Retraites : cachez ce déficit que je ne saurais voir !

La classe politique est-elle prête à changer le logiciel socialiste pour le logiciel libéral pour éviter la catastrophe de la non réforme des retraites ?

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Retraites : cachez ce déficit que je ne saurais voir !

Publié le 19 janvier 2023
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Il fallait s’y attendre : à gauche, tous les moyens sont bons pour surfer sur l’impopularité de la réforme des retraites. Syndicalistes, politiciens et influenceurs se bousculent dans les médias pour proposer des alternatives plus ou moins loufoques en réponse à une initiative gouvernementale pourtant assez cosmétique.

Tous ont en commun de passer sous le tapis le problème de déficit abyssal qui est au cœur de la crise de notre régime par répartition et d’imaginer que le matraquage fiscal peut constituer une solution juste, durable et économiquement viable.

 

Les retraites des fonctionnaires subventionnées

Comme l’a souligné Nicolas Marques dans une étude publiée par l’Institut Molinari en septembre 2022, le déficit des retraites, c’est 1,5 % du PIB depuis 2002. Depuis 20 ans, le Conseil d’Orientation des retraites (COR) sous-estime dans ses calculs son poids en passant sous silence les subventions qui permettent d’équilibrer les retraites des fonctionnaires.

Celles-ci s’élèveraient à 33 milliards par an.

« De 2002 à 2020, les pensions versées par l’État et les administrations centrales à leurs anciens personnels ont augmenté de 142 % en euros courants, ce qui représente une progression trois fois plus rapide que les autres dépenses (+44 %). Le budget retraite de l’État est passé de 27 milliards d’euros courants en 2002 à 65 milliards d’euros en 2020 (hors collectivité locales et sécurité sociale) », note Nicolas Marques.

L’État a été particulièrement imprévoyant et n’a pas anticipé l’effondrement démographique qui est le moteur de notre système de retraites par répartition.

Parmi les solutions préconisées par la gauche, sans surprise, le marteau-pilon de la fiscalité doit s’abattre sur les milliardaires, les plus riches, les entreprises ou encore un secteur privé, qui une fois de plus doit être mis à contribution pour l’imprévoyance de l’État.

 

Encore et toujours faire payer les riches

On retiendra particulièrement les propositions démagos d’Oxfam France, dirigée par Cécile Duflot, l’experte en toutologie à la neutralité idéologique bien connue.

Il suffirait de taxer les milliardaires -voire de les abolir- à hauteur de 2 % pour financer le déficit des retraites, « prétendument hors de contrôle ». Peu importe si l’étude confond flux (dividendes et rémunérations) et stocks (actions), mélange un peu tout pour dévier l’attention portée à un régime malade sur la haine des riches.

 

La solution existe pourtant

« On a tout essayé » se désolait François Mitterrand pour justifier son incapacité à endiguer le chômage de masse. C’est le même lamento qui s’élève parmi les commentateurs de la presse grand public qui oublient systématiquement les solutions qui s’écartent des dogmes conservateurs du socialisme et de la social-démocratie.

Pourtant, dès 2019, Contrepoints en collaboration avec l’Institut Molinari proposait des solutions réalistes pour sortir de l’impasse, notamment l’introduction d’un volet capitalisation à notre système actuel.

On pouvait lire dans ce rapport essentiel pour comprendre les enjeux actuels :

« La complémentarité d’un niveau de répartition et d’un niveau de capitalisation s’impose dès lors au regard d’un principe bien connu des gérants d’actifs : la diversification. Le « tout répartition » conduit à une forte dépendance à une variable exogène : la croissance économique, et à son corollaire, la masse salariale. Le « tout capitalisation » expose à des fluctuations de la valeur des actifs, liées à la volatilité des marchés financiers. Le mix des deux permet d’actionner des leviers différents selon les phases de cycle, et assure une meilleure stabilité du système global, et sans doute également sa pérennité. »

Une nouvelle étude publiée en janvier 2023 par l’Institut Sapiens rebondit sur les réflexions de l’Institut Molinari : introduire la capitalisation permettrait de compenser la baisse des pensions de manière indolore pour les contributeurs actuels :

« La pension moyenne ainsi offerte en surplus à chaque retraité pourrait être de 1310 euros par an en 2042, soit l’équivalent d’un treizième mois par bénéficiaire (venant s’ajouter à la pension minimale prévue par le gouvernement) sans demander un effort supplémentaire aux entreprises, aux cotisants ou aux finances publiques. »

La classe politique est-elle prête à changer le logiciel socialiste pour le logiciel libéral pour éviter la catastrophe de la non réforme des retraites ?

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  • « La classe politique est-elle prête à changer le logiciel socialiste pour le logiciel libéral pour éviter la catastrophe de la non réforme des retraites ? »

    Comme toujours dans une pyramide de Ponzi, chaque entrant arnaque (consciemment ou non) celui qui viendra après lui – ses enfants, dans le cas des retraites. Que des Français en fin de carrière défendent égoïstement cette pyramide, cela peut éventuellement se concevoir. Mais que des lycéens fassent grève pour la sauver, voilà qui est plus étonnant, et montre à quel point ils ne comprennent rien. La logique voudrait qu’ils manifestent soit pour la réforme Macron, faute de mieux, soit pour un changement de système.

  • ce qui me sidère c’est le » statut » d’oxfam.. comme autorité.. « scientifique »..

    13
  • Oui ! Il faut changer de logiciel…
    Il faut arrêter de faire croire à l’équation répartition=socialiste, quand le grand Jaurès lui-même plaidait pour la capitalisation, et quand aucun gouvernement de droite depuis 1945 n’a osé introduire la moindre portion de capitalisation dans le système.
    Si encore vous parliez d’étatisme…
    Il n’est pas interdit d’ouvrir un dictionnaire ou un livre d’histoire pour défendre la capitalisation.

  • Quand on ne veut pas faire maigrir l’état on fait maigrir les retraités et on détruit l’emploi.
    Quant à la capitalisation… Il fallait s’y prendre il y a de nombreuses années, trop tard, il n’y a pas de places pour les français seulement pour quelques uns.
    Allez, bonne grève des fonctionaires pour sauver leurs retraites et détruire nos emplois.

  • Cette loi sur la retraite n’a qu’un but aujourd’hui, permettre à l’État de piquer 10 milliards pour ses finances mal en point sur le dos des cotisants. Car impossible désormais d’augmenter les impôts autrement pour financer sa voracité et sa gabegie.
    Certe, il faut reformer les retraites. Mais il faut le faire de façon globale et pas par petite touches qu’il faudra encore modifier dans 5 ans.

  • Il est tout de même navrant que dans un pays qui compte quelques millions d’intelligents il y en est si peu qui réagissent .
    L’équation est pourtant simple . Il faut résorber un déficit croissant du système de retraite de la fonction publique , répondre aux contraintes du vieillissement de la population ainsi qu’à la baisse marquée de la natalité.
    Réponse qui e va pas plaire , je le sais : Même durée de travail pour tout le monde ( attention je n’ai pas dit tout le monde à 64 ans) 44 ans , plus même taux de cotisation pour tout le monde 25 % ( vs 16% pour les agents de la fonction publique) et on laisse tranquille les régimes excédentaires.
    Pour adoucir un peu cette évolution un peu d’huile dans les rouages avec une mise en force progressive sur 5 à 7 ans.
    On respectera ainsi et de façon durable ce beau proverbe  » Liberté, Egalité, Fraternité » que les politiques ont transformé en Mensonge .

    • Ben non, s’il suffisait modifications paramétriques, aussi justes soient-elles, pour faire perdurer indéfiniment sans problème un système erroné à la base, ça se saurait. Par exemple, vous pouvez augmenter autant que vous voudrez les « cotisations » des fonctionnaires, comme c’est un jeu d’écritures, ça ne résout rien (même si l’augmentation se traduisait par une réduction de leur traitement).
      Il faut réduire le plus vite possible la part de la répartition dans les retraites, afin de mettre en face des cotisations une richesse réelle qui fructifie et non une reconnaissance de dette de l’Etat. Pour les fonctionnaires en particulier, cela signifie le salaire complet et une obligation de s’assurer avec la liberté de choisir auprès de qui.

    • Et retraite calculée sur les 25 meilleures années comme dans le privé (souvent les fonctionnaires sont promus comme par hasard 6 mois avant leur depart). Pour être équitable, il faudrait que les primes soit inclues dans le calcul, mais aussi que les primes soient soumises à cotisation

    • Un point annexe : il y a certainement quelques millions d’intelligents dans notre pays, mais il y en a 10 fois plus qui croient l’être simplement pour avoir reconnu une bêtise et l’avoir dénoncée, et négligeront de ce fait d’analyser en profondeur les propositions candidates à l’intelligence pour se contenter de regarder si elles s’opposent bien à la bêtise reconnue. Et c’est triste à dire, mais la plus grande preuve d’intelligence dans ce pays est aujourd’hui de s’exiler vers des cieux plus cléments.

  • L’État a été particulièrement imprévoyant et n’a pas anticipé l’effondrement démographique qui est le moteur de notre système de retraites par répartition.

    L’état anticipe bien une seule chose : l’impôt. À tel point qu’il préfère 1 Euro d’impôt aujourd’hui, à 2 Euros demain. Peu lui chaut la situation économique future.

  • S’il faut sauver la répartition, il faut donc le contrat intergénérationnel qui la définit. Rompre l’équilibre entre les cotisations provenant des actifs vers les pensions des retraités, et prendre d’autres sources de financement (impôts sur les milliardaires et autres) c’est modifier le contrat social. Voilà une grande novation
    Mais cela ne résout en rien l’absence de provisions pour financer les retraites des fonctionnaires et régimes spéciaux

  • Avec leur promotion incompréhensible (ou alors quoi ?) de la capitalisation collectiviste, j’ai un peu de peine à suivre sur ce sujet les thèses de Nicolas Marquès et l’Institut Molinari.

    • Ne s’agit-il pas là d’une capitalisation investie dans les obligations d’Etat, donc la dette publique ? Propre à satisfaire ceux qui détestent l’argent privé, et à trouver des prêteurs complaisants pour les initiatives publiques non rentables… En gros, l’Etat se prêterait les cotisations à lui-même, et les rembourserait sous forme de retraites, avec… les cotisations futures et les impôts futurs. Aucune fructification du capital dans l’affaire, juste de la procrastination.

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Par Patrick Aulnas.

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