Elon Musk contre le paternalisme numérique

Aujourd’hui, dans un monde où l’on bâillonne Julian Assange et rétablit la censure préalable, défendre la liberté d’expression est devenu quelque chose d’exotique.

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Elon Musk contre le paternalisme numérique

Publié le 8 novembre 2022
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En affichant son attachement à la liberté d’expression, Elon Musk a réveillé tous les censeurs progressistes et les régulateurs étatistes ou para-étatistes qui estiment que les médias doivent demeurer leur chasse gardée, préservée d’un grand public toujours perçu comme une menace.

Depuis le rachat chaotique de Twitter, régulateurs, politiciens et influenceurs se bousculent dans les médias pour mettre en garde contre le « dangereux libertarien » Elon Musk qui menace l’ordre moral numérique des élites progressistes.

 

Les nouveaux modérateurs de Twitter

En Allemagne, le SPD d’Olaf Scholz a déclaré vouloir un encadrement plus strict de Twitter suite à sa reprise par Musk.

Samedi dernier, c’était au tour du haut-commissaire aux droits de l’Homme Volker Turk de s’inquiéter de la reprise de Twitter par Elon Musk, cette fois-ci au nom des « droits humains » :

« Je vous demande instamment de faire en sorte que les droits humains soient au centre du management de Twitter sous votre direction ».

Son inquiétude porte notamment sur le rôle central de Twitter dans ce qu’il désigne par la « place publique numérique (sic) ».

Le jour précédent, Thierry Breton, commissaire européen au marché intérieur, recadrait paternellement Elon Musk sur ses velléités « libertariennes » dans le domaine de la liberté d’expression (en lui donnant au passage quelques conseils business…) : en Europe, la modération de Twitter devra se conforter aux règles communes de l’Union, beaucoup plus restrictives que celles défendues en Amérique du Nord.

Tout le monde a en effet les yeux fixés sur la nouvelle politique de modération d’Elon Musk et s’agace de la liberté de ton, à la limite de la frivolité, du nouveau boss de Twitter. Tout indique, autant pour des questions de convictions personnelles que pour des raisons économiques, que tout va changer radicalement : fini le safe space pour les cinquante nuances de gauchisme woke, bonjour le pluralisme idéologique élargi.

Fini les bots, bienvenue à la certification payante pour éviter le trolling intempestif. Bien entendu, ce ne sont encore que des promesses, mais l’effet d’annonce de Musk a aussi agi comme un révélateur des intentions liberticides de ses concurrents et de ses ennemis. Ou de ses « nouveaux amis », c’est-à-dire ceux qui proposent de cogérer son entreprise pour lui faire retrouver le droit chemin du cléricalisme idéologique progressiste, pour reprendre une expression imagée de Joel Kotkin1.

 

Conservatisme numérique

Si Elon Musk concentre aujourd’hui toutes les attaques sur lui, c’est qu’il est en train de dissocier Twitter du bloc clérical progressiste qui impose son point de vue sur tous les sujets dominants en Occident.

Sur la classe médiatique, la liberté individuelle, la crise sanitaire ou la crise en Ukraine, son point de vue choque et détonne. Et le fait que cette liberté de ton déplait aux élites technocratiques au point de vouloir la voir disparaître nous donne une bonne indication sur le degré d’illibéralisme qui pétrifie nos démocraties « libérales » en oligarchies bureaucratiques.

Rappelons une nouvelle fois l’évidence pour pointer la dérive liberticide d’aujourd’hui : Elon Musk n’est pas libertarien, même si, selon Jeffrey Tucker, il semble s’être radicalisé avec les confinements.

Il ne voit pas l’État comme un ennemi mortel, et n’a jamais vraiment craché sur les subventions quand il s’agissait de construire ses Tesla ou quand il s’agit de collaborer avec l’État américain via SpaceX.

Son seul crime est d’être un « absolutiste » de la liberté d’expression, ce qui faisait partie, il y a encore quelques années, du patrimoine politique commun, des libéraux classiques à la gauche démocratique, en passant bien entendu par les libertariens. Aujourd’hui, dans un monde où l’on bâillonne Julian Assange et on rétablit la censure préalable, défendre la liberté d’expression est devenu quelque chose d’exotique. Il est temps de voir renaître la liberté comme principe, en Occident comme ailleurs.

  1. Joel Kotkin, The Coming of Neo-Feudalism: A Warning to the Global Middle Class, 2020.
Voir les commentaires (11)

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Créer un compte Tous les commentaires (11)
  • défendre la liberté d’expression est devenu quelque chose d’exotique
    Très jolie formule. La liberté est devenu étrange, voire suspecte. “Je suis pour la liberté, mais…” une liberté à condition de se plier aux injonctions du moment.
    Cette dérive est flagrante depuis les campagnes de vaccination Covid. Une liberté aussi fondamentale que “mon corps mon choix” ne va plus de soi.

  • Les gens vraiment épris de libertés – la première étant la liberté d’expression – ne peuvent qu’adhérer au principe du pluralisme d’idées défendu par Elon Musk dans son opération de rachat.
    Les autres – c’est à dire beaucoup de monde, à commencer par les politiciens – ne sont que de gros hypocrites. Ce qu’ils défendent, eux, se résume à ceci: les privilèges d’une « caste »!
    Je serai sur Twitter, au moins pour soutenir de ma place cette initiative!

    • Qu’est-ce qui vous prouve que l’opération de rachat défend bien le principe du pluralisme d’idées affiché pour la rendre populaire ? J’ai beau chercher, je ne trouve pas les informations pertinentes sur ce point-là.

      • « Qu’est-ce qui vous prouve que l’opération de rachat défend bien le principe du pluralisme d’idées affiché pour la rendre populaire ? »
        Rien, il est vrai! Les preuves « antérieures » aux actes étant, vous en conviendrez, pour le moins, rares!
        Non, rien qu’une déclaration d’intentions générale; et une promesse, celle de réintégrer les (des?) personnalités bannies à cause de leurs opinions.
        J’attends de voir, comme vous. Mais je ne peux m’empêcher de penser que déjà, s’il respecte sa promesse (tout en éliminant les trolls), ce sera un grand pas de fait pour la pluralité des idées.
        Le fera t’il? dans quelle mesure? L’avenir nous le dira…et nous en apportera la preuve (ou pas!).

    • Elon Musk a immédiatement censuré sur Twitter ceux qui s’en prenaient à lui car ils étaient victimes de ses licenciements. Belle preuve d’ouverture d’esprit et de liberté de pensée !
      Ne pas raconter n’importe quoi.
      Pour lui aussi, la liberté d’expression ne doit refléter que la ligne de ses pensées politiques.
      Si Mr Musk était élu président, nul doute qu’il se comporterait comme un Bolsonaro.

      •  » Pour lui aussi, la liberté d’expression ne doit refléter que la ligne de ses pensées politiques »
        Voila bien un jugement péremptoire, qui montre à quel point nous vivons souvent l’instant présent – et rien d’autre! Tout doit être instantané: il rachète Twitter (rappelons le, le 27 octobre, il y a de cela … 12 jours!); et le pluralisme s’installe comme par magie…
        Tesla est une de ses réussites, vous l’admettrez, je pense. Tous les constructeurs automobiles (ou presque) lui ont emboité le pas, la voiture électrique prend place, lentement mais sûrement, dans le paysage mondial.
        Cela ne s’est pas fait en un mois, ni un an (Tesla est créé en 2003, Musk intègre l’entreprise en 2004).
        Mais cela s’est fait! Et l’Histoire retiendra que Musk est l’un des acteurs (sinon le principal) qui auront oeuvré au basculement de l’industrie automobile du « tout fossile » au « tout électrique ».
        Alors, avant de juger: si vous lui laissiez un petit peu plus de temps, à ce « bon » Musk?
        Quant à le comparer à Bolsonaro, ça mal l’air bien prématuré! Laissez-le au moins se présenter…et faire campagne!😁

        • Quelqu’un qui ne supporte pas la critique n’est pas loin d’avoir un penchant pour la dictature. On le voit bien avec nos écolos.

        • Pour l’automobile, Musk ne serait un héros que si l’électrique s’imposait SANS SUBVENTIONS ETATIQUES. Là, il est plus proche de l’oligarque que du grand pionnier de l’industrie. Et c’est bien ça qui sème le doute sur ses promesses.

          • Un héros… je ne sais pas s’il convient de le dénommer ainsi. Un visionnaire qui bouleverse le cours des choses, plutôt.
            Quant aux aides de l’état: il n’y a pas QUE LUI qui en profite: pour ce qui est des voitures, tous les constructeurs qui s’étaient convertis au gazole; et aujourd’hui, à l’électrique; y compris les chinois dans certains pays.
            Mais rendons à César ce qui lui appartient: la montée en puissance de la mobilité électrique, c’est (plus) lui.
            Visionnaire ET oligarque, pourquoi pas! Malgré la connotation (russe) trés négative du premier terme, s’il est avéré que Musk « murmure » a l’oreille du gouvernement américain: via Space X peut être…

  • Concernant les « droits humains » : tous les pays qui s’en revendiquent appellent ça les droit humains et non les droits de l’Homme. La France est la seule exception. Après il y a une majuscule à Homme, qui indique que c’est tout le genre humain qui est concerné (hommes et femmes).

  • La liberté d’expression c’est de permettre la pluralité des idées politiques, religieuses, philosophiques, scientifiques.. dans la sphère publique. En fait elle exprime tout simplement la diversité des personalités, des expériences et des situations des êtres humains. Deux remarques :
    – pour que la liberté d’expression soit opérante dans la sphère publique, elle doit également exister dans la sphère privé (famille, organisation politique ou religieuse, association..). Ce qui avouons le est assez rarement le cas.
    – dans liberté il y a responsabilité, qu’on oublie souvent de citer dans le cas de liberté d’expression. Je dois pouvoir exprimer tout ce que je suis du moment que cela ne porte pas atteinte à autrui. Communiquer pour détruire l’autre, propagande et mensonge, n’ont pas lieu d’être. Je suis stupéfait de voir les campagnes politiques américaines qui ne sont plus dans la liberté d’expression mais dans la liberté de destruction. Ensuite on s’étonne !

    Il y a une différence fondamentale entre dire je voudrais que le monde soit ainsi et dire je ne voudrais pas que le monde soit ainsi. Est-ce la devise de Musk ? Espérons.

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