Réseaux sociaux : où diable sont les parents ?

Ce n’est pas à l’État de prendre le relais des parents pour « protéger » les enfants.

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Réseaux sociaux : où diable sont les parents ?

Publié le 3 novembre 2021
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Par Pierre-Guy Veer.

Pendant que l’inflation ronge le pouvoir d’achat, que les lignes d’approvisionnement se fragilisent et que la criminalité explose, les politiciens aux États-Unis ont trouvé un cheval de bataille encore plus vital : les réseaux sociaux. Lors d’audiences récentes au Sénat, des représentants de certains médias sociaux ont dû faire face aux questions des politiciens au sujet de leur influence « négative » sur les enfants.

Oh, il ne fait pas de doute que les Facebook, YouTube et Instagram de ce monde ont une influence indéniable sur tous, y compris les enfants. Il suffit de regarder des enfants star comme Jojo Siwa pour comprendre pourquoi ils sont nombreux  à espérer devenir youtubeur quand ils seront adultes. Par ailleurs, de plus en plus d’études semblent trouver un lien entre médias sociaux et problèmes mentaux, y compris chez les adolescents.

Comment bien encadrer

Cette situation amène une question évidente : où sont les parents et que font-ils pour éduquer leurs enfants ? Car n’en déplaise au gouvernemaman, son rôle n’est pas de protéger les enfants des dangers de la vie, hormis peut-être des crimes réels comme le terrorisme ou la pédophilie.

Je peux prendre mon propre exemple pour affirmer qu’un bon encadrement parental crée des adultes responsables. Car malgré tout ce que je peux dire à propos de mon père, il ne fait pas de doute que sa vigilance a eu une influence positive sur moi et ma fratrie.

En effet, je n’ai reçu ma première console moderne qu’à l’âge de 10 ans, et son utilisation était limitée aux journées sans école – l’éducation était primordiale pour mon père. Et jusqu’à la fin de notre adolescence, il voyait les jeux de combat d’un mauvais œil.

Quand l’Internet est arrivé à la fin des années 1990, son encadrement était tout aussi strict. Ses grandes connaissances de l’informatique lui permettaient de connaître tous les sites que nous consultions. Nous savions immédiatement quand il apercevait un site interdit, surtout s’il pouvait compromettre l’intégrité de l’ordinateur.

Et quand il disait non, ça voulait vraiment dire non.

Trop, c’est comme pas assez

C’est apparemment tout le contraire qui s’est produit dans la famille d’un beau-cousin. Il préférait la méthode du laisser-faire complet, ses enfants étaient presque livrés à eux-mêmes pour découvrir leurs limites.

Résultat (direct ?) : deux sont devenus pères avant l’âge de 20 ans (et avant d’avoir terminé leur secondaire), ils se couchaient à n’importe quelle heure même en semaine et l’un est déjà coincé dans les dédales de la justice pour crimes répétés. S’il avait eu un encadrement comme le mien – mon père a vite vu la mauvaise influence potentielle d’un voisin – il aurait peut-être pu éviter les mauvaises fréquentations qui ont négativement influencé son comportement.

Toutefois, l’extrême opposé – le « parent-hélicoptère » – n’est guère mieux. Ce n’est pas en isolant un enfant du monde réel en encadrant ses moindres faits et gestes pour lui éviter tout danger, ou tout froissement émotif, qu’il grandira. En fait, l’on peut affirmer que ces enfants pourraient facilement devenir des social justice warriors, pour lesquels la moindre contrariété est perçue comme une agression contre son « sanctuaire. »

Bref, la responsabilité de transformer ses enfants en adultes responsables incombe aux parents et non à l’État. Lui abandonner cette responsabilité ne peut qu’être négatif, puisqu’il trouvera toujours des excuses pour s’arroger davantage de pouvoir au nom de leur sécurité.

C’est d’ailleurs ce qui a motivé de nombreux parents américains à s’unir contre l’endoctrinement de leur progéniture, notamment à propos de la théorie critique des races. Et que font les responsables ? Ils traitent les parents de terroristes et de conspirationnistes.

Voir les commentaires (13)

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Créer un compte Tous les commentaires (13)
  • Cher Pierre-Guy, je suis ravi que vous ayez reçu une éducation digne de ce nom.
    Je m’estime moi même chanceux d’avoir reçu une éducation de qualité. Mais…
    – vous estimez vous meritant d’être devenu la personne que vous êtes ? Sachant que votre quasi-seul mérite est d’être tombé dans la bonne famille ?
    – Étiez vous soumis, durant votre enfance aux mêmes agressions sociétales extérieures (publicité, société de compétition pure, agressions numériques, climat anxiogène, …) ?
    – auriez vous souhaité être jeune actuellement ?

    Renier le rôle moral de l’état, ou plus largement sociétal, dans l’éducation de notre jeunesse me semble caricatural et egocentré.
    L’école, et la politique de jeunesse en générale n’a jamais eu pour fonction d’éduquer des enfants déjà éduqués. Mais de corriger (un peu) l’égalité des chances à la naissance.

    • « [la loi du 28 mars] affirme la volonté de fonder chez nous une éducation nationale et de la fonder sur des notions du devoir et du droit […]. Pour cette partie capitale de l’éducation, […] il a paru tout naturel que l’instituteur, en même temps qu’il apprend aux enfants à lire et à écrire, leur enseigne aussi ces règles élémentaires de la vie morale qui ne sont pas moins universellement acceptées que celles du langage et du calcul. » [Jules Ferry]

      Comme on le voit, le but de l’éducation nationale – qui pouvait et peut toujours être confiée aux parents – n’était pas de tendre vers l’égalité des chances mais de former de futurs citoyens dotés d’un bon niveau de connaissances.
      Au pire, en rendant l’éducation obligatoire s’agissait-il d’en faire bénéficier les gosses de la campagne et les filles…

    • de « corriger l’egalité » des chances…lapsus?

      role moral de l’état ..ou sociétal..
      comment dire…

      • Le raisonnement est un peu anachronique.
        A l’époque de cette citation, état et société ne faisaient qu’un ce qui donne du sens au propos remis dans son contexte.
        Mais je ne renie pas le rôle des parents. Je le juge simplement utopique dans notre société actuelle

        • « état et société ne faisaient qu’un »
          ??

          Plus encore est utopique et dangereux de confier à l’Etat des choses qui ne sont pas de son ressort et qu’il ferait mal.

          • Je sais que mon point de vue sur le rôle complémentaire de l’état dans l’éducation des enfants de la nation est de nature socialiste et recevra l’opprobre ici.
            Mais je n’ai pas l’impression que dans les pays où l’éducation est majoritairement ou totalement libérale l’éducation des enfants soit un modèle de vertu.
            Cela dit, le courant libéral actuel dévoyé (à quelques exceptions près) s’enquit visiblement bien peu de la vertu finalement…

    • S’agissant du rôle actuel que l’Etat se fait fort d’endosser – cf aussi chez nous la demande forte de lobbys de contraindre l’accès au porno à laquelle il a accédé plus ou moins mollement – en sus de celui qu’on attend de lui et qu’il remplit mal (l’éducation nationale), je considère qu’il n’y a pas plus lieu aujourd’hui, avec les réseaux sociaux de faire plus ou pire qu’avec la télévision jadis.
      Arrêtons de faire devant ces nouveaux médias de la panique morale et revenons à l’essentiel : les parents ne doivent pas démissionner devant la partie qui leur incombe dans l’éducation de leurs enfants et pas s’en remettre une fois de plus à un Etat déjà incapable de faire le service minimum.

  • casser la famille est un projet chez certains progressistes..

    • C’est justement ce qui leur permet de prendre le contrôle des enfants – contrôle qui plus tard s’appliquera aux citoyens endoctrinés que seront devenus les enfants, et l’État-maman est un excellent moyen pour cela.

      Bravo à l’auteur de « remettre l’église au milieu du village » concernant le rôle, central, des parents et celui – qui devrait être réduit là aussi à ses missions régaliennes – de l’État. Ce dernier n’a pas à « former des citoyens » ni à « corriger des inégalités », mais au maximum, comme le dit Charles Gave (encore lui), à assurer la possibilité à tous les parents d’envoyer leurs enfants à l’école et ce faisant leur donner l’instruction (et non l’éducation) qui leur permettra de bien démarrer dans la vie.

  • Quel que soit le niveau des jeunes dans l’histoire, une seule règle a toujours été respectée; celle qui veut que certains se démerdent mieux que les autres et prennent l’ascendant sur ces derniers.

    Ces personnes sont déjà (et toujours) là et mèneront le monde de demain, quel que soit le niveau du ‘vulgum pecus’, la seule question est : seront ils bienveillants ou malfaisants ? (sachant que l’histoire nous révèle que les malfaisants sont particulièrement doués pour se hisser vers les sommets).

    Un peu comme l’histoire du gars qui, apprenant qu’une meute de loups est sur ses traces, relace ses chaussures.
    Son copain lui lance:
    – tu crois que tu vas courir plus vite que les loups comme ça ?
    – l’essentiel est que je cours plus vite que toi…

  • « Bref, la responsabilité de transformer ses enfants en adultes responsables incombe aux parents et non à l’État. »
    Vous retardez. Les progressistes, nos leaders incontestables, nous amènent de force… un siècle en arrière. « Tout avec l’Etat, rien sans l’Etat, rien contre l’Etat », programma affiché par Mussolini en 1921.

  • Je sais pas si l auteur a des enfants. Mais ca a pas mal changé depuis les annees 90.
    Votre pere pouvait consulter votre navigation sur l ordinateur familial (deja s il l a fait via un proxy ca necessite des competences superieure a 95 % des parents). Comment faites vous pour savoir ce que votre fils a consulté sur son telephone en se connectant au wifi hors de chez vous ? Comment suivre ce qu il fait sur facebook, tiktok, instagramm

    Les jeux de l epoque etaient concu pour etre bien moins addictifs que maintenant (a l epoque la source de revenu etait l achat du jeu, maintenant c est la pub ou l achat de fonctions).
    Vous avez des gens tres intelligent et tres bien payé qui developpe des trucs pour vous rendre accro

    Mon fils n a pas de telephone portable. C est le seul de sa classe. Il y a une pression sociale tres forte et a un moment il faudra y passer car sinon il va se retrouver isolé (si tous les enfants se donnent rendez vous via le tel, votre fils va se retrouver de facto exclu)

    PS: l ecole de mon fils leur a donné une tablette, sur laquelle j ai evidement pas les droits administrateur. du coup il peut surfer et regarder youtube sans controle (couper le wifi n est pas une option, ma femme travaille de la maison)
    La parade a ete de deactiver les sites problematiques (merci pihole https://pi-hole.net) mais combien de parents sont capable de faire ca ? 1 % ?

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