Il faut bâtir un système sanitaire performant

C’était une catastrophe annoncée. Le système sanitaire français s’effondre par pans entiers. L’ensemble des secteurs sont concernés.

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Hôpital by BrotherM (CC BY-NC-ND 2.0)

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Il faut bâtir un système sanitaire performant

Les points de vue exprimés dans les articles d’opinion sont strictement ceux de l'auteur et ne reflètent pas forcément ceux de la rédaction.
Publié le 30 mai 2022
- A +

C’était une catastrophe annoncée. Le système sanitaire français s’effondre par pans entiers.

L’ensemble des secteurs sont concernés. La ville, la campagne, la médecine prétendument libérale, la médecine hospitalière publique ou privée, les EHPAD, etc.

Ce qui focalise l’attention des médias en ce moment est la fermetures des services d’urgences hospitaliers.

Malgré l’hospitalocentrisme qui a guidé la politique de santé française depuis des décennies, le secteur hospitalier français public est en grande difficulté. Le secteur hospitalier privé ne va pas mieux.

Cela ne date pas d’hier mais ces problèmes ont sauté aux yeux au moment des covid, gérés politiquement et, dans un premier temps, uniquement autour de l’hôpital public. Ce fut flagrant lors de la première épidémie apparue fin 2019.

Le délabrement hospitalier fournit la raison pour imposer le premier confinement. Le prétexte officiel était d’éviter la surcharge des services, en particulier de réanimation. C’est cette insuffisance de moyens, manque de lits de médecine, manque de lits de réanimation, qui a justifié la coercition sociale.

 

Faire des économies

Cette pénurie est le fruit de plusieurs dizaines d’années de rationnement pour « sauver la Sécu ». Pour l’État, « sauver la Sécu » prime sur soigner les gens en toutes circonstances.

La fermeture des services a continué pendant les épidémies covid, et elle se poursuit, y compris celle des services urgences. Après celle des services d’urgences d’hôpitaux locaux, le point d’orgue aujourd’hui est la fermeture des services d’urgences de grands CHU.

Les urgences n’ont pas toujours été une quasi spécificité hospitalière comme aujourd’hui. Elles le sont devenues par volonté politique. La médecine générale a été démolie par les gouvernements successifs. Sa mise sur la touche, évidente lors de la première épidémie, confirme cette volonté dévastatrice.

Plusieurs problèmes aggravent aujourd’hui la situation.

Aux problèmes structurels liés aux choix faits en 1945, et à plus de 75 ans de mauvaise politique gouvernementale, s’ajoutent des difficultés conjoncturelles.

 

Inflation

Les hôpitaux publics et privés doivent subir l’inflation qui revient. Les EHPAD, les USLD et autres établissements de santé sont également concernés. Ils doivent faire face à des difficultés similaires à celles des hôpitaux (augmentation du coût de l’énergie, de l’alimentation, du matériel, manque de personnel). La médecine de ville en est victime dans une moindre mesure.

C’est une vieille histoire.

Sans entrer dans les détails, l’inflation est liée à l’augmentation de la masse monétaire, ici entraînée par ce qu’on appelle

Le quantitative easing

L’État fédéral américain a décidé un beau jour que pour faciliter l’accession à la propriété, surtout des minorités, les banques devaient prêter à des personnes insolvables. Une réaction en chaîne s’ensuivit qui aboutit à la crise des subprime. Pour, prétendit-il, sauver les banques, l’État eut recours au quantitative easing.

L’argent magique 

Les États, surtout l’État français, décidèrent de s’emparer de la gestion des covid, au détriment des médecins. Ils prirent des décisions politiques injustifiées ineptes et nocives, comme le confinement et la coercition sociale. L’économie, la société s’effondrèrent. Les covid continuèrent leur vie. Pour, prétendit-il, réparer ses dégâts l’État inventa le « quoi qu’il en coûte ». L’argent magique coulât à flot.

 

Chaque fois, une faute politique crée un problème et entraîne une seconde faute politique pour, paraît-il, le résoudre. En vérité une première balle dans le pied se double d’une nouvelle balle dans le pied.

S’y ajoutent la hausse des prix des matières premières, alimentaires, énergétiques, du transport (carburant, conteneurs…), etc. Il faut garder à l’esprit qu’un système de santé performant, comme une économie performante, nécessitent une énergie abondante et bon marché. Une énergie abondante et bon marché sauve des vies.

Ces problèmes avaient commencé avant la guerre en Ukraine. Cette vraie guerre, voulue, et non déclarée contre la Russie, a servi de motif aux gouvernements européens pour imposer des sanctions économiques contre leurs populations et entreprises. Ces sanctions ont considérablement accru la cherté et la rareté des produits. Le gouvernement français est en pointe dans cette nocivité suicidaire.

Là encore, des décisions politiques nocives sont la source du désastre socio-économique.

 

Manque de personnel

Les Français sont habitués aux déserts médicaux, dans les campagnes, dans les villes, tout le temps ou à certaines heures, pour plusieurs spécialités professionnelles.

L’ignominie que constitue l’exclusion des soignants non-vaccinés aggrave la pénurie de professionnels de santé. Cette exclusion a été décidée délibérément.

Il a fallu que le gouvernement vote une loi spéciale créant les « suspendus sans ressources », afin d’éviter qu’ils soient licenciés et indemnisés. L’objectif est bien « d’emmerder les non-vaccinés », ici les soignants. Ils sont insoumis, dissidents, l’objectif est de les faire souffrir. C’est un comportement de psychopathe.

 

Macron parle aujourd’hui de réintégration mais le mal est fait. Il n’est pas certain que la réintégration des soignants non-vaccinés entraîne le retour de tous. D’autant que chaque jour amène sa nouvelle fournée de soignants non à jour de leurs obligations vaccinales, à cause des rappels à faire… Pfizer se porte bien, merci pour lui.

 

Adaptation

Les dépenses de Consommation de Soins et de Biens Médicaux sont très significatives : 209,2 milliards d’euros en 2020. Le secteur hospitalier reste le principal poste de dépense.

Malgré cette somme, le besoin de financement immédiat lié à l’inflation serait de 2,1 milliards d’euros Avec le système tel qu’il est, l’État devra mettre la main au portemonnaie afin d’assurer la continuité des services aux patients et le fonctionnement global du système de santé hospitalier. C’est possible dans le cadre réglementaire actuel. Mais le portemonnaie est vide. Les finances de la Sécu et de l’État sont dans une état de délabrement avancé, (déficit et dette). Nous retombons, entre autres, dans le problème de la création monétaire.

 

Ce problème d’adaptation tarifaire à l’inflation se retrouve dans les autres secteurs dits régulés.

Le secteur marchand s’adapte différemment, mais il n’est pas vraiment non régulé. Il existe 78 codes et 483 impôts, taxes et cotisations. Le Code du travail prévoit l’augmentation automatique du SMIC si l’inflation dépasse 2 %. Le risque est donc d’entrer dans la spirale infernale prix/salaires.

 

Le problème est la régulation

Depuis 1945 et la création de la Sécurité sociale, le secteur de la santé a été exclu du marché. Depuis cette date tous ses problèmes sont liés à la politique suivie par les différents gouvernements. Ce sont des problèmes de centralisme et d’étatisme. Cela parce que le système de santé ne fonctionne plus sur la base de la responsabilité personnelle, (celui qui dépense n’est pas celui qui paie), ni de l’information des prix.

Les technocrates sont donc obligés de mette en place des outils pour corriger ce manque. Par exemple l’IFAQ chargé « de la prise en compte de la qualité ».

Il faut de plus en plus de gens pour faire tourner une machine de plus en plus lourde, réglementée, et de moins en moins performante. Ainsi la part des administratifs augmente dans les hôpitaux, aux dépens des soignants.

Il y a interventionnisme, mal-investissement et pénurie, ce qui caractérise une économie socialiste.

 

Réponse paramétrique ou réponse systémique

Les réponses tarifaires sont paramétriques. L’hôpital a la plus grande difficulté à assurer ses missions en temps normal. Il est submergé lors d’événements exceptionnels. Compenser l’inflation ne suffira pas. Réintégrer les soignants non vaccinés ne suffira pas.

C’est d’une réforme systémique dont le système de santé français a besoin. Celle-ci doit s’adosser à une politique saine.

Elle consiste à :

Abandonner les politiques monétaires inflationnistes,

Instaurer la liberté économique,

Arrêter les sanctions économiques et cesser de jeter de l’huile sur le feu en Ukraine,

Remettre l’Europe à sa place, et rendre toute la sienne à la France,

Limiter l’État aux fonctions régaliennes,

Rétablir la liberté d’expression.

Voir les commentaires (9)

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  • Et si on commençait plutôt par cesser de rêver et affronter pragmatiquement les difficultés ?

    • Bonjour,
      Justement. Penser que l’on peut restaurer le système sans changer totalement de paradigme, c’est rêver !!!
      Le pragmatisme que vous semblez recommander, consiste depuis des dizaines d’années à modifier les réglages du système, sans en régler le fonctionnement. C’est la recette plébiscitée par tous les gouvernements et elle échoue tout le temps. Il faut penser « out of the box ».
      En tant que médecin, et devant l’incurie chronique de nos édiles, je préconise depuis 25 ans le deconventionnement collectif des médecins comme point de départ d’une refondation du système libéral.

      • Le pragmatisme, c’est faire le constat de ce qu’on peut améliorer de l’existant à brève échéance et de ce qu’il est réaliste d’espérer changer à brève échéance également. La liste de « fondations » donnée par l’article est séduisante, mais, soyons réalistes justement, je ne la verrai pas de mon vivant. Raisonner « out of the box », c’est un exercice utile, mais là encore l’occasion ne se présentera pas de mon vivant de passer à la pratique (à moins d’une crise auprès de laquelle l’actuelle passera pour un simple moucheron dans l’oeil).
        Le pragmatisme, néanmoins, autorise de bouleverser certains aspects. Le déconventionnement collectif peut être un de ces bouleversements nécessaires, comme il peut y en avoir d’autres. Mais une refondation globale reste tout aussi utopique que souhaitable dans l’absolu. Le moindre manager d’Amazon saurait proposer une liste de mesures permettant d’apporter les meilleurs soins au meilleur coût. C’est une telle liste que devrait proposer l’article, plutôt que celle des idéaux libéraux.

        -1
      • Corrigez moi si je dis des âneries mais :
        – Qu’est ce qui empêche en pratique tous les généralistes d’être non conventionnés, si cela représentait réellement la volonté de la majorité des médecins « libéraux » ?
        – Les généralistes conventionnés sont-ils à proprement parler des médecins « libéraux », ou n’est-ce pas du fonctionnariat déguisé ?
        – En quoi un déconventionnement total de la médecine générale règlerait nos soucis actuels ? Naïvement, j’aurais pensé que les médecins non conventionnés s’installant dans les déserts médicaux (car c’est bien l’un des gros problème actuel) factureraient des tarifs exorbitants aux rares « petites gens » habitant encore à la campagne. Mais, cela ne pose-t-il pas un début de problème d’ordre moral sur l’égalité d’accès au soin voire le serment d’Hippocrate?
        – Tant qu’on y est, appliquons cette solution miraculeuse à l’enseignement et aux professeurs toujours en vacances aussi, avec des écoles 10 fois plus couteuses à la campagne qu’à la ville, car au fond ils l’ont choisi de vivre à la campagne et sentir la bouse de vache non mais…
        – Puis quand il n’y aura plus personne à la campagne pour soigner et éduquer nos valeureux paysans, vous pourrez toujours faire pousser du blé sur le champ-de-Mars avec vos petites mains douces de citadins, et vous irez soigner vos ampoules pour 150 euros chez un médecin non conventionné.

        •  » En quoi un déconventionnement total de la médecine générale règlerait nos soucis actuels ? »
          Je me pose la même question. En quoi exclure du soin les moins aisés réglera quoique ce soit? Parce que déconventionner totalement la médecine reviendra seulement à ça:
          -Enrichissement des médecins.
          -Impossibilité pour les plus pauvres de se soigner.
          J’ai peut-être loupé quelque chose mais ces deux conséquences sont nulles sur l’état du système de santé français…

  • Eh bien voilà il n’y a plus qu’à.
    Néanmoins, doutant fortement de la prescription établie ci-dessus, comme de toutes les autres, je vais m’en tenir à mon plan initial : m’arranger pour ne pas tomber malade.

  • Hôpital public de Versailles, ce n’est quand même pas un trou paumé ?
    Lorsque tu compares avec certains pays tu te croirais dans un ex pays de l’est du temp de l’ère soviétique. Vieillot, crasseux, files d’attentes, outils dépassés etc…

  • en 1970 déjà, Michel CROZIER publiait « la société bloquée » il est triste de constater que ce livre est toujours d’actualité !
    il est parti d’un constat simple: si vous poussez une voiture tout seul, c’est dur; à deux ça va mieux; à 3 ou 4 encore mieux, mais ensuite, si vous rajoutez des pousseurs, ça n’améliore rien, au contraire, les gens se gênent mutuellement. Ce constat est vrai pour l’hôpital,(trop d’administratifs) pour l’éducation (2 bureaucrates pour 1 prof devant les élèves) et pour tant d’autres administrations!

  • Avatar
    jacques lemiere
    31 mai 2022 at 6 h 57 min

    le concept de système qui suppose un but sinon une organisation m’ennuie un peu beaucoup…

    non la sécu ( qui a but et organisation) suit juste le chemin de tous les systèmes collectivisés..

    le principe de la sécu est idiot…chacun paye selon ses besoins… qui implique que le besoin médical est non subjectif et chacun paye selon ses moyen…qui implique qu’on paye pour le besoins de personnes qu’on ne peut pas comprendre…est une impasse… et il conduit à une forme de dictature…d’un groupe qui prétend au savoir..

    travers banal du collectivisme…. qui fait de la pauvreté une vertu..et la récompense..

    la question est simple et compliquée..

    comment faire en sorte que les miséreux ( définition!!!) puissent recevoir des soins « décents » .. plus les « inassurables »..

    pas nécessairement besoin de sécu, si par exemple les miséreux reçoivent un minimum « vital ». qui leur permette de payer une assurance de base privée..
    pas nécessairement besoin de l’etat non plus…. fondations , dons…

    pour les autres….la santé est bel et bien un marché….

    et pas un système..

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