Idée reçue : « le communisme n’a jamais vraiment été essayé »

Mélenchon By: Blandine Le Cain - CC BY 2.0

Prétendre que les régimes de Chavez, Staline, ou Mao, n’étaient pas communistes est profondément faux. Le communisme porte en lui les gènes de la pauvreté et de l’usage de la violence.

Par Eddie Willers.

Ça y est, les résultats du premier tour de l’élection présidentielle sont tombés. Les analyses politiques vont bon train pour expliquer la mort du PS et de l’UMP, l’échec de François Fillon, la victoire d’Emmanuel Macron, symbole du renouveau politique etc. De mon côté je ne retiens qu’une chose de ce premier tour : le parti communiste a réuni plus de 50% des suffrages exprimés.

Tous les candidats hors Fillon et Macron affichaient un programme qui, pris dans sa globalité n’aurait pas fait sourciller Georges Marchais ou Maurice Thorez. Le symbole du côté malheureusement tendance de ces idées est d’ailleurs la très forte sympathie dont a bénéficié Jean-Luc Mélenchon. Il arrive ainsi en tête des intentions de vote chez les 18-24 ans.

Le communisme toujours présent

Comment expliquer que près de 30 ans après la chute du mur de Berlin, et plus de 25 ans après la chute de l’URSS, le communisme fasse encore recette dans ce pays ? Comment expliquer la complaisance odieuse de nombreux médias vis-à-vis de candidats qui se réclament de cette idéologie mortifère ?

Aucun régime communiste n’a jamais fonctionné sur cette planète. Aucun. Cette règle est immuable et le restera. Pourtant, lorsque les responsables communistes sont interrogés sur les désastreux échecs de Staline, Pol-Pot, Chavez et consorts, ces derniers disposent d’une parade ultime : « ce n’était pas du vrai communisme ». Or nous allons voir que malheureusement un régime communiste ne peut qu’aboutir à la pauvreté et la dictature.

Le mirage de la justice sociale

Par où commence un programme communiste ? Par une certaine conception de la justice. Pour séduire l’électeur moyen, le communiste va faire appel à la justice sociale. Il y aurait une situation profondément injuste dans ce monde : peu de gens gagnent énormément d’argent et d’autres beaucoup moins. D’autre part, ceux qui gagnent cet argent exercent des métiers qui auraient une faible utilité : le trader ne sauve pas des vies, contrairement à l’infirmière, par exemple. Le footballeur ne produit pas de quoi nous sustenter, à la différence de l’agriculteur.

En conséquence, la répartition des richesses serait profondément injuste. Ceux qui ont un travail utile ne seraient pas rémunérés à leur juste valeur. Cette constatation, bien que foncièrement fausse, a l’avantage de séduire de nombreuses personnes ayant l’impression de ne pas être suffisamment payées pour ce qu’elles font. Un salarié a toujours le sentiment que son patron ne se rend pas compte de la valeur qu’il lui apporte.

La politique communiste

Nous avons tous ce biais cognitif consistant à survaloriser ce que nous possédons. Il en va de même pour notre travail. Les partis communistes jouent donc sur ces éléments de justice sociale. Comme un citoyen égale un vote, ils ont plus de chance d’être élu en tenant ce discours face à un auditoire auquel on dit ce qu’il veut entendre.

Une fois le pouvoir pris, par la force ou par les urnes, les communistes vont donc s’atteler à rétablir leur justice sociale. Ceux qui possèdent la richesse sont donc expropriés pour que cette richesse soit distribuée à ceux qui en ont le moins. L’État saisit alors les actifs quels qu’ils soient : actions d’une entreprise, épargne, immobilier etc. pour en assurer une meilleure répartition. Remarquons d’ailleurs l’hypocrisie immense de cette méthode : j’expulse un patron pour le remplacer par un autre patron mais qui cette fois-ci porte la casquette État ; mais c’est l’État, donc forcément un gentil.

Vers la planification

Les communistes ont donc placé à la direction des entreprises des personnes ne disposant pas nécessairement des qualifications et des connaissances pour en assurer le bon fonctionnement, mais, et surtout, d’aucune incitation à le faire. Un actionnaire sait qu’il peut gagner de l’argent en revendant une société affichant de beaux profits. Un agent de l’État n’en a que faire, il perçoit son salaire.

Par ailleurs, l’État communiste souhaite améliorer les conditions de travail. Puisque les travailleurs étaient exploités pour un salaire de misère en régime capitaliste, cela doit changer : la durée du travail hebdomadaire est limitée à 32h, et les salaires augmentés, puisque ceux des patrons sont réduits, et l’emploi à vie est garanti. De cette combinaison – nouveaux dirigeants d’entreprise incompétents et non motivés et salariés moins productifs – découle une baisse générale de la production.

La raréfaction des biens

Cette baisse rapide de la production génère la raréfaction de nombreux biens. L’offre diminuant tandis que la demande reste identique, les prix augmentent. Et c’est là qu’intervient le projet le plus diabolique des communistes : si les prix augmentent trop, il faut les encadrer afin que chacun puisse continuer à jouir du minimum vital.

L’État encadre alors dans un premier temps ce qu’il estime nécessaire : le pain, la farine, les oeufs, les loyers, l’huile etc. ; car en cassant le thermomètre, la température baissera. Toute la perversité d’un régime communiste réside dans son absence de système de prix.

Les prix sont des signaux nécessaires pour organiser l’activité économique : ils informent sur l’importance de la demande pour un bien, et si l’offre est capable d’y répondre. Ils orientent l’action humaine vers la production de services et de produits que les citoyens désirent ! Ils permettent, via la différence entre le prix de vente et le prix d’acquisition, de savoir si la production est correctement organisée et si les ressources ne sont pas gaspillées.

Pas d’économie sans prix

Sans prix, ou avec des prix manipulés, les agents économiques sont perdus. Ils ne peuvent pas connaitre les besoins des ménages, et si l’organisation de la production est en mesure de répondre à ces besoins.

Il en résulte une inadéquation profonde entre la production et l’attente des consommateurs. La nationalisation de l’économie ne pousse pas à la prise de risques : pourquoi se donner du mal, travailler dur pour lancer un nouveau produit, améliorer une technique de production si l’État peut tout prendre ?

Nous nous trouvons donc confrontés à une baisse de la production, et le peu qu’il en subsiste est inadapté aux besoins. La pauvreté s’installe alors progressivement. Voyant la situation leur échapper, les communistes poussent alors plus loin leur raisonnement fallacieux : la nourriture venant à manquer, nous allons donc tout faire pour faire progresser la production de blé. Au moins les ménages pourront-ils se sustenter.

L’usage de la coercition

Commence alors l’usage de la force. Pour réorienter la production vers l’agriculture, il faut davantage d’agriculteurs, or les communistes ne peuvent pas mieux les payer  (ou alors en imprimant de la monnaie, créant alors encore plus d’inflation). Cela romprait leur théorie de la justice sociale. Ils n’ont donc pas beaucoup de solutions pour les attirer dans les champs, hormis l’usage de la force.

Les excuses sont toutes trouvées : vous ne voulez pas aller dans les champs ? vous voulez laisser crever les gens la gueule ouverte ? Si cette culpabilité morale ne suffit pas, il faut quand même produire plus de blé, les miliciens du régime forcent donc les citoyens à y travailler.

Cependant leur productivité est faible : sans formation et sous le regard au mieux d’un fusil, au pire d’un milicien, les conditions idéales à l’épanouissement professionnel sont loin d’être satisfaisantes.

Du dirigisme à la misère

En abandonnant le travail d’ouvrier en métallurgie, la production de machines agricoles est interrompue. Combinée à leur vieillissement, les mains doivent remplacer les machines, ce qui prend plus de temps et réduit encore la production, devenue insuffisante à nourrir le peuple. Il convient donc d’augmenter encore le nombre d’ouvriers agricoles, etc.

Le dirigisme économique est une spirale sans fin qui n’a comme terme que la misère absolue. Mais nous observons surtout que l’État est obligé d’utiliser la force pour faire travailler ses citoyens selon ses anticipations (toujours fausses). L’usage de la force est donc consubstantiel à tout régime communiste. Puisque les prix ne sont plus libres, les individus ne le sont pas non plus.

Limites du dirigisme économique

Le dirigisme économique ne peut pas assurer une organisation satisfaisante des moyens de production. Aucun homme, ni aucune machine n’est omniscient. Prétendre connaître les besoins de tous les êtres humains et la façon idéale d’agencer tous les moyens de production relève de la maladie mentale. Seuls les individus, à leur humble niveau, en sont capables.

Le dirigisme économique ne peut aboutir qu’à sa propre inflation si l’État n’ouvre pas les yeux sur son erreur initiale ; il conduit nécessairement d’une façon ou d’une autre à l’usage de la force et de la violence.

En conclusion, prétendre que les régimes de Chavez, Staline, ou Mao, n’étaient pas communistes est profondément faux. Le communisme porte en lui les gènes de la pauvreté et de l’usage de la violence. L’idéal d’un monde plus juste finit par aboutir à son opposé le plus total. Les communistes nient la réalité, et prennent leurs rêves pour des réalités ; le problème étant que leurs rêves sont nos cauchemars.

Une idéologie néfaste

J’éprouve une haine profonde pour les régimes dirigistes et communistes. Parce que je sais que ceux qui les promeuvent nous font supporter au prix fort leur ignorance et leur bêtise. J’espère ainsi qu’au travers de cet article j’aurais réussi à convaincre des méfaits inhérents à cette idéologie.

J’aurais pu le conclure par un “Meurs, pourriture communiste” ; néanmoins,  je préfère toujours juger les idées, et non les personnes. Je termine donc avec le souhait suivant pour les prochaines années : “Meurs, pourriture de communisme”.

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