Énergie : pourquoi votre facture augmente

Comme la fiscalité énergétique ne cesse d’augmenter, ce ne sont pas seulement les prix spots qui font flamber notre facture mais la combinaison de ces différents facteurs.
Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 2
Panneaux solaires photovoltaïques (Crédits USAF, image libre de droits)

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Énergie : pourquoi votre facture augmente

Publié le 14 janvier 2022
- A +

 

En ces moments de pénuries de vent et de soleil quand ils sont nécessaires, (l’intermittence n’étant pas gérable, même au niveau européen, n’en déplaise à certains), et en l’absence depuis plusieurs décennies de constructions de centrales nucléaires nouvelles aux émissions les plus faibles de gaz à effet de serre, à la suite du démantèlement de nombreuses centrales au charbon très polluantes, l’Europe s’est réveillée avec pour seul recours le gaz vendu à prix fort, en particulier par la Russie.

Une dépendance envers la Russie

Cette situation est défavorable pour le climat car brûler des combustibles fossiles émet du CO2 et brûler du gaz émet en plus du méthane – parce qu’il y a des fuites mêmes légères — dont l’effet est encore pire que celui du CO2 sur le climat. Elle défavorise la France qui devient dépendante de l’Allemagne et donc du gaz russe, lequel est géré par l’ex-chancelier Allemand Schroeder pour la Russie. Mais en plus cela fait flamber les prix de l’électricité sur le marché spot sur lequel on s’appuie pour passer les pics de consommation.

Nos factures augmentent donc mécaniquement car n’ayant pas construit de capacités en nombre suffisant et en ayant même arrêté (Fessenheim, Superphénix, les centrales nucléaires allemandes sauf trois, certaines centrales à charbon), on se retrouve de plus en plus souvent à excéder les capacités de production à l’échelle française et européenne, entrainant des délestages.

Mais est-ce seulement cela qui impacte nos factures et notre pouvoir d’achat ?

En France, non, et de loin.

En fait, le mécanisme est pernicieux car il se cache en partie pour ne pas alerter les consommateurs et contribuables.

Le coût des énergies renouvelables

De fait, l’installation abusive des éoliennes et panneaux solaires est très coûteuse et impacte énormément le prix du kWh de ces entités qu’EDF est forcée d’acheter au prix fort.

Aussi pour biaiser et faire apparaître les chiffres comme étant plus sympathiques, avec le concours des filières concernées, lesquelles ont de nombreux lobbyistes installés dans les ministères, le gouvernement a établi des systèmes de subventions et d’exonérations que tout un chacun paie sans en connaitre les causes.

En premier lieu ceci comprend :

— l’exonération des provisions pour démantèlement, soit 90 % pour le terrestre et 100 % pour le maritime, à la charge des propriétaires, des communes ou encore de l’État, donc nous.

— l’exonération de la taxe foncière pour les installations solaires industrielles, c’est-à-dire celles de grandes dimensions, de plusieurs centaines d’hectares comme celle du projet Horizéo à Saucats et la déforestation de 1000 hectares pour 1 GW installés.

Pour l’éolien maritime, les taxes pour 1 GW installé peuvent atteindre 18 millions par an ou plusieurs millions par an (2,8 millions pour la commune de Saucats).

Pour le solaire terrestre, son véritable coût est caché par le biais des exonérations en tous genres. Par exemple, la partie du démontage aux frais des propriétaires pour 1 GW d’éolien terrestre est d’environ 200 millions d’euros tous les vingt ans, soit 10 millions de facto par an ; et encore, ceci n’inclue pas la destruction du socle en béton ou le traitement des produits toxiques.

En second lieu, ceci comprend :

Le coût exorbitant des raccordements au réseau haute tension. Ainsi pour l’éolien maritime, il atteint 50 euros du MWh payés par le contribuable et non affectés au prix de revient dudit MWh. Pour mémoire un MWh nucléaire tout compris revient à moins de 45 euros soit moins que les frais de raccordements de l’éolien maritime !

Ensuite s’ajoutent les subventions diverses dont le détail est délibérativement touffu.

Le problème de la fiscalité énergétique

Outre 7 milliards par an de taxes sur les carburants, soit 175 euros par automobiliste et par an pour les 40 millions d’automobilistes que compte la France, la CSPE de 22,5 euros/MWh, ce sont encore 11 milliards soit 375 euros par ménage et par an pour les trente millions de ménages que compte la France, qui filent en direction des énergies dites renouvelables (ce qu’elles ne sont pas puisqu’il faut remplacer les machines et équipements tous les vingt ans).

Au total pour ces seules subventions, ceci représente 300 euros par personne en France ou 600 euros par foyer et par an. Ceci est à comparer au coût de revient de l’électricité nucléaire pour un ménage moyen, soit 4,7 MWh à 45 euros du MWh ou encore 212 euros par foyer et par an, hors transport.

Il faut alors ajouter les pertes de valeur patrimoniales et l’effet sur les taxes afférentes, comme à Tigné où le coefficient de situation générale a été réévalué à -0,05 par suite d’implantation d’éoliennes.

À ceci s’ajoute encore le prix de l’intermittence laquelle impacte énormément le réseau et demande une compensation coûteuse en permanence, notamment en pilotant les centrales nucléaires mais aussi celles au gaz et au charbon, réduisant d’autant leur efficacité, ou encore en important au prix fort.

Il n’y a en effet pas de compensation, les périodes de forte production des énergies intermittentes (éoliennes et solaires) étant sensiblement les mêmes partout en Europe, le prix du spot s’effondre lorsqu’il n’est pas nécessaire et monte au contraire quand il y a faible production et qu’on en a besoin en fonction notamment des saisons ; l’hiver présentant de nombreux jours anticycloniques froids et sans vent sur toute l’Europe.

Enfin, le mécanisme de l’ARENH qui devait encourager les vendeurs à établir des moyens de production et qui a échoué empêche les clients usuels de bénéficier de l’énergie électrique du nucléaire historique, la moins chère du marché après l’hydraulique, les vendeurs se contentant de faire de larges bénéfices sur le dos des consommateurs.

En conclusion, comme de plus les taxes ne cessent d’augmenter et que l’État veut augmenter l’ARENH, ce ne sont pas seulement les prix spots qui font flamber notre facture mais bien la combinaison de ces différents facteurs.

Pour s’en convaincre, il faut regarder sa facture avec circonspection et y ajouter les taxes pour les énergies intermittentes prélevées sur les carburants : le prix de l’électricité n’est, de facto, même pas la moitié du prix total à payer.

Arrêtons de dépenser inutilement sur les énergies dites renouvelables, dont on achète les composants à la Chine aux dépens de notre balance commerciale, et concentrons-nous sur ce que l’on sait faire : des centrales nucléaires pour un mix énergétique favorable à la France et à ses citoyens.

 

Références :

https://www.ecologie.gouv.fr/fiscalite-des-energies

Question n°57044 – Assemblée nationale (assemblee-nationale.fr)

Production – Production totale : RTE Bilan électrique 2020 (rte-france.com)

Ménage – Famille − Tableaux de l’économie française | Insee

 

 

 

 

Voir les commentaires (8)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (8)
  • 3on nous en demande de trop qui ne sert à rien » : https://www.youtube.com/watch?v=OaEi9b84lxg

  • Merci pour cet article qui, malheureusement, ne sera pas repris par les principaux médias.
    Dire que l’éolien ou le solaire sont une gabegie équivaut à commettre un pêché mortel dans la nouvelle religion écolo-climato-bobo.
    Les responsables de cette catastrophe sont ceux qui nous gouvernent depuis 20 ans et qui se gargarisent avec leur COP, leur projet d’Airbus de la batterie ou la filière hydrogène.
    Malheureusement, je constate autour de moi que peu de gens sont conscients de ce gaspillage et sont prêts à gober n’importe quel projet farfelu, comme l’avion à propulsion électrique.
    L’Europe ne nous aide pas et fait preuve d’une naïveté coupable, voire prend ses décisions en fonction de conflits d’intérêts inavouables.
    Nous n’avons encore rien vu, quand 1 Français sur 3 aura une voiture électrique, le réseau va s’écrouler et nous vivrons ce qui vivent les pays sous développés.
    Quel gâchis !

  • Y a t il quelque chose qui n’augmente pas, à part le pouvoir d’achat ?
    La politique énergétique européenne semble farfelue mais elle a malgré tout un sens, équilibrer le prix de l’énergie au sein de l’Europe, faire en sorte que la France perde son avantage nucléaire par exemple…. Et tout ça au profit de qui vous savez… La pénurie de gaz est volontaire pour augmenter le prix de toutes les énergies avant l’entrée en scène de nordstream 2 et des milliards que recevra l’Allemagne…. Et oui, on a vraiment perdu la dernière guerre et la troisième mi-temps… Et ce n’est pas la construction de nouveaux epr, si cela se produit, qui nous libérera.

  • CE n’est pas tout. La facture va augmenter considérablement avec la limitation illégale par le gouvernement de la hausse des tarifs EDF à 4 % jusqu’en fin d’année, et la spoliation d’EDF, obligée de céder 20 TWh de plus d’électricité nucléaire à Total, Engie & Co pour leur permettre de ne pas (trop) augmenter les prix des clients qu’ils ont pris à EDF.
    Le gouvernement dit aux consommateurs/électeurs : ne vous en faites pas, c’est l’Etat et EDF qui payent.
    Or l’Etat ce sont les contribuables, et EDF ce sont les consommateurs qui devront bien lui rembourser en différé le manque à gagner.
    Ce report de dépenses va conduire nos enfants à devoir travailler pour payer une dette qui ne fait que croître avec des intérêts qui ne vont pas tarder à exploser avec l’inflation.
    C’est de la politique politicienne, mais c’est d’abord de l’hypocrisie avec le bon peuple et de l’ignominie vis-à-vis d’EDF spoliée du fruit de son travail par des concurrents qui ne font qu’engranger des bénéfices sans aucun effort pour produire de l’électricité.

    • Le Maire fait exactement la même chose que Ségolène sous Hollande.
      Elle avait bloqué le prix de l’électricité et nous payé la facture une fois qu’elle n’était plus là.
      Comme quoi ce gouvernement est socialiste, peut-être plus que sous Hollande.

  • En Allemagne, la part de la production électrique renouvelable a baissé d’environ 7% en 2021, celle d’énergie conventionnelle a augmenté de 11%.
    Éolien terrestre -13.1%
    Éolien maritime -10.8%
    Photovoltaïque +1.8%
    Source:https://www.agrarheute.com/energie/strom-erzeugung-erneuerbaren-energien-2021-gesunken-589138

  • Très bon article. La réponse à « pourquoi les prix augmentent ? » tient en quelques mots: perte de notre indépendance énergétique. Depuis Mitterrand jusqu’à Macron sous l’influence d’idéologues dits verts.
    Rendront-ils un jour des comptes (les dits verts) devant un tribunal de l’humanité ?

  • Les commentaires sont fermés.

Promouvoir la liberté n’est pas gratuit

Mais cela peut aider à réduire vos impôts de 66%

Faites un don dès maintenant

Faire un don

Un mensonge d’État et une collusion d’intérêts financiers et politiques ont réussi à persuader une grande partie de l’opinion publique que le développement des sources intermittentes d’électricité éolienne et solaire photovoltaïque était indispensable pour faire face efficacement au réchauffement climatique.

Or, c’est faux mais chacun le répète à qui mieux mieux, faute de compréhension du sujet.

Mensonges ?

Il s’agit là d’une imposture entretenue soigneusement depuis des années par les promoteurs de l’éolien et du voltaïque, ain... Poursuivre la lecture

Conjugué avec l’arrêt politique des deux réacteurs de la centrale de Fessenheim en 2020 et l’arrêt inopiné pour contrôles techniques de cinq autres réacteurs, le retard de livraison de ce premier EPR en France entraine un risque de sous-capacité de production d’électricité cet hiver.

Un avenir nucléaire ou non ?

À l’heure où les Français s’interrogent de plus en plus sur l’avenir énergétique de leur pays et sur les coûts du gaz et de l’électricité, le nucléaire s’invite dans la campagne présidentielle.

Sur fond de changement cli... Poursuivre la lecture

1
Sauvegarder cet article

Par David Teurtrie. Un article de The Conversation

Début janvier 2022, le Kazakhstan a connu des manifestations contre la hausse des prix du gaz de pétrole liquéfié qui se sont rapidement étendues à plusieurs villes du pays avant de dégénérer en émeutes.

Le président Kassym-Jomart Tokaiev a d’abord réagi en limogeant son gouvernement, accusé d’être responsable de la crise, puis a promis un gel des prix des carburants afin de calmer la colère des manifestants. Mais la situation s’est encore aggravée à Almaty, capitale économique ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles