Revenu de base : une utopie socialiste ?

Publié Par Frédéric Jollien, le dans Suisse

Par Frédéric Jollien.

Le XXe siècle a été sans aucun doute le siècle de l’utopie socialiste. Les pays de toute la planète recherchant une philosophie générale guidant leurs institutions se sont essayés à différentes variantes de la pensée socialiste. Cette philosophie politique a gagné les coeurs et les esprits par sa poétique, sa cohérence générale et la force de ses idées. Les lendemains ne furent pas chantants. Les pays ayant pu appliquer le plus totalement ces idées, que ce soit par l’usage de la force des armes ou celui des urnes, furent ceux qui en souffrirent le plus.

Il en fut autrement des pays dits occidentaux qui, en raison de leurs institutions et des tensions politiques internes, durent appliquer ce qu’on appela « la troisième voix ». L’étrangeté philosophique de cet ensemble était clair pour tout intellectuel mais elle était un résultat démocratique et consensuel. On l’appela « sociale-démocratie », « social-libéralisme », « capitalisme social » et bien d’autres sobriquets étranges cherchant à mettre un nom sur cette absence de cohérence philosophique qui résultait en réalité du jeu politique.

À l’aube du XXIe siècle, il était inévitable que les intellectuels et tous les citoyens intéressés par la raison plus que par le jeu du pouvoir, chercheraient d’autres idéaux. Un oeil peu averti serait tenté de l’attribuer à l’écologisme, aux réactionnaires nationalistes et aux socio-démocrates ; mais ceux-ci ne cherchent plus le changement profond des institutions, seulement l’avancée de leurs agendas dans la création des lois.

Il en va autrement des partisans du Revenu de Base Inconditionnel (RBI) qui apparaissent comme des trouble-fêtes et des intellectuels qui cherchent à donner une cohérence d’ensemble à un système qui remplacerait le marasme actuel.

Le courage politique de ces personnes qui agissent par tous leurs moyens pour faire passer un message est sujet à l’étonnement. À l’approche des votations fédérales de juin, les partisans suisses du RBI font preuve d’un engagement exceptionnel et généralement courtois pour expliquer leur raisonnement. C’est donc avec un certain respect que cet article cherchera à expliquer avec autant de pédagogie et de respect que nécessaire en quoi le RBI est une terrible erreur intellectuelle et se base sur des absurdités philosophiques qui sont déjà à la base du système actuel. Cette idée n’est pas une véritable nouveauté et serait même plutôt un prolongement logique des erreurs précédentes.

Une idée de son temps

On parle du RBI comme d’une mesure innovante ancrée dans son temps et à la mesure des défis de la modernité. Elle assurerait la transition vers un futur technologique hautement imprévisible et où l’emploi aurait drastiquement baissé. Les initiants déclarent que nous avons les moyens de cette ambition et que ce serait faire preuve d’un conservatisme d’un autre siècle que de ne pas y voir une opportunité unique d’assurer notre futur.

Il est absolument vrai que le RBI est une idée politique très liée à son temps et à sa localisation. Elle a été imaginée dans les esprits d’intellectuels occidentaux vivant dans l’opulence du XXIe siècle et non dans l’esprit d’un agriculteur d’un pays pauvre. Cette idée n’aurait même pas pu être envisagée ne serait-ce que quelques décennies auparavant dans notre propre pays. La raison en est bien simple : grâce aux améliorations productives de notre économie moderne, la nourriture et le logement ne représentent plus qu’une fraction de nos dépenses ménagères.

Le communisme promettait également de garantir les besoins de chacun par la collectivisation des productions des citoyens. Dans un discours quasi identique à celui des partisans du RBI, Charles Fourier disait : « Il faut que le peuple jouisse d’une garantie de bien-être et d’un minimum pour le temps présent et à venir, et que cette garantie le délivre de toute inquiétude pour lui et pour les siens »1 mais contrairement au RBI, il exigeait la totale obéissance et le travail obligatoire. « Celui qui ne travaille pas est un voleur »2 était la devise que voulait inscrire Louis Blanc, successeur de Fourier, dans toutes les usines collectives de son socialisme.

Le RBI ne souhaite pas la collectivisation totale mais seulement partielle pour garantir ce qu’elle définit comme « une vie digne ». Nous avons donc un héritage idéologique du communisme en la croyance d’une magie collective où l’on parviendrait à garantir un « Droit » par le décret et la loi. La différence réside dans la méthode de paiement plus indirecte, moins directive, qui consiste à prélever le tribut à l’État par l’imposition plutôt que par l’esclavage pour la collectivité. Cette idée est évidemment très liée à la transformation du socialisme d’après guerre en idéologie faussement anti-autoritaire.

Mais qu’est-ce qu’une vie digne ? Les partisans l’indiquent : ce que le législateur désignera comme telle. Notez l’absence de réflexion sur la notion de dignité dont la définition serait livrée à l’arbitraire du politique plutôt qu’à la pensée rationnelle. La dignité est-elle une exigence morale ou la possession de biens ? Si l’on associe la dignité à une possession minimum, quelle doit en être sa mesure ?

Au XXe siècle en Suisse, une personne pauvre possède plus de moyens que n’aurait jamais pu rêver le moindre bourgeois du début du XXe siècle. Il peut se soigner des maladies qui dévastaient autrefois les campagnes, possède généralement un transport motorisé, a accès à quasiment tout le savoir humain en tapotant sur un clavier d’ordinateur, peut communiquer sur de grandes distances pour un coût modique et mange à sa faim quelles que soient les saisons et les années. On ne peut guère en dire autant des pauvres vivant dans d’autres pays ni de ceux qui vivaient ici même, un demi siècle plus tôt.

Personnellement je pense que la dignité n’est pas de posséder une certaine quantité de biens par la spoliation d’autrui, mais de les obtenir par un échange volontairement accepté démontrant la reconnaissance de nos services par d’autres citoyens. La dignité est un concept philosophique hautement sujet à débat mais les partisans du RBI semblent en avoir une définition assez claire : il s’agirait de la somme de biens nécessaires pour présenter une normalité sociale.

Je pense personnellement que l’homme faisant le choix de vivre dans une yourte et de vivre en grande partie de sa propre production possède une bien plus grande dignité qu’un homme du commun réclamant subventions et aides de l’État pour maintenir son train de vie de classe moyenne occidentale. Je perçois la dignité davantage comme un concept moral, une valeur humaine, qu’une addition de biens terrestres.

Le RBI, derrière ses atours de belle idée solidaire et citoyenne, cache une certaine idée de la normalité et une philosophie de la soumission à la norme sociale.

Le RBI ou l’ingénierie fiscale

Le gros du débat sur le RBI porte principalement sur son financement. Il est désolant d’observer comment les aspects moraux, philosophiques et économiques sont évités au profit d’une simple réflexion de comptable. Ses partisans évoquent tour à tour des taxes sur les transactions financières, une hausse de la TVA, de la progressivité des impôts ou encore un transfert de l’inflation monétaire aux particuliers.

Il faudrait bien des pages pour démontrer l’erreur de chacune de ces propositions bien qu’elles  reposent toutes sur des pratiques institutionnelles déjà actuelles et peu discutées. Les libéraux se battent depuis fort longtemps pour démontrer les méfaits dans le processus de production de chacune de ces mesures fiscales, et une grande bibliographie est présente sur le net pour expliquer les processus économiques en jeu3. Leurs erreurs reposent largement sur une vision fixiste de la production et une économie vue comme un jeu à somme nulle.

Il ressort tout de même un constat évident : le RBI est avant tout une expérience alchimique fiscale. Combinant tout l’arsenal existant entre les mains de l’État, le RBI cherche à remodeler l’économie et les processus distributifs actuels.

La philosophie soutenant cette idée est celle des partisans de la redistribution : il s’agit d’améliorer les conditions des plus pauvres en prenant le surplus soi-disant inutile des plus riches pour augmenter la force productive globale dans un cercle vertueux permettant l’amélioration de la société.

Fort de nombreux graphiques, ils exposent les différentes options fiscales qui permettraient de niveler les conditions économiques de chacun sans pousser à l’assistanat, tout en mettant tout le monde au travail. Les plans sont prêts. La démocratie n’a plus qu’à se prononcer sur celui qui lui paraîtra le meilleur.

Voilà des centaines d’années que les ingénieurs étatiques cherchent avec acharnement la solution magique qui permettrait de remplir les caisses de l’État tout en maintenant un bon développement économique privé qui puisse maintenir une hausse des revenus de l’État et couvrir l’augmentation des dépenses de celui-ci. Ces ingénieries nous ont amené au système fiscal actuel combinant une panoplie invraisemblable de taxes, « cadeaux » ou abattement fiscaux, défiscalisation partielle, impôt sur les revenus, sur certaines transactions ou sur la fortune.

Il est assez ironique de constater que quelques initiants utopiques auraient aujourd’hui la solution au problème sur lequel travaillent les économistes depuis la naissance des États. Ils veulent augmenter drastiquement les dépenses de ce dernier et ont, en même temps, la solution à son financement alors que tous les États occidentaux actuels sont dans des situations budgétaires catastrophiques que seule l’intervention massive des banques centrales parvient vainement à cacher.

Il serait dangereux de faire confiance en ces réflexions : les mécanismes sociaux de l’échange et de la production, soit l’économie, sont largement incompris et les ingénieurs qui s’en réclament sont certainement les personnes les plus dangereuses à mettre au pouvoir. Comme le disait F.-A Hayek, l’étonnante tâche des sciences économiques est au contraire « de démontrer aux hommes combien en réalité ils en savent peu sur ce qu’ils s’imaginent pouvoir modeler »4.

Une incompréhension économique

Comme dit précédemment, le RBI se base sur des prétentions de connaissances économiques que les libéraux rejettent avec force depuis fort longtemps. Les incompréhensions portent tour à tour sur les mécanismes de production, le salaire et l’amélioration technologique.

Les partisans du RBI reprochent aux politiciens d’avoir une vue à court terme et de ne pas développer de plans pour embrasser la modernité et les révolutions technologiques qui promettent des changements substantiels dans notre société. Ils dépeignent le futur comme une magnifique combinaison de chômage de masse et d’amélioration technologique. Destituant des quantités de travailleurs, les machines ne pourraient plus que produire pour les rares personnes ayant encore un emploi. La technologie est ainsi décrite comme créatrice de progrès mais également comme facteur d’inégalité.

Il est désespérant de voir qu’au XXIe siècle des idées aussi vieillottes puissent encore passer dans les débats publics sans aucune résistance. Le concept de destruction créatrice est à peine compris. On ne brûle plus les machines mais on veut voler leur produit.

La seule difficulté qu’amène l’amélioration technologique est celle d’être un défi pour certaines professions soumises à ce changement. Il est faux de penser que l’emploi est en nombre limité et qu’il sera sensiblement réduit par les machines. Au contraire, l’emploi est, tout comme nos besoins, infini. Qui ne souhaite pas avoir un jardinier, une femme de ménage, un masseur, etc… Malheureusement nous ne pouvons bénéficier du travail de ces gens parce que notre capital est utilisé pour d’autres besoins plus urgents. En réduisant le prix des biens, les machines nous dégagent ce capital pour que nous puissions l’utiliser à d’autres fins. Le défi de celui qui perd son emploi est donc de trouver les nouvelles fins d’autrui. C’est là le rôle économique clé de l’entrepreneur.

Les partisans du RBI ont également une mauvaise compréhension du salariat et, par extension, du rôle de l’argent. Ils s’indignent du fait que des travaux, ostensiblement utiles, ne permettent pas de salaire. Les faits semblent donc contredire la fameuse maxime « tout travail mérite salaire ». Ils citent ainsi le travail acharné des parents qui élèvent leurs enfants, le noble engagement des associations bénévoles, des gens qui travaillent à produire eux-même leurs aliments, etc. Le système économique actuel ne permettrait pas une juste rétribution de ces travaux.

C’est absolument vrai mais c’est également parfaitement normal. L’argent est un bien intermédiaire d’échange. Tout travail ne mérite un salaire que s’il est le fruit d’un échange entre des personnes. Ces échanges peuvent également être non monétaires. C’est généralement le cas dans la plupart de nos relations d’amitiés ou de couple où l’échange se fait à travers l’attention portée à autrui, les paroles échangées et les services rendus. Nous n’agissons pas uniquement pour acquérir des biens mais également pour éprouver des émotions ou pour accomplir certaines valeurs.

L’inégalité des échanges, comme dans les échanges monétaires, entraînent également des conflits pour rétablir l’équilibre. Peu de personnes tolèrent d’être exploitées par leur compagnon ou leurs amis et comme le démontre l’adage « les bons comptes font les bons amis », les apports réciproques nécessitent d’être perçus comme acceptables par les différentes parties pour qu’une relation entre des personnes se maintienne. Il est donc parfaitement faux de voir le travail de la mère au foyer comme un asservissement, ou le bénévole comme un être agissant sans intérêt personnel. L’homme a des intérêts divers et l’argent n’est qu’un intermède dans l’échange matériel des individus.

Il est également faux d’associer le travail à l’argent. On ne paie pas quelqu’un pour son travail mais pour la valeur que l’on porte à ce qu’il nous offre. Karl Marx avait tort de définir le travail des salariés à la création de valeur ; la valeur d’un produit ne dépend pas des heures passées à le créer mais uniquement au jugement qu’on lui porte. Un monochrome d’une personne célèbre se vend plus chèrement qu’un travail de sculpture de longue haleine d’un amateur. Creuser un canal avec une cuillère plutôt qu’avec une pelle vous demandera plus de travail mais la valeur du canal en restera la même.

Par extension, c’est également pour cette raison que les partisans du RBI occultent une grande partie des conséquences de leur mécanisme de distribution. En taxant les échanges, on fausse l’information donnée par les prix. On peut transformer des marchés auparavant parfaitement rentables en échec. On crée ainsi des incitatifs contraires à l’ordre naturel des échanges. Là où un emploi aurait pu être créé, il est détruit par la taxe. Ainsi seuls certains échanges peuvent supporter le poids de l’imposition.

Une augmentation importante des dépenses de l’État entraînera de facto une augmentation de l’imposition et celle-ci aura un effet direct dans les échanges entre les individus. Quels seront les emplois qui seront supprimés par cette imposition ? Quels seront ceux qui se maintiendront ? Impossible de le savoir car nous ne savons pas quelle valorisation chacun portera sur les différents biens qui lui seront proposés dans un monde où l’État lui en aura pris une partie plus importante.

Il reste une vérité que l’on ne peut éviter : l’imposition aura un impact important sur la structure de production de la nation. Penser qu’en délivrant les personnes de l’angoisse de survivre elles se mettront soudainement à prendre des risques entrepreneuriaux plus importants et plus productifs est ridicule car l’imposition posera justement un problème supplémentaire dans leur entreprise. Elles resteront plus probablement dans la précarité de leur situation de rentier RBI.

Le RBI – le socialisme du XXIe siècle

Le revenu de base inconditionnel est définitivement dans l’air du temps. Il hérite d’un passé socialiste renouvelé autant dans sa philosophie que dans son approche. Touchant les citoyens par la noblesse de ses fins, il évite ainsi soigneusement les écueils moraux, économiques et philosophiques de son application.

Certains audacieux ont proféré qu’il était une solution libérale au problème de la pauvreté. Se référant parfois à l’économiste Milton Friedman et son impôt négatif qu’ils n’ont pas compris, ils parlent également d’un concept « libérateur » où l’individu n’aurait plus besoin de quémander et de se justifier pour survivre. Cela lui permettrait de se réaliser dans des tâches plus nobles.

Je pense au contraire que cette solution est révoltante et autoritariste. On crée une rente basée sur la spoliation généralisée plutôt que la dignité issue de l’autonomie financière à travers le service à autrui. On détruit l’harmonie de la coopération sociale basée sur les échanges consentis entre personnes pour construire un monstre asservissant les citoyens qui ont l’audace d’utiliser un moyen d’échange intermédiaire : l’argent.

Se basant sur les mêmes erreurs intellectuelles que le socialisme d’antan, le RBI échouera pour les mêmes raisons. Entraînant une baisse généralisée des biens produits et une hausse des prix en résultant, le RBI devra en permanence être réévalué et les mécanismes de taxation transformés et exacerbés. Les gens souhaitant se réaliser à travers des échanges productifs sans être grandement spoliés fuiront à l’extérieur des frontières de l’oppresseur. Finalement, ce seront ceux souhaitant simplement améliorer leurs conditions de vie qui partiront et aucune frontière, ni aucun mur, ne les retiendra…

 

  1. P. Louis, Les étapes du socialisme, Paris, 1903.
  2.  Imbert A., Frédéric Bastiat et le socialisme de son temps, Paris, 1913.
  3. Voir par exemple les travaux de think tanks comme le Mises Institute ou le Cato Institute.
  4. F.-A Hayek,The Fatal Conceit, 1988.
  1. L’article est un peu long mais bien écrit et d’un ton posé qui est interessant

  2. vivre dans une yourte , ou une caravane et vivre des fruits de son travail……j’ai vécu de cette manière , en échangeant le loyer de mon petit térrain contre fruits et légumes du jardin ;je bossais à coté pour payer les assurances auto et m’habiller ; je ne dépensais presque rien finalement ….seulement à ce jour , je crois que l’on a plus le droit de vivre de cette manière ; en russie , le sieur poutine donne des petits térrains gratuits à sa population à la seule condition que ces terrains ne soient pas revendus ; leur propriétaire doivent s’en servir pour eux ;si j’avais à choisir entre de l’argent gratuit ou la possibilité de travailler la terre comme je le faisait avant , je choisirai la seconde solution sans hésiter ;

  3. Cet article ne tient aucun compte des calculs de l’IFRAP disant que l’on pourrait donner 500 euros à chaque français et faire encore des économies, tellement les gaspillages sont important dans cette (redistribution). Ce serait des centaines de milliers de fonctionnaires en moins, de bâtiment revendu et de budget de fonctionnement supprimé. bien sûr, je parle de cette vraie idée qui est d’en faire un revenu pour tous, sans exception avec la suppression de toutes les allocations qui existent. Je sais également que cela ne plait absolument pas aux socialistes puisqu’ils perdraient une grande partie de leur pouvoir et du chantage permanent qu’il nous font à chaque élection. Les français qui touchent déjà cet argent doivent répondre à de plus en plus de critères, remplir des tas de formalités, bien souvent d’avoir des passe-droits, de connaitre du monde bien placé ou simplement d’être au courant de cette allocation, ce qui en fait de vrais esclaves de ce système. Tous les opposants à cette idée ne tiennent absolument pas compte de ce principe aussi simple, mais imaginent comment les politiques vont le pirater pour garder le pouvoir…. mais cela doit rester deux débats différents. Je ne suis pas naïf, je sais très bien qu’en France, tous les partis saboterons cette idée pour garder leurs fonctionnaires et surtout leur pouvoir.
    la Finlande va le faire dès le mois de Novembre de cette année, nous aurons donc le temps d’examiner les résultats !

    1. On pourrait éviter de prendre 30 Mds aux uns pour les redistribuer uniformément en 500 euros à chacun. La question de la modulation ne peut se régler sans considérer à la fois bénéficiaires et contributeurs. La modulation ne peut pas non plus disparaître. Elle doit suivre les lois du « marché » si on est libéral, ou même la loi du « besoin » si on est socialiste, ce qui est totalement antagoniste à une absence de modulation, laquelle revient à faire fi des différences entre citoyens. Quant à la Finlande, je doute qu’on ait jamais les comptes exacts, sinon on aurait d’ailleurs déjà la situation de référence toutes choses égales par ailleurs…

  4. Cet article est prémonitoire. Une société basée sur cette hérésie s’auto détruira en provoquant la fuite des producteurs de richesses, fuite qui est du reste la seule issue pour les individus dignes donc autonomes et volontaires et qui veulent le rester.

  5. Le RBI n’a aucune chance de passer en Suisse. Certains sournois avancent même un montant faible sous couvert « expérimental », et moi je garantis les multiples dérapages par derrière. Même si la Suisse me semble moins atteinte que la France de ce point de vue.

    Je vois mal les Suisses voter pour cette initiative. Mais j’ignore où en est l’état de l’opinion.

    1. D’après les derniers sondages, cette initiative sera largement refusée (65 % 70 %). Je n’ai pas trop de crainte là-dessus, mais tout de même, que 3 suisses sur 10 l’accepte me laisse pantois.

  6.  »
    Je pense au contraire que cette solution est révoltante et autoritariste. On crée une rente basée sur la spoliation généralisée plutôt que la dignité issue de l’autonomie financière à travers le service à autrui. On détruit l’harmonie de la coopération sociale basée sur les échanges consentis entre personnes pour construire un monstre asservissant les citoyens qui ont l’audace d’utiliser un moyen d’échange intermédiaire : l’argent.
     »
    Ce serait vrai si on avait la certitude qu’il existe un travail pour tout le monde. Mais à mon avis ce n’est pas le cas. Aujourd’hui, le taux de chômage de nombreux pays s’explique avec les facteurs suivants :
    – faible natalité depuis des décennies
    – retrait des chercheurs d’emploi des statistiques
    – incitation des femmes à rester à la maison

    Et la tendance n’est pas à l’amélioration pour les prochaines années. Pour une fois que l’on essaye d’anticiper un problème qui va devenir massif.

  7. On espère pour les Suisses qu’un bon paquet d’entre eux choisiront volontairement de « se réaliser » en trimant sans (trop) compter pour faire tourner un bouzin pareil, i.e. que d’autres puissent « se réaliser » soit par exemple, jouir douillettement de la vie par ponction du travail d’autrui…

    Je sais, je ne suis qu’un affreux comptable…

  8. Tout ce qui est écrit là serait convainquant si nous vivions dans un pays où au lieu de donner de l’argent à qui en a besoin, on se contenterait simplement de lui donner un travail et si il existait toujours des institutions charitables aidant les handicapés et malades qui ne peuvent travailler à vivre. Michel Rocard avait simplement constaté que le temps béni précédemment décrit était révolu : non nous ne savons plus donner un travail à qui le souhaite, et non notre société laïque ne porte plus en son sein suffisamment d’associations comme les restos du cœur. Il a donc créé le RMI devenu maintenant le RSA. Nous sommes aussi dans un pays où 2 personnes célibataires au RSA qui se marient perdent de l’argent alors que si l’un d’eux est au contraire très riche, ils en gagnent en se mariant. Enfin, malgré la prime d’activité, les détenteurs du RSA redoutent parfois que Pole Emploi leur trouve un job trop peu payé car la perte de revenu reste possible. Qu’est-ce que le RBI en France ? Rien d’autre qu’une simplification d’un système existant délirant qui soit la moins douloureuse possible et qui remette d’aplomb toutes ces incohérences : non un pauvre qui ne travaille pas ne gagnera pas plus avec le RBI qu’avec le RSA, par contre il aura l’assurance absolue qu’en effectuant un petit travail déclaré, il gagnera plus qu’avant, évidemment on supprimera le quotient conjugal et familial de l’IR qui est stupide et complètement injuste mais en compensation les membres d’une famille de riches toucheront le RBI…et enfin on pourra laisser partir sans recruter les fonctionnaires partant en retraite pendant plusieurs années en remplaçant ceux qui sont utiles par les fonctionnaires des CAF et des impôts qui font aujourd’hui un travail de shadock…

  9. Le Venezuela l’expérimente depuis quelque temps.

    Le RBI:

    Qui le paye ?
    Où trouve-t-il l’argent pour payer ?
    Pourquoi travailler si on reçoit de l’argent en privilégiant l’oisiveté ?
    Est-ce juste que d’autres doivent travailler pour obtenir la même somme ?
    Comment peut-on consommer sans produire ?

    Conformément aux lois de la physique, diviser la richesse conduit assurément à la ruine. Quand on divise un gâteau en un nombre de parts de plus en plus grand qui sont forcément de plus en plus petites, au final « tout le monde obtient rien ».

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