctionnaire dans la restauration qui s’exprimait ce matin à la radio, je voudrais bien comprendre pourquoi la restauration fait obligatoirement partie du secteur public, comme le jardinage, ou l’enseignement.

              • @ MichelO
                Le contrat du fonctionnaire est autrement plus sécurisant: vous ne risquez pas d’être viré! Logiquement, cela devrait avoir un prix, cette sécurité d’emploi, donc un salaire moindre! Est-ce le cas? Je n’en ai pas l’impression.

  • Les retraités actifs sont déjà taxés . En effet inscrit comme au entrepreneur, ils paient des charges comme la retraite dont ils ne bénéficieront pas. Il s’agit donc bien d’une taxe au travail. Ou est la cohérence. Toute mesure fiscale doit être étudiée dans sa globalité, sinon c’est de l’amateurisme, et c’est grave pour un gouvernement qui se veut intelligent.

  • Je suis retraité après 46 ans d’activité et suis d’accord de participer à l’EFFORT !
    Mais à condition que cela serve ! C’est à dire que l’on remette à plat le système pour tous (plus de privilèges qui étaient des compensations des années 40, 50 pour personne)… Peut-être faut-il confier la refonte à un étranger car nos super spécialistes nationaux ne semblent pas très spécialement doués pour gérer l’argent !
    La preuve : un libano-brésilien-français avec le fait d’être un peu français, le dénommé Carlos a besoin de combien de fois le SMIC pour vivre ou plutôt survivre ????

    • Le Carlos dont vous parlez a réussi à transformer des fabricants de bagnoles de merde en constructeurs automobiles à succès. Pourquoi ne pas lui confier la réforme des retraites ?

  • Chris a raison, système paradoxal en effet! Et tous les donneurs de leçons qui accusent les retraités de rapacité financière et de laxisme quant au maintient soi-disant par notre génération ( baby boom) d’un système de retraite inégalitaire, je précise ceci:
    Ayant été salarié puis indépendant sur une carrière s’étendant de 1975 à 20016, ma génération comme vous dites, n’a pas eu le choix du système de retraite que l’on nous a imposé sans possibilité de le négocier, alors que l’on connaissait déjà l’impact qu’aurait le baby-boom sur les retraites futures. Aucun gouvernement de droite comme de gauche n’a jamais eu le courage de prendre le problème à bras le corps avant d’en arriver à la situation catastrophique d’aujourd’hui, plombée par la crise et le chômage de masse, la désindustrialisation, le manque de courage de nos élus ( bien mal élus!!!!!!). Il est bien regrettable que les actifs d’aujourd’hui soient assommés de taxes, impôts et charges excessifs, mais par rapports aux retraités des régimes spéciaux, dites vous bien que de nombreux retraités ayant bossé largement plus de 40 ans, touchent des retraites de misère (< 700€) et sont loin de bénéficier des sinécures offertes par les retraites du secteur public.

  • J’ai du confondre. Je croyais être sur un site libéral, je me retrouve au magazine « Notre temps », le journal pour les vieux !
    Bon sérieusement, comme je l’ai déjà écrit ailleurs, jusqu’à présent, dans la nécessaire réforme des retraites, les retraités avaient été préservés : on a augmenté la durée (et le montant ?) de cotisations des actifs, on a reculé l’âge de départ à la retraite, mais on n’avait jamais touché (pour des raisons politiques) à l’intégrité des retraites. C’est pourtant un des trois outils pour régler le problème des retraites, lié à la pyramide des âges. J’ajoute que les retraités, alors qu’ils coûtent plus à la collectivité en soins de santé, ont un taux de CSG inférieur à celui des actifs.
    Qu’on équilibre enfin un peu les choses me semble naturel, non ? D’autant que les retraités les moins aisés ne sont pas concernés par ce coup de rabot.

    • Le rabot (en l’occurrence une augmentation des prélèvements sur toutes les ressources de tous les Français, et sa compensation pour les seuls salaires et traitements des actifs) n’a jamais fait partie des principes de réforme sains. Augmenter les prélèvements n’a jamais, jamais, jamais résolu aucun problème de déséquilibre structurel d’un système obligatoire étatique. Quand vous dites que le problème des retraites serait lié à la pyramide des âges, vous prétendez implicitement que le principe de la répartition ne serait pas en cause. Quand vous affirmez que la mesure de hausse de la CSG serait une réduction nécessaire de l’intégrité des retraites, vous confondez hausse de la CSG et diminution des versements des caisses de retraites, comme si la CSG ne frappait pas aussi toutes les sommes qui n’ont rien à voir avec une contribution des actifs pour les anciens. Enfin, je vous rappelle que ce qui baisse pour les actifs, ce sont les cotisations chômage et maladie, ça n’est en rien les cotisations retraites !

      • Deux problèmes réels ignorés :
        Le problème principal de notre société est le refus de l’état de se réformer. Notre état est arrogant ventripotent et inefficace, il a oublié qu’il est au service des citoyens et que ce n’est pas l’inverse. Nous assistons à une accélération sans précédent des ponctions fiscales et sociales illégitimes, pour empêcher la réforme et le dégraissage de l’état.

        Par stupidité, jeunisme et des amalgames sans fondement, les retraités actuels sont insultés et assimilés à des oisifs, alors que la plupart d’entre eux ont travaillés pendant une bonne partie de leur carrière, plus de 40 heures hebdomadaires, (parfois 45 heures), ils n’avaient que 3 ou 4 semaines de congés et pas de RTT. Ils ont payé plein pot et sans protester, les augmentations importantes du prix du point des retraites complémentaires pour leur ainés (parfois +7% par an). Les retraités d’aujourd’hui avaient appris une valeur fondamentale dans une société : le respect des anciens.

        Les retraités d’aujourd’hui savaient aussi déjà en étant jeunes, qu’avant de vivre à crédit, il faut travailler à tout prix et si possible épargner.

        ça peut ne pas faire plaisir, mais le deuxième problème de notre société est l’oisiveté des classes en âge de travailler et leur complaisance dans l’inactivité payée par les aides de toutes sortes. C’est plus risqué à dire pour un gouvernement, que d’attaquer des personnes âgées dont beaucoup ont 40 années de travail derrière elles, et souvent plus.

      • « Quand vous dites que le problème des retraites serait lié à la pyramide des âges »
        C’est une évidence. On n’a pas la même latitude quand on a 2 actifs pour un retraité que quand on a 4 actifs pour un retraité. Pour le reste, je maintiens : pour régler ce problème, on a trois solutions, 1. toucher aux cotisations, 2. toucher à l’âge de départ, 3. toucher aux pensions.
        Pour l’instant, aucun gouvernement n’a eu le courage de toucher aux pensions. Et dans un système par répartition, on ne peut pas prétendre qu’il existe un contrat gravé dans le marbre qui vous assure à 20 ans, qu’on vous commencez à bosser, le même niveau de pension, 42 ans plus tard, que ce qu’ont actuellement vos aînés.

        • Vous n’avez pas lu ou compris la fin de la phrase, que je reformule donc : « vous prétendez implicitement qu’il n’est pas possible de fonder un système de retraites sur un autre principe que celui de la répartition »

          • Non, je ne prétends pas implicitement cela. On peut parfaitement imaginer voire mettre en place d’autres systèmes. Par exemple, par capitalisation. Mais si vous pensez que vous ferez des économies avec un tel système, ou que vos droits à la retraite qu’on vous promet à 20 ans seront intacts à 60-65 ans, vous vous fourrez le doigt dans l’oeil. Sans même supposer que les fonds de pension auquel vous aurez annuellement confié vos économies fassent faillite, par mauvaise gestion, la forme de la pyramide des âges lorsque vous prendrez votre retraite aura un poids tout aussi lourd dans le niveau de ce qu’on vous versera que dans le système par répartition.

            • La capitalisation, ce ne sont pas des droits mais un investissement, que chacun est, du moins je l’espère (à moins que vous ne l’envisagiez obligatoirement dans des fonds gérés par les syndicats) libre de gérer à votre guise, vous-même ou dans un choix de fonds diversifiés, et qui dans un Etat normal ne serait pas soumis chaque année à des prélèvements qui en confisquent 60% de la plus-value. En versant nettement moins que sa contribution à la retraite par répartition, on se retrouve aujourd’hui à la fin d’une carrière à même de transformer son capital en une rente viagère supérieure à ce qu’on touche en répartition, malgré toutes ces avanies fiscales. Le défaut principal de la capitalisation, c’est que l’Etat vous en confisque 50% pendant la phase d’accumulation et 50% du reste quand vous procédez à sa liquidation.
              Maintenant, il reste un point à éclaircir : vous estimez normal de matraquer fiscalement les revenus de la répartition au prétexte qu’ils proviennent de la contribution des actifs, et vous dénigrez toute autre forme de retraite. Etes-vous collectiviste, ou seulement sadique ?

        • « Et dans un système par répartition, on ne peut pas prétendre qu’il existe un contrat gravé dans le marbre qui vous assure à 20 ans, qu’on vous commencez à bosser, le même niveau de pension, 42 ans plus tard, que ce qu’ont actuellement vos aînés. »
          Vous devez être bien jeune et n’avez pas connu ce que beaucoup de « baby-boomers  » savaient ( même implicitement), qu’il y aurait tôt ou tard un problème de financement des retraites ( de nos retraites) avec le système par répartition ( qui je vous le rappelle n’était pas et n’est toujours pas négociable- voir les épisodes des libérés de la Sécu!). Et ce n’était pas négociable car on vous promettait que votre retraite vous serait versée selon un savant calcul après 37 ans et demi de cotisations( si vous les aviez à partir de 65 ans). Sauf que c’est devenu quasi impossible quand l’age de la retraite est passé à 60 ans, que l’entrée dans la vie active s’est faite de plus en plus tard, que les entreprises ont mis la clé sous la porte à grande vitesse et que le chômage a augmenté au point de devenir  » de masse ». Moi je ne sais pas vous, mais si je signe (contraint et forcé) un contrat dont on change sans mon consentement les termes en cours de route parce qu’on n’a pas gérer correctement ( en bon père de famille comme on dit) les affaires du pays, eh bien je ne suis pas d’accord! On appelle ça du VOL.

          • Que ce soit répartition ou capitalisation, les contraintes qui posent sur le calcul des droits à pension lorsque vous êtes en âge de partir en retraite sont les mêmes, et elles ont trait principalement à la forme de la pyramide des âges (plus la bonne tenue des marchés financiers).
            Il faut bien comprendre que le fonds de pension où vous placez vos économies à 20 ans doit aussi, de l’autre côté, payer des pensions aux retraités de 65 ans. Les recettes des actifs qui arrivent dans le fonds de pension servent en réalité à payer à tout moment les pensions des retraités.

    • Je vous signale qu’en 1981 Rocard avait déjà avoué que la situation était catastrophique, ce qui n’a pas empêché Mitterrand d’imposer la retraite à 60 ans. De plus les régimes spéciaux plombent le pays. Ne rejetez pas la lâcheté des politiciens et de la gauche sur les retraités qui n’ont pas eu leur mot à dire!

      • En 1981, on n’avait ni :
        – le même taux actif/retraité
        – la même espérance de vie
        Il faut se rendre à l’évidence, un système par répartition doit forcément être adaptatif. Peu ou prou, il impose de se rapprocher d’un système de retraite par points, dont la valeur unitaire dépend de la situation économique, de l’espérance de vie, et du rapport actif/retraité.

        • Non, le système par répartition doit être abandonné le plus rapidement possible. Et encore une fois, une augmentation sélective de la CSG n’en est pas le chemin.

          • Pour la capitalisation ? Ca ne résoudra pas le problème du taux actif/retraité et ça en posera d’autres, liés aux marchés financiers et à la solvabilité des fonds de pension.
            De toutes façons, le système par capitalisation est aussi un système par répartition, puisque ce sont les actifs qui paient à travers le fonds de pension les retraites de leurs aînés.
            Et puis, rien ne vous empêche dès aujourd’hui, si tel est votre souhait de vous constituer aussi une retraite par capitalisation, les outils ne manquent pas (immobilier, assurance vie…)

            • Bon, on a compris, vous défendez la répartition, le collectivisme, et vous niez le droit de propriété. La capitalisation, ça n’est pas un prélèvement sur les actifs, c’est un partage des produits entre celui qui a apporté le capital et qui en est propriétaire, et celui qui le fait fructifier.
              Mais vous faites manifestement partie de ceux qui estiment que tout doit aller à celui qui le fait fructifier, et qu’il est légitime de spolier le propriétaire en l’imposant à des taux confiscatoires.
              Je le répète, si on se constitue aujourd’hui une retraite par capitalisation, on sera matraqué par le fisc, avec votre soutien joyeux de génération d’anti-vieux.

    • Quelle purée… Vous n’avez rien compris à la liberté.
      Ce qu’il faut, c’est rendre le choix aux gens, la liberté de choix, et non augmenter les impôts et taxes variées et avariées…

  • Quoi attendre d’autre d’un président socialiste, énarque et stupide en plus d’être un arnaqueur!

    • @Virgile
      On peut rien attaendre de lui : il est socialiste ! Il a un « projet ». Pour le réaliser il a besoin de bien l’emballé, avec un bel écrin, même s’il est vide. Comme pour tout projet, il lui faut des ronds, parce qu’il n’y en a jamais assez, et comme il est le « chef » il peut se servir où il veut.

  • une pyramide de Ponzi (retraite par répartition) ne peut que finir par s’effondrer : cela commence donc !

  • Un article très juste mais qui déplaît fortement aux aigris et partisans d’un clivage stupide entre jeunes et vieux. C’est désolant!

  • On voit que le gouvernement est en train de réussir ce qu’il cherche : cliver les générations en « expliquant » aux jeunes que les vieux sont rien que des profiteurs. On oublie les cotisations prélevées sur leurs salaires (sur toutes les heures, même les heures sup, par « solidarité ») pendant une carrière entière (avec d’autres conditions de travail !) et on explique aux jeunes que ce sont eux qui doivent payer pour les entretenir.
    Bon, vu le niveau moyen de réflexion, ce n’est pas bien difficile

  • un certain 1er Ministre droit dans ces bottes..qu’une retraite 1200 euros c’était très bien…sauf pour lui !!!!
    je serai curieux de connaître leur montant de retraite avec tout leurs cumuls..
    si je ne dis pas de bêtise ils ont des retraites à 100% lorsqu’ils ont fait 3 voir 4 mandats de députés. ..vous en connaissez vous des retraités dans le privé à 100%…

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