Écoterrorisme : se dirige t-on vers des années de plomb ?

Depuis peu, ce qui relève de la dernière version du communisme prend un nouveau visage, bien moins risible et bien plus violent

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Écoterrorisme : se dirige t-on vers des années de plomb ?

Publié le 7 novembre 2022
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Alors que la France connaît une flambée des prix de l’énergie et une ruée vers le chauffage au bois, le Sénat a cette semaine voté et enrichi le projet de loi sur les énergies renouvelables.

La France paie l’impréparation de sa politique d’infrastructures et en particulier de sa politique énergétique ; mais pas seulement car les causes sont multiples et encore débattues. De l’inflation globale provoquée par les banques centrales au conflit ukrainien, une des causes les plus éludées est sans doute la pensée écologiste qui ramène l’Occident 75 ans en arrière sur le plan social et le maintien dans une économie de guerre teintée de malthusianisme.

Comme dans le débat sur les retraites, les gesticulations autour du climat resteront stériles tant qu’elles ne sortiront pas du cadre mortifère de l’étatisme, un cadre source d’inflation et de misère mais qui ne suffirait plus.

Comme toute religion, la religion écologiste se fonde sur son apocalypse. L’urgence de celle-ci crée une dépression bien connue chez les plus jeunes, l’éco-anxiété, poussant à la stérilisation voire au suicide dans certains cas. Cette urgence crée également ses fanatiques, telles que les ridicules opérations d’agitprop dans des musées par des adolescents en manque de sensations fortes.

Depuis peu, ce qui relève de la dernière version du communisme prend un nouveau visage, bien moins risible et bien plus violent.

 

Manifestations de Sainte-Soline

Ce nouveau visage s’est incarné ces derniers jours dans une petite bourgade des Deux-Sèvres de moins de 400 habitants.

À quelques kilomètres de Niort, la commune de Sainte-Soline est l’objet depuis plusieurs semaines d’une lutte entre agriculteurs et militants écologistes au sujet d’un projet de méga-bassine, ouvrage de stockage d’eau destiné à permettre aux agriculteurs d’anticiper les sécheresses estivales. Sur les 16 réserves élaborées par quelques 400 agriculteurs et validées en 2018, c’est celle située sur le bassin de la Sèvre et du Mignon qui suscite depuis septembre l’indignation de plusieurs organisations écologistes et de défense du patrimoine archéologique ainsi que de géographes et d’hydrogéologues.

Une indignation légitime à la hauteur du débat scientifique sur un sujet ayant un impact sur les nappes phréatiques mais qui s’est rapidement vue déborder le week-end du 28 octobre par une manifestation pourtant interdite face au risque de ZAD et réunissant plusieurs milliers de personnes. Cette manifestation s’est soldée par de violents heurts et une soixantaine de gendarmes blessés.

On compte parmi les participants à cette manifestation près de 400 Black blocs, activistes d’ultragauche, ainsi que d’anciens manifestants de Notre-Dame-Des-Landes, lieu de guérilla durant près de 4 ans entre 2014 et 2018.

Depuis les manifestations du week-end de la Toussaint, on voit apparaître une convergence avec des manifestants anticapitalistes et altermondialistes d’Attac, du NPA ou encore d’Oxfam.

 

L’ultragauche à la manœuvre

Cette convergence n’est pas une nouveauté et illustre parfaitement les véritables intentions des factieux.

Le 23 septembre, cette violence a frappé l’aéroport du Bourget. Le Terminal 1 du premier aéroport d’affaires d’Europe a été bloqué par des militants d’Attac et d’Extinction Rebellion afin de dénoncer « les ultra-riches ».

Après les attaques contre des terrains de golf ou la vague estivale de dégonflage de pneus de SUV, l’escalade de la violence écologiste n’est rien d’autre que la mutation de la violence socialiste.

Cette violence a valu plusieurs passes d’armes, y compris au sein même d’EELV.

Une extrême gauche en voie de radicalisation

La première passe d’armes aura été entre le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin et Jean-Luc Mélenchon. Le premier évoquera la montée d’un « écoterrorisme » lorsque le second accusera le ministre de « dérapage » avant d’en faire un lui-même en parlant d’un ministre faisant frapper des députés et qui les aurait menacés d’envoyer le RAID et le GIGN.

Mais c’est la seconde passe d’armes qui nous intéressera le plus : elle oppose les deux finalistes de la primaire écologiste Yannick Jadot, dont le véhicule a été affublé du sympathique « crevure », et Sandrine Rousseau, incarnant le visage institutionnel de la radicalisation écologiste en défendant bec et ongles les factieux au nom d’un écologisme dit « de combat » et justifiant les actes de groupuscules d’ultragauche dont de nombreux membres sont par ailleurs fichés S.

Si, comme l’évoquait le criminologue Alain Bauer sur CNews, le terrorisme n’a pas de définition consensuelle, les propos du ministre de l’Intérieur reflètent une certaine réalité.

 

Une nouvelle Action Directe

De José Bové à Notre-Dame-Des-Landes en passant par le barrage de Sivens, les Français sont désormais familiers de l’activisme vert.

Cet activisme s’est radicalisé à mesure que l’écologisme s’est mue en religion avec sa divinité, ses blasphèmes, ses sacrifices (médiatiques), son apocalypse et surtout ses commandements au quotidien rappelant l’orthopraxie de certains cultes.

Cette mutation en religion a provoqué ses dépressifs et ses fanatiques par définition radicalisés. Pour autant, la religiosité de l’écologisme était une évidence pour quiconque se souvient qu’il n’est rien d’autre qu’un nouveau socialisme.

L’Occident moderne est habitué à se battre contre ces menaces ayant toutes pour centre névralgique le collectivisme. Le socialisme a contribué à tuer la spiritualité avant d’y substituer l’État et l’écologisme n’y fait pas exception.

De fait, l’évolution violente du mouvement écologiste peut se comparer à celui du mouvement socialiste. Les ZAD ne sont pas sans rappeler les événements de la Commune de Paris et l’idée d’un écoterrorisme dénoncé par Beauvau n’est pas une simple vue de l’esprit à vocation polémique.

Pour nous en convaincre, l’expert en sécurité Éric Delbecque nous propose lui-même de filer la comparaison avec le socialisme et en particulier celui des années de plomb, époque de la bande à Bader, des Brigades rouges et d’Action Directe à l’origine de l’assassinat du PDG de la Régie Renault Georges Besse à quelques pas de son domicile le 17 novembre 1986.

Il n’est donc pas idiot d’évoquer une escalade de la mouvance écologiste passant de l’atteinte à la propriété à l’atteinte directe aux personnes.

Face à cette violence, qui en rappelle d’autres tout aussi actuelles, il existe deux solutions à utiliser de concert.

La première consiste à révéler, à chaque instant, la supercherie de l’écologisme dans l’attente de son effondrement comme le communisme avant lui.

La seconde dépend des pouvoirs publics et est bien plus incertaine lorsqu’on voit les résultats de Notre-Dame-Des-Landes : montrer que la violence est stérile et n’aboutira pas.

Or, si on peut saluer Gérald Darmanin pour avoir mis des mots sur les maux, il y a fort à parier que l’inflexion sera l’œuvre du chef de l’État lui-même. Au nom de la tranquillité civile, Emmanuel Macron écornera un peu plus une des principales institutions dont il est le garant : l’autorité de l’État. Une autorité faible avec la délinquance et forte avec les Français du quotidien et qui sortira donc, ne nous y trompons pas, encore plus affaiblie de ces violences.

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  • Article très incisif, qui décrit bien la poussée socialiste qui se confirme jour après jour, et la violence qui en découle. Tout cela cela peut encore s’envenimer bien sûr, mais gardons la tête froide, ce n’est pas l’autorité de l’état qui règlera cela, c’est le retour et l’implication du citoyen dans la société qui pourra changer les choses en profondeur, et non l’autorité de l’état (qui ne peut que répondre par la force et donc renforcer les manisfestants qui réagiront à chaque fois avec plus de violence).
    Seules l’implication et la responsabilité de chacun pourront mettre fin à cette révolte fanatique.
    Et quoi de mieux que de solliciter les citoyens au travers de référendums sur les sujets les plus impactants telles que l’énergie, les retraites, voire les taxes, ou même le rôle de l’état…
    Je sais, cela est un doux rêve démocratique, mais sincèrement, je ne crois pas au renforcement de l’autorité de l’état qui sera de nouveau appliqué de manière « égalitaire » et donc sur chacun d’entre nous, avec trop peu d’impact sur les groupuscules de malfaiteurs.

    • Je ne crois pas que plus de démocratie ferait avancer les choses; on l’a vu avec le référendum à NDDL qui est resté lettre morte.
      Par contre un état qui arrête de s’occuper de tout et qui se recentre sur le régalien serait beaucoup plus efficace. Je rappelle que la sécurité n’est pas un problème de police mais de justice. On a une justice en France qui ne fonctionne pas. La police, elle, défend les lieux du pouvoir, comme dans les pays du tiers monde où la police défend seulement le palais présidentiel.

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    • Bonne idée le référendum,ça a été tenté à Notre Dame des Landes…

  • l’écologisme s’oppose au développement humain. donc possède un potentiel totalitaire évident sinon génocidaire ; on vous l’avait bien dit..

    faites une relecture des articles sur contrepoint qui dénonce l’ecoogisme , ils admettent souvent que l’ecologisme est necessaire… mais « un autre écologisme »..
    quand on croit à un absurdité .

    ce n’est pas un hasard si ce sont des enfants qui sont mis en avant…

  • Pour mettre fin aux agissements des écologistes il faudrait déjà remettre en cause l’urgence du réchauffement ou dérèglement climatique quand ça arrange qui va tous nous tuer dans 6 mois ainsi que les millions de milliards de milliards de morts dus à la pollution de l’air.

    Malheureusement pour ça il n’y a personne. C’est totalement tabou et personne n’a envie de prendre le moindre risque.

    12
  • Continuons comme ça et nos agriculteurs se contenteront de cultiver des éoliennes ou des fermes solaires, qui ne nécessitent aucun dispositif d’irrigation et qui, pourtant, sont largement arrosées de subventions.

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  • Les Français sont nostalgiques du soviètisme qu’ils regrettent de n’avoir pas connu : ils votent à gauche depuis 40 ans, rêvent d’être fonctionnaires et adorent la CGT (quand ils sont fonctionnaires). L’éducation nationale, courroie de transmission de cette idéologie, n’inculque chez les jeunes que ces idées de gauche.
    L’écologie, aidée par LFI, est exactement le mouvement néo-soviétique que tout ce peuple attendait et qui va sauver la France.
    Quand on voit les discours des députés NUPES, le monde entier a compris ce que va devenir la France.

    • Il suffit de relire le discours de John GALT: Il sera criant d’actualité dans quelques années quand on pourra dire aux français qui votent à gôche depuis plus de 40 ans  » qu’ils ne doivent pas se plaindre, ils auront le monde qu’ils ont voulu, et qu’ils ont maintenant »….
      Sauf que John GALT a retiré les cerveaux qui faisaient tourner l’économie, mais que pour nous, ce sont les gouverants qui les font fuir sans qu’aucun John GALT providentiel n’ait besoin de se manifester!
      Et vous avez tout à fait raison, ce que va devenir la France est déjà écrit si l’on poursuit dans cette voie suicidaire!

  • Face au vandalisme, au saccage , aux destructions, des biens privés ou publiccs.
    Quelques sommations puis passage a des traitements brutaux avec l’unique objectifs d’un reusltat Anneantissant definitivement les causeurs de ces attaaques….

  • Et dire qu’en ce moment-même se tient une énième et inutile COP qui ne sert à rien d’autre qu’à gaver de produits locaux des chefs d’Etat pris dans les filets d’un terrorisme vert.

  • Avatar
    The Real Franky Bee
    7 novembre 2022 at 13 h 34 min

    Si l’on généralise la seconde loi de la thermodynamique, toute forme de vie ne survit qu’en augmentant le désordre autour d’elle afin de maintenir son propre équilibre. Par conséquent, la nature ne peut être que structurellement bouleversée par l’homme (autrement l’espèce humaine s’effondrerait), il n’y a pas d’alternative crédible. C’est donc notre destinée, et quoi que l’on fasse, on finira tôt ou tard par se prendre une crise en pleine face. Mais il est tellement plus tentant de céder aux visions intrinsèquement manichéennes qui rongent la civilisation occidentale depuis des lustres, à savoir désigner des coupables au sein de la société et laver cette dernière du péché par l’autoritarisme et la violence (le péché étant ici ici la dégradation de l’environnement par la faute de l’homme blanc).

    • « on finira tôt ou tard par se prendre une crise en pleine face »
      Vous semblez bien optimiste! La crise, on est en plein dedans, non?

    • « Si l’on généralise la seconde loi de la thermodynamique, toute forme de vie ne survit qu’en augmentant le désordre autour d’elle afin de maintenir son propre équilibre. »
      On peut aussi avancer l’hypothèse que s’il y avait moins d’hommes sur terre, il y aurait certainement plus d’animaux qui, eux aussi, contribueraient à l’augmentation de l’entropie.
      Les dinosaures devaient bien créer quelques dommages collatéraux à leur environnement…

      • Avatar
        The Real Franky Bee
        7 novembre 2022 at 18 h 28 min

        Tout à fait ! C’est justement mon point. Tout forme de vie augmente l’entropie autour d’elle. Par définition même de la vie. Donc à un moment, le tableau ultra noir dépeint par les tenants de l’écologie politique et leur tentation totaliaire pour régler le problème deviennent risibles, voire même plus dangereux que le réchauffement climatique lui-même.

    • N’ayez pas peur, généralisez, sinon la vie n’existe plus….

  • Peut-être pas des « années de plomb » puisque c’est un métal polluant.

  • « Peut-être qu’il y aura un terrorisme écologique », prédit le magistrat. « Quand des gens considéreront que la vie d’un arbre est plus précieuse que la vie d’un homme, ils seront capables de faire des choses assez dures », estime-t-il. « Le terrorisme existera toujours », reconnait Marc Trévidic. dans un entretien à Sud Radio le 6 Avril 2020 , nous en prenons le chemin .

  • En tant que groupe identifié, exercer une violence physique, dans l’espace publique, sur les opposants afin d’en tirer des gains politiques, c’est ce qui s’appelle du fascisme.
    On est bien plus, dans processus de violence fasciste pour faire pression sur l’opinion et museler les opinions contraires, qu’une violence démonstrative terroriste type Action Directe.
    C’est bien plus large, moins violent, et plus inquiétant car justement moins violent, ce qui le rend plus acceptable pour bon nombre de citoyens et de responsables politiques.

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