Réseaux sociaux : où diable sont les parents ?

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Ce n’est pas à l’État de prendre le relais des parents pour « protéger » les enfants.

Par Pierre-Guy Veer.

Pendant que l’inflation ronge le pouvoir d’achat, que les lignes d’approvisionnement se fragilisent et que la criminalité explose, les politiciens aux États-Unis ont trouvé un cheval de bataille encore plus vital : les réseaux sociaux. Lors d’audiences récentes au Sénat, des représentants de certains médias sociaux ont dû faire face aux questions des politiciens au sujet de leur influence « négative » sur les enfants.

Oh, il ne fait pas de doute que les Facebook, YouTube et Instagram de ce monde ont une influence indéniable sur tous, y compris les enfants. Il suffit de regarder des enfants star comme Jojo Siwa pour comprendre pourquoi ils sont nombreux  à espérer devenir youtubeur quand ils seront adultes. Par ailleurs, de plus en plus d’études semblent trouver un lien entre médias sociaux et problèmes mentaux, y compris chez les adolescents.

Comment bien encadrer

Cette situation amène une question évidente : où sont les parents et que font-ils pour éduquer leurs enfants ? Car n’en déplaise au gouvernemaman, son rôle n’est pas de protéger les enfants des dangers de la vie, hormis peut-être des crimes réels comme le terrorisme ou la pédophilie.

Je peux prendre mon propre exemple pour affirmer qu’un bon encadrement parental crée des adultes responsables. Car malgré tout ce que je peux dire à propos de mon père, il ne fait pas de doute que sa vigilance a eu une influence positive sur moi et ma fratrie.

En effet, je n’ai reçu ma première console moderne qu’à l’âge de 10 ans, et son utilisation était limitée aux journées sans école – l’éducation était primordiale pour mon père. Et jusqu’à la fin de notre adolescence, il voyait les jeux de combat d’un mauvais œil.

Quand l’Internet est arrivé à la fin des années 1990, son encadrement était tout aussi strict. Ses grandes connaissances de l’informatique lui permettaient de connaître tous les sites que nous consultions. Nous savions immédiatement quand il apercevait un site interdit, surtout s’il pouvait compromettre l’intégrité de l’ordinateur.

Et quand il disait non, ça voulait vraiment dire non.

Trop, c’est comme pas assez

C’est apparemment tout le contraire qui s’est produit dans la famille d’un beau-cousin. Il préférait la méthode du laisser-faire complet, ses enfants étaient presque livrés à eux-mêmes pour découvrir leurs limites.

Résultat (direct ?) : deux sont devenus pères avant l’âge de 20 ans (et avant d’avoir terminé leur secondaire), ils se couchaient à n’importe quelle heure même en semaine et l’un est déjà coincé dans les dédales de la justice pour crimes répétés. S’il avait eu un encadrement comme le mien – mon père a vite vu la mauvaise influence potentielle d’un voisin – il aurait peut-être pu éviter les mauvaises fréquentations qui ont négativement influencé son comportement.

Toutefois, l’extrême opposé – le « parent-hélicoptère » – n’est guère mieux. Ce n’est pas en isolant un enfant du monde réel en encadrant ses moindres faits et gestes pour lui éviter tout danger, ou tout froissement émotif, qu’il grandira. En fait, l’on peut affirmer que ces enfants pourraient facilement devenir des social justice warriors, pour lesquels la moindre contrariété est perçue comme une agression contre son « sanctuaire. »

Bref, la responsabilité de transformer ses enfants en adultes responsables incombe aux parents et non à l’État. Lui abandonner cette responsabilité ne peut qu’être négatif, puisqu’il trouvera toujours des excuses pour s’arroger davantage de pouvoir au nom de leur sécurité.

C’est d’ailleurs ce qui a motivé de nombreux parents américains à s’unir contre l’endoctrinement de leur progéniture, notamment à propos de la théorie critique des races. Et que font les responsables ? Ils traitent les parents de terroristes et de conspirationnistes.

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