kW et kWh nucléaires : une méconnaissance de nos dirigeants

L’Europe va peut-être manquer d’électricité juste parce que la classe politique et les journalistes n’ont pas compris ce que sont des kW et des kWh nucléaires.

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kW et kWh nucléaires : une méconnaissance de nos dirigeants

Publié le 27 octobre 2021
- A +

Par Michel Negynas.

Cela paraît ubuesque, mais l’Europe va peut-être manquer d’électricité juste parce que la classe politique et les journalistes n’ont pas compris ce qu’est un kW et un kWh.

Dans une récente interview, Mme Pompili disait :

« RTE estime qu’on va avoir 20 % de besoins en électricité en plus d’ici 15 ans. Nous n’avons pas le temps d’ici là de construire une nouvelle centrale nucléaire. Il va falloir développer le renouvelable. »

Autrement dit, nous allons manquer d’électricité, on va combler vite fait avec du renouvelable (c’est-à-dire, en pratique, de l’éolien et du solaire)

Notre Président lui-même a dit :

La France s’est engagée dans une réduction de la part du nucléaire. La part du renouvelable doit ainsi augmenter.

La loi de transition écologique et la PPE prévoient d’arrêter 14 centrales nucléaires, soit environ 10 GW, et d’installer 30 GW d’éoliennes supplémentaires (soit un équivalent pleine charge de 7 GW) et 30 GW de solaire en plus (soit l’équivalent de 3 GW à pleine charge)… Le compte est bon !

Et on retrouve partout chez les institutionnels cet élément de langage : il faut baisser le nucléaire et augmenter le renouvelable pour pallier un risque systémique du nucléaire.

Ben non, pas de chance, le compte n’est pas bon. D’ailleurs, c’est pour ça qu’EDF demande 6 EPR de plus, ça fait 9,6 GW. Là, le compte est bon !

Quelques notions de base sur les kW et kWh nucléaires

La puissance (on dit aussi, pour un réseau électrique, la capacité) c’est l’énergie qu’on peut délivrer par unité de temps. La relation entre puissance et énergie est analogue à la relation entre vitesse et distance. La puissance est en quelque sorte un flux, ou un débit, d’énergie.

En physique, la puissance est exprimée en kW. En électricité, on a coutume de comptabiliser l’énergie en kWh (c’est-à-dire des kW multipliés par des heures).

La plupart des journalistes des médias non spécialisés confondent encore kW et kWh ; certains nous donnent même du kW/h ce qui serait en fait une variation de puissance, ce qui n’a rien à voir.

Il faut dire que les promoteurs d’éolien et de solaire entretiennent la confusion car elle tourne à leur profit, puisque le taux de marche (donc le nombre d’heures où ils délivrent de la puissance,) de ces engins est faible.

L’électricité est un vecteur d’énergie qui ne permet pas de stocker, du moins avec les technologies connues et en quantité nécessaire. Il faut donc à la seconde près équilibrer l’offre et la demande.

L’indicateur premier d’un réseau de production électrique est ainsi la puissance qu’il peut délivrer à chaque instant au cours de l’année, c’est-à-dire le débit d’énergie disponible, et pas l’énergie qu’il peut produire.

Pour assurer la sécurité d’alimentation d’un réseau il faut donc qu’il soit capable de délivrer à tous les coups la puissance (kW) maximale demandée par les consommateurs ; c’est généralement autour de 19 heures entre décembre et février lorsqu’il fait très froid.

C’est ce qui dimensionne le réseau. Et si le réseau est capable de cela, il sera forcément capable de délivrer l’énergie (les kWh) demandée sur une année.

Les conséquences techniques de la différence kW et kWh nucléaires

Le vent et le soleil fluctuent, et l’antienne répétée inlassablement par les défenseurs de l’éolien et du solaire est qu’il y a toujours du soleil et du vent quelque part. Sauf que c’est faux. La nuit, dans une situation météo d’anticyclone sur toute l’Europe, plusieurs fois par an, on n’a rien. Nada.

Mais on pourrait objecter que d’un jour sur l’autre, ou même d’une semaine sur l’autre, la météo faisant des progrès, il est possible de prévoir la puissance probable que le vent ou le soleil donneront. Certes, mais le dimensionnement du réseau est un travail à très long terme, et doit tenir compte de toutes les situations possibles.

Dans ces conditions, la puissance (ou capacité) en kW des énergies intermittentes doit être comptée pour… zéro.

On ne peut donc « remplacer » des kW nucléaires par des kW d’énergies intermittentes et aléatoires.

L’ambigüité entre kW et kWh, puissance et énergie, est totale. Elle se retrouve aussi dans l’objectif de réduire à 50 % la part du nucléaire. Parlons-nous d’un mix en capacité (kW ?) ou en énergie (kWh) ? Personne ne le précise, jamais.

En énergie, si on truffe la France d’éoliennes et de panneaux solaires, on peut évidemment augmenter leur production, en arrêtant les centrales nucléaires quand il y a du vent et du soleil. Le mix énergétique peut alors passer à 50 %.

Mais arrêterons-nous définitivement ces centrales ? Bien sûr que non, puisque nous risquons d’en avoir besoin certaines nuits d’hiver.

On peut « remplacer » des kWh nucléaires par des kWh d’énergies intermittentes, mais on ne peut donc pas « remplacer » des kW nucléaires par des kW d’énergies intermittentes et aléatoires.

Les conséquences sociales et économiques

Le résultat est que l’on construit un double réseau : un réseau intermittent, finalement non nécessaire sur un plan technique, et un réseau pilotable à la demande, indispensable pour assurer la sécurité d’alimentation. Si ce dernier est nucléaire, le réseau intermittent n’épargne aucune émission de CO2. Il ne sert qu’à économiser un tout petit peu d’uranium. C’est marginal.

On fragilise la situation du nucléaire, sur le plan économique, sur celui des compétences, et de la sécurité en le faisant fonctionner en yo-yo.

Toute installation alimentée uniquement par les énergies intermittentes, et elles seules, ne peut avoir que le taux de marche dégradé de celles-ci. L’investissement de ladite installation est donc mal rentabilisé. Par exemple, si on veut produire de l’hydrogène, c’est en aval d’un réacteur nucléaire qu’il faut le faire, pas en aval d’une éolienne.

Comment en sortir ?

Les lecteurs de Contrepoints vont dire que c’est du rabâchage… sauf que ni les médias, ni le personnel politique, ni même certains experts autoproclamés ne semblent l’avoir compris.

C’est quand même bête d’emmener toute l’Europe au désastre sur l’incompréhension d’un concept enseigné en classe de seconde…

Appelons-en aux conseillers, à l’entourage, aux conjoints : pitié,  s’il vous plaît, révisez votre physique de seconde et  apprenez à Mme Pompili, à M Macron, M Jadot, M Mélenchon, Mme Hidalgo et même à tout le personnel politique  ce qu’est un kW et un kWh….

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  • Avant toute chose : en physique on écrit kW et kWh (et pas KW).

    Macron est un cancre arrogant. Comme la plupart des politiques d’ailleurs, il est inapte à comprendre autre chose que les flagorneries. Comme tous les cancres il s’entoure de cancres, et de laquais. Ce qui le rend plus dangereux c’est sa haine tenace de tout ce qui est français. La classe de fonctionnaires et d’élus qui pille ce pays est biberonnée à la toute-puissance de la dépense publique, au « si on veut, on peut ». On ne va tout-de-même pas laisser un problème dimensionnel se mettre en travers de la volonté du Prince !

    Et sur la physique de seconde : s’il n’y a avait que la distinction entre kilowatts et kilowatts-heure ! Ce point n’est parfois pas maîtrisé à la fac… L’éduc nat est là pour s’assurer que les masses adhéreront sans ciller au verbiage qui leur est servi à longueur de JT.

    Je ne peut m’empêcher de citer Feynman à ce propos : « For a successful technology, reality must take precedence over public relations, for Nature cannot be fooled. »

    • Oui : attention: même la majuscule ou minuscule a son importance : kWh, en énergie et kW en puissance.

      • Le premier KW est en début de phrase: majuscule.
        Le second KW est effectivement une faute de frappe. (alors que c’est correct dans le kWh) Mais si vous ne comprenez pas que c’est kW, comment le comprenez vous?
        J’ai demandé à la rédaction de corriger, mais est ce là le point capital?

        • Une faute de frappe ? Ben voyons.
          Vous écrivez systématiquement KW, et ce n’est pas la première fois.
          Donc on vous retourne la question : pourquoi ?

          -1
          • On ne va passer son temps à …. des mouches.

          • Oui ! Mr Negynas une fois pour toute répondez: pourquoi?

            -1
            • Je le confesse, j’ai fait une faute impardonnable, mon article est fichu.
              Je retire mon article: on va bien compenser le manque de nucléaire par de l’éolien et du solaire, puisque c’est Mme Pompili qui le dit.

              Pourquoi je fais souvent cette faute inexcusable? Probablement parce que je manie plus des GW et des MW , alors, KW, ça a le mérite d’être cohérent.

              Et KW, faut être tordu, comme certains ici, pour lire Kilokelvin.

              • « Et KW, faut être tordu, comme certains ici, pour lire Kilokelvin »
                Ah oui, ça je vous le concède, pour lire Kilokelvin dans KW, il faut être particulièrement tordu !
                Ah, quand ça veut pas, ça veut pas…

                -1
        • En début de phrase une unité ne change pas de casse, ne prends pas de majuscule.
          k : kilo
          K : Kelvin
          Les unités issue de personnes célèbres prennent une majuscule.
          J’ai appris cela en seconde, le prof comptait 0 s’il y avait confusion, même si tout le reste était correct.

          -1
          • « kilo » n’est pas une unité (sauf dans le langage courant quand il remplace kilogramme). C’est un préfixe. Certains préfixes prennent des majuscules, d’autres non.
            De « méga » à yotta », les préfixes prennent tous une majuscule. De « déca » à kilo, une minuscule.
            Les préfixes de puissance négative prennent tous des minuscules.
            La raison affichée par Négynas est fausse : on ne met pas une majuscule pour distinguer les puissances positives des puissances négatives quand la lettre pourrait être la même.
            On écrit « da » pour déca et « d » pour déci. S’il peut y avoir un risque de confusion pour certains préfixes (ex pico et péta) il n’y en a pas pour « giga », « exa » ou « nano » etc.

          • Mais j’aime bien votre conclusion : zéro en cas de confusion, même si le reste est correct.
            J’ai été bien plus magnanime avec Négynas, alors que le reste n’est pas même correct !

          • Vous aviez donc un prof stupide.
            Et les deux ne sont pas de même nature. Le K de Kelvin est une mesure de température.
            kilo est un préfixe qui veut dire mille, en physique, il est toujours associé à une mesure kg, km, kW

            le kK , c’est un millier de Kelvin, c’est chaud. C’est aussi ce que sèment ceux qui développent ce détail sur ce site de discussion

      • Bonjour

        Dans le cas du M de MW, cela a de l’importance, mW c’est des milliwatts.
        Dans la cas du K ça n’en n’a pas. D’ailleurs, on écrit GW, MW, TW….
        En aucun cas on ne peut confondre avec Kelvin.

    • J’ai régulièrement oublié la façon de l’ecrire jamais la distinction conceptuelle.. pas important.. là on parle de confusion sur le sens du moins en apparence..

  • « Par exemple, si on veut produire de l’hydrogène, c’est en aval d’un réacteur nucléaire qu’il faut le faire, pas en aval d’une éolienne. »

    Vous confirmez, ou c’est une erreur ?
    J’aurais dit le contraire, l’hydrogène apparaissant comme un moyen d’utiliser une électricité à production aléatoire et sans perturber le réseau.

    • oui l’hydrogène est une pseudo solution à un problème créé de toute pièce. du moins dans le débat actuel..

      • L’ hydrogène n’est que le cheval de Troie fabriqué par les promoteurs éoliens pour justifier le développement de leur filière et continuer à toucher le pactole via la crédulité des politiques et l’argent des subventions.

    • Voir ma réponse ci-dessous. Ce point est très important à comprendre: en aval d’une énergie intermittente, tout utilisateur est dans l’impossibilité de charger en continu ses équipements à sa puissance nominale.

  • C’est une quasi certitude, étant donné l’état de notre réseau, à la moindre vague de froid il y aura des coupures et peut-être même un black-out. La macronie nous a montré lors de la crise du covid comment elle privilégiait les métropoles et le mépris pour la France périphérique. Il y a fort à parier que ces coupures concerneront en majorité les petites gens et la France « gilet-jaune ».

    • Pas sür. Il suffirait que lors de prochains pics de consommation, RTE « oublie » de délester de grosses installations industrielles…

  • Pour faire comprendre ce sujet, je pose la question : « combien faut-il de clignotants de 1 W pour obtenir 100 W avec certitude tout le temps ? ». Ceci dit la culture scientifique élémentaire a sombré

    • veuillez reformuler la question svp… tout le temps ( à venir?) c’est long..est clignoter on peut le fait de différentes façons..

      une tranche nucleaire « clignote. ». faut bien changer le « combustible »

      • Je pense que Swap parle de clignotement aléatoires. Les clignotement des réacteurs sont pilotés, ils sont tous allumés en hiver (hors viste décennale bien sur)

        • oui… »ce qu’il veut dire » ..en effet… mais sur ce qu’il dit c’est autre chose je vois assez bien, l’idée.. dès lors j’aurais préféré utilisé le mot scintillement, clignotement suggère un régularité. ou une périodicité. non intermittence aléatoire..

          l’economie exige de vendre plus cher que le prix de revient..

          avec l’intermittence..on se retrouve à vendre moins cher que ce prix de revient..plus exactement on refile ce problème çà la concurrence..

  • le marché électrique est un marché de puissance..
    la puissance d’une éolienne c’est pas la puissance qu’elle délivre ..

    une éolienne de 2MWatt .. on ne sait pas ce qu’elle fournit.

    une groupe thermique de 2Mwatt fournit 2 MWatt si on le désire..

    la courbe de jeanco sur les prix de marché de l’electricté et la part de la production intermittente, est sans ambiguïté les intermittents parasitent .
    Pompili n’est pas si bête, Pompili est l’exemple typique de ces crétins idéologues capables d’un aveuglement sans borne..
    Elle sait compter quand c’est SON argent..

    les écolos à la pompiili que j’e connais n’e firent pas isoler leur maison, ne roulaient pas en voiture électrique et n’avaient pas de panneaux solaires sur leur toit!!! ça ne les empêchaient en rien de dire que c’etait « ce qu’il fallait faire ».. pour quoi??? pour être ..écolo pardi … car c’est écolo..et être écolo c’est bien..

    par contre.. les intermittents pourraient participer à la production électrique dans certains endroits dans certaines conditions pour certaines personnes… ne serait est que chez des purs idéologues prêts à mettre leur portefeuiile en accord avec leur langue.

    • beaucoup de ces gens furent maoïstes ou staliniens…!!!! et ne manifestent aucun regret..ils avaient raison disent ils;. pour eux avoir des objectifs « nobles » justifient jusque des innocents meurent..

      il est VITAL pour eux de ne jamais avouer avoir été stupides;.car ils existent en prétendant ne pas l’être… donc il ne le feront JAMAIS…

      • Il est d’ailleurs à remarquer que la dialectique des pro-éoliens rejoint bien souvent celle des ‘groupies’ du communisme. Quand on leur fait remarquer que le communisme n’a jamais marché, ils vous rétorquent avec le plus grand sérieux que c’est parce le communisme n’a jamais été véritablement appliqué avec la rigueur suffisante ; il en fallait plus et bien entendu à l’évidence cela aurait marché.
        Pour les éoliennes c’est tout à fait pareil, vous pouvez donner tous les arguments que vous pouvez pour démonter que c’est une bêtise sur tous les plans, la réponse sera toujours la même: il faut en mettre plus et le problème sera résolu!

      • gageons que dans vingt as quand pompili ne sera plus ministre elle expliquera qu’elle était consciente des problèmes mais qu’elle avait préféré les taire.. car enjeu , besoin d’agir, exemplarité..je doute fort qu’slle dise ah ben j’y avais pas vraiment réfléchi

        « la cause valait bien de mentir.. » semble encore être accepté.. j’ai accepté un poste de ministre alors que je n’y connaissais rien passe moins..ça fait plus foutage de gueule.

  • Contre la mauvaise foi, la bonne ne peut rien !
    Vous aurez beau démontrer que l’éolien est une folie, vous aurez toujours une majorité contre vous.
    Le lavage de cerveau que nous subissons depuis des décennies n’y est pas pour rien.
    La nouvelle religion, c’est maintenant l’hydrogène.
    C’est presque magique et on se demande bien pourquoi on n’y avait pas pensé avant !
    Si vous expliquez que pour embarquer 6 kg d’hydrogène dans une voiture, il vous faudra pressuriser un réservoir de 100 litres à 700 bar et que ça peut poser quelques problèmes de sécurité, on vous prend pour demeuré.
    C’est ainsi, il est tellement plus simple de gober le discours officiel que de faire travailler son esprit critique…

  • A M Cachou:

    Bonjour
    Le coût de l’hydrogène est très dépendant du coût de l’électrolyseur. Si vous l’alimentez par une éolienne, il ne fonctionnera à pleine charge que 25% de son temps, car c’est ce que donne une éolienne. En outre, les électrolyseurs n’aiment pas les à coups de charge.
    Un couplage Small modular reacteur et un groupe d’électrolyseurs de 100 MW fonctionnant en continu serait beaucoup moins cher (et même moins impactant pour l’environnement.

    • Merci pour les explications.
      Cependant je ne prends que vos arguments techniques, mais pas ceux liés à la perte de rentabilité liés à l’intermittence :
      En effet l’intermittence concerne des périodes très courtes, alors que l’investissement s’amortit sur plusieurs années, c’est donc uniquement une question de rentabilité globale de la filière éolienne + hydrogène, pour l’instant …

      • D’abord, l’intermittence, pour les éoliennes, ça peut
        durer plusieurs semaines, c’est ce qui est arrivé cette année, et est un des éléments qui ont fait augmenter le gaz.
        Ensuite, je ne comprends pas votre raisonnement économique. Le temps c’est de l’argent. J’ai l’impression que vous raisonnez « à production égale » indépendamment du temps. Or, pendant tout ce temps, votre banquier vous réclame les annuités de votre emprunt….

        • Oui c’est ça, pour ce qui est de la production d’hydrogène à partir de l’électricité je raisonne en kWh et non en en kW.
          Ce qu’il faut prendre en compte est la comparaison de la rentabilité de cette méthode de production avec les autres, mais uniquement sur une période longue.
          L’intermittence est un problème pour le réseau, mais pas pour le stockage sous une forme ou une autre.
          Je reconnais cependant ce que Jacques Lemiere a souligné, le fait que que la production d’hydrogène à partir de l’électricité des éoliennes ne fait que résoudre un problème créé de toutes pièces, qui est celui de l’utilisation de l’électricité des éoliennes …

          • Alors je ne sais pas ce que vous appelez »rentabilité ».
            Je crains que vous ne considériez l’argent qui a servi à construire l’électrolyseur comme « gratuit » ou « allant de soi »?

            • La rentabilité est une notion comptable qui prend en compte les gains sur une période donnée, déduits des dépenses sur la même période et des amortissements des investissements sur une période plus longue.

              • Oui mais ça dépends de la longueur de la période.

                – Rembourser un investissement sur 50ans coute beaucoup plus cher que sur 5ans (c’est aussi l’un des « tendons d’Achille » du nucléaire mais dans des proportions bien moindres).

                – En sus vous aurez de l’entretien, forcemment, une installation de ce type sera seveso (surveillance, contrôles de sécurité…) , vous devrez payer des impôts pour vos locaux, payer le personnel… Tout ça c’est des charges fixes que l’installation fonctionne à 10% ou 95% du temps.

                • Oui ça dépend de la période, le problème est de savoir si sur une période de l’ordre d’une année c’est plus (ou moins) rentable que d’autres moyens de production, et si ça peut le devenir.

                  Je n’en sais rien et, indépendamment des remarques pertinentes de Jacques Lemiere, c’est ce que j’attends comme information lorsque ce sujet est traité.

                  • Mais bon sang, vous investissez dans une usine d’électrolyseurs de 100 MW.
                    Si vous la connectez à 50 éoliennes de 2 MW, vous allez produire dans l’année pour 100×2000 (h) soit 200GWh d’hydrogène, que vous allez vendre.

                    Si vous la connectez à un SMR de 100 MW, avec 90% de taux de marche, vous allez produire 90×8000 (h) soit 720 GWh

                    Et ceci pendant toute la durée de vie de vos électrolyseurs. En plus, ils dureront probablement plus longtemps car ils marcheront en continu.
                    Ils vous rapporteront presque 4 fois plus d’argent. Vous appelez ça comment?

                    • pour être honnête c’est une question de prix payé par le consommateur..

                    • cachou veut ignorer le client..ignorer la concurrence..ignorer l’economie. la question n’est pas qu’il ait tort mais qu’il mette ses paroles en accord avec son portefeuille.

                    • @ Jacques Lemiere vous tombez mal, là.
                      C’était justement la question que je posais (celle de la rentabilité en termes de finance hors subventions, et non d’énergie) de la filière éolien + hydrogène, par rapport aux autres modes de production de l’hydrogène.

              • pas seulement… l’économie ne va pas seulement conduire à mettre fin aux activité non rentables mais aussi à éliminer celle à la rentabilité non optimale…

      • L’éolien a une production erratique avec des trous de production pouvant dépasser plusieurs jours. Par exemple les chiffres Allemands visionnable ici: https://energy-charts.info/charts/power/chart.htm?l=fr&c=DE&interval=month&stacking=stacked_absolute_area&source=sw

        Vu que l’éolien servira prioritairement pour alimenter le réseau électrique. Les surplus disponibles seront très rares (certainement inférieur à 10% du temps) et très puissants (il faudra investir dans les 200GW d’électrolyseurs) C’est complétement irréaliste.

      • Il faut surtout regarder, si on parle de rentabilité, le coût instantané de fournir une réponse à la demande. Ce coût comprend l’amortissement des investissements à long-terme, un amortissement qui certes s’accélère quand on utilise au mieux les capacités résultant de l’investissement, mais qui devient plus coûteux quand on ne les utilise qu’occasionnellement.

  • On vous dira qu’il appartient à la démocratie d’abroger les lois qui déplaisent, y compris les lois de la physique, notamment la gravitation qui nous tire vers le bas.

    • Depuis près de 40 ans en effet, la gravitation a fortement augmenté et depuis une dizaine d’années elle est en croissance exponentielle particulièrement en France, ce qui explique que nous sommes inexorablement tirés de plus en plus vers le bas.
      Les physiciens n’ont pas encore d’explications certaines à ce phénomène mais les climatologues pensent, avec un consensus de plus de 99,9%, que le responsable est le dioxyde de carbone!

  •  » EDF demande 6 EPR de plus, ça fait 9,6 GW. Là, le compte est bon !  »

    Dites moi si je me trompe, mais fermer pour 10 GW de centrales nucléaires classiques et les remplacer par +/- l’équivalent en EPR, même en rajoutant l’éolien et le solaire (qui peuvent tomber à zéro production) pourrait sembler équilibré… pour aujourd’hui !

    Le compte sera t’il encore bon quand on aura 40 millions de voitures électriques*, sans compter des millions de PAC et de radiateurs électriques ?

    * mises en charges en majorité le soir après le boulot

    • Ben non !
      C’est bien pour ça qu’on ne va pas fermer d’autres centrales que Fessenheim. Elles seront toutes prolongées. Et comme on ne va pas non plus baisser nos consommations, il faudra construire de nouvelles sources.
      C’est là que le discours du gouvernement prend tout son sens : il faut vite pouvoir augmenter la production et ce n’est pas en construisant de nouvelles centrales nucléaires qu’on y arrivera.
      Au final, on aura peut-être 50 % de nucléaire… pas par fermeture de centrales mais par ouverture de nouveaux sites ENR.

      • Bonjour

        Je crains que vous n’ayez pas lu (ou pas compris? ) mon article.
        Dois je reformuler?

        • Inutile. Vous ressassez les mêmes âneries depuis déjà trop longtemps.

            • Que vous me preniez pour un imbécile voire un troll, passe encore.
              Que vous preniez pour des imbéciles ne sachant pas faire la différence entre puissance et énergie le président de la république, la ministre de l’environnement, leurs multiples conseillers, les ingenieurs de RTE, c’est sombrer dans le ridicule…

              • Enfin… Nos ministres ne savent pas faire une règle de trois. Ils ne sont pas capable de résoudre un problème de cours élémentaire. Notre ministre de l’économie est agrégé de lettres, notre président a fait de la philo (soit disant…).
                Quant à leurs conseillers, ils se la ferment car ils veulent garder leur poste. Et les ingénieurs RTE? J’en connais, et là c’est simple on ne leur demande pas leur avis.

                • On leur a pourtant commandé un rapport « Futurs énergétiques 2050 » dont il semblerait bien qu’il a été lu en haut-lieu… Et bien compris par des gens qui l’utiliseront pour sauver le nucléaire !

                  • Oui enfin.
                    Raison de ne pas envisager une trajectoire de 40GW de nouveaux réacteurs nucléaires? « Celui-ci ne serait possible qu’en recourant à des capacités industrielles à l’étranger, soit
                    en Europe dans le cadre de programmes nucléaires
                    coordonnés avec le Royaume-Uni, la République
                    tchèque et la Pologne notamment, soit en Asie »
                    Quand on a oeuvré pour démolir la supply chain française, forcément…. Et qu’est-ce qui empêcherait de la rétablir en investissant?

                    « Le scénario N03 permet néanmoins de documenter un scénario comprenant 23 GW de nouveau
                    nucléaire en 2050, et constitue donc un bon objet
                    d’étude pour tester les conséquences de scénarios
                    de relance du nucléaire très ambitieux. »
                    14 EPR et 4GW de SMR, très ambitieux? Quand le plan précédent à construits 59 réacteurs….
                    S’ils avaient justifiée que la contrainte serait l’approvisionnement en uranium dans un contexte de concurrence internationale, je
                    Et seulement 4GW de SMR pour le scénario N03?
                    Selon la puissance du réacteur Nuward (170MW), cela fait 23 à 24 réacteurs. Donc on va se casser la tête à monter une usine de production de réacteur SMR (pour une production standardisée pensée pour réduire les coûts unitaires) pour ce nombre de réacteur? La blague industrielle.

                  • Côté analyse économique:
                    « Le coût des énergies renouvelables : un principe de poursuite de la baisse des coûts qui fait globalement consensus »
                    Voyons.

                    « Les hypothèses de coûts de production des énergies renouvelables retenues dans l’étude se situent dans la fourchette des projections observées dans la littérature »

                    « Le coût total du système électrique va augmenter pour accompagner la hausse des consommations, mais le coût des importations d’énergies fossiles va diminuer dans le même temps »

                    Mais vu qu’on substitue le fossile qui sert à produire le ciment ou l’acier des ENR par de l’électricité. Le cout de cet électricité augmentant, fatalement, le cout de production des ENR va augmenter aussi.

                    Figure 11.22 : N03 représente le moins cher à investir.
                    Figure 11.29 : « Coûts complets annualisés des scénarios à l’horizon 2060 » Tiens M23 est le moins cher à produire
                    Figure 11.32 : « Coûts complets annualisés des scénarios à l’horizon 2060 » Ah ben, une fois qu’on ajoute la distribution et l’équilibrage , N03 représente le moins cher en cout complet annualisés.

                    Et un scénario N04 avec moins d’ENR?

                    Pour un rapport dont la conclusion a été publiée en début d’année, et le rapport ces dernières jours, c’est le grand écard.
                    On se rappelle de Pompili s’exclamer en début d’année « 100% renouvelable, c’est possible https://tecsol.blogs.com/mon_weblog/2021/01/100-enr-cest-possible-barbara-pompili-salue-la-publication-du-rapport-de-laie-et-de-rte-et-%C3%A9voque-un.html

                    Et là, Jadot qui crie au complotisme dans ce rapport qui fait la part belle au nucléaire (AMHA, le N04 manque).

              • je pense aussi qu’il savent faire la différence.. mais justement est ce que ce n’est pas PIRE…??

                d’expliquer au français que ça va se passer comme sur du velour, transition énergique et tout le bazar? et surtout que ça aura un résultat climatique ou en terme d’emission globale de CO2?

                en somme qu’il faille choisir de sacrifier l’economie…

                on a construit des panneaux solaires qui ont fait empirer les émissions globales de CO2 .. et ont couté du pognon.. faut le faire dans le genre dépense d’argent public efficace…SAUF si c’est de l’image..

              • Personnellement pour la ministre de l’environnement j’ai un doute mais effectivement je sombre dans le ridicule!

      • D’après votre analyse, nous allons donc inéluctablement vers un ‘black-out’. Je vais de ce pas acheter un stock de bougies.
        Merci pour vos conseils éclairés.

        • Ca sent la propagande des grands vendeurs de cire et de stéarine.
          Achetez plutôt un petit groupe électrogène et un jerrycan de carburant.

    • La projection de RTE est faite avec une DIMINUTION de la consommation de 43% ?

  • C’est plus grave que cela, ils sont loin d’être a ce niveau de détail: Nos chers politiciens voient les choses séparément:
    – L’électricité c’est ce qui sort de la prise. Y en a toujours.
    – La production électrique, c’est comme les carottes, les bagnoles… On achète des volumes à l’un ou l’autre fournisseur et si on ferme une centrale on peut toujours en acheter ailleurs…

    Ils ont appliqué la même stratégie avec le gaz et on voit ou ça nous mène… (Alors que le gaz se stocke facilement…)

    Si cela ne concernait que les politiciens, encore les gens en dessous feraient ce qu’il faut pour que ça marche. Le plus gros problème c’est qu’ils mettent a la tête des sociétés clé RTE, ex Areva… des gens comme eux: de parfaits incompétents. C’est ça le plus grave finalement.

  • Ce n’est qu’un détail sans réelle importance. A l’edf on connaît la différence et c’est l’essentiel non ?
    Sauf, que il semblerait que nos bons maîtres ne vont par chercher l’info chez les sachants mais chez des charlatans toujours prêts à vendre leur âme pour quelques deniers.
    Il y a quelques années les gaziers étaient désespérés car leur centrales étaient sous employees… Ils ont trouvé la solution, un max de renouvelables avec le moins de nucléaire possible… Et un prix de l’électricité confortable.

    • Dans les années 70 on avait eu l’affaire des Avions renifleurs. ça nous a couté un peu et fait rire beaucoup.
      La c’est du même genre sauf que ça fait 20 ans que ça dure, que ça nous coute beaucoup et qu’on ne va pas en rigoler quand il faudra payer l’ardoise…

    • La seule différence importante, à l’EDF, c’est celle qu’on fera dans le tableau des avancements à la fin de l’année. Et la manière dont elle se fera ne dépend pas des détails et succès techniques, mais du pouvoir de conviction politique et de flatterie de l’électeur.

  • Et moi j’en vois qui confondent kilo et kelvin, k et K !
    Ca vaut pas mieux !

  • Nous raisonnons de la même manière en agriculture en voulant monter à 25 % de la production en bio, qui est une production finalement, assez intermittente car très soumise aux aléas météo.
    Et nous comptons sur les 75 % restant pour compenser la production manquante.
    Mais si toute la planète raisonne comme ça, ça risque de mal finir.
    déjà, avec la hausse vertigineuse des prix des engrais de synthèse actuelle, la fertilisation azotée va être limitée (la production d’engrais doit être relancée et ce n’est pas si simple), il faut s’attendre à une baisse des rendements donc une hausse des prix des produits végétaux , puis animaux.

    • pas un fan u bio.. mais ne faite pas le reproche au bio qu’il faut faire aux politiques..

      il faut libéraliser l’agriculture et picétou.que ceux qui veulent payer plus cher contre des produis qu’i n’ont pour eux de refuser l’utilisation de certains produits..grand bien leur fasse..

  • Les scientifiques ont déserté ou ont été exclus du champ politique. Tout est dans la com de nos jours, et les scientifiques ne sont pas les meilleurs en ce domaine. Ah, la 3 ème république où chercheurs et ingénieurs figuraient en bonne place dans les gouvernements !

    • qu’un ingénieur soit ministre pourquoi pas…

      mais qu’un ministre même ingénieur se mêle de ce qui ne le regarde pas …non…

      vous savez peut importe que le ministre de l’agriculture soit un paysan… la question est de savoir à quoi « sert » un ministère de l’agriculture..

      • à quoi sert un ministère de l’énergie? eh bien comme les autres.. à satisfaire des interets particuliers..

      • Le diplôme d’ingénieur, obtenu à la sortie de l’école, et jamais utilisé pour autre chose que quelques points supplémentaires à l’entrée à Sciences Po ou à l’ENA, ça ne fait pas de vous un ingénieur, mais ça peut faire de vous un ministre comme autrefois.

  • « Il y a toujours du vent quelque part » veut dire autant que « Il y a toujours une éolienne qui tourne quelque part ».
    On peut aller loin avec la production d’une seule éolienne ?

  • Vous dites: « Il ne sert qu’à économiser un tout petit peu d’uranium ».
    Je ne suis pas spécialiste, mais je ne suis pas sûr que même « au repos » l’uranium ne s’use pas. Les neutrons sont absorbés par les barres de contrôle. A vérifier, mais en tout état de cause c’est très marginal.
    Et pour démolir l’idée qu’on dépend de l’étranger pour l’uranium, sachez qu’on a tout ce qu’on veut en France (Lodève, Limoges, Vendée, …) mais que c’est moins cher au Niger, en Afrique du Sud ou en Australie.

  • Sur « L’incompétence de nos dirigeants », voir mon article https://www.contrepoints.org/2020/12/13/386466-les-dangers-de-inculture-technique-de-nos-gouvernants
    qui dresse une pyramide (en couleurs) de la formation de nos présidents, premiers ministres et ministres de l’Environnement de 1969 à nos jours. En exception, 3 Polytechniciens: Giscard, Mmes Borne et Kosciusko-Moriset.
    Je comprend que Mme Borne ait quitté (soulagée) l’Environnement. Elle connaît la différence entre kW et kWh. Elle sait même ce qu’est un TWh.

    • Merci, excellent!
      Et pour les rares cas ou ils ont fait des études en rapport du sujet discuté, fusse t il encore qu’ils aient l’expérience (et l’honnêteté) nécessaire pour apprécier les enjeux…

  • Les processus industriels sont généralement des procédures continus qui n’aiment pas l’intermittence : ça coûte cher à arrêter et remettre en route et ça peut être dangereux. (Demandez à Saint Gobain si on peut fabriquer du verre sans alimentation énergétique fiable).

    Un peu comme l’équipe de footbaleur de H16 qui fait des crises cardiaques à la reprise de l’entrainement.

    Alors les usines à gaz de H2 intermittentes …

  • Dans un grand journal vespéral belge il y a deux jours, à propos du Conseil supérieur de la santé qui « a rendu public un rapport fouillé dont la conclusion est sans appel : l’utilisation actuelle de l’énergie nucléaire ne tend pas à satisfaire les principes de développement durable »:

    « La crise du covid nous a appris à prendre au sérieux le point de vue des experts et à mener une politique basée sur les preuves. L’avis du CSS a d’autant plus de valeur qu’il est rédigé par un groupe diversifié d’experts du nucléaire, d’ingénieurs, de toxicologues et de philosophes »

    Ouf.  Avec les philosophes tout ira mieux.

    Que faire d’autre que pleurer sur ce que l’Europe a été?

  • KW, kWh, tout ça c’est du jargon technique et scientifique. Mieux vaut se fier aux oracles des sorcières lorsqu’il s’agit d’écologie !!

  • Cet article illustre parfaitement le problème auquel nous sommes confrontés tous les jours avec les informations servis par la plupart des médias dit ‘main stream’ : une incompétence crasse de la plupart de nos journalistes et de nos dirigeants pour ce qui est pourtant de simples notions de physique élémentaire. Avec en prime, comme vous le faîte justement remarqué un nombre important de doctes articles écrit par des journalistes qui se prennent très au sérieux et pour qui l’unité d’énergie électrique produite s’exprime en kW/h.
    Pour ce qui est des pourcentages occupés par les différentes filières, il faut bien sûr remarquer que si nous considérons les puissances installées au niveau du parc électrique français, le nucléaire occupe moins de 50% du mix énergétique (46,6% selon le rapport RTE 2019) et les renouvelables près de 40% (39,6 % suivant ce même rapport). En 2021, la part du nucléaire en puissance installée sera encore plus faible du fait de la fermeture de Fessenheim.
    Les objectifs de la soi-disant transition énergétique sont donc très largement atteints en puissances installées.
    Bien sûr, si on parle en énergie fournie ce n’est plus la même chanson : si le nucléaire fournit 70,6%, les renouvelables ne fournissent plus que 21,5% dont seulement 8,5% via les renouvelables intermittentes (éolien et solaire).
    Il faut d’ailleurs remarquer que les 71% de production nucléaire ne représente pas les capacités potentielles de cette filière puisque EDF à l’obligation d’acheter en priorité l’énergie produite par les renouvelables. En dehors de l’absurdité de cette règle sur le plan de la simple concurrence, on peut remarquer quelle est encore plus stupide sur le plan économique (construction de gros moyens de production qui seront donc sous-utilisés) et même potentiellement une catastrophe sur le plan de la sécurité (obligation de moduler constamment la production nucléaire qui n’est pas normalement prévue pour faire le yo-yo, utilisation non optimum des moyens de production qui se dégraderont à la même vitesse voir plus rapidement, risque permanent accru de déstabilisation du réseau…).
    Le seul avantage de l’introduction des renouvelables intermittentes n’est finalement qu’une légère économie de combustible qui représente ‘peanuts’ dans le bilan économique global
    La seule lecture de ces chiffres devrait faire réfléchir certains de nos valeureux hommes politiques !
    Une dernière remarque, vous dires à juste raison que l‘introduction des filières intermittentes dans un mix dominé par le nucléaire et l’hydraulique comme en France ne permet d’épargner aucune émission de CO2. Malheureusement de ce point de vue, la situation est bien pire car lors de variations brutales de production telle que présente par exemple l’éolien, il faudra faire aussi appel à des filières de production à très faible inertie de mise en route et donc les filières thermiques et tout particulièrement le gaz seront privilégiées. Avec des taux d’émission de CO2 compris entre plus de 500g de CO2 par kWh produit (gaz) et plus de 1000g (charbon), on comprend vite que le bilan carbone de la France (entre 5 et 10g par kWh produit avec l’association nucléaire et hydraulique) ne peut que se détériorer : c’est ce que l’on constate déjà depuis 2019.
    Cela explique de la même façon, le peu d’amélioration sur ce plan du bilan Allemand, amélioration faible autant due à la substitution progressive du charbon par du gaz qu’à l’introduction des énergies renouvelables intermittentes.

  • Il y a aussi le confusion entre Watt crête et moyen.
    Un panneau de 300 Wc ne délivre jamais 300 W utiles sauf dans les conditions idéales qui n’arrivent qu’en laboratoire.
    Pour faire simple, si l’éclairage d’une pièce est de 200W, il a besoin de ces 200W tout le temps.
    Les 300 Wc, le 21 décembre à 10:00 c’est 50 W utiles… Je grossis le trait.
    Le plus terribles c’est l’énergie verte compensée : vos 10kW du 31 décembre à minuit à Brest compensé par 10kW le 21 juin à midi en Roumanie…

  • Je rajouterais deux choses….
    Si je prends pour hypothèse (totalement utopique) que le solaire et l’éolien ont la capacité d’assumer la totalité de la production électrique, rien ne marcherais car la puissance de court circuit à la source serait trop faible, donc à chaque démarrage d’installation à forte puissance, la tension tomberait quasiment à 0.
    D’autre part, la fréquence du réseau est de 50 Hz, l’éolien et le solaire utilisé donc des redresseurs et ondulées pour obtenir cette fréquence. Ces installations provoquent des harmoniques sur le réseau, source de dysfonctionnement et d’échauffement.

  • On n’a qu’à diminuer la puissance installée du stock de ventilateurs de 80kW/h soit 700MW/an, par exemple en les laissant tomber en panne.
    Ceci garantirait leur disparition en 25 ans (17600MW/700MW).

  • Entendu sur @Europe1 il y a quelques jours, une journaliste de la matinale, visiblement pas réveillée, nous affirmait que les nouveaux petits réacteurs nucléaires produiront 100kWh…
    Faudra qu’elle nous explique ce qui se passera après la première heure ?

  • J’ai même vu un ancien président d’EDF, dont je tairai le nom par charité, confondre MW et MWh.

  • Cet article est juste splendide, bravo pour cette démonstration tout à fait remarquable, c’est tourné avec un brin d’ironie mais le sujet s’y prête tout à fait même si c’est pathétique !

    Ceci expliquant donc pourquoi une part importante de la population pourtant éduquée, d’un pays pourtant civilisé passe a côté de cette situation absurde…

    Il n’est pas possible de remplacer une techno de production capable de produire sur demande, dans un contexte d’augmentation de demande;
    par une techno encore immature et pour laquelle on sait vraiment que la production n’est pas, sur demande, ce n’est tout simplement pas logique.

    Ou alors on assume faire le choix éclairé de ne bientôt plus pouvoir répondre aux pics de charges comme dans les coups de froid dans un enjeux d’intérêt général, des générations futures, au détriment de ceux qui payent le service aujourd’hui…wow…c’est soit très audacieux soit en effet le résultat d’un vaste quiproquo…

    Ce serait alors une question de confusion entre kW & kWh …

    Je suis partagé entre amusement et résignation:-)

  • Très bon article.
    Malheuresement notre société est de plus en plus gangrenée par ce problème: Ceux qui savent et qui maitrisent le fond des sujets sont considérés commes des moins que rien par ceux qui maitrisent la forme. Politiciens, Comunicants de toutes sortes sont mis aux postes de décideurs alors qu’ils ne maitrisent rien.
    Il suffit de voir le salaire d’un ingénieur debutant pour s’en rendre compte.
    Le blabla rapporte malheuresement plus que les vraies competences.

    • « Ceux qui savent et qui maitrisent le fond des sujets sont considérés comme des moins que rien par ceux qui maitrisent la forme »
      Ceux qui savent sont surtout vécus comme des gêneurs : ils mettent « la honte » aux politiques et en plus cela devrait interdir à ses derniers de voir les choses telles qu’ils veulent les vendre… Inacceptable !

      • C’est la conséquence inéluctable de la délégation de pouvoir à un gouvernement combiné à un contexte médical préoccupant.

        Nous sommes en démocratie et cela implique que nous deleguons la direction de notre pays à des representants politiques.

        Malheureusement, nous faisons face à une pandémie d’imbecilité sans précédent…
        Toutes les classes de la société sont visées, inclus ces gens qui ont la responsabilité de nous représenter. L’heure, est grave.

        Donc, nous, peuple souverain déléguons des sujets sérieux, d’importance stratégique, à des personnes parfois parfaitement imbéciles et aux fonctions inaliénables, peu importe leurs résultats et performances, ils iront jusqu’au bout, quoi qu’il en coûte.

        Alors ces imbéciles saisissent et interprètent comme ils le peuvent des informations et données d’aide à la décision sans pour autant avoir les compétences de les comprendre et prennent ces orientations stratégiques, au mieux, par clientélisme politique…

        Cet article est saisissant de réalisme, cela répond vraiment à l’incohérence de la situation de manière rationnelle

  • Comme quoi parfois vous écrivez un article intéressant bon la conclusion et certain passage sont simplifiée pour permettre d’exploser vos opinions.
    Voilà aujourd’hui notre problème, nous sommes dans une société politique sans opinion est un monde technique avec opinion. Alors qu’il faut faire l’inverse. Un journaliste est là pour relayer des fait et contredire les parleurs si ceux ci racconte des bêtises, des erreurs,ou pire des conflit d’intérêt.
    La question nucléaire aujourd’hui n’a pas lieu d’être nous avons 70,% de notre énergie, donc si black out je me marre la faute au nuk. En revanche dire cas 19 heure il faut la puissance max parceque la demande est la. On frôle l’aberration. Autant acheter une voiture de 1000cv pour doubler un camion trop rapide. En grattant le cerveau des solutions existe est doivent être développé, nous avons 14 ans pour le faire

  • « L’ambigüité entre kW et kWh, puissance et énergie, est totale. Elle se retrouve aussi dans l’objectif de réduire à 50 % la part du nucléaire. Parlons-nous d’un mix en capacité (kW ?) ou en énergie (kWh) ? Personne ne le précise, jamais. »
    Je pense qu’il n’y a pas vraiment d’ambiguïté pour qui que ce soit : l’objectif c’est 50% de la production électrique annuelle par le nucléaire, il s’agit bien de Watts-heures et non de Watts (en Watts, c’est à dire en puissance installée totale, le nuke est déjà à moins de 50% depuis quelques années pas tellement parce-qu’on a fermé Fessenheim mais parce-qu’on additionne continuellement les Watts éoliens et solaires depuis une quinzaine d’années).
    Ce que la majorité des gens ne comprend pas (la plupart des journalistes et aussi des politiques en font partie), c’est qu’un réseau de production et de distribution d’électricité se dimensionne en considérant les Watts et non pas les Watts-heures.

    • Oui, vous avez raison, je pense que l’objectif du mix est relatif à l’énergie. Mais ce n’est dit nulle part, et cela semble assez confus dans beaucoup de propos de certains hommes politiques et journalistes. En particulier parce qu’ils lient l’objectif à l’arrêt de centrales.

      • Un petit rectificatif, ce n’est pas la puissance (en watt) qui détermine la section d’un cable mais l’intensité, donc, sous une tension stabilisée la puissance apparente (volts-ampères).
        La puissance utilisée chez l’abonné est la puissance active. Il existe
        des puissances « parasites » liées au types de récepteurs et au types de générateurs les électriciens les connaissent sous le nom de déphasage et distorsion harmonique, Ces puissances doivent être minorées aux maximum.

    • Voici ce qu’écrivait un expert du Monde en 2017:

      extrait de l’article de M Le Hir, du Monde du 10 juillet 2017 :
      « Un calcul simple permet de fixer les idées. Le parc atomique hexagonal, d’une puissance de 63,2 gigawatts (GW), se compose de 58 réacteurs, ou tranches. Réduire de 76,3 % (chiffre de 2015) à 50 %, soit d’environ un tiers, la part de l’électricité d’origine nucléaire suppose, à production électrique constante, de réduire d’un tiers la taille de ce parc, donc de mettre à l’arrêt une vingtaine de tranches.
      Il faudrait même aller un peu au-delà. En effet, les 58 unités ne sont pas toutes de même puissance : 34 d’entre elles – les plus anciennes, mises en service entre 1977 et 1987 – sont de 900 mégawatts (MW), 20 de 1 300 MW et 4 – les plus récentes, Chooz B1 et B2 et Civaux 1 et 2 – de 1 450 MW. Les premières pèsent donc moins dans la balance. Comme il est logique de penser qu’elles seront aussi les premières visées, il faudra en « sacrifier » davantage que si le couperet tombait sur des réacteurs plus puissants.
      Un autre paramètre est à prendre en compte. La loi de transition énergétique vise à la sobriété : la consommation d’énergie finale de la France devra être réduite de 50 % en 2050, et de 20 % dès 2030. Sauf à imaginerun transfert massif des besoins énergétiques vers l’électricité (avec le développement des véhicules électriques notamment), ou une montée en flèche des exportations d’électricité, la production électrique nationale est donc appelée à baisser. Ce qui, mécaniquement, fera aussi chuter le nombre de réacteurs nécessaires pour fournir la moitié du mix électrique.

      En savoir plus sur http://www.lemonde.fr/energies/article/2017/07/10/combien-de-reacteurs-nucleaires-fermer-pour-reduire-a-50-la-part-de-l-atome-dans-le-mix-electrique-francais_5158549_1653054.html#dlw34QOLP9WCm6EY.99

  • Merci pour votre article Mr Michel Negynas.
    Je voudrais préciser qu’il n’y peut pas avoir un lien entre combien faut-il d’éolien pour remplacer 1 tranche nucléaire. L’aspect quantitatif n’a pas de sens. Dans tous les cas, pour l’éolien il faut un back-up correspondant à la puissance installée en ENR. Cela s’appelle le double équipement et dans la majorité des cas, c’est des centrales au gaz (au mieux) qui assurent le back-up. Sur l’argument fallacieux des ENR, je ferais juste remarquer que la LCOE (Levelized Cost Of Energy) est un calcul simpliste et quelque peu biaisé, puisqu’il ne tient pas compte de l’incapacité des ENR à participer au réglage primaire de fréquence, fréquence qui doit être maintenue à 50Hz si on veut garantir la production et la consommation. De plus, les ENR ne participent encore moins au réglage secondaire de fréquence et de tension (cela leur est impossible), et je ne parle même pas à leur incapacité à assurer une réserve tertiaire qui leur est conceptuellement impossible ou existante. Il faut savoir que les ENR ne participent à rien et le coût du back-up n’est jamais pris en compte dans le coût du kWh livré, sachant que le facteur de charge à l’année d’une éolienne terrestre est de 23% et d’un panneau solaire de 12%. On comprend mieux pourquoi les allemands investissent dans le North Stream 2 pour avoir 60 Mdm3 supplémentaires. Pour la France, il faudrait un Back-up assuré par des centrales à gaz d’une puissance installée de 30GW à minima mais je pense plutôt qu’une puissance installée de 40GW serait plus correcte. A l’avenir, la coupure tournante sera le moyen de régulation et ça sera le moindre mal si on veut éviter un black-out. C’est une stratégie qui fait partie des procédures de RTE. Je vous suggère le livre d’Hervé MACHENAUD : https://www.lesbelleslettres.com/livre/2899-la-france-dans-le-noir.
    Sinon, la loi devrait imposer aux opérateurs d’ENR comme l’éolien et le photovoltaïque un back-up sécurisé pour chaque MW installé. On aurait au moins le vrai coût de l’électricité garanti à chaque utilisateur.
    Cordialement
    FR Libre

  • Quand une de nos merveilleuses centrales va péter, ce sera majuscule !

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