Les infâmes méthodes d’Oxfam

Oxfam Store Front by Jeff Djevdet (CC BY 2.0) — Jeff Djevdet, CC-BY

En réalité, Oxfam ne milite pas contre la pauvreté, ni même contre les inégalités injustes. Oxfam milite pour l’impôt et la confiscation.

Par Simone Wapler.

Chaque année, à la même époque, OXFAM connaît un moment de gloire médiatique en dénonçant les « riches » avec son rapport sur les inégalités émaillés de statistiques pour la plupart aussi tapageuses qu’insignifiantes.

Le cru 2020 ne déçoit pas. Il livre en pâture Bernard Arnault à la vindicte populaire.

Un exemple illustre parfaitement l’écart titanesque entre les plus fortunés et le reste de la population française. Imaginez : vous vivez depuis la prise de la Bastille, le 14 juillet 1789 (oui, nous vous dotons d’une très longue vie !). Depuis cette date, vous avez pu économiser 8000 euros par jour (imaginez !). Aujourd’hui, plus de 84 200 jours plus tard, votre fortune s’élève à plus de 673 millions d’euros. Et bien, malgré tout cela, cette fortune n’équivaudrait qu’à 1 % de celle de Bernard Arnault, l’homme le plus riche de France. Sa richesse estimée ? 67 milliards d’euros ! Et ce n’est pas près de s’arrêter. En 2019, Bernard Arnault a été l’homme d’affaires qui a engrangé le plus de richesse dans le monde.

La fortune de Bernard Arnault

Le calcul de la première partie est censé vous démontrer le côté « inhumain » de la fortune de Bernard Arnault.

La vision simplette d’Oxfam oublie au passage les prébendes de l’État.

Si je mets de côté tous les jours 8000 euros, la fiscalité s’occupera de m’en délester d’une partie. Elle oublie aussi les faillites publiques, dévaluations, inflations changements monétaires. Elle méprise la capitalisation mais le but était de tomber sur 1 %, histoire de marquer les esprits.

Signalons qu’il faudrait que 36 Bernard Arnault donnent l’intégralité de leur fortune « estimée » pour rembourser la dette publique française, résultat d’un demi-siècle de mauvaise gestion de nos affaires publiques et de redistribution stérile.

Mais d’où vient la richesse « estimée » de Bernard Arnault ?

L’a-t-il gagnée en mettant un pistolet sur la tempe de pauvres diables, en employant des enfants, en réduisant des femmes en esclavage ? Non. Il l’a gagnée en montant un groupe spécialisé dans la fabrication et la commercialisation de produits de luxe.

Il existe une différence de taille entre un Bernard Arnault (LVMH) et un dirigeant salarié d’Oxfam à la paye substantielle, équivalente à 100 fois le salaire moyen de 1,725 milliard de personnes : personne ne nous oblige à choisir un sac de marque, à boire un champagne prestigieux ou à nous arsouiller au cognac. En revanche, nos impôts subventionnent à plus de 50 % Oxfam et dans ce cas nous n’avons pas choisi la destination de notre argent.

Le capitalisme de copinage

Dans d’autres secteurs, de nombreux grands groupes industriels pratiquent par ailleurs un « capitalisme de copinage » se procurant une rente à coups de subventions, incitations, réglementations comme le dénonce Guillaume Moukala Same :

L’État est la voie par laquelle ceux qui ne peuvent pas obtenir ce qu’ils veulent par le consentement d’autrui peuvent l’obtenir grâce au pouvoir coercitif. C’est donc tout naturellement que les hommes d’affaires sans scrupule se pressent et se bousculent à la porte du Pouvoir pour solliciter l’État.

À ce titre, une fortune amassée dans les « énergies renouvelables », l’industrie de l’armement, la pharmacie ou d’autres secteurs largement subventionnés pourrait-être mise en doute MAIS personne n’est contraint d’acheter un produit de luxe produit par LVMH.

Aucun contribuable ne les subventionne.

Pourquoi la redistribution serait-elle plus « juste » que la distribution initiale ?

Qu’est ce qui permet à ceux qui poussent leurs solutions politiques de taxation-redistribution d’affirmer que c’est le cas et, par conséquent, de réclamer le monopole de la violence légale sur les droits de liberté, de propriété et de résistance à l’oppression de leurs concitoyens ?

Rien, si ce n’est peut-être un vilain sentiment : l’envie.

On trouvera toujours une majorité de gens disposés à confisquer une partie des biens d’autrui ; [et] il se trouvera toujours des hommes politiques pour appuyer cette revendication. (Philippe NemoPhilosophie de l’impôt)

C’est ainsi qu’en France, notre personnel politique, atteint de La rage de l’impôt, vote des impôts qu’il ne paie pas et vit grassement de l’argent des autres. Lorsque qu’un de ces professionnels de la redistribution quitte la politique, comme Cécile Duflot, c’est pour une confortable sinécure comme celle d’Oxfam au service de la promotion de ce système.

En réalité, Oxfam ne milite pas contre la pauvreté, ni même contre les inégalités injustes. Oxfam milite pour l’impôt et la confiscation.

« Ces inégalités ne sont en rien une fatalité, mais bien le résultat de choix politiques. Elles sont la conséquence de politiques sociales et fiscales qui réduisent la participation des plus riches, entreprises et particuliers, à l’effort de solidarité par l’impôt et qui fragilisent ainsi le financement de services publics essentiels. »

Rappelons que la France est championne du monde des impôts.

Nos services publics sont-ils les meilleurs du monde ? Nos hôpitaux irréprochables ? Notre enseignement de qualité ? Nos trains propres, sûrs et ponctuels ? Est-ce la faute de Bernard Arnault ?

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