Les « Facebook Papers », c’est du vent

Mark Zuckerberg By: Silverisdead - CC BY 2.0

La peur qu’éprouvent les médias envers Mark Zuckerberg n’est pas étayée par les documents mais par leur désir de contrôle de l’information.

Par Robby Soave.
Un article de Reason Magazine.

Plus d’une douzaine de médias grand public ont publié cette semaine des articles sur les Facebook Papers, un ensemble de documents internes de l’entreprise obtenus et rendus publics par Frances Haugen, une ancienne employée de Facebook. Les titres promettent des révélations dramatiques et des inculpations accablantes.

Une exagération médiatique des Facebook Papers

« Des initiés affirment que le PDG de Facebook a préféré la croissance à la sécurité », rapporte le Washington Post.

Pour Axios, les Facebook Papers dépeignent l’entreprise de médias sociaux comme « une entreprise brutale qui privilégie son activité au détriment de la sécurité ».

Bloomberg News indique sur Twitter que les documents fournissent « un aperçu rare et frappant de la manière dont Facebook a failli à sa mission ».

L’écart entre ces affirmations sensationnelles et ce qui apparaît réellement dans les articles est frappant. Si c’est ce que le New York Times, l’Associated Press, etc., ont pu faire de mieux, alors les Facebook Papers ne sont rien.

Comme lorsque M. Haugen s’est présentée pour la première fois – fournissant des informations ayant servi de base à une série de reportages du Wall Street Journal. La véritable conclusion est que Facebook a du mal à attirer les jeunes utilisateurs, qu’il doit faire face à une forte concurrence et qu’il suscite des dénonciations apoplectiques de la part des journalistes traditionnels. Principalement parce que ces derniers reprochent au géant des réseaux sociaux de secouer le secteur de l’information.

Les censeurs américains jaloux des censeurs vietnamiens

Pour être clair, il existe quelques bonnes raisons de critiquer Mark Zuckerberg, le PDG de Facebook.

Le Washington Post rapporte qu’il a été intimement impliqué dans la décision de l’entreprise de se conformer à la demande du gouvernement vietnamien de censurer davantage les dissidents politiques.

Mais même dans ce cas, on peut se demander ce que Mark Zuckerberg doit faire lorsque des gouvernements autoritaires exigent une modération du contenu. Facebook devrait-il se retirer du Vietnam, privant ainsi le pays de tout site ? Une version censurée de Facebook est-elle pire que pas de Facebook du tout ?

Notez également que le fait de s’incliner devant la demande de censure accrue du gouvernement vietnamien est traité comme une mauvaise chose par certains des mêmes médias qui reprochent à Facebook de ne pas s’incliner devant la demande de censure accrue du gouvernement américain.

L’incapacité du site à supprimer l’extrémisme, les discours haineux et la désinformation liés aux élections présidentielles américaines et à la pandémie de Covid-19 est considérée comme un grave manquement moral. Les sénateurs américains reprochent à Facebook d’être à la botte d’autres gouvernements alors qu’ils tentent justement de l’obliger à se plier aux exigences du Sénat américain.

C’est l’idée centrale derrière le cadrage des Facebook Papers par les médias grand public. Le site n’est pas sûr parce qu’il y a trop de contenu que les médias et le gouvernement préféreraient que les utilisateurs ne voient pas.

Ils sont contrariés par le fait que la personne chargée de décider ce qui doit figurer sur Facebook soit Mark Zuckerberg et non Joe Biden. Leurs pleurnicheries sur les plateformes addictives ou les pratiques monopolistiques ne peuvent masquer le fait que le site perd de sa popularité auprès des jeunes et ressemble de plus en plus à une étoile mourante.

Traduction d’Alexandre Massaux pour Contrepoints.

Sur le Web

Vous souhaitez nous signaler une erreur ? Contactez la rédaction.