Oxfam contre les riches

La solution d’Oxfam ne mène à rien et est basée sur des calculs erronés et une totale incompréhension des mécanismes économiques.

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Taxons la finance by Oxfam France(CC BY-NC 2.0)

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Oxfam contre les riches

Publié le 19 janvier 2023
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Cela faisait longtemps que l’on n’avait plus entendu parler d’Oxfam.

L’ONG britannique sort à peine d’une série de scandales qui ont grandement entamé sa crédibilité mais la prochaine mobilisation sur la réforme des retraites présentait une trop belle occasion pour qu’elle tente à nouveau de faire parler d’elle. Et comme d’habitude, Oxfam aura mis les pieds dans le plat en prétendant que « taxer la fortune des milliardaires français à hauteur d’à peine 2 % permettrait de financer le déficit prétendument hors de contrôle des retraites »

 

Oxfam ne pouvait pas rater une telle occasion de sortir une énorme bêtise.

Parce que, bien évidement, sa solution ne mène à rien et est basée sur des calculs erronés et une totale incompréhension des mécanismes économiques.

La fortune des « milliardaires » : cette formule n’a pas plus de sens que la notion même de milliardaire. Si on compte uniquement l’argent en banque sur un compte courant et les billets et pièces dans les poches, il n’y a pas de milliardaire. Personne n’a plus d’un milliard d’euros sur son compte en banque. Au mieux, certaines personnes peuvent posséder des parts de sociétés qui, elles, peuvent avoir une telle somme disponible en liquidité.

 

La richesse pour les anticapitalistes

Pour assouvir la soif de jalousie et habiller leur homme de paille, Oxfam et avec elle tout une bande de prétendus « économistes » ont donc construit leur propre calcul.

En ligne de mire, le fameux « capital » défini depuis Karl Marx selon la formule alambiquée suivante :  le capital est la somme d’argent utilisée pour acquérir les équipements, les biens et services nécessaires à la production (matières premières, biens de production, énergie, etc.), additionnée de la somme d’argent servant à payer les salariés, en attendant que la production de ces derniers soit vendue et engendre des rentrées d’argent.

Mais comme cette définition du capital est bien trop compliquée et conduit à un montant bien trop faible (vu qu’il ne s’agit en fait que du volume du fonds de roulement nécessaire pour faire tourner une activité économique en payant fournisseurs et salariés), les « économistes » ont tout simplement étendu la notion de capital à celle de propriété.

Alors que la définition de Marx comparait deux flux différents : celui alimenté par les ventes et celui alimenté par le salaire, les « économistes » se sont mis à comparer des bananes et des navets. À moins que ce soient des carottes et des navets ? Ou alors des bananes et des carottes ? Personne ne sait vraiment et si vous faites bien attention, on parle toujours d’estimation de fortune quand on essaie de décrire la richesse des « milliardaires ».

Estimation, parce que, en regardant de plus près, cela n’a absolument aucun sens. De quoi est composée la « fortune » de Bernard Arnault, de Bill Gates ou d’Elon Musk ? Essentiellement de portefeuilles d’actions dont la valeur est estimée en multipliant le nombre par la valeur unitaire.

On peut comparer cette richesse à celle du vase de Chine de votre arrière-grand-mère que vous avez mis en vente 1000 euros sur un site de vente en ligne depuis trois ans et qui n’a jamais trouvé acheteur. Si on suit la logique d’Oxfam, il faudrait vous taxer de 2 % sur cette somme de 1000 euros que vous n’avez pas.

Notez que si on reprend la définition de Marx, ça n’a pas de sens non plus. Taxer le capital revient à aller prélever de l’argent dans le fonds de roulement servant à payer les fournisseurs et les salariés. On comprend donc immédiatement ce qui se passe : une diminution de l’activité et du chômage parce qu’il n’y a alors plus assez d’argent pour faire tourner l’activité. C’est d’ailleurs pour cette raison même que Marx pensait que le capitalisme ne pouvait tomber que par une révolution et que les tentatives de régulation du système n’aboutiraient qu’à accroître la misère des prolétaires. C’est un des très rares points sur lequel on peut être d’accord avec lui.

 

L’immoralité élevée en valeur

Passons sur l’absurdité économique, les points les plus graves dans la diffusion d’idées telles que celles véhiculées par Oxfam sont moraux. Ce genre d’affirmation génère la haine sociale et encourage le crime.

Utiliser la force pour allez se servir chez son voisin, ça s’appelle du vol ou du pillage. Que la force employée soit légale, démocratique ou soi-disant justifiée n’y change absolument rien.

Penser que les riches ce sont les autres est à la fois totalement immoral mais également totalement faux. On est toujours le riche de quelqu’un d’autre. Au passage, c’est d’ailleurs une pensée profondément essentialiste dans le sens le plus répugnant, celui de l’essentialisme suprémaciste, vu sous l’angle d’infériorité.

À long terme, ce genre de tolérance finit toujours par se révéler être un très mauvais calcul. Dès lors que l’on ferme les yeux sur la nuisance que l’on fait subir aux autres, que ce soit à son profit ou non d’ailleurs, il arrive toujours un moment où l’on se fait prendre à son propre jeu.

Il arrive toujours un moment où l’on se trouve de l’autre coté du manche. La règle d’or morale (ne fait pas aux autres ce que tu ne voudrais pas que l’on te fasse) n’est pas juste un dogme illusoire inventé pour vous faire courber l’échine. C’est une règle à la fois empirique et logique.

Dès lors que l’on invalide une justice morale au nom d’une autre justice morale, dans le cas présent, prendre de force de l’argent aux uns pour en donner aux autres, on invalide par là même toute la logique du raisonnement : rien ne permet plus alors de juger objectivement que l’opération soit juste ou non dans son ensemble.

En d’autres termes : si vous admettez que l’on puisse commettre des actions immorales, vous devenez alors totalement illégitime pour juger, votre capacité de jugement n’a plus aucune valeur. Un juge ne peut pas être un criminel quand ça l’arrange.

Rien ne permet de transformer par magie une chose injuste en une chose juste. La fin ne justifie jamais les moyens. Jamais.

 

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  • La gauche est devenue LA spécialiste de la confusion entre la lame et le manche. Alors qu’elle croit tenir l’un, elle se coupe avec l’autre. Les dernières « victimes » s’appellent Quatennens ou Bayou.
    Taxer encore plus le capital, l’entreprise, les riches dans un pays au coefficient de Gini faible ne peut que se retourner contre les gens que la gauche est censée défendre. Heureusement pour eux, ceux-ci ont depuis longtemps été voir ailleurs.

  • Finissez chaque mois de plus en plus juste !

  • «taxer la fortune des milliardaires français à hauteur d’à peine 2 % permettrait de financer le déficit prétendument hors de contrôle des retraites »

    C’est surtout le meilleur moyen de laisser filer le déficit des retraites et ainsi ne pas résoudre les dysfonctionnements. Il faut d’abord se remettre en question.

    Concernant les milliardaires euh c’est aussi la preuve que la capitalisation marche bien.

  • Encore plus fort dernière déclaration de MD Tondelier Marine secraitaire général d EELV « Nous voulons une France sans milliardaire »
    Incroyable ou allons nous avec des gens pareils

    • A la décroissance peut-être mais la misère certainement, allez voir sa biographie sur Wikipedia vous serez édifié.

    • Mais réfléchissez un peu !!! Croyez-vous qu’un milliardaire va voter pour MD Tondelier ? Non ! Seul un pauvre, croyant ses inepties peut voter pour elle ! Ces gens là, sont comme des commerçants, s’ils n’ont plus de clientèle, ils disparaissent. Donc ils ne veulent plus de milliardaire et ils veulent de plus en plus de pauvres. Ce n’est pas plus compliqué que cela.
      Hollande ou Mélenchon, avec leurs revenus de plus de 10.000€/mois se foutent de la pauvreté, mais sans les pauvres, ils n’existeraient pas.

  • Depuis combien de décennies nous répète t’on qu’il faut SAUVER notre système par répartition ? S’il faut le sauver c’est qu’il est en péril ? Quel péril ? Celui de la démographie, doublement car nous faisons moins d’enfants que le taux de recouvrement de 2,1 depuis tellement longtemps et que nous vivons de plus en plus vieux. Les tendances démographiques sont dites lourdes car une génération est de 25 ans, donc depuis la fin du baby-boom, le bien nommé, en 1973, la France vieillit. Qu’a t’il été fait ? du rafistolage à commencer en 1993 par Balladur.
    Mais ce qui met en péril cette répartition, c’est la confusion entretenue avec 42 systèmes de retraites gérés différemment, ceux de professions libérales sur le principe de la capitalisation avec des réserves abondantes, ceux du secteur privé qui sont les seuls à reposer sur la répartition (CNAV, ARRCO , AGIRC) qui ont été moultes fois réformés depuis 1993 (Balladur). Et enfin les régimes des fonctionnaires et spéciaux dont la resource est l’impôt provenant de la Loi de finances annuelle (nos impôts + dettes). Je passe volontairement sur les dispositifs financiers dispersés pour ne pas alourdir le propos. Le problème principal est la non provision des retraites des fonctionnaires et régimes spéciaux (5.000 milliards €) dont les « jaunes budgétaires » chiffres les montants en dizaines de milliards annuels. Toutes les réformes entreprises on été faites pour camoufler/pérenniser ces systèmes publics au détriment des systèmes privés at bien entendu en éludant les évolutions démographiques cependant aisément visibles et corrigeables.

    • « corrigeables » n’est pas le mot. Il faudrait dire quelque chose comme « remédiables ». L’idée est de construire des systèmes robustes et résilients qui laissent la démographie être ce qu’elle sera sans pour autant en souffrir. Ca vaut dans tous les domaines, les retraites comme les aléas climatiques ou la société. Il ne faut pas condamner les riches, mais s’assurer qu’une société avec des riches sera bien harmonieuse pour tous. Il ne faut pas donner des primes à la natalité, mais s’assurer que quelle que soit la natalité observée, les retraités ne soient pas mis en péril.

    • Frédéric Bastiat a expliqué en 1850 comment un système par répartition ne peut fonctionner (quelle que soit la démographie).
      quant à Oxfam, ils sont généreux avec l’argent des autres : c’est la définition du socialisme et du vol.

  • Le peuple s’est habitué aux miracles, le biceps est devenu cheval puis cheval-vapeur puis kW, on peut soulever des montagnes avec le petit doigt, comme Atlas.
    Habitude populaire de profiter de plus en plus en se fatiguant de moins en moins et perdre de vue à qui on le doit: quelques têtes bien faites et audacieuses depuis le taggeur de CroMagnon qui bravait le feu, en passant par Galilée qui affrontait la théocratie, Condorcet et autres Lumineux face aux coupeurs de têtes, et maintenant aux entrepreneurs ou investisseurs imaginatifs face au parasitisme institutionnel appuyé par la coalition des influenceurs décérébrés façon Oxfam selon qui pour prolonger le miracle de consommer toujours plus en travaillant de moins en moins, il faudrait exterminer ceux qui y contribuent le mieux.

  • A ceux qui auraient besoin d’exemples pour convaincre les oxfameurs de leur famille que l’apport de capitaux est aussi créateur de richesse que le travail, j’offre celui-ci, de 2007 au Togo :
    Monsieur H.D. est marié et père de cinq enfants. Il a pour activité principale la fabrication et la réparation des chaussures. Sa femme, réduite à une simple ménagère n’a aucune capacité de contribuer aux charges du ménage. Monsieur H.D. se bat seul pour subvenir aux besoins de la famille. Aussi généreux que charitable, il forme gratuitement dans son atelier certains garçons très nécessiteux et subvient à certains besoins de ses apprentis comme la santé et le déjeuner. Son atelier est très bien fréquenté à cause de la qualité de son travail mais il manque cruellement de matériels pour mieux répondre aux exigences de ses clients.
    Monsieur H. D. sollicite ce crédit de $850 pour s’acheter une machine et s’approvisionner en matériels de fabrication de chaussures pour élargir la liste de sa clientèle et améliorer sa prestation de service. La réalisation de cette ambition lui sera très bénéfique notamment en matière d’augmentation de son revenu.

    • Dixit un économiste actuel qui résume bien la situation :

      « La richesse, comme disaient nos vieux économistes du XVIIIe siècle, ne cesse d’être stigmatisée, dans un agrégat, une nébuleuse, indéfinie,autoritaire, habillée d’un voile de vertu.

      Si le combat des inégalités sociales est bien nécessaire et légitime, il ne peut ignorer la pression fiscale exercée dans l’hexagone au plus haut niveau européen et tout particulièrement sur la transmission.
      La France, en matière fiscale, occupe déjà une place privilégiée sur le podium des nations les plus lourdement imposées.

      Inspirons-nous, alignons-nous sur celles qui doivent
      être des modèles, en bien, pas en mal ».

  • Combien y-a-t-il de milliardaires qui habitent en France ?
    Quatre, cinq ?
    Grotesque.

  • OXFAM dénonce les milliardaires de plus en plus riches en 2022, UBS dit qu’ils sont légèrement moins nombreux et légèrement moins riches en 2022

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