Les « Facebook Papers », c’est du vent

La peur qu’éprouvent les médias envers Mark Zuckerberg n’est pas étayée par les documents mais par leur désir de contrôle de l’information.

Partager sur:
Sauvegarder cet article
Aimer cet article 0
Mark Zuckerberg By: Silverisdead - CC BY 2.0

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Les « Facebook Papers », c’est du vent

Publié le 29 octobre 2021
- A +

Par Robby Soave.
Un article de Reason Magazine.

Plus d’une douzaine de médias grand public ont publié cette semaine des articles sur les Facebook Papers, un ensemble de documents internes de l’entreprise obtenus et rendus publics par Frances Haugen, une ancienne employée de Facebook. Les titres promettent des révélations dramatiques et des inculpations accablantes.

Une exagération médiatique des Facebook Papers

« Des initiés affirment que le PDG de Facebook a préféré la croissance à la sécurité », rapporte le Washington Post.

Pour Axios, les Facebook Papers dépeignent l’entreprise de médias sociaux comme « une entreprise brutale qui privilégie son activité au détriment de la sécurité ».

Bloomberg News indique sur Twitter que les documents fournissent « un aperçu rare et frappant de la manière dont Facebook a failli à sa mission ».

L’écart entre ces affirmations sensationnelles et ce qui apparaît réellement dans les articles est frappant. Si c’est ce que le New York Times, l’Associated Press, etc., ont pu faire de mieux, alors les Facebook Papers ne sont rien.

Comme lorsque M. Haugen s’est présentée pour la première fois – fournissant des informations ayant servi de base à une série de reportages du Wall Street Journal. La véritable conclusion est que Facebook a du mal à attirer les jeunes utilisateurs, qu’il doit faire face à une forte concurrence et qu’il suscite des dénonciations apoplectiques de la part des journalistes traditionnels. Principalement parce que ces derniers reprochent au géant des réseaux sociaux de secouer le secteur de l’information.

Les censeurs américains jaloux des censeurs vietnamiens

Pour être clair, il existe quelques bonnes raisons de critiquer Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook.

Le Washington Post rapporte qu’il a été intimement impliqué dans la décision de l’entreprise de se conformer à la demande du gouvernement vietnamien de censurer davantage les dissidents politiques.

Mais même dans ce cas, on peut se demander ce que Mark Zuckerberg doit faire lorsque des gouvernements autoritaires exigent une modération du contenu. Facebook devrait-il se retirer du Vietnam, privant ainsi le pays de tout site ? Une version censurée de Facebook est-elle pire que pas de Facebook du tout ?

Notez également que le fait de s’incliner devant la demande de censure accrue du gouvernement vietnamien est traité comme une mauvaise chose par certains des mêmes médias qui reprochent à Facebook de ne pas s’incliner devant la demande de censure accrue du gouvernement américain.

L’incapacité du site à supprimer l’extrémisme, les discours haineux et la désinformation liés aux élections présidentielles américaines et à la pandémie de Covid-19 est considérée comme un grave manquement moral. Les sénateurs américains reprochent à Facebook d’être à la botte d’autres gouvernements alors qu’ils tentent justement de l’obliger à se plier aux exigences du Sénat américain.

C’est l’idée centrale derrière le cadrage des Facebook Papers par les médias grand public. Le site n’est pas sûr parce qu’il y a trop de contenu que les médias et le gouvernement préféreraient que les utilisateurs ne voient pas.

Ils sont contrariés par le fait que la personne chargée de décider ce qui doit figurer sur Facebook soit Mark Zuckerberg et non Joe Biden. Leurs pleurnicheries sur les plateformes addictives ou les pratiques monopolistiques ne peuvent masquer le fait que le site perd de sa popularité auprès des jeunes et ressemble de plus en plus à une étoile mourante.

Traduction d’Alexandre Massaux pour Contrepoints.

Sur le Web

Voir les commentaires (6)

Laisser un commentaire

Créer un compte Tous les commentaires (6)
  • ça illustre le GOUFFRE qui existe désormais dans les sociétés..

    « fuck THEIR freedom »..est scandé à droite et à gauche.. seule une minorité semble désormais dire que ça pose un grave problème..
    APPAREMENT les pires tyrans y sont à gauche, mais à mon opinion c’est circonstanciel, c’est parce qu’ils ont le pouvoir et peuvent légiférer..

    Sinon ,Facebook( meta?) est une société privée..connivente..mais comment ne pas « conniver »!!!!

    si facebook ne vous plait pas..n’y allez pas…

    Au passage influencer le vote des autres..n’est pas un crime.. et si vous êtes capable de le remarquer ou le dénoncer; les autres peuvent le faire aussi..

    et si vous estimez que les autres sont trop bêtes pour ça…alors attention vous êtes en DEMOCRATIE…ils votent..bêtement..de toutes façons.

    de l’importance de l’education …ne vous plaignez pas des consequences quand vous chérissez les causes..

    ne vous plaignez pas de big pharma si vous voulez la sécu..ne vous plaignez pas d’une armée d’etatistes si vous voulez l’ed nat..

  • Frances Haugen : “I don’t hate Facebook. I love Facebook. I want to save it.”

    Cette « whistleblower » dit elle-même qu’elle s’est fait engager par Facebook suite à la perte de la relation avec un ami trop addict aux sites conspirationnistes. Depuis le début, elle voulait donc changer Facebook pour le modeler à ce qu’elle pensait être correct : n’y arrivant pas de l’intérieur, elle a soigneusement collecté toutes les informations qui pouvaient paraître nuisibles à Facebook en espérant ainsi contraindre Zuckerberg à se conformer à SES idées.

    Mais ses idées ( de censure, principalement ) ne sont visiblement et heureusement pas à l’ordre du jour

  • Quand vous participez à un groupe dédié à la santé sur Facebook, et que d’emblée, dès votre inscription, un modérateur vous avertit que vous ne devez JAMAIS parlez de vaccination et ne même JAMAIS écrire le mot « vaccin » sur ce groupe – pourtant pas spécialement concerné par les questions de vaccins, ou alors à la marge – , ça pose une drôle d’ambiance, quand même.
    Je ne sais si le gouvernement est impliqué dans cette « politique » de Facebook qui en vient à surveiller si étroitement les échanges entre membres, mais Zuckerberg l’est sans aucun doute, puisqu’il est patron de ce réseau social. Et à la limite je ne veux pas savoir si c’est parce qu’il a subi des pressions insupportables de la part du gvt ou s’il le fait de lui-même que la situation est ce qu’elle est : je constate qu’on ne peut absolument pas parler librement de vaccin sur Facebook. (je précise que quand j’ai été inscrit sur ce groupe, je n’avais pas l’intention de parler vaccin, je réagis sur le principe)
    Facebook s’abrite évidemment derrière les « standards de la communauté », expression tellement vague que je ne vois pas la différence avec un blanc-seing pour l’arbitraire.
    Certes, Zuckerberg est chez lui et fait ce qu’il veut sur FB. Et moi, en tant que citoyen libre, je fais aussi ce que je veux et j’ai fini par mettre les voiles d’un réseau social qui, pour quelque raison que ce soit, a de moins en moins à voir avec la liberté d’expression et de plus en plus à voir avec la pensée formatée du politiquement correct.

    • je suis arrivé une fois sur un article ouvertement raciste , je m’en vais pour commenter… je lis les règles, tout commentaire contradictoire sera supprimé…

      voila partir, eh bien ça fait toujours quelque chose quand on est OBLIGE de fermer sa gueule..quand on se sent défendre quelque chose de juste..

      donc quitter Facebook.. plus exactement u mettre des conneries sans interet et plus difficle fermer ses oreilles quand on en entend parler..

    • Ah c’est que le sujet vaccin qui est interdit. Alors on peut parler de l’euthanasie, la pma, gpa, avortement, trans, génétique, éthnie… C’est pas comme si le sujet vaccin était le seul qui divise…

    • « je ne veux pas savoir si c’est parce qu’il a subi des pressions insupportables de la part du gvt ou s’il le fait de lui-même »

      Oui, mais c’est pourtant vital de savoir qui est le méchant dans l’histoire.
      Depuis leurs créations, ces réseaux capitalistes étaient très libres parce que le capitalisme est la chose la plus neutre du monde. Qu’importe la couleur, les opinions, seul importent les profits et c’est une belle chose puisqu’elle engendre une volonté de satisfaction des clients et une grande liberté.
      Depuis que les politiques se sont aperçus de leurs pouvoirs de communication et qu’ils les menacent ou les régulent, ils le sont infiniment moins et pour savoir qui fait tout ça, il suffit de voir ce qui est censuré et ce qui est mis en avant.
      .
      Si la « droite » (sens classique « Reaganien ») n’est de loin pas exempte de défauts, il semble que tous les chemins du mal mènent systématiquement à la gauche.

  • Les commentaires sont fermés.

La liberté d’expression n’est pas gratuite!

Mais déductible à 66% des impôts

N’oubliez pas de faire un don !

Faire un don

Il faut sauver la liberté d’expression, comme nous l’avions évoqué, face à la prolifération des deepfakes en évoquant, avec le Dr Sylvie Blanco, Professor Senior Technology Innovation Management à Grenoble École de Management (GEM)  « le paradoxe du ChatBlanc » (cf. « Autopiégés par les deepfakes : où sont les bugs ? » Contrepoints, 11 février 2024 ) pris de vitesse, nous voilà mis devant ce terrible paradoxe : « réclamer en tant que citoyens la censure temporelle des hypertrucages pour préserver la liberté de penser et la liberté d’expressio... Poursuivre la lecture

Moins de deux ans après avoir été très violemment attaqué au couteau par un jeune exalté lors d’une conférence qu’il s’apprêtait à donner, justement sur l’importance de préserver la sécurité des écrivains, Salman Rushdie revient sur cet événement et sur les temps qui ont suivi, à travers un livre, Le couteau.

 

Une attaque ignoble

La conférence de ce 12 août 2022 n’avait même pas commencé que l’écrivain, pour lequel aucune mesure de sécurité particulière n’avait été prévue, fut la cible de la course effrénée d’un jeune illu... Poursuivre la lecture

6
Sauvegarder cet article

 

 

Le 12 décembre dernier s’est tenue une nouvelle édition de l’Assemblée des Idées, un cycle de débats bimestriel organisé à la Galerie des Fêtes de l’Hôtel de Lassay, résidence officielle de la présidente de l’Assemblée nationale, Yaël Braun-Pivet, qui préside également cette série de colloques.

Après le logement, le rôle de la France à l’international, l’intelligence artificielle ou encore la morale, la chambre basse a accueilli plusieurs dirigeants de médias pour débattre du pluralisme et de l’indépendance ... Poursuivre la lecture

Voir plus d'articles