Idée reçue : « Une baisse d’impôt est un cadeau fait aux riches »

Gift by asenat29 (CC BY 2.0)

Lorsque l’État réduit un impôt, il ne fait rien d’autre que relâcher légèrement la bride par laquelle il vous tient en laisse. Il ne la détache pas.

Par Eddie Willers.

La cote de popularité de notre président commence à légèrement s’effriter du fait notamment de l’enclenchement d’une série de réformes. Celle qui agite les Français en ce moment vise à modifier les conditions du statut de cheminot. Or nous voyons fleurir ici et là des commentaires disant peu ou prou qu’il est scandaleux de s’en prendre aux pauvres cheminots alors que dans le même temps, avec la réforme de l’ISF, Emmanuel Macron aurait fait un « cadeau » aux plus riches.

Cette analyse oublie un aspect pourtant essentiel du fonctionnement de l’État : il n’a pas d’autre argent que celui qu’il vous prend.

L’argent des impôts est le fruit de votre travail

Que penseriez-vous d’un cambrioleur qui vous prendrait votre télévision, votre ordinateur et 200€ en liquide et qui vous rendrait 100€ le lendemain ? Il vous aurait quand même pris une télévision, un ordinateur et 100€.

Les 100€ ne sont donc pas un cadeau puisque la personne qui vous les rend ne les a pas acquis des fruits de son propre travail ou d’un échange volontaire. L’État a par essence le monopole de la violence physique légitime, ses revenus proviennent donc de l’exercice de cette contrainte. Vous n’avez pas le choix de payer vos impôts, si vous ne le faites pas, l’État vous confisquera vos biens et pourra potentiellement vous priver de votre liberté en vous plaçant en prison.

Lorsque l’État réduit un impôt, il ne fait rien d’autre que relâcher légèrement la bride par laquelle il vous tient en laisse. Il ne la détache pas .

C’est d’abord votre argent

D’autre part, la notion de « cadeau fiscal » suppose que toute richesse créée dans ce pays devrait naturellement revenir à l’État. Dans sa grande bonté, celui-ci, en laisserait un peu au secteur privé pour la paix sociale.

Cette vision est profondément totalitaire puisqu’elle revient à dire que tout doit revenir à l’État, ce qui ne correspond à rien d’autre que la définition même du fascisme par son fondateur Benito Mussolini : « Tout dans l’État, rien contre l’État, rien en dehors de l’État ».

À force d’être dévoyé tous les jours, nous avons perdu le sens réel du terme « fascisme » et oublié que l’État ne devrait prélever que le strict minimum pour son fonctionnement, restreint à des fonctions régaliennes. La situation normale d’une société devrait être l’échange volontaire et non pas le prélèvement arbitraire coercitif.

Une petite partie des Français paie l’impôt

Enfin, je terminerai en disant qu’utiliser le terme « cadeau fiscal fait aux riches » méconnait les mathématiques. Une baisse d’impôt bénéficie en premier lieu… aux personnes qui en paient ! Or ce pays a fait le choix depuis plusieurs années de faire peser la levée de l’impôt sur le revenu à une base toujours plus faible de Français qui sont donc également les plus riches.

Cette situation n’est pas souhaitable car elle les déresponsabilise vis-à-vis du fonctionnement de l’État. Mieux vaudrait une flat tax où chacun contribuerait, même symboliquement à un même niveau de ses revenus. Une baisse d’impôt serait alors de fait, partagée par tous et chacun contribuerait de façon équitable (en %) au budget de l’État.

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