L’hôpital crève de sa bureaucratie

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Protégez-vous, protégez ceux que vous aimez mais également les autres, les non vaccinés anti pass, ces galeux sans âme ! Témoignage d’un chirurgien libéral de terrain, humaniste et en colère.

Par Denis Dupuy.

Le communisme ne fonctionne pas. La solution ? Davantage de communisme. Les impôts explosent au point de nuire à l’activité économique et de faire chuter les recettes fiscales. La solution ? Davantage d’impôts. L’hôpital crève de sa bureaucratie.

La solution ? Vous avez saisi… Et, impulsion propre à l’actuel gouvernement, dans la lignée de l’action de ses prédécesseurs, la mise sous tutelle des cliniques privées. Les ARS, jusqu’alors risée de la profession, sont désignées stratèges de la santé.

Plus le temps passera, plus elles s’interposeront (ainsi et sans développer, le cas des prothèses sous urétrales posées par centaines de milliers dans le monde, et pour lesquelles il faut, depuis un an, présenter chaque dossier en commission, valider la décision en présence d’experts et en faire part au comité central).

Imaginez la médecine privée prenant le visage de l’agriculture depuis qu’elle est chapeautée par l’Europe. Je ne suis plus inquiet en tant que praticien mais en tant que futur patient.

Hystérie sanitaire

En mars 2020, la huitième pandémie mondiale a frappé la planète. Les précédentes, depuis la grippe russe de 1889, ont duré deux ans, ont généré les mêmes angoisses, les mêmes critiques de l’État, les mêmes décisions ubuesques. Internet n’avait pas vu le jour. Le merveilleux réseau a certainement servi de caisse de résonance à l’hystérie des États et des peuples et chacun a tâché d’exploiter la bête selon ses intérêts, rien que de très humain.

Sous la coupe des ARS, sans que l’on ne sache vraiment quelles prérogatives étaient les leurs, nous avons été sommés d’annuler 150 interventions en moyenne pour un Covid pris en charge. La morbidité et la mortalité ont été augmenté de 3 à 5 % dans chaque spécialité. La psychiatrie a pris feu, la consommation de psychotropes a explosé.

Quant aux suicides… Je rends hommage au pauvre J. qui avait investi dans d’onéreuses machines pour sa salle de gym et a mis fin à ses jours à l’âge de 38 ans. Je ne suis pas obtus au point de tout mettre sur le dos des 1200 fonctionnaires de l’ARS d’Occitanie (pardon si j’en oublie) mais que chacun daigne se pencher sur les faits et prendre sa part… 500 plaintes ont été déposées. Nous verrons.

15 000 infirmières ont démissionné et il est certain que cela pèsera. Des interventions sont déjà annulées par manque de personnel. Mes confrères sont également touchés dans leur âme. Leur autorité a été piétinée par des fonctionnaires cassants, hautains et guère compétents.

Leur désarroi face aux défauts de soins est criant. Un ami gynécologue me confiait n’avoir pas examiné un cancer du sein en 4 mois (une femme sur onze). Dès lors, les questionnaires de burnout se révèlent alarmants et des internes mettent fin à leurs jours.

Des fonctionnaires pas visionnaires

Le gouvernement et sa horde de fonctionnaires n’ont pas souhaité l’épidémie, bien évidemment. Tous ces faiseurs de Cerfa ont cependant montré qu’ils n’étaient guère plus visionnaires, mieux renseignés ou même plus malins que nombre de braves citoyens.

Il serait cruel de revenir sur le monceau d’âneries proférées, sur le caractère ubuesque des décisions, tel commerce ouvert, tel autre non, sortie avant 18 heures, le lendemain avant 18 heures 37 : voilà au moins de quoi alimenter la littérature comique pour des années…

Il est certain que le critère santé n’est pas la seule considération mais ainsi va le monde. Admettons tout de même que certains gouvernements se sont montrés plus avisés. Il ne s’agit pas d’être binaire. La balance bénéfice risque ne pèse aucunement, selon moi, en faveur du confinement.

Il n’est pas dénué d’intérêt mais ses conséquences sur la santé physique, psychiatrique et sur l’économie le disqualifient. Reste le rapport que la nation souhaite développer vis-à-vis du risque.

La France est évidemment en mesure de soigner puisque mes confrères font aujourd’hui des prouesses et disposent du matériel qui fait cruellement défaut à la Tunisie. La Covid n’est pas menaçante à l’échelon national, pas plus que l’appendicite mais si vous cessez d’opérer les patients, la donne changera. Le vaccin constitue bien sûr une arme efficace. Les critiques, dans la nation de Pasteur, me peinent.

Jeune, je recevais des patients fracassés après un accident de voiture. Aujourd’hui, on en croise bien peu, par bonheur. Sont-ce les PV, les coups de matraques et les onéreux radars ? Non, bien sûr. Ce sont surtout les airbags, ceintures, châssis-déformables… Idem pour la Covid.

Le martinet gouvernemental

S’il offre quelques avantages minoritaires, le martinet gouvernemental est terrassé par l’initiative privée, vaccins, anticorps, Optiflow. Qui est encensé cependant ? Qui est cloué au pilori ? Quel drôle de monde, qui exige le châtiment et tolère la tyrannie des médiocres, plutôt que mener sa propre barque. La Boétie reviens…

Mais le pass, alors ? L’économie est la victime récurrente de la bande à Cerfa et voilà encore un coup bien rude, autant d’argent qui ne passera pas ailleurs… Ce pass sanitaire est un modèle d’usine à gaz à faire pleurer de joie un énarque.

La dynamique de l’épidémie, mal cernée par les plus brillants confrères (souvenons-nous des 400 000 victimes annoncées par Macron en novembre 2020) joue à ridiculiser une pesante administration à la mémoire bien courte. Cette épidémie s’éteindra plus simplement que le volcan public et que son éruption de lave liberticide, c’est une évidence.

L’immunité humaine est magique, l’administration un peu moins. Quant au ressentiment social… Imaginez : vous êtes absolument persuadé que le vaccin est un poison et vous voici contraint à vous l’injecter avant de passer à vos enfants, faute de quoi vous serez ostracisé, ridiculisé et proscrit.

Vacciné, je ne partage aucunement l’opinion des opposants mais contrairement au législateur, je soigne au quotidien. Devrais-je, dans son esprit, transfuser le témoin de Jéhovah, forcer le musulman à tolérer une valve cardiaque porcine ? Je suis actuellement une patiente moins âgée que moi qui refuse son traitement.

Elle est persuadée qu’un complot médical s’est ligué contre ses intérêts, elle s’oppose frénétiquement, elle sait comment s’en sortir et elle me le fait savoir, clin d’œil et air entendu… J’ai été contraint de lui dire : madame vous allez mourir. Vous êtes la dixième à me parler ainsi et les autres sont tous morts en six mois. Voilà.

La contraindre à la chimiothérapie, l’opérer de force, lui interdire de sortir de chez elle si elle refuse ? Et les lois contre l’acharnement thérapeutique, les directives anticipées et tout ce bazar, que cela devient-il ? Oui, j’entends, l’enjeu collectif mais là encore, suffit-il à justifier cette mayonnaise quand tant de nations s’en sont passées, quand elles ne l’ont pas critiqué ou raillé ? Ces personnes vont sombrer dans la haine.

Le coût du pass prohibitif

Le coût financier du pass est prohibitif mais son coût social sera bien plus élevé encore. Il serait facile de comparer cet autoritarisme avec le laxisme qui caractérise d’autres secteurs, donc je ne le ferai pas… La deuxième vague de haine se nommera taxations, car il faudra évidemment payer.

Le vacciné sous contrainte appréciera, je gage, les impôts supplémentaires à honorer. Quant aux patients se rendant en clinique sans pass, quid ? La direction de notre établissement nous a déjà écrit. Les règles seront appliquées. Les confrères s’affolent fort justement : des défauts de soin et des accidents sont bien évidemment à envisager.

On me répondra : oui mais des milliers de personnes sont allées se faire vacciner. Certes, je ne suis pas obtus mais je maintiens que le coût humain et financier, tout comme dans le cas du confinement, est rédhibitoire. Trop d’externalités… Viendra l’heure des bilans et la comparaison, le fameux benchmarking, ne pèsera pas en faveur de la politique française…

Quant à nos chers hôpitaux (chers : leurs tarifs sont du double de ceux du privé : vérifiez sur la T2A)… Je suis admiratif du savoir de mes confrères hospitaliers, de leur expertise mais je plains ces malheureux. À eux les tutelles hypertrophiées, à nous les fonds de pension…

Il importerait de transférer le maximum de moyens sur les CHU, de favoriser les cliniques moins coûteuses en périphérie et de limiter les dépenses dans les petits hôpitaux que personne ne fréquente plus, mais admettons que les torts sont partagés. Chaque fermeture de lit engendre une mini révolution. La Covid nécessitait des ajustements avec la réanimation mais comment financer des lits qui seront devenus inutiles ?

Nous verrons mais la crise ne m’a pas donné grande confiance dans les choix opérés… Et je souris : cliniques moins onéreuses ? Vous plaisantez ? Ben oui. Le tarif à l’acte est deux fois plus élevé à l’hôpital. Vient ensuite l’honoraire du médecin, à l’occasion salarié de l’hôpital et de la faculté.

Dans ma clinique, je n’exige aucun dépassement. Ailleurs, à l’hôpital, peut-être. Est-ce anormal ? Non, sûrement pas. C’est mérité mais qu’au moins le citoyen soit informé de la réalité des coûts…

Alors, en attendant la mort de la Covid, anéantie par l’immunité et les thérapeutiques, soyez responsables de votre destinée. La plupart des citoyens le sont, en vérité. Protégez-vous, protégez ceux que vous aimez mais également les autres, les non vaccinés anti pass, ces galeux sans âme. Chaque vie pèse.

Pour le reste, je verrai après les vacances. Les prodiges aux manettes nous ont collé un Plan blanc. On remet ça. Il faut dire qu’à l’heure où j’écris, 29 patients sont en réanimation à Toulouse et 164 en Occitanie, soit pour six millions d’habitants. Comment ? Je verrai demain ? Oui, je sais…

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